chapitre ix
LES CROISADES
CAUSES ET ORIGINES. — La croisade est proprement la guerre entreprise contre les ennemis de la foi chrétienne par des guerriers volontaires. Son nom vient de la croix rouge dont ceux-ci se marquaient à l’épaule droite, pour bien signifier de qui ils étaient les soldats; on l’applique plus spécialement aux expéditions dirigées contre les Musulmans aux XI®, XII® et XIII® siècles.
Après s’être répandu dans l’Afrique septentrionale, l’Islam avait menacé l’Europe. Charles Martel brisa son élan à Poitiers (732) ; Charlemagne, pour le contenir au delà des Pyrénées, créa la marche d’Espagne, et les chrétiens de la péninsule durent lutter pas à pas pour reprendre leur pays. Les côtes de la Méditerranée, les îles (Baléares, Sardaigne, Sicile, Malte) étaient en partie aux mains des mahométans ; l’Empire byzantin voyait ses territoires d’Asie tomber par lambeaux en leur possession.
Cependant il s’était établi entre Arabes et chrétiens des relations intellectuelles et économiques. En philosophie, en médecine, en mathématiques, les Arabes avaient reçu, par les chrétiens de Syrie, les leçons de la Grèce, que leurs travaux firent connaître à l’Occident. Ils servaient aussi d’intermédiaires entre l’Asie et l’Europe, et le commerce oriental assura la fortune des cités italiennes, principalement de Venise. A la faveur de ces relations constantes, la domination musulmane était devenue moins sectaire, et le basileus avait autorisé la construction d’une mosquée à Constantinople (1049).
Précisément alors, la Palestine exerçait sur les chrétiens une attirance grandissante. Depuis qu’Hélène, mère de Constantin, y avait retrouvé l’emplacement du Calvaire, les pèlerins s’y succédaient avec une ferveur que ne refroidissaient ni la longueur de la route ni les dangers de l’entreprise, car ils étaient à la merci d’une tolérance précaire. La destruction, en 1010, de l’église du Saint- Sépulcre par le sultan el-Hâkem ne fit que redoubler l’enthousiasme, et, quelque quinze ans plus tard, l’église fut reconstruite. Ce n’était pas isolément ou par petits groupes que les pèlerins se rendaient aux Lieux saints; ils y venaient par troupes considérables : sept cents hommes, en 1026-1027, avec Richard, abbé de Saint-Vanne; douze mille hommes, en I 065, avec Günther, évêque de Bamberg.
Les conquêtes des Turcs seldjouqides mirent fin à cette période d’accalmie. Alp-Arslan, maître d’Ispahan et de Bagdad, porta la guerre en Arménie et vainquit, à Mélazguerd, l’empereur d’Orient, Romain Diogène (1071). Sous son fils, Malak-Châh (I 072-1 092) , les Seldjouqides s’étendirent de Kachgar aux environs de Nicée, prirent Jérusalem ( I 076) , enlevèrent Damas et menacèrent Byzance, dont le sort préoccupa Grégoire VII.
Pendant que la condition des chrétiens devenait de plus en plus périlleuse dans les Lieux saints profanés, en Espagne la .prise de Tolède par les chrétiens (1085) avait été suivie d’un retour offensif des Sarrasins, et, par la victoire de Zalacca (1087), les Almoravides, accourus du Maroc, semblèrent remettre en question l’indé-
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Urbain 11. — Né dans le diocèse de Reims, ancien prieur de Cluny, Urbain 11 fut pape de 1088 à 1099 : c’est lui qui prit l’initiative de la première Croisade. — Miniature tirée du manuscrit français 6465. Bibliothèque Nationale.
pendance de la péninsule, sinon l’œuvre de Charles Martel. Menacée d’une nouvelle invasion de l’Islam, la chrétienté lui opposa une centre-offensive : ce furent les Croisades.
LA PREMIÈRE CROISADE (1095-1099). — Un Français, le pape Urbain II, dressa les forces occidentales contre l’islamisme conquérant. Alexis Comnène avait sollicité son appui, et cet appel fut renouvelé au concile de Plaisance.
