DEMELES DE JEAN II AVEC DON CARLOS DE
VIANE. — On sait quel esprit individualiste survit aujourd’hui encore dans les vallées pyrénéennes de la Navarre, et combien leurs habitants sont fidèles à leurs vieilles coutumes. A la fin du Moyen âge, ils y étaient attachés davantage encore, et se montraient profondément jaloux de leur indépendance. Aussi le jour où, après la mort de Blanche et contrairement à ses volontés testamentaires (1441), son époux Jean d’Aragon prit le titre de roi de Navarre, le mécontentement fut-il profond dans le pays. Il ne se manifesta pas toutefois tant que don Carlos, prince de Viane, né en 1421 du mariage de Jean et de Blanche, demeura lieutenant général du royaume de Navarre; mais, le jour où (1450) Jean rendit le gouvernement de l’Aragon à son frère Alphonse V revenu d’Italie, et reprit lui-même le pouvoir dans ses propres Etats, don Carlos contesta à son père le titre de roi de la contrée. Battu à Eibar, en 1451, avec ses montagnards qu assistaient les Catalans, il fut jeté en prison par le vainqueur. Carlos de Viane, libéré un peu plus tard, se révolta encore par deux fois ; il venait de se réconcilier avec son père, tout au moins en apparence, et d’en obtenir quelques concessions, quand il mourut mystérieusement en 1461.
Cette mort amena une révolte de la Catalogne, qui se déclara indépendante, mais qui finit par rentrer dans l’obédience de l’Aragon (1472), grâce à l’intervention du roi de France Louis XI, à qui fut cédé le Roussillon pour prix de ses bons offices. Quant à la Navarre, toujours frémissante sinon absolument soulevée contre l’autorité du roi d Aragon, elle revint à Eléonore, l’épouse du comte de Foix et la fille cadette de Jean II, qui avait, pour obtenir cette couronne, fait empoisonner sa sœur aînée Blanche, femme du roi Henri IV de Castille.
Ces sombres drames de famille montrent bien quelle violence persistait encore en Navarre, comme, d’ailleurs, dans les autres contrées pyrénéennes, au milieu du XV^‘ siècle; ils expliquent pour leur part les difficultés que Jean II rencontra dans 1 exercice du pouvoir royal dans ses vastes Etats. Ils permettent aussi de comprendre certains traits du caractère de son fils Ferdinand V, qui proclamé dès 1468, par les trois Etats réunis à Saragosse, roi de Sicile et héritier d’Aragon, monta sur ce dernier trône en 1479, cinq ans après avoir commencé de collaborer, avec sa femme Isabelle, au gouvernement des royaumes de Castille et de Leon.
V. L’ESPAGNE AU TEMPS DE FERDINAND ET D’ISABELLE. RÉALISATION DE L’UNITÉ NATIONALE (1474-1520)
LES DEBUTS D’ISABELLE DE CASTILLE. — Déjà,
en sa qualité d époux de la reine de Castille, Ferdinand d Aragon avait fourni les preuves de sa subtilité politique. Le mariage d Isabelle avait suffi, en effet, pour amener un certain nombre de puis-
PlÈCE d’or de 10 HENRIQUEZ (règne de Henri IV de Castille); avers et revers. — Bibliothèque Nationale; Cabinet des médailles.
Isabelle la Catholique. — D’après une estampe conservée au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale.
Ferdinand le Catholique. — D’après une estampe conservée au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale.
sants seigneurs, soucieux surtout de leur indépendance, à embrasser la cause de cette Beltraneja, que naguère ils combattaient. De son côté, Henri IV, reniant les promesses du traité de Guisando, s’était uni à Alphonse V de Portugal pour assurer le triomphe de la cause de sa fille; Isabelle, aidée de son mari, fit face à toutes les difficultés, triompha de cette coalition, et assura ainsi son accession au trône de Castille à la mort de son frère Henri IV (1474); elle sut aussi, au cours des années suivantes, vaincre à la bataille de Toro (1476) et soumettre les grands qui, avec l’aide d’Alphonse V de Portugal, le (( fiancé » de la Beltraneja, avaient entrepris une fois encore de faire valoir les droits de celle-ci à la couronne de son père défunt. Il fallut quatre ans de sanglantes guerres civiles pour arriver à ce résultat, et il ne fut définitivement obtenu qu à l’accession de Ferdinand au trône d’Aragon, en 1479.
