GOLFE D'OMAN
Wesen Je S,iLrJ
Carte dls États musulmans vers l*an 1000.
LES ARABES ET E’ISEAM ISM E
emportait le droit de commander à la nouvelle communauté, prit le titre de khalife, ou « successeur » du Prophète, et se trouva jouir, comme celui-ci, d’un pouvoir absolu, sans autre frein que la coutume établie par le fondateur de la religion. Il eut, dès le début, à combattre une révolte générale des tribus, que provoqua la perception des taxes instituées par le Prophète et que l’histoire connaît sous le nom de ridda (apostasie) . Prenant le commandement de r armée revenue de Syrie, il défit les Ghatafân, envoya Khâlid ben el-Wélîd combattre un faux prophète, Tolaïha, puis la prophétesse Sadjâh, qui alla rejoindre dans le Vémâma un autre prophète, Moséïlima, devenu le chef des Banou-Hanîfa ; tous furent vaincus. Le Bahréin, 1 Oman, le Mahra furent successivement conquis, et 1 occupation de Hîra, près de 1 Euphrate, mit les Musulmans en contact avec les Perses. Entre temps, des coups de main heureux avaient ramené l’attention sur la Syrie, où 1 empereur Héraclius avait réuni des forces considérables. Sur ces entrefaites, Abou-Bekr mourut de la fièvre après avoir désigné Omar comme son successeur. ’Omar reprit la lutte contre les Perses. De petits combats, sur les frontières, avaient eu un caractère indécis, lorsque l’arrivée de; Khâlid avec des renforts changea la face des choses ; puis, ce général ayant tourné ses efforts contre la Syrie, son successeur, Sa’d ben Abi-Waqqâç, remporta à Qâdisiyya (637) une victoire décisive sur l’armée perse, commandée par Roustem, qui périt dans la lutte; l’étendard impérial tomba entre les mains des vainqueurs. Ctésiphon, capitale des Sâsânides, fut occupée, ainsi que Touster, chef-lieu de la Susiane, et après la bataille de Néhâwend, la Perse fut définitivement conquise. Le roi Yezdegerd III, qui avait pris la fuite, fut assassiné dans un moulin des environs de Merv (65 I ) .
En Syrie, les troupes romaines se rencontrèrent avec les Arabes à Adjnâdém, non loin de Jérusalem (634) , et furent mises en déroute. Damas capitula l’année suivante, et une nouvelle armée réunie par Héraclius fut battue sur le Yarmoûk (636) ; la Syrie était définitivement perdue. Des expéditions ravagèrent Chypre et
I Asie Mineure; une flotte enleva Rhodes; elle devait assiéger Constantinople, mais une tempête la détruisit devant Chalcédoine (653) . Les Khazars défirent à Derbend un corps expéditionnaire envoyé contre eux : les Musulmans rencontrèrent là une résistance inattendue.
En 639, Amr ben el-’Aç avait envahi l’Égypte et battu les lieutenants de l’empereur byzantin sous les murs de Babylone (I). En 643, un chef indigène, que l’on connaît seulement sous son surnom de Moqauqis, livra Alexandrie. ’Amr bâtit une nouvelle capitale, qu’il nomma Postât (la tente), et qui est aujourd’hui le « Vieux-Caire ». Une expédition, suivant le littoral de la Tripolitaine, parvint jusqu’à Carthage, où le patrice Grégoire ne se débarrassa des envahisseurs que par le paiement d’un fort tribut annuel.
C’est au khalife ’Omar que l’on attribue l’organisation définitive de la communauté musulmane, basée essentiellement sur les décisions du Prophète. Il s’occupa de mettre de l’ordre dans les finances.
II créa, en 641, un bureau administratif sur le modèle de l’administration byzantine; il organisa des camps permanents, dont quelques-uns, par la suite, devinrent des villes, comme Koûfa et Baçra, sur le bas Euphrate. Il fixa le point de départ du calendrier musulman à l’émigration du Prophète à Médine (ère de l’hégire) . Il fit expulser d’Arabie les juifs et les chrétiens. Il fut assassiné par un esclave persan de religion chrétienne (644) .
’OTHMAN. — LES CHI’ITES. — Pour désigner son successeur, ’Omar avait choisi un conseil, composé de six anciens compagnons du Prophète.
Après des tergiversations, ’Othmân fut élu. Son premier soin fut de faire établir un texte authentique du Qoran, car tous ne le lisaient plus de la même manière. Un des anciens secrétaires de Mahomet, Zéïd ben Thâbit, fut chargé de dresser un modèle définitif, conservé à Médine, et dont on envoya des copies dans les grandes villes. On brûla tous les autres exemplaires.
Un des plus vénérés parmi les compagnons du Prophète. Abou- Dharr el-Ghifâri, faisait profession d’ascétisme et tonnait, du haut
tn Des ruines de Babylone d’Égypte subsistent encore sous l’église copte du Vieux-Caire.
Jardin de Mo’aLLA. — Mausolée d’Amma, mère de Mahomet, et de Khadidja, première femme du Prophète.
de la chaire, contre la dépravation des moeurs. Exilé de Damas à Médine, il y proclama, pour la première fois publiquement, les droits de la famille du Prophète dans la personne de son représentant, ’Ali, gendre de Mahomet. Ce fut l’origine du parti des Chi’ïtes, qui ne devait cesser de réclamer, sans succès d’ailleurs, l’accession des descendants d’ ’Ali au pouvoir suprême.
Une coalition de troupes venues d’Égypte, de Koûfa et de Baçra, ayant, sous le prétexte du pèlerinage sacré, campé devant Médine et exigé l’abdication du khalife, assiégé dans sa propre maison, ’Othmân refusa d’abdiquer. Sa maison fut prise d’assaut, et il tomba massacré à coups de sabre, tandis qu’il lisait le Qoran; son sang jaillit sur les pages du Livre sacré.
’ALI. — Pour lui succéder, on choisit ’Ali, gendre de Mahomet. Mo’âwiya, fils d’Abou-Sofyân, alors gouverneur de Syrie, refusa de le reconnaître et appela ses partisans à venger le meurtre d’ ’Othmân. Mais les dissidents perdirent la bataille de Baçra, connue sous le nom de « bataille du Chameau », parce que la litière d’Aîcha, la jeune veuve de Mahomet, acquise à la rébellion, formait comme le centre de l’armée ennemie; Aîcha, prisonnière, fut traitée avec égards, et on la laissa libre de retourner à La Mecque (656).
Il ne restait plus à ’Ali qu’à conquérir la Syrie. Après de vaines négociations, son armée se mesura avec celle de Mo’âwiya, campée à Çiffïn, grande plaine au sud de Raqqa. Mo’âwiya, sur le point d’être cerné, imagina, sur le conseil d’ ’Amr ben el-’Aç, de faire mettre au bout des lances de ses cavaliers des exemplaires du Qoran : les Musulmans s’arrêtèrent court. On reprit les négociations et l’on s’en remit à deux arbitres du soin de statuer souverainement sur la désignation du nouveau khalife. ’Amr ben el-’Aç, choisi par les Syriens, et Abou-Moûsa el-Ach’arî par l’armée d’ ’Ali, décidèrent de déposer les deux compétiteurs ; après qu’Abou-Moûsa eut annoncé que telle était la sentence arbitrale, ’Amr monta en chaire et, ayant déposé ’Ali comme son co-arbitre, il ajouta sur-le-champ qu’il proclamait Mo’âwiya à sa place. Abou-Moûsa protesta vainement contre la ruse dont il était victime; mais les Syriens menacèrent de l’arrêter et il s’enfuit à La Mecque.
Les mécontents formèrent un parti qu’on appela Khârédjite, ou « révolté », et s’en remirent à la décision de Dieu même, c’està-dire au sort des batailles; mais ils furent taillés en pièces autour de Nahréwân (658) , et ceux qui échappèrent au massacre se répandirent à travers le monde musulman, fondant des colonies qui existent encore : tels les habitants de l’ ’Oman, de Zanzibar, de l’île de Djerba en Tunisie, du Mzab en Algérie, qui sont Khârédjites, de la secte ibâdhite, et ont conservé par tradition une forme ancienne et primitive de la religion de l’Islam.
’Ali fut assassiné par un Khârédjite d’un coup de sabre qui lui fendit la tête, alors qu’il sortait de la mosquée de Koûfa (661).