La papauté, régénérée et réformatrice, avait assez de force morale pour invoquer avec succès le sentiment de la solidarité chrétienne : Urbain II porta donc l’affaire devant le concile de Clermont-Ferrand, ouvert le 18 novembre 1095. S’il choisit la France, son pays, pour y lancer le premier cri d’alarme, c’est que l’esprit chevaleresque y était plus développé qu’ailleurs, la noblesse plus brillante et plus considérée, les institutions de paix plus solides.
Urbain II s’adressa aux foules en langue romane, faisant couler les larmes par le récit des souillures infligées au tombeau du Christ et des traitements réservés aux chrétiens, soulignant que la cause de l’Empire grec était, à cette heure, la cause même de la chrétienté, ouvrant au trop-plein de la population la perspective d’établissements avantageux, offrant à l’esprit batailleur des barons une occasion de s’exercer non plus dans des luttes ruineuses, mais dans la plus noble des guerres, puisqu’il ne s’agissait de rien moins que de venger l’honneur de Dieu.
Aux cris de : « Dieu le veut ! » clercs et laïques, chevaliers, bourgeois, manants, s’engagèrent en masse. Ancien pèlerin de Jérusalem, l’évêque du Puy, Adhémar de Monteil, ayant pris une part très active au concile de Clermont, fut choisi par le pape pour diriger, comme légat apostolique, l’expédition, dont le départ fut fixé au 1 5 août 1 096. Aux indulgences et faveurs spirituelles s’ajoutèrent, pour les croisés, des avantages temporels ; moratorium des dettes, mise des biens sous la sauvegarde du Saint-Siège.
Tandis que le pape poursuivait sa campagne dans de nombreux synodes, des prédicateurs, dont l’un des plus entraînants fut Pierre l’Ermite, en répercutaient l’écho à travers l’Europe. En France, en Flandre, en Lorraine, en Souabe, cet apôtre au visage émacié groupa des milliers de pauvres gens, qui le suivirent avec leur famille. Ils ne voulurent pas attendre la date convenue pour se mettre en marche. C’étaient des bandes inorganisées, sans aucune notion de la discipline, sans idée des difficultés à vaincre et auxquelles se mêlaient des éléments suspects, comme les recrues faites par les Allemands Gottschalk et Volkmar; et les scènes de brutalité, telles que le massacre des juifs de Cologne, ne furent pas rares. Dès le mois d’avril 1 096, des croisés partirent de Cologne en troupes successives, la première guidée par Gautier sans Avoir. Leur insubordination, les pilleries auxquelles ils se livraient quand l’accueil des populations ne leur paraissait pas assez empressé, attirèrent des représailles ; en Hongrie, en Bulgarie, beaucoup d’entre eux furent massacrés. Quand ils furent rassemblés à Constantinople, en juillet 1096, le bon sens eût voulu (c’était l’avis de Pierre l’Ermite) qu’ils attendissent l’armée des chevaliers : cédant à leur impa¬
tience, ils traversèrent le Bosphore; les Turcs les exterminèrent, et les débris de cette cohue se réfugièrent à Byzance.
La véritable armée, celle des chevaliers, formait quatre corps : gens du Nord et de l’Allemagne sous Godefroi de Bouillon, duc de Basse-Lorraine, et ses frères Eustache de Boulogne et Baudouin; gens du centre et du midi de la France, sous Raymond de Saint-Gilles; Normands de Sicile sous Bohémond, fils de Robert Guiscard, et Tancrède, son neveu; gens de France et de Normandie, sous le frère du roi, Hugues de Vermandois, auquel LJrbain II remit l’étendard de saint Pierre. De décembre 1096 à mai et juin 1097, ils atteignirent Constantinople; mais, s’ils avaient l’enthousiasme de la foi, il manquait à ces six cent mille hommes l’unité du commandement et la cohésion; le légat n’avait qu’une autorité morale; la communauté du but à atteindre n’empêchait pas les ambitions, les rivalités, les intrigues de se faire jour. A cette cause de faiblesse s’en ajoutèrent d’autres, d’ordre matériel : difficultés de la route, insuffisance du service de ravitaillement, décroissance des effectifs par suite de la dispersion des troupes dans les villes conquises ou du retour de certains croisés en Occident, disette, épidémies, pertes dans les batailles. Aussi, fallut-il plus d’un mois pour réduire Nicée (15 mai- 19 juin 1097). L’empereur Alexis l’occupa seul; car il avait fini par faire accepter sa suzeraineté aux croisés et obtenu de leurs chefs l’engagement de lui restituer les places d’Asie qui seraient reprises aux Musulmans.