de Medina Sidonia et le marquis de Cadix, maintenaient le pays en état de guerre civile; Isabelle ne leur pardonna que sur les instances de l’évêque de Cadix, mais elle les bannit du royaume. En Castille, le puissant Fernando de Alarçén, favori de l’archevêque de Tolède, périt sous la hache du bourreau.
Les têtes des chefs tombées, il fallait dissiper leurs bandes armées; Isabelle n’eut garde de manquer à ce devoir. Depuis deux siècles déjà, les villes de Castille avaient, par endroit, organisé entre elles des confréries ou hermandades, dont les milices assuraient la sécurité de leurs territoires. La reine prit à sa charge ces organisations, les centralisa, et organisa une milice générale des communes de Castille ou Hermandad, mettant ainsi la main sur des organisations armées, qui auraient pu devenir dangereuses pour le pouvoir royal, et opposant en même temps, comme l’avaient souvent lait ses prédécesseurs, la bourgeoisie des villes à la noblesse. Elle alla même plus loin dans cette mainmise en plaçant des fonctionnaires royaux (corregidores) auprès des municipalités importantes, et en faisant surveiller étroitement celles auxquelles elle avait laissé l’autonomie. Quant aux Cortès, elles subsistèrent, mais furent de moins en moins réunies. Peu à peu, le pouvoir royal absolu s’établit. Les nobles, dont les privilèges furent révisés, devinrent des courtisans, et les municipalités, des auxiliaires contrôlés du gouvernement.
Quant au clergé, s’il fut entouré de sollicitude, il ne s’en vit pas moins dépouillé du droit abusif, qu’avaient pris certains prélats et certains abbés, de prélever les impôts aux lieu et place du roi; sa moralité même fut surveillée par des inspections rigoureuses que dirigeait le cardinal Cisneros. Dans les conseils du royaume réorganisés, les titres honorifiques furent conservés aux nobles, mais l’influence passa aux seuls légistes, chargés d’appliquer scrupuleusement les lois et coutumes du royaume nouvellement codifiées à la mode romaine. Les finances furent assainies et, pour enrichir le trésor royal, les grands ordres militaires de chevalerie, qui avaient si puissamment contribué à la victoire sur les Maures, furent placés sous l’autorité royale ; leurs domaines permirent ainsi au trésor du monarque d’améliorer sa situation financière. Pour assurer, d’autre part, le sécurité de la nation, l’armée fut organisée, suivant les conseils du vaillant et habile Gonzalve de Cordoue, et la Sainte-Hermandad servit d’école aux fantassins espagnols.
SITUATION RESPECTIVE DE FERDINAND ET D’ISABELLE EN 1479. — Est-ce à dire qu à partir de ce moment, les deux royaumes de Castille et d’Aragon aient été réunis sous un même sceptre ? Nullement. Sans doute avait-il été convenu entre les époux, après l’avènement d Isabelle, que tous deux gouverneraient conjointement leurs différents Etats (Castille, Leon, Galice, Asturies) ; que, dans les actes, on mettrait le nom du roi avant celui de la reine ; qu’on se servirait d’un scel unique, où seraient réunies leurs armes personnelles. Mais il avait été en même temps stipulé que Ferdinand ne pourrait aliéner aucune propriété de la couronne sans le consentement d Isabelle, que celle-ci nommerait seule les gouverneurs des villes et forteresses delà Castille. Ainsi la reine, qui n’eut jamais à intervenir dans les aflaires de l’Aragon, conservait-elle une part d’administration dans ses Etats. Mais néanmoins, dès ce moment, il y avait action commune d’une seule et même autorité en Castille et en Aragon. Ainsi se préparait, à longue échéance, la fusion de la majeure partie de la péninsule ibérique en un royaume unique.
