CARACTÈRE DU CULTE
Un Grec pense des dieux ce qu’il lui plaît. Mais il ne doit rien négliger des pratiques traditionnelles. Le culte est un contrat passé avec la divinité; la prière a pour objet de l’amadouer. On prend les dieux à témoin des serments, traités, imprécations, malédictions; par politesse, on n’approche de leurs autels qu’après s’être purihé les mains par l’eau, et l’on se soumet aux cérémonies expiatoires après un deuil, un meurtre involontaire ou une épidémie.
On n’entreprend rien sans consulter les dieux; on ruse pour connaître leur avis, quelquefois manifesté directement dans un songe; mais d’ordinaire il faut recourir à la divination, observer le vol des oiseaux, les phénomènes de l’air,
les entrailles des victimes, le jeu de la flamme ou de la fumée d’encens, etc. Pour l’interprétation, on s’eri rapporte à l’expérience des sibylles, des devins, des nombreux oracles; l’avenir se révèle dans l’ombre d’une grotte ou les exhalaisons d’une crevasse, par des mots, des signes ou des rêves; parfois, les prophéties semblent se contredire, mais la conhance en elles n’en est pas atteinte.
Tout dieu agréa d’abord pour domicile une caverne, une forêt, un tertre, un autel de pierre; enhn il eut sa maison, le temple. On gagnait ses faveurs par des sacrifices assujettis à un rituel invariable, extrêmement minutieux. La plus précieuse des offrandes est le sang de l’homme, et il y eut encore des sacrifices humains à l’époque classique ; pourtant on imagina, n’osant les répudier, d’ingénieuses substitutions : un animal, paré comme un être humain, fournissait la victime. L’esprit d’économie était inventif; on consacrait un bœuf en terre cuite, un concombre orné de bois sculptés simulant des cornes. D’ordinaire les dieux se contentaient des prémices des champs.