A Dorylée (29 juin) , la valeur de Bohémond et l’arrivée opportune de Godefroi décidèrent de la déroute des forces musulmanes, pourtant supérieures; mais le gros de l’armée n’arriva que le 21 octobre devant Antioche, qui fut immédiatement assiégée, cependant que Tancrède s’emparait de la Cilicie, grâce à l’appui des chrétiens de la Petite-Arménie. Antioche ouvrit ses portes le 3 juin 1 098 après un siège de huit mois, et encore ce résultat fut-il dû aux intelligences que Bohémond avait nouées avec un des principaux habitants : celui-ci, un Arménien, lui livra une tour qu’il commandait, et les croisés purent ainsi pénétrer dans la ville. Il leur fallut, d’ailleurs, lutter héroïquement pour s’y maintenir. Deux armées de secours, venues de Damas et d’Alep, furent battues (3 1 décembre 1097-9 février 1098), et, le 5 juin, l’émir de Mossoul, apparaissant avec de nouvelles troupes, menaça de réduire par la famine les nouveaux maîtres d’Antioche. La découverte de la sainte Lance, dans l’église de Saint-Pierre, provoqua chez les croisés un sursaut d’énergie. Après avoir communié, ils culbutèrent l’ennemi dans une sortie furieuse, bien qu’ils fussent un contre cinq (28 juin) .
Enfin, au bout d'un an encore, on parvint devant Jérusalem (7 juin) . La proximité de la ville sainte exalta la foi de ces hommes, minés par les fatigues, les privations, les maladies ; beaucoup firent à genoux la dernière partie de la route; tous se prosternèrent à la vue des murs sacrés. Quarante jours de siège et l’emploi de tours roulantes domptèrent la résistance des Musulmans, dont on fit, comme à Nicée, comme à Antioche, un horrible massacre (15 juillet I 099) . Une armée égyptienne de secours fut taillée en pièces près d’Ascalon, le 1 2 août, par Godefroi de Bouillon.
Si la première Croisade coûta la vie à un demi-million d’hommes, elle atteignit le but que s’en étaient proposé les Initiateurs. Une partie de l’.Asie Mineure retombait sous la domination byzantine ou
JÉRUSALEM. Tour de David. — Une des tours de Jérusalem dont la construction était, à tort, attribuée à David, et que les croisés considéraient comme une des parties les plus fortes des remparts. Ci. Chami'ausk.
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se trouvait occupée par les Francs; les ports du littoral étaient ouverts aux marchands européens; le péril musulman paraissait une fois de plus écarté.
LE ROYAUME LATIN DE JÉRUSALEM. — De leurs
domaines orientaux, les croisés formèrent la principauté d’Antioche, le comté d’Édesse, le comté de Tripoli, relevant nominalement du royaume de Jérusalem. Ils transportèrent dans l’Orient latin la féodalité occidentale, et, construisant de toutes pièces, ils appliquèrent la théorie sans réserve.