L’ŒUVRE DE PACIFICATION ET D’ETABLISSE¬ MENT DU POUVOIR ROYAL EN CASTILLE. —
Pour mener à bien cette grande œuvre, il importait avant tout, la guerre dynastique une fois terminée, de pacifier et d unifier, sous l’autorité du monarque, le royaume de Castille. Celui-ci était, depuis deux siècles, en proie au brigandage organisé par les seigneurs et parfo s même par les fonctionnaires royaux, auxquels les souverains avaient trop souvent, pour prix de leur concours contre les Maures, accordé des privi èges administratifs, judiciaires et financiers véritablement abusifs. Il n’y avait plus en Castille (si jamais elle y avait existé) cette hiérarchie féodale qu’on trouvait alors en France et même en Aragon; il n’y avait pas de vassaux du roi, il y avait de puissants barons, d’intrigants partisans se disputant le pouvoir au grand dam des populations, au milieu desquelles se perpétraient leurs querelles à main armée.
Isabelle, femme remarquablement intelligente, mais qu on a représentée à tort comme une bonne reine, populaire et clémente, par opposition, sans doute, à Ferdinand, qui lut le plus perfide et le plus déloyal des rois, réprima l’anarchie avec la dernière rigueur. Dans une région terrorisée par de véritables brigands, la Galice, quarantesix châteaux furent rasés, et presque autant de nobles personnages exécutés sans pitié. En Andalousie, deux grands seigneurs, le duc
L’art gothique en Espagne : la cathédrale de Burgos. Les travaux, commencés en 1221 sous le règne de Ferdinand Hi. durèrent trois siècles. Les tours datent du XV siècle. Le dôme octogonal, au-dessus de la croisée, a été achevé au milieu du XVP’ siècle. (T. Lmiom.
)I6 — CONSTITU l ION DES ETATS EUROPEENS
L’ŒLARE DETABEISSEMENT DU POUXOÏR F^O'l AL EN AJ^AGON. — Si. comme on l a indiqué plus haut, Ferdinand et Isabelle administraient séparément leurs Etats, ils n y ■ ui'. aient pas moins une politique absolument semblable. Les rélormes opérées en Castille le furent également en Aragon, dont la législation, l’administration et les institutions .sociales étaient, sur beaucoup de points, identiques à celles de la Castille. Là, toutefois, force fut à Ferdinand d’agir avec beaucoup plus de tact qu’lsabelle ne l’avait fait dans ses propres Etats ; si, en effet, les guerres civiles avaient ruiné les libertés municipales de la Castille, affaiblies déjà par les empiétements des rois, les universidades ou communes aragonaises s étaient maintenues fortes et puissantes et la nation entière montrait, à l’occasion, un attachement farouche à ses jueros. Ferdinand \ d Aragon, qui s en rendait très bien compte, agit toujours en conséquence, mais il n’obtint pas moins dans ce pays, et très vite, le résultat qu’il poursuivait.
DESTRUCTION DU ROYAUME MAURE DE GRENADE. - Les rois
catholiques songèrent à utiliser au mieux des intérêts de leur couronne les instincts turbulents et batailleurs de leurs sujets en reprenant la croisade contre 1 Infidèle pour le chasser de la péninsule Ibérique de façon définitive.
