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XIII. L’ART

L’art ne prit réellement possession de Rome qu’à la suite des triomphateurs, éblouis eux-mêmes au contact de la Grande Grèce, de la Macédoine, de l’Asie Mineure. Ainsi, aux éléments étrusques s’en ajoutèrent d’hellénistiques et d’orientaux. Il y eut aussi un développement de certains éléments italiens particuliers. Le temple rond n’est qu’une amplification de la hutte de Romulus et des temples de Vesta. Mais surtout le génie romain est naturellement porté vers le somptueux et le colossal. A cet égard, la Mésopotamie et la Sy rie lui fournirent des exemples qu’il sut s’adapter. Pratique, il a donné un développement extraordinaire aux ouvrages d’utilité publique. Il a enfin une tendance au réalisme.

En architecture, ce qui caractérise l’art romain est l’emploi en grand de la voûte et du blocage. C’est la voûte qui permet de couvrir de vastes espaces et de varier les plans suivant la destination du monument. Au Panthéon de Rome, qui date d’Adrien, un plan circulaire en montre l’emploi le plus simple, tandis que les Thermes de Caracalla et la Basilique de Constantin permettent d’en apprécier l’application à des ouvrages énormes et complexes.

Les Romains ont connu la üoûie en berceau, la plus simple; la coûte d'arête, deux berceaux qui se coupent; la voûte hémisphé-

PoMPÉl. — Décor du troisième style, caractérisé par la légèreté, sans relief, de constructions tout imaginaires et de jietits tableaux ; le tout dans une douce harmonie de tons passés, atténués, sans reflets.

POMPÉI. PÉRISTYLE DE LA MAISON DES VeTTII. — Le péristyle est un portique entourant un jardin et sous lequel s’ouvrent divers appartements, notamment le triclinium ou salle à manger.

rique ou coupole, le tout en plein cintre; l’Ltrurie utilisait la voûte, mais surtout aux ouvrages souterrains. L’Orient donna certainement aux Romains l’idée d’un emploi plus large.

La voûte permet aussi d’économiser les supports intérieurs et, par là, de procurer aux foules une circulation facile; elle oblige à renforcer les soutiens extérieurs : d’où l’épaisseur des murs. Celle des murs du Panthéon est de 5 mètres. Or, le procédé du blocage, économique et rapide, s’adaptait merveilleusement à ce besoin. Les murailles grandioses du forum d’Auguste font d’ailleurs assez voir avec quelle précise habileté les Romains tiraient parti de la pierre de taille.

L’arc, employé dans les aqueducs, les arcs de triomphe, les arènes, comme il l’avait été dans les portes des villes étrusques, a reçu de Rome un développement absolument nouveau.

De la décoration picturale, Pompéi peut donner une juste idée, ainsi que les admirables fresques de la maison de Livie au Palatin ou celles de Prima Porta, près de Rome. C’est aux diverses jiihases de l’art hellénistique qu’il faut recourir pour en interpréter les styles successifs.

De l’art hellénistique relève également la décoration en stuc, souple, raj)ide, économique, dent les tombeaux de la Voie latine et la décoration jirovenant des jardins de la Farnésme sont de brillants sjjécimens. Les ornements en terre cuite, héritage de l’Étrurie et de la Campanie grecque, fournissaient également un décor élégant et déjà moins fragile que le stuc.

La mosaïque, dont l’Afrique surtout nous livre chaque jour de nouveaux exemplaires, avec sa coloration, la variété de ses combinaisons géométriques et de ses sujets, était fort employée pour le revêtement du sol.

blellénisme et tendances romaines ne se manifestent pas moins dans la sculjiture, avec plus ou moins de force suivant les époques. Ce n’est qu’avec l’Eminre que la décoration sculpturale prend réellement son essor : il est dû, indépendamment des causes morales.

à la généralisation de l’emploi du marbre (on se souvient du mot d’Auguste) et à la magnificence donnée aux monuments triomphaux. Des deux influences, on peut se faire une juste idée en comparant les admirables fragm.ents de l’Autel de la Paix élevé en 1 honneur d’Auguste, chef-d’œuvre de l’art classique et académique à Rome tant au point de vue du bas-relief à personnages que du bas-relief ornemental, et la colonne 7 rajane où se déroulent avec une précise et pittoresque énergie toutes les scènes de la vie militaire.

L’usage d’élever des statues honorifiques est, à Rome, antérieur au

siècle av. J.-C. Le Forum en était même si encombré au il® siècle qu’on dut en enlever. On ne sait trop quel était leur mérite artistique. Par la conquête de la Grèce, Rome fut remplie de statues grecques et des artistes grecs plus habiles qu’originaux y travaillèrent selon le goût des diverses écoles du temps. Mais, avec l’Empire, une statuaire plus romaine apparaît et c’est dans le portrait qu’elle se m.ontre surtout originale : les uns idéalisés, tels que ceux des empereurs et des impératrices divinisés ; les autres, où le personnage est pris dans l’exercice de ses fonctions comme l’Auguste en pontife et l’Auguste cuirassé du Vatican. Elle a donné de belles statues de femmes, telles que les statues des V estales, d’allure si romaine, l’Agrippine du Capitole, la Pudicité du Vatican. La recherche de la physionomie, de la ressemblance individuelle, de la vérité des draperies est la marque de la sculpture proprement romaine. Il en est de même des bustes. Si l’Auguste jeune du Vatican est classique, s’il y en a d’idéalisés comme beaucoup d’ Antinous, une foule d’autres sont d’excellents portraits d’une parfaite sincérité. La série des impératrices avec leurs coiffures, fidèles expressions des modes passagères, offre des exemples d’un réalisme minutieux qui, d’intelligent et délicat, finit par devenir grossier, bien que toujours habile.

Un caprice de la mode, les voyages d’Adrien, ramenèrent pour un temps le goût de la simplicité archaïque et des plus anciens modèles grecs ainsi que l’énorme production de sculpture égyptisante qui encombre presque certains de nos musées.

Après les Antonins la sculpture dégénère et se traîne dans la décadence. Les bonnes sculptures de l’arc de Constantin sont empruntées à un monument plus ancien ; les autres ne valent rien. Seuls quelques bustes conservent un certain mérite de ressemblance.

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