Le roi, simple suzerain, n’agit qu’avec le conseil de ses grands officiers et de ses grands vassaux, quasi indépendants : la hiérarchie prend une forme rigide. Le service militaire est dû par les vassaux dont chacun fournit un nombre déterminé de chevaliers et aussi de valets et de soudoyers roturiers pour former l’infanterie. La bourgeoisie est administrée par des vicomtes, sous l’autorité des seigneurs; dans les grandes villes du littoral, des colonies, composées surtout d’Italiens, font le commerce et s’enrichissent; elles sont administrées par des baillis ou des consuls. A Saint-Jean-d’Acre, un bailli de Syrie, représentant attitré de Venise, a le pas sur les autres autorités locales. Une haute cour, composée de chevaliers, juge les causes féodales; les affaires civiles relèvent de la cour des bourgeois, composée de douze jurés. Le tribunal de la Fonde (entrepôt) , où siègent quatre jurés francs et deux jurés indigènes, connaît des causes commerciales, et les affaires maritimes sont portées devant le tribunal de la Chaîne. Nous avons, pour nous éclairer sur cette législation, un recueil célèbre, les Assises de Jérusalem, rédigé, sans caractère officiel, dans la deuxième moitié du XIII® siècle, quand le royaume latin était réduit à Chypre, par les jurisconsultes Jean et Jacques d’Ibehn, Philippe de Novare, etc. Un recueil analogue fut établi pour la principauté d’Antioche; il nous est connu par une traduction arménienne. La Petite-Arméme, alliée des croisés, et dont le prince reçut, en 1 1 00, de Godefroi de Bouillon le titre de baron, s’organisa, en effet, sur le modèle de la féodalité latine.
La nécessité d’avoir, pour la défense du royaume, des troupes permanentes, plus sûres que la milice féodale, motiva la création d’un ordre militaire (1119), les « Chevaliers du Temple », comprenant des chevaliers et des chapelains, qui devaient être nobles, et des frères servants, d’origine roturière. Le grand maître gouvernait avec l’assistance du chapitre et de grands dignitaires. Les Templiers faisaient les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, et vivaient sous la règle des chanoines réguliers de saint Augustin. Leur vaillance, les services qu’ils rendaient à la chrétienté assurèrent à l’ordre un développement prodigieux; leurs maisons se multiplièrent partout sous le titre de comrnanderies, groupées en bailliages et ceux-ci en provinces ou nations. Leurs forteresses, retraites sûres, virent affluer l’argent des princes et des seigneurs, dont ils devinrent les dépositaires; ils furent ainsi amenés à faire des opérations de
Façade de l’église du Saint-Sépulcre. — Cette église célèbre, construite par Constantin sur l’emplacement du Saint-Sépulcre, fut détruite partiellement par les Perses en 614, puis par les Arabes en lOlO, et rebâtie de 1010 à 1048. Les croisés y apportèrent des modifications. Le portail à baie géminée, surmonté dune fenêtre également géminée, est de la seconde moitié du XII“ siècle. Le clocher, en hors-d œuvre, est du Xlir siècle.
banque et, sous Philippe le Bel, leurs richesses, qui excitaient les convoitises, furent cause de leur perte.
Un ordre établi à Jérusalem dès I 048 pour le service des pèlerins, les «Hospitaliers de Saint-Jean», s’organisa sur le modèle des Templiers; ils élevèrent de nombreux châteaux forts, dont le plus célèbre était le Krak des chevaliers. A côté des Frères hospitaliers, il y eut des chevaliers de Saint-Jean pour combattre les infidèles. Ayant conquis Rhodes sur les Turcs (1310), les chevaliers de Saint-Jean y transférèrent le siège de l’ordre, pour émigrer, après la perte de Rhodes (1522), à Malte, où ils se maintinrent jusqu’à
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la fin du XN’III*^ siècle. De là, leurs noms successifs de chevaliers de Rhodes, puis de chevaliers de Malte.
En 1 1 90, après l’cxirédition de Frédéric Barberousse, les Allemands voulurent avoir un ordre particulier : l’ordre hospitalier de Notre-Dame de Jérusalem, constitué sous la protection de Frédéric de Souabe, fut confirmé en i 1 9 1 par Clément III et transformé en ordre chevaleresque en I 197; il ne joua qu’un rôle effacé en Orient.
Sous le quatrième grand maître, Hermann de Salza (1210-1230), l’ordre des « Chevaliers teutoniques » appliqua son activité à la conversion armée des païens de Prusse. En I 200, l’évêque de Riga, Albert, avait fondé, pour combattre les païens de Livonie, les «Chevaliers porte-glaive», sous la règle de Cîteaux; ils conquirent, en vingt ans, l’Esthonie et la Courlande. Pour lutter contre les Russes et les Lithuaniens, ils obtinrent de Grégoire IX l’autorisation de s’unir avec les Teutoniques (1237). Les Teutoniques mirent un demi-siècle à soumettre les Prussiens. Les villes de Kulm, Thorn, Marienvverder, Elbmg furent fondées pour maintenir le pays dans la sujétion. Pendant tout le Moyen âge, les Teutoniques poursuivirent contre les païens de l’Europe orientale une croisade de civilisation et même d extermination, à laquelle vinrent prendre part des seigneurs de toute l’Europe, et notamment de la France (1).