Quand, en 1481, ils commencèrent, ou plutôt recommencèrent la lutte contre le royaume de Grenade, dernier vestige de ce khahfat de Cordoue qui avait naguère été un SI grand foyer de civilisation, celui-ci se trouvait, par suite de déplorables dissensions intestines, dans une profonde décadence. Sans doute, les émirs de Grenade affectaient-ils encore de tenir un langage fier et parfois arrogant, mais en réalité ils étaient incapables de conformer leurs actes à leurs paroles et de résister victorieusement à une attaque un peu prolongée des peuples chrétiens qui les pjessaient au nord et à l’est. C est ce que comprenaient parfaitement Ferdinand et Isabelle. Patiemment, méthodiquement, sous prétexte de venir en aide à Abou-Abdallah — le Boabdil des Espagnols — à qui son oncle Abdallah el Zagal (le Vaillant) disputait le trône de Grenade, ils « mangèrent la grenade grain à grain », s’em.parant de toutes les villes du royaume entre 1481 et 1491 ; puis ils vinrent ensuite mettre le siège devant la capitale de Boabdil, que rien ne couvrait plus contre les attaques espagnoles.
On sait quelle opiniâtre résistance opposèrent aux assaillants les Maures groupés autour de leur émir, qui avait proclamé la guerre sainte. Mais, de leur côté, les Espagnols ne voulaient plus de la présence du Crois-sant sur le sol de leur pays et avaient juré d’en finir avec Grenade ; la construction de la ville improvisée de Santa-Fé dans la plaine, face aux remparts de la capitale assiégée, témoigna de leur résolution, qui reçut sa récompense le jour où, après neuf mois de siège (26 avril 1491-2 janvier 1492), Boabdil ouvrit les portes de sa ville aux soldats d’Isabelle et leur livra en pleurant Grenade, qu’il s’était montré incapable de défendre.
ETABldSSEMENT DE L’UNITE DE FOI; L’INQUI-
SITIO.N D ETA I . — Ainsi se trouvait enfin achevée 1 œuvre de la conquête, sept cent quatre-vingts ans après rétablissement de la domination des Arabes en Espagne, qu’on fait commencer à la prise de Séville par Moûsa en 712. Mais, après avoir expulsé de Grenade Boabdil, ses Maures et ses favoris juifs, les rois catholiques consolidèrent leur victoire en assurant l’unité de religion dans toutes les parties des royaumes espagnols. La population de la péninsule — et c’était la conséquence d’une occupation étrangère de sept siècles — présentait un singulier mélange de races très diverses amenées en Espagne à la suite des conquérants arabes. Les juifs devenaient inquiétants par leur puissance matérielle et les Musulmans constituaient un obstacle permanent à l’unité de foi.
Avec 1?. mentalité médiévale, avec le fanatisme espagnol d’alors, qu expliquent des haines mûries par huit siècles de guerres, le clergé et le peuple réclamaient la gers et antichrétiens. Ferd inand vo-ux.
Dès 1480, longtemps avant la
Jeanne la Folle et son fils Charles. — Réduction d’une médaille d'or du Cabinet de France (1528).
condamnation des éléments étranet Isabelle s’associèrent à leurs
obtenu du pape Sixte IV’ sition d’Etat en Castille
conquête de Grenade, ils avaient établissement du Saint-Office, de 1 Inqui- (et ils 1 avaient, quatre années jrlus tard.
instituée de même en Aragon), contre la richesse envahissante des Maures et leurs idées dissolvantes du christianisme, comme aussi contre (( l’hérétique perversité mosaïque ». Après la prise de Grenade, ils transportèrent en Andalousie ce tribunal politique et religieux tout à la fois et s’en servirent, malgré leurs promesses formelles de tolérance religieuse, pour obliger les Maures à se convertir au christianisme. Ainsi provoquèrent-ils, en 1499, une révolte qu’ils comprimèrent avec leur énergie coutumière et qui eut pour conséquences l’émigration au Maghreb des Musulmans irréductibles et la conversion des autres. Mais l’Inquisition ne cessa d’avoir l’œil sur ces derniers, et plus d’une fois ceux d entre eux qui retournaient clandestinement aux pratiques de leur religion première expièrent ce crime dans les exécutions solennelles connues sous le nom d' autodafés. De cette manière, l’Inquisition d’Etat remplit le double but pour lequel elle avait été instituée :
elle servit à assurer 1 unité à la fois religieuse et politique de la nation.
