‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 82 sur 344 · PÈCE · texte numérisé non relu

PÈCE

xiftence antérieure: appren- :,>’nir. Conceptions de poète : de philosophe, qui domi- - Dialogues, et dans la Répu- .ois. Sa vive imagination a été . par des dons littéraires exceptionnels.

■ un des plus parfaits écrivains de la - rèce, tour à tour comique et lyrique; sa langue est celle de la conversation, légère, rapide, imagée, qui fait passer sans heurt de l’ironie fine à la spéculation.

Tout autre est son disciple Aristote (384- 322) , qui n’a rien d’un artiste. Les faits, voilà son domaine; il a passé sa vie à les recueillir, mais non à les compiler; intelligence universelle, observateur critique, il cherche les lois en tous sujets. Son père, médecin à la cour macédonienne, lui avait donné le goût des sciences de la nature; devenu précepteur d’Alexandre, Aristote obtint de son royal élève toutes facilités pour étendre ses recherches. Fixé à Athènes, il ouvrit un enseignement qui ne rappelle en rien les causeries de l’Académie platonicienne: il dogmatise en se promenant, d’où le nom de Péripatéticiens que portèrent ses élèves.

Il a dressé en formules définitives le bilan de la civilisation classique; sa méthode est d’exposer d’abord tout ce qui s’est fait avant lui, puis ses idées propres. Voulant établir la « somme » des connaissances humaines, il a composé une Poétique, une Rhétorique, des traités dont l’ensemble forme une véritable Logique, une Morale, une Économique, une Politique, une Physique, une Histoire des animaux, une Métaphysique, et nous ne possédons qu’une partie de son œuvre. Sa philosophie a un caractère essentiellement pratique ; la forme est adéquate ; m éclat, ni grâce; un style froid et sévère, d’une remarquable rigueur.

L’ÉLOQUENCE. — Ce ne fut un vrai genre littéraire que du jour où l’on se mit à systématiser les procédés instinctifs, vers le milieu du siècle. Les sophistes ont les premiers appliqué cette méthode, introduit dans la prose des expressions poétiques, de la symétrie, des cadences, des antithèses, et ouvert des écoles, pépinières d’orateurs. Athènes offrit à l’éloquence le milieu idéal par sa constitution démocratique, son organisation judiciaire, l’usage des panégyriques nationaux, des oraisons funèbres collectives. Il y

eut trois genres oratoires : épidictique ou d’apparat, politique et judiciaire.

Périclès prononçait des discours ornés de la pure raison; rien n’en a subsisté. De 1 oligarque Antiphon (vers 480-4 10), la célèbre Tétralogie sent déjà le procédé, avec raideur et monotonie; Lysias (458-378) est le type du logographe; son talent très souple savait prêter à ses divers clients les raisonnements et les discours appropriés à leurs conditions. Isocrate (436-338) , timide et sans organe, écrivit surtout pour le public lettré des morceaux qu’on lisait au lieu de les entendre : S’il n’a aucune originalité foncière, la forme est savante, la période merveilleusement articulée, et c’est le même rythme impeccable dans la façon de grouper les idées ; mais le tout artificiel et sans vie. Ses nombreux élèves animeront cette matière froide au contact de la vie politique active.

La grande crise de 360-336 mit aux prises deux partis : la faction macédonienne, avec Démade, improvisateur d’un verbe populaire, imagé; Dinarque, habile dans l’argumentation, et Eschine, de moralité suspecte, mais redoutable adversaire par ses qualités extérieures : de la voix, de la prestance, du pathétique, beaucoup de brillant, de mouvement et d’esprit. En face, le groupe national : Lycurgue, homme intègre, orateur tout d’une pièce, âpre et tendu ; Hypéride, plus flottant, plus orné; surtout Démosthène (384-322), élève du vigoureux rhéteur Isée. Tout le monde connaît sa vie, sa volonté opiniâtre à dominer sa nature, ses difficultés domestiques, sa croisade contre Philippe, son procès, son exil, son retour triomphal à Athènes après la mort d’Alexandre, l’acharnement macédonien à le perdre, sa mort volontaire face à l’ennemi.

Ses nombreuses harangues produisent à la lecture une forte impression, mais ne traduisent plus ce qu’il y ajoutait par ce don suprême : l’action.

Ses plaidoyers civils valent surtout comme documents sur le droit athénien. C’est dans ses harangues politiques, Philippiques, Olynthiennes, que brillent ses éminentes qualités : psychologie profonde, puissance d’évocation, bon sens robuste, logique rigoureuse, écrasante ironie alternant avec une aimable familiarité. Jusqu’à nos jours, il est resté sans égal.

Après lui, l’éloquence véritable est morte en Grèce avec la liberté.

Socrate. — Buste bien postérieur au temps du philosophe ; il montre au moins quelle idée se faisaient du maître, d’après la tradition, les générations suivante^. — Musée de Naples. Ci,. Ai.inari.

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