‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 22 sur 344 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Dans le temps même où la civilisation égyptienne commençait à se développer sur les bords du Nil, une civilisation différente naissait non loin de là, dans la vallée de l’Euphrate.

Depuis le début de l’époque quaternaire, c’est seulement dans l’Afrique du nord et dans l’Asie antérieure méridionale que les conditions physiques permettaient à l’homme de progresser rapidement. Des traces de l’industrie paléolithique se rencontrent sur le plateau de Lybie, en Syrie et en Transjordanie ; l’homme établi dans ces régions y acquit peu à peu l’usage du feu, de la parure, du vêtement: il apprit à tailler la pierre, puis à la polir, enfin à fabriquer des vases de terre et des armes métalliques.

La Syrie est toutefois, en tant que foyer de culture, inférieure à l’Égypte.

Mais les conditions climatériques se modifièrent, les hauteurs se desséchèrent, les vallées des grands fleuves se formèrent, et l’homme eut à sa disposition des ressources plus abondantes et plus variées. .Alors les habitants du plateau de Lybie descendent vers le Nil. En Syrie, d’aucuns demeurent dans les parties les plus habitables, d’autres s’en vont peut-être vers l’Égypte, d’autres enfin suivent la vallée de l’Euphrate, vont se fixer dans la plaine d’alluvions formée aux dépens du golfe Persique, et se rencontrent là avec des gens d’une autre race, les Sumériens, venus on ne sait d’où par les pentes occidentales du plateau d’Iran; de leur collaboration naît, au quatrième millénaire, la civilisation suméro-akkadienne, plus tard appelée babylonienne.

En Syrie, la vie continue ; des villes se bâtissent ; des relations s’établissent tant avec l’Égypte qu’avec la Babylonie. Au XXIX® siècle avant l’ère chrétienne, le sémite Sargon, roi d’Agadé, est le souverain d’un grand empire qui atteint à l’ouest le Taurus et le Liban, au nord les monts d’Arménie, et englobe à l’est la région de Suse, où s’est développée une autre civilisation, celle des Élamites, apparentés aux Sumériens.

Quatre siècles plus tard, les rois sumériens d’Our ont un pouvoir non moins considérable. A cette époque apparaît dans l’histoire

la ville d’Assur, qui deviendra au second millénaire la capitale d une puissance rivale et souvent victorieuse de la Babylonie.

Le mouvement de migration qui, à l’aurore des temps historiques, avait amené des sémites de Syrie en Babylonie, n’avait probablement jamais cessé; les habitants de la Syrie, appelés Amorrhéens, c’est-à-dire occidentaux, par les Suméro-akkadiens, avaient fondé des royaumes le long de l’Euphrate et, par des infiltrations plus ou moins pacifiques, s’étalent répandus vers le golfe Persique. Amorrhéens et Élamites causèrent la ruine de l’empire d’Our et se partagèrent ses dépouilles; d’autres Amorrhéens s’établirent ensuite à Babylone, reconstituèrent l’empire à leur profit et firent de leur ville, pour deux mille ans, la véritable capitale de l’Orient.

Leur œuvre faillit être ruinée par un peuple nouveau, les Hittites, qui apparaissent à la fin du troisième millénaire sur le plateau d’Asie Mineure. Les Hittites subissent l’influence des civilisations babylonienne et égyptienne; au XIV® siècle, ils conquièrent la partie septentrionale de la Syrie, mais ils y sont ensuite confinés par la poussée des peuples de la côte égéenne, et, rejetés vers l’Orient par l’arrivée des Doriens, ils disparaissent peu à peu. Ils ont comme voisins, en Mésopotamie, les Mitanmens, adorateurs des dieux de l’Inde, dont l’influence se substitue en Assyrie à celle des Sumériens, alors qu’en Babylonie la race sumérienne a été remplacée par des sémites nomades qui se sont infiltrés le long du désert et ont gagné peu à peu, par les bords du golfe Persique, les basses vallées de l’Élam, alors que Babylone elle-même est tombée sous la domination des Kassites, descendus du Zagros et fixés dans cette ville pour près de six siècles.

Les migrations des Peuples-de-la-mer amènent sur la côte méridionale de Syrie les Philistins, vers le temps où les Hébreux, sortis d’Égypte et entrés en Canaan, commencent à former un peuple, et les marins de la côte septentrionale de Syrie, recueillant l’héritage de la thalassocratie crétoise, fondent des colonies dans tout le bassin de la Méditerranée et au delà des colonnes d’Hercule.

L’Assyrie s’est affranchie de la suzeraineté babylonienne et de l’emprise mitannienne; elle commence cette politique de conquêtes

L’ORIENT CLASSIQUE

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