RACE9. MOY. MAX. MIN. DIFF
Anglais 06 \0o 91 H
Germains ) ^^ ( 114 70 M
Anglo-Américains ) ( 97 82 15
Arabes ^9 98 8i 14
Gréco-Egyptiens des catacombes 88 i (74 23
Irlandais 87 [ 97 J 78 19
Malais 86 1 (68 29
Persans . \ \
Arméniens j » 94 75 19
Circassiens f )
Iroquois i 8t
Shoshoncs ' )
Nègres d'Afrique ) ( 99 65 3i
Polynésiens il 8V 82 2
Chinois ) ^^ { 91 70 21
Nègres créoles de l'Amérique du Nord. ) } 8!) 73 10
Hindous ) . t 91 77 Tt
Anciens Egyptiens des calacombes.. . [ 80 ; 95 68 28
Fellas ) ( 96 66 30
Mexicains 79 92 67 25
Péruviens ] ( 101 58 47
Australiens [ ^^ 1 ^^ ^^ ^'"*
Hottentots ) ( 83 63 20
Indépendamment d'autres enseignements sur lesquels j'aurai à revenir, ce tableau démontre le peu de rapport qui existe entre la capacité du crâne, ou, en d'autres termes, entre les dimensions du cerveau et le développement intellectuel et social des races. Les nombres exprimant cette capacité placent les Cliinois , les Hindous , les anciens EgjT)tiens au-dessous des Nègres africains, des Peaux-Rouges et des Shoshones.
BiBL. ETHN. — Haces humaîties; ïntrod, 13
Est-il un seul homme, quelque peu instruit, qui puisse accepter, comme expression de la vérité, une théorie qui conduit à regarder les peuples les plus anciennement civilisés comme étant moins intelligents que des tribus restées jusqu'à nos jours à Tétat barbare ou sauvage?
IV. — Sous Tempire des préoccupations inspirées par les doctrines transformistes, on est allé encore plus loin. On a voulu voir dans certaines particularités extérieures ou anatomiques non seulement des caractères (V infériorité, mais encore des signes d'animalité. On a attribué à l'influence ancestralc des singes, que Ion donne pour pères à Thomme, quelques-uns des traits qui séparent des Blancs les races colorées et surtout le Nègre. On a regardé ces caractères différentiels comme autant de cas îï atavisme partiel et Ton a cru avoir ainsi rendu compte de leur existence. Réciproquement ces mômes caractères ont été invoqués comme autant de preuves de notre origine simienne.
Ainsi que je Tai dit plus haut, je n'ai pas à discuter et à réfuter ici le transformisme ; je Tai fait assez souvent ailleurs. J'ai d'ailleurs indiqué tout à l'heure quelques-uns des faits qui devraient faire repousser, surtout par les transformistes, comme étant inconciliable avec les principes fondamentaux de leurs théories, Thypothèse de l'origine simienne de Thomme. Laissant donc de côté la question générale, je me bornerai à faire une seule remarque.
A force de songer aax animaux, les anthropologistes dont il s'agit en ce moment ont fini par oubHer l'homme. Si leur attention s'était quelque peu dirigée de ce côté, ils auraient compris que l'histoire de l'évolution humaine permet souvent d'expliquer d'une manière très simple l'apparition des particularités propres à certaines races et d'en préciser la nature, sans recourir à n'importe quelle espèce animale ; si bien qu'à la théorie simienne repoussée par la science, on peut, dans bien des cas, substituer une théorie évolutive humaine reposant sur des observations précises. Pour mieux faire comprendre ma pensée, je citerai seulement deax exemples.
Dans le bassin du Nègre adulte, le diamètre antéro-postérieur est relativement plus grand et les iléons sont sensiblement plus verticaux que chez le Blanc qui a pris tout son développement. Par là, cette région du squelette se rapproche de ce qui existe chez les mammifères, chez les singes en particuHer. On n'a pas manqué de reporter à nos prétendus ancêtres l'origine de cette disposition. On oubliait
qu'elle se présente aussi à un haut degré chez le fœtus du Blanc européen; que chez lui elle est tout aussi prononcée que chez n'importe quel singe ; qu'elle s'atténue progressivement, mais qu'elle reste habituellement plus ou moins marquée chez l'enfant jusque vers Tâge de sept ans. L'étroitesse du bassin, la verticalité des iléons ne sont donc en réalité chez le Nègre que des caractères fœtaux ou môme àQ% caractères infantiles, qui persistent chez l'adulte, par suite d'un de ces arrêts de développement ou mieux iï évolution dont E. Geoffroy Saint-Hilaire a depuis si longtemps signalé l'intervention dans des cas bien plus graves.
