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XIV. LA VIE ROMAINE

LES CLASSES. — Si la plèbe obtint d’assez bonne heure l’égalité des droits politiques, si l’extension du droit de cité à ses divers degrés effaça peu à peu la distinction entre Romains et provinciaux, l’inégalité n’en reste pas moins à la base de la société romaine. La grande distinction est entre les honestiores et les humiliores.

Honestiores sont ceux qui ont droit d’aspirer aux hautes fonctions publiques, aux honneurs, c’est-à-dire qui appartiennent à l’un des deux degrés de la noblesse, sénateurs et chevaliers, chacun avec leur cursus honorum distinct. Tous les autres sont des humiliores, ce qui n’implique ni la pauvreté, ni la bassesse de la condition. Humiliores, avocats, médecins, artistes, professeurs, commerçants, industriels, humiliores les affranchis qui, à de certains moments, occupent de hauts emplois administratifs et parfois écrasent de leur luxe les plus haut placés, humdiores les bourgeois des municipes, les bureaucrates, les petits fonctionnaires, les soldats de carrière. La distinction a toujours existé dans les mœurs, mais, à partir des Sévères, nous la voyons reconnue officiellement, au point que la loi ne punit pas des mêmes peines les mêmes délits. Cette classe moyenne, économe, laborieuse, cultive la terre, produit, trafique.

navigue, sert ; il faut donc se garder de la confondre avec la basse plèbe des villes, vivant des distributions et de petits métiers, avide de spectacles et de désordre, plebs sordida. dit Tacite.

Les Esclaves. — A l’origine, les esclaves étaient peu nombreux et participaient à la vie familiale. L’esclavage se développa avec l’accroissement de la richesse, des besoins et des prises de guerre. Il y eut aussi un commerce d’esclaves, dont les prix variaient suivant les talents du sujet.

On distinguait les esclaves urbains et les esclaves ruraux. La condition des premiers était, en général, et malgré la cruauté de quelques maîtres, bien préférable. On ne saurait évaluer leur nombre. Les grandes familles possédaient des centaines d’esclaves, certains spécialisés dans tous les services, même médecins ou pédagogues, ou produisant dans des ateliers au profit du maître. Le plus petit bourgeois en avait au moins un.

Les esclaves ruraux, enrégimentés durement sur les grandes propriétés, enchaînés deux à deux, étaient bien plus misérables. Être envoyé aux champs était un châtiment redouté. Le temps apporta bien des adoucissements à la condition de l’esclave. Puis, certains étaient privilégiés. On leur confiait la direction d’une exploitation rurale, d’un atelier, la conduite d’un navire de commerce. Alors, et bien qu’ils n’eussent que la jouissance de ce qu’ils gagnaient, ils pouvaient s’enrichir, avaient eux-mêmes des esclaves. On ne sortait de 1 esclavage que par la mort ou l’affranchissement, soit que celui-ci fût concédé spontanément, soit qu’il fût obtenu par le rachat au moyen du pécule accumulé jalousement à cet effet. Le christianisme ne pouvait songer à cette révolution qu’eût été la suppression de l’esclavage, mais il l’adoucit grandement au point de vue moral et favorisa de toutes ses forces l’affranchissement. Si l’esclavage s’élimina peu à peu, ce fut plutôt sous l’action de l’évolution économique.

Les Affranchis. — L’affranchissement ne dénouait jpas tout lien entre le patron et son ancien esclave ; le premier lui devait protection, le second devait se soumettre à sa juridiction, lui prêter aide et assistance, même aux dépens de sa bourse. En droit public, l’affranchi n’égalait pas l’homme de naissance libre, car il n’avait pas le jus honorum. On distingua aussi, jusqu’à Justinien, plusieurs classes d’affranchis dont les déditices étaient les moins favorisés.

Les fils d’affranchis, d’une manière générale, étaient traités comme ingénus.

Nombre de citoyens étaient donc d’origine étrangère, grave inconvénient pour les mœurs. Parmi les affranchis aussi se rencontrait la figure du nouveau riche, si vigoureusement dessinée par Pétrone dans le personnage de Trimalcion

La Clientèle. — C’est une des plus an-

CuiRASSE d'Auguste. — Bas-reliefs représentant le Ciel, le Chat du Soleil, la Rosée et l'Aurore. Sur la zone supérieure, un Parthe rend à un Romain les étendards conquis sur Crassus.

Hésione délivrée par Hercule. — Télamon fait descendre Hésione du rocher où elle avait été attachée pour être offerte en sacrifice au monstre marin. Hercule debout devant le monstre qu'il vient de tuer. — Mosaïque de la Villa Albani (Rome).

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