Le règne des rois catholiques ne doit pas seulement sa grandeur aux conquêtes qui ont doublé l’étendue de l Espagne et ouvert à ce pays de glorieuses destinées ; il a vu aussi, à l’intérieur, s’accomplir les événements qui ont donné à la nation son caractère moderne.
LA POLITIQUE D’EXPANSION DES ROIS CATHOLIQUES. — Tandis que rinquisition collaborait à l’accomplissement des desseins de Ferdinand et d’Isabelle, ceux-ci s’efforçaient de donner satisfaction aux besoins d activité et de gloire de leurs sujets. Ils avaient attendu jusqu’à la chute de Grenade pour s’intéresser aux projets de découverte du Génois Christophe Colomb ; mais, aussitôt après, celui-ci, qui devait connaître plus tard l’injustice de Ferdinand, put, avec 1 aide d’Isabelle, donner à l’Espagne un nouveau monde. Ferdinand, satisfaisant les anciennes rancunes de l’Aragon, qui voulait établir son hégémonie dans le bassin méditerranéen, porta son activité diplomatique contre la France, qu il voulut isoler et dépouiller. En janvier 1493, il obtint de Louis XII, par le traité de Barcelone, la Cerdagne et le Roussillon, puis s’allia contre lui avec Venise pour le chasser du royaume de Naples. Plus tard encore (1509), il assura I influence espagnole sur la côte septentrionale d’Afrique en prenant Oran et Bougie, en plaçant les villes de Tlemcen, Alger et Tunis sous sa suzeraineté et en fortifiant Melilla, récemment conquise.
L’UNIFICATION CONSOLIDEE. — Quelques années avant ces expéditions, destinées à donner satisfaction à la turbulence de la noblesse castillane, la reine Isabelle était morte à Médina del Campo (1504), affligée par les deuils cruels qui avaient frappé son cœur de mère. Jean, son fils aîné, était mort avant elle, et aussi sa fille Isabelle, 1 épouse du duc de Béja, héritier de Portugal, et ainsi s était trouvée brisée une alliance de famille sur laquelle la reine de Castille avait fondé de grands espoirs politiques. Il ne lui restait plus que deux filles: Catherine, mariée au futur Henry VI II d’Angleterre, et Jeanne, dite la Folle parce que faible d’esprit et, en vérité, terrorisée par son mari Philippe le Beau, fils de l’empereur Maximilien et de Marguerite de Bourgogne. C’est à cette dernière, à Juana la Locû, qu Isabelle laissa son royaume de Castille, sous la régence de Ferdinand. Mais elle avait compté sans l’ambition de Philippe le Beau. En effet, à 1 instigation de Castillans désireux de maintenir l’indépendance de leur pays à l’égard de l’Aragon, celui ci revendiqua le titre et les attributions de régent de Castille. Le beau-père s’effaça alors devant son gendre ; puis, ce dernier étant mort tôt après, Ferdinand reprit le titre de régent au nom de la reine Jeanne, qui avait été proclamée déchue et avait été enfermée à Tordesillas, en 1506. Ainsi contmua-t-il à gouverner l’Espagne entière, avec la précieuse collaboration du cardinal Ximénes de Cisneros, son premier ministre en Castille, travaillant toujours à consolider l’œuvre d’unification à laquelle il s’était si opiniâtrement attaché.
REUNION DE LA NAVARRE EN 1512. — Ferdinand
y réussit pleinement, puisqu il parvint alors, avec l’autorisation du pape Jules II, à annexer la Navarre, dont le roi Jean d’Albret, le mari de Catherine de Foix, était contre lui l’allié du roi de France Louis XI 1 . Il se fit ensuite reconnaître solennellement comme roi par les Navarrais, dont le pays fut, aux Cortès de Burgos de 1515, incorporé à la Castille.
Cl. UKRVAI^ CiiniTEI LLMONT.
l’alhambra de grenade.