Chez le Nègre encore, le membre supérieur est un peu plus long que chez le Blanc et cette particularité tient essentiellement à l'élongatiou relative de l'avant-bras. M. Hamy, comparant chez l'adulte le radius à l'humérus, a trouvé les rapports 78,04 pour le Nègre et 72,19 pour !«» Blanc. Quelque légère que soit la différence, elle a suffi pour qu'on voulût y voir un caractère simien. Mais, ici encore l'embryogénie humaine' rend aisément compte du fait sans qu'il soit nécessaire de recourir à ï influence atices traie d'un singe quelconque. En suivant l'évolution du membre supérieur, M. Hamy a montré que le rapport dont il s'agit est représenté par 88,88 chez l'embrjon de deux mois et demi, qu'il décroît d'âge en âge et est encore de 72,30 chez l'enfant de treize ans. Chez le fœtus de cinq mois, il est de 80,42 et de 77,68 chez celui de sept mois. Le Nègre présente donc, à cet égard, les proportions normales d'un fœtus d'âge intermédiaire. Ici encore il y a chez lui, lorsqu'on le compare au Blanc, un simple arrêt d'évolution,
V. — Serres, qui, un des premiers, est entré dans la voie que je viens d'indiquer, est allé trop loin dans l'application d'une idée que nous voyons être juste dans certains cas. Pour lui, le Nègre n'était qu'un Blanc frappé d'un arrêt de développement général. Il n'en est rien. On trouve au contraire chez lui des caractères qui ne s'expliquent que par un excès d'évolution. Tel est le prognathisme de la mâchoire et des dents supérieures, si prononcé dans la plupart des races secondaires qui se rattachent à ce type, mais qui manque chez les Négritos.
En effet, dans toutes les races, le fœtus est orthognathe. Chez le Nègre africain, l'enfant ne diffère guère de l'enfant blanc sous ce rapport. Mais chez tous les deux, chez le Blanc lui-même, la mâchoire supérieure s'éloigne de la verticale d'une manière plus ou moins marquée
FiG. 159. - Crûne de Corse, présentant les caractères moyens des tôles osseuses européennes, protil. (D'après une photographie. C. M.)
FiG. 160. - Crâne de Corse, face. (D'après une photographie. C. M*)
avec les progrès de Tâge. Les recherches de M. Topinard ont bien montré que le véritable orthognathisme n'existe dans aucune race chez les adultes, si ce n'est dans quelques cas individuels. Toutefois, chez le Blanc, ce mouvement ne produit d'ordinaire qu'une saillie médiocre (fig. 1S9, 160 et 161). Chez le Nègre, ce développement s'accentue fortement à l'époque de la puberté et se poursuit de manière à produire le véritable prognathisme, lequel n'est en réalité que l'exagération de ce qui existe dans les races les plus franchement blanches (fig. 162, 163 et 164). Mais si celles-ci, considérées dans leur ensemble, se rapprochent habituellement plus ou moins de l'orthognathisme, il n'en est pas de même des individus qui en font partie. Il n'est pas très rare de rencontrer chez nous, surtout chez les femmes, un prognathisme des plus prononcés; si bien que les dentistes ont dû inventer des opérations et des appareils spéciaux pour le faire disparaître. C'est un de ces cas d'<?ntre-croisemeîît des caractères sur lesquels j'ai appelé plus haut l'attention.
En poursuivant cette analyse, en prenant
. . I ¥>i X Fio. 161. — Crâne de Corse, prù-
toujours pour norme le Blanc européen, on ^^^^^^^ ,^^ ^^^^^^^^^ ^^-^p „^ peut disposer les caractères de la race des têtes osseuses européennègre en trois séries comprenant, l'une, nés, nor.wat;e;-^tra/is. (D'après „ 4 , « , , . , ^û® photographie. C. M.)
des traits tenant à 1 arrêt de f évolution; la
seconde réunissant ceux qui lui sont communs avec la race blanche ; la troisième enfin, ceux où s'accuse ï excès d'évolution. Ces considérations s'appHquent, on le comprend, à toutes les autres races.
On ne peut d'ailleurs regarder à priori ces arrêts et ces excès d'évolution de l'organisme physique comme autant de signes de supériorité ou A' infériorité, pas plus chez les individus que dans les races. Ainsi l'angle pariétal que j'ai fait connaître est toujours négatif chez le fœtus et chez le jeune enfant. En général, chez les adultes, il est positif dans toutes les races. Mais il était resté négatif chez notre grand Cuvier, dont la tête présentait ainsi un caractère fœtal ou infantile très accusé. Des particularités de cette nature ne sont donc pas un signe d'infériorité, quand il s'agit des individus.