A l’imitation des Croisades d’Orient, l’Espagne, pour sa croisade perpétuelle contre les Arabes, fonda, au XII® siècle, des ordres militaires : ordre cistercien de San Julian del Pereiro, puis d’Alcan-
(ll Au temps de la Réforme, le dernier grand maître se sécularisa et s’appropria les domaines de l’ordre. Ce fut l’un des fondements de la monarchie prussienne.
tara (I 156), ordre de Calatrava (I 158), ordre de Saint-Jacques de Compostelle (1175), ordre d’Evora (1162). Ici encore, la chevalerie française se dépensait généreusement, et c’est ainsi que, dès 1095, le fils du duc de Bourgogne, Henri, venu au secours d’Alphonse VI de Castille, épousa la fille de ce souverain et fonda bientôt le royaume de Portugal.
LA SECONDE CROISADE (1146-1149). — La nouvelle de la prise de Jérusalem, les exploits des croisés, les lettres qu’ils écrivaient, les récits des pèlerins rentrés dans leurs foyers maintinrent d’abord en Occident un certain enthousiasme, qu’encouragea Pascal II. Lorsqu’on apprit que le comte d’Antioche, Bohémond, était tombé aux mains des infidèles, une expédition se forma pour les frapper dans leur ville de Bagdad : les archevêques Anselme de Milan, Hugues de Lyon, Thieme de Salzbourg; les évêques de Parme, de Pavie, de Soissons; les comtes de Blois, de Vermandois, de Nevers, de Poitiers; le duc de Bavière, le comte de Ratisbonne et bien d’autres prirent la croix à l’envi. La mauvaise foi du basileus Alexis, la difficulté du ravitaillement, le manque de provisions changèrent l’expédition en désastre : les 350 000 hommes qui la composaient se firent tailler en pièces, les uns à Mersivan, les autres à Eregli (MOI). Bohémond, grâce à une forte rançon, put rentrer en France, au grand mécontentement d’Alexis, qui avait instamment prié les Turcs de lui remettre leur prisonnier. Bohémond, revenu en Occident, épousa la princesse Constance, fille du roi de France, et, ayant négocié l’appui de Venise, mit le siège devant Durazzo : il s’y mesura, pour son malheur, avec les Grecs, et dut se reconnaître vassal du basileus (I 107) .
Les rois de Jérusalem, dont le premier, Godefroi de Bouillon, ne voulut porter que le titre de « baron et avoué du Saint-Sépulcre », purent mener contre les Musulmans une guerre souvent heureuse, et, à la mort de Baudouin I®’' (1 1 18), toute la côte, d’Ascalon à Beyrouth, appartenait aux Latins. Mais une tribu turque, établie à Mossoul, avait rencontré dans le gouverneur (aiabek) Imad-eddin Zengî un chef redoutable, dont le fils, Noûr-ed-dîn, devait être plus fatal encore aux chrétiens. Les conquêtes successives de Zengî sur les Latins, entravées un moment par l’armée byzantine.
SCHUDES Te.MPLIERS. VERS 1202.
— On y voit deux 1 empliers, la lance en arrêt, sur un seul cheval, galopant vers la gauche, .turn. \ai.
Le Kr\K r Kmj'.K (dcformalion de l’arabe Kal'at. pierre). — Ancienne forteresse des r-ies [irire par les croisés et donnée, en 1145, aux chevaliers de .''ainl-Jean de Jérusalem. Vue partielle de la seconde enceinte, qui dominait la
première. • km ,
Le KrmC. — La forteresse des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, restaurée, après 1202, dans le style français, est un des beaux monuments de l’époque féodale. Le sultan Bibars, en même temps qu’il s’empara du château de Tibériade. s’en rendit maître et la répara en 1271. Ci. Kxi srt.
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