RACES. INDICE
Esthoniens | ^ gQ
Basques français
Mésaticépkales.
Amérique du Nord, crânes non dérormés
Amérique du Sud, crânes non déformés
Malais non Javanais ) 0.79
France du Nord, âge du bronze.
Parisiens du xii* siècle
Parisiens du xvi* siècle
Parisiens du xix« siècle
Gallo-romains J
Roumains | 0.78
Mexicains non déformés ;
Sous ' dolichocéphale i .
Anciens Romains (P. B.)
Basques espagnols de Zaraus. . J 0.77
Gaulois de Tâge du fer
Malgaches
Aétas hommes (P. B.)
Chinois } 0.76
Coptes
Français Mérovingiens
CARACTÈRKS PHYSIQUES. 219
INDICE. RACES. IMDICB .
Scandinaves (P. B.) J Dolichocéphales vrais.
Slaves du Danube \ 0.76 Kabyles
Tasmaniens Arabes.
Polynésiens \ Nubiens d*Éléphanline
Micronésiens (P. B.) \ France du Midi, pierre polie.
Egypte ancienne 1 France, pierre taillée ^ 0.73
Italiens modernes (P. B.). i Nègres de TAfrique occidentale.
Guanches f Bengalais
Corses d*Avapezza, xviii' siècle. \ 0.75 Persans J
Bohémiens de Roumanie 1 Gafres [ 0.72
Papous \ Hottentots et Boschimans ]
France du Nord, pierre polie. . 1 Australiens j
Etrusques (P. B.) Néo-Galédoniens / 0.7i
Phéniciens (P. B.) / Esquimaux j
Ce tableau prête à des considérations analogues à celles que j'ai présentées tout à Theure. On voit qu'en laissant de côté les crânes déformés artificiellement, chaque terme de la série ne diffère que d'un centième de celui qui précède et de celui qui suit ; et, comme il s'agit ici de moyennes prises souvent sur un nombre assez considérable de crânes, il est évident que la fusion du caractère serait bien plus complète si on comparait les individus qui ont fourni ces moyennes.
Il est non moins évident que l'enchevêtrement des races serait aussi, dans ce cas, bien plus marqué qu'il ne l'est sur notre tableau. Pourtant nous voyons l'indice crânien réunir dans un même groupe des indigènes américains, des Lapons, des Indo-Chinois, avec des Allemands du Sud, des Bavarois, des Auvergnats ; les Alsaciens, les Bretons, les Basques français se trouvent associés aux femmes Aétas, aux Javanais, aux Turcs et aux divers Mongols, etc.
En présence de faits de même nature, s'il s'agissait de mollusques aussi bien que de mammifères, pas un naturaliste classificateur n'hésiterait à admettre l'unité spécifique de tous les individus soumis à son étude quelque variété qu'ils pussent présenter et quelles que fussent les différences existant entre les termes extrêmes de la série. Sous peine d'abandonner le champ des sciences naturelles pour celui de je ne sais quelles hypothèses, l'anthropologiste ne saurait conclure autrement.
Dans bien des cas, Vindice vertical hauteur- largeur est presque aussi intéressant à étudier que l'indice Jiorizontal. Lorsqu'il atteint ou
dépasse 100, il caractérise Thypsisténocéphalie et fournit aussi des données importantes et sûres pour distinguer certains groupes, pour reconnaître certains métissages. Vitidice vertical hauteur-longueur me paraît avoir moins d'importance, du moins dans la majorité des cas.
Fi(}. 181. ~ Dolichopsie. Hawaïen. ^C. M.)
J*en dirai à peu près autant des autres indices que Ton est allé chercher sur le crâne, sans méconnaître pour cela leur utilité très réelle pour Tétude détaillée des races.
IX. — La face osseuse peut, comme le crâne, être plus ou moins allongée ou raccourcie. J'ai proposé depuis longtemps les termes de dolichopse (ûg. 181) et de brachyopse (ûg. 182), pour désigner les deuxj extrêmes; celui de mésiopse s'appliquerait aux dimensions
moyennes. Vindice facial, tel que Ta entendu Broca, répartit les populations humaines dans ces trois groupes, de manière à présenter des faits analogues à ceux que j'ai déjà signalés. Ainsi, d'après les nombres donnés par M. Topinard, les Parisiens, les Nubiens et les Néo-Calédoniens ont également pour indice 66,2 et doivent prendre place entre les Mérovingiens (ind. 66,1) et les Savoyards (ind. 66,3);
Fio. 182. — Brachyopsie. Ostiaque. (C. M.)
les Usbecks et les Polynésiens (ind. 69,9) séparent les Papouas de l'île Toud (ind. 68,5) des Égyptiens anciens et modernes (ind. 70,3) dans un tableau fondé sur ce caractère.
Pour établir son indice nasal, Broca a examiné plus de 1 200 tètes osseuses. Cette étude si consciencieuse Ta conduit à des résultats importants. Ici, encore, les races humaines forment trois groupes désignés par les termes de leptorhiniens, mésorhiniens et platyrhiniens. A ne tenir compte que des moyennes, ces groupes sont assez homogènes. Les leptorhiniens ne comprendraient que des Blancs, tous Aryans
et Sémites, sauf les Basques, si les Esquimaux ne venaient se mêler à eux. Tous les Nègres sont platyrhiniens à Texception peut-être de certains Négritos. Les mésorhiniens réunissent les Jaunes et les Blancs AUophyles à l'exception des Basques. Mais Broca fait remarquer luimême combien les variations individuelles troublent cette homogénéité relative; et en effet, les maxima et les minima portés sur son tableau, montrent que Tentre-croisement est aussi marqué ici qu'ailleurs.
Broca n'a pas étudié l'indice nasal seulement chez l'adulte ; il l'a suivi dans l'embryon, le fœtus et l'enfant. Il l'a vu, chez les Parisiens, décroître de 76, 80 jusqu'à 50,20, celui de l'adulte étant 46,81. 11 exprime la pensée que les différences individuelles et ethniques pourraient bien se rattacher aux phénomènes du développement et que le platyrhînisme des Nègres tient peut-être à un arrêt dans l'évolution. Mon regretté confrère s'est rapproché ici des idées que j'ai exposées de tout temps dans mes cours et-dans mes livres. Or, si ces idées sont justes quand on les applique aux caractères différentiels tirés de l'indice nasal, à quel titre peut-on les repousser lorsqu'il s'agit des autres caractères, dont les variations sont dans un rapport tout aussi évident avec les phénomènes de l'évolution embryonnaire, fœtale et infantile?
Le travail de Broca sur ï indice orhitaire, aussi complet, aussi important que le précédent, conduit aux mômes conclusions générales et j'en