FiG. 162. — CrAue de Nèp^re du Soudan, présentant les caractères moyens des têtes osseuses de sa race, profil. (D'après une photographie. C. M.)
FiG. 163. — Le môme crâne, face. (D'après Fig. 1G4. — Le même crâne, norma vertiune photographie. C. M.) caUs, (D'après une photographie. C. M.)
Cette conclusion s'applique de môme aux races considérées dans leur ensemble ; l'exemple suivant suffît pour le démontrer. L'indice orbitaire de Broca diminue par les progrès de révolution. Or les races blanches ont des représentants dans les trois groupes mégasème, mésosème etmicrosème. Toutes les racesjaunes sont mégasèmes; les races noires sont mésosèmes ou microsèmes. Ainsi les Jaunes, comparés aux Nègres, présentent un arrêt d'évolution bien marqué ; les Cliinois n'en sont pas moins, comme on sait, de beaucoup supérieurs à tous les Noirs.
VI. — L'étude de révolution humaine nous renseigne sur la cause immédiate des différences qui distinguent nos races au point de vue physique. Or, comme je l'ai dit plus haut, cette évolution s'accomplit sous l'influence du milieu ambiant. C'est évidemment lui qui commande et produit dans le mode de constitution du nouvel être, les légères déviations dont nous constatons les résultats. Les observations, les expériences multiples faites sur les animaux ne peuvent laisser de doute à cet égard.
Mais nous ne pouvons pas toujours, à beaucoup près, nous rendre compte du mode d'action du milieu extérieur et reconnaître la filière des causes et des effets. Toutefois Ihomme est un des éléments de œ propre milieu et nous parvenons parfois à reconnaître sans trop de peine en quoi et comment il a agi. Par exemple, pour une race restée pure jusqu'à un moment donné, l'introduction d'un élément ethnique étranger est une cause de modification évidente ; au bout d'un certain temps, la population présentera les caractères d'une race métisse. Ce qui se passe de nos jours nous renseigne sur le passé. Lors donc que nous trouvons, dans les squelettes d'une population disparue, un mélange de traits propres à des types différents préalabh'ment déterminés, nous pouvons affirmer que le métissage a été la causi? première du caractère mixte qui distinguait cette population des souches parentes.
VII. — Rechercher les causes, qui ont pu amener l'apparition des particularités de toute sorte qui distinguent les races humaines les unes des autres, est certainement une partie de la tâche dévolue aux anthropologistes. Mais qu'ils aient pu ou non expliquer la présence d'un trait spécial, du moment que son existence est bien constatée, ils doivent l'accepter comme caractère et lui attribuer dans la distinction des
200 QUESTIOiNS GÉiNÉRALES.
groupes toute la valeur qui lui revient, à raison de sa persistance et de sa généralité. Les botanistes, les zoologistes, les zootechnistes ne font pas autrement, qu'ils s'occupent d'espèces ou de races. Sous peine d'abandonner le terrain des sciences naturelles, les anthropologistes doivent raisonner et agir comme ea\.
I. — Les caractères physiques comprennent toutes les particularités distinctives qui ressortentde Télude de Torganisme. Ils peuvent être tirés de Texlérieur ou de Tintérieur du corps, de raccomplisseraent régulier des fonctions ou des perturbations qu'elles présentent. Nous placerons donc dans cette catégorie, non seulement les caractères extérieurs et anatomiques^ mais encore les cavaMve^ physiologiques ^i pathologiques. On comprend d'ailleurs que je ne saurais entrer, à leur sujet, dans des détails qui trouveront leur place dans Thistoire des diverses races. Je dois, dans cette Introduction^ me borner à présenter un petit nombre de faits, à Tappui des considérations très générales qui se rattachent le plus directement aux questions examinées dans les pages précédentes. Quant aa\ lecteurs désireux d'en apprendre davantage, je ne puis que les renvoyer, soit aux mémoires originaux, soit à l'ouvrage où M. Topinard a condensé et discuté la masse énorme de recherches et de résultats dus aax nombreux savants qui ont abordé ces diverses questions.
IL — Parmi les caractères que Ton peut emprunter à l'extérieur du corps, nous devons mettre en première ligne les particularités que présentent l'ensemble de la chevelure et les cheveux considérés isolément.
Dans ses formes extrêmes la chevelure est plus ou moins laineuse comme chez les Nègres (fig. 163), ou bien raide, lisse et comme composée de crins de cheval (fig. 166). Telle est celle des races jaunes. Dans le premier cas, la coupe transversale du cheveu présente une forme elliptique allongée (fig. 167); dans le second, cette même coupe se rapproche de la forme circulaire qu'elle atteint fréquemment chez certaines races, par exemple chez les Japonais (fig. 168), des formes intermédiaires se rencontrent d'ordinaire chez les races aryanes et iraniennes (fig. 169). Ces formes ne sont pas d'ailleurs toujours
régulières. Pruner-Bey a montré quo la coupe transversale est assez
souvent triangulaire, réniforme, etc. (fig. 170).
Le plus grand diamètre mesuré par Pruner-Bey a été trouvé chez un Fidjien. 11 atteignait 40 centièmes de millimètre. Le plus petit pris sur une chevelure de Papoua allait à 7 centièmes de millimètre
Fig. 165. - Nègre du Soudan, type de chevelure laineuse. (Hellwald )
seulement. Mais le plus ou moins de finesse des cheveax ne dépend pas évidemment d'un seul de ses diamètres. Elle est représentée par la surface ou Taire de la coupe transversale. Sans entrer dans d'autres détails, à cet égard, on peut dire que, en général, les cheveux sont d'autant plus fins que l'ellipse dt^ leur coupe est plus allongée, et d'autant plus gros, que cette même coupe se rapproche davantage de la forme circulaire. Ces derniers atteignent aussi d*ordinaire la plus
grande longueur. Les cheveux laineux sont, au contraire, courts. Ce dernier caractère atteint son maximum dans les chevelures dites en grains de pom^e que Ton a cru longtemps pousser par touffes isolées. De nouvelles recherches et une observation très précise de M. Topinard ont montré qu'il n'en est rien. Entre les extrêmes de forme et de
FiG. 160. — Chef Shoshone, type de chevelure lisse. (Hellwald.)
grosseur, on trouve 'd'ailleurs tous les intermédiaires possibles et la fusion se montre ici aussi complète qu'ailleurs.
11 n'en est pas tout à fait de même pour Ventre-croisement. Pruner- Bey avait mesuré les diamètres longitudinal et transverse des nombreuses coupes exécutées par lui ; mais il s'était borné à donner ses chiffres bruts. M. Topinard a fait de nouvelles recherches, calculé les indices moyens et a dressé un tableau qui permet de saisir aisément les conséquences générales à tirer de ce travail.
Les limites de variation de ce caractère sont très étendues. Elles
vont, pour les individus, de 100, indice fréquent chez les races jaunes, à 28 chez un Papou. Pour les moyennes, la différence est de 90 (Samoyèdes) à 40 (Papous). Et pourtant, ce qui frappe tout d'abord, c'est Fhomogénéité des groupes obtenus en échelonnant les indices en série décroissante. Le haut du tableau n'est occupé que par des races jaunes ou par des races mixtes se rattachant à ce tronc; les Blancs, Aryans, Sémites ou AUophyles, sont réunis au milieu; le bas du tableau ne
FiG. 167.— Coupe de che- Fio. 168. — Coupe de cho- Fio. 169. — Coupe de cheveux de Nègre. veux de Japonais. veux d'Européen.
renferme que des races nègres. Je ne vois qu'une seule exception h ce groupement si régulier. On ne saurait écarter les AustraHens des races noires, et cependant leur indice les place entre les Esthoniens {Blancs Finnois) et les Lithuaniens {Blancs Aryans), C'est le seul cas d'entrecroisement que présente ce tableau.
DODOD
FiG. 170. — Coupes de cheveux irrégulières.
Mais, M. Topinard s'est borné à calculer les indices moyens. Or, en employant seulement les nombres donnés par Pruner-Bey, j'ai cherché les maxima et les minima; el, dès lors, ainsi que l'on devait s'y attendre, l'entre-croiscment a reparu. C'est ce que permet de voir aisément le tableau ci-joint, dans lequel j'ai réuni les résultats des études de M. Topinard et ceux de mes calculs.
UACKS. MOYENNKS. MAXIMA. MINIMA.
5 Samoyôdcs 90 » »
10 Japonais 84 99 80
13 Malais 83 87 68
2 Américains du Nord 81 99 80
8 Thibélains .• 80 » >»
7 Chinois 70 100 63
10 Soulhals de l'Inde 79 » »
6 Guaranis 77 ï» »
î5 Esquimaux 77 100 6fi