INSTITU¬ TIONS ET MŒURS
Cette période est la plus heureuse de l’Empire. Au 11'^ siècle, sous de bons empereurs, la domination romaine fut un bienfait. D’une manière générale, le régime fondé par Auguste subsiste, mais la monarchie s’est accentuée. L’entourage du prince s’est
Trajan. — Marbre du Vatican. Cl. Anderson.
Barbares attaquant une ville défendue par des
SOLDATS romains. — (Col
T ra 1
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Adrien.
— (Musée du Vatican.) Cl. Alinar]
multiplié et hiérarchisé.
On distingue des «amis»
du prince (cohors) du premier, du second et du troisième rang, suivant leur importance Le Sénat, bien que respecté, consulté, n’a pas reconquis son influence politique. Il se recrute dans toutes les provinces. Les chevaliers, soumis à un cursus honorum régulier, sont une pépinière de fonctionnaires.
Le peuple n’a pas de droits politiques, mais travaille, grâce aux grands travaux publics et à la prospérité économique, et gagne de l’argent. Il ne faut pas exagérer, selon nous, le vice des distributions de pain (de blé jusqu’à Auguste) . Le chiffre de 200 000 participants, diminué par César, augmenté après lui, sur une population urbaine qu’il faut évaluer à 2 millions d’habitants, ne paraît pas excessif si on le compare à celui des assistés dans les capitales modernes. Les distributions de pain et autres denrées sont une assistance publique rudimentaire et très mal faite. C’est par là surtout qu’elles peuvent être considérées comme une prime à la paresse. Une ville telle que Rome ne prospère pas sans une somme énorme de labeur. Ce labeur obscur est le rôle des affranchis, des petits bourgeois, des petites gens, dont le travail est vivifié par les capitaux des chevaliers et de leurs banques.
L’administration des provinces, dont le nombre s’est accru, continue à être partagée entre le prince et le Sénat. Les échanges par terre et par mer sont actifs. La vie municipale est florissante. Un municipe est une petite Rome, avec ses décurions ou curiales (sénateurs) , ses augustales (chevaliers) et sa plèbe. Lorsque Caracalla promulgua son fameux Édit, une foule de provinciaux possédaient déjà le droit de cité. Quant à Rome, elle est devenue une ville cosmopolite. V aine est la plainte que Juvénal prête aux vieux Latins. Elle part d’une conception périmée et qui devait l’être. L’état général des mœurs s’est amélioré, grâce au travail, à un gouvernement régulier, au bon exemple des princes. Les lettres de Pline le Jeune sont instructives à cet égard. Enfin, le sentiment religieux, comme Auguste l’avait souhaité, s’est réveillé. Ainsi qu’on le verra au chapitre consacré à la religion romaine, ce sont les cultes orientaux, plus profonds, et le christianisme libérateur, qui bénéficient de cette disposition des esprits.