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SAINTE FOY. TRÉSOR DE CONQUES

Statue on bois plaquée d'or, rehaussée de pierres précieuses, de gemmes antiques et de cabochons. Dans cette œuvre, de la fin du X' siècle ou du début du XI'', l’arti.sle recherche l’effet par la profusion de la matière et de la couleur ; il a été grandement influencé par le goût oriental

LE REGIME FEODAL — 187

refaire péniblement une technique à l’époque romane. Même alors persistera ce hiératisme byzantin vu à travers les mosaïques et aussi à travers les miniatures, les étoffes, les ivoires largement importés : car les arts mineurs de l’âge carolingien sont sous la dépendance étroite du goût oriental.

Cependant, si dominatrice qu ait été cette influence byzantine, il faut aussi faire sa place à 1 influence anglaise. La miniature anglo-saxonne, sèche, mais profondément pieuse, vient corriger la luxueuse, mais profane enluminure grecque. Les deux inspirations se fondent sur notre sol : le souci de l’édification, hérité d’outre- Manche, sera transmis à 1 art roman par les ateliers les plus imbus de la technique orientale.

Les reproductions dont s’accompagne ce chapitre feront connaître, en même temps que les traits essentiels relatifs au costume et au mobilier, quelques-uns des rares vestiges de l’art monumental que le temps a respectés. L usage de la couverture de bois a voué la plupart des constructions de cette époque à la destruction par le feu; les pirates normands ont jalonné leurs invasions par des incendies d’églises. Au surplus, une fois en possession d’une formule de voûtement, les générations suivantes ont jeté à bas les vieilles constructions pour les rebâtir. Les artistes carolingiens n’en ont pas moins leur place dans l’histoire générale de l’art chrétien, car ils ont complété, au fur et à mesure des besoins, la donnée architectonique. Ils l’ont enrichie de ses absidioles, de son transept, de son chœur, de son cloître. Le grand développement du culte des saints entraîne la multiplication des autels et des chapelles, l’extension des cryptes. En même temps, l’intensité de la vie monastique détermine la construction de grands établissements religieux, et le type de l’abbaye du Moyen âge se façonne. Ainsi, à tous égards, l’Occident s’achemine vers cet art roman qui n’exclura pas les éléments d’emprunt, mais qui devra à son principe propre et aux innovations locales sa puissante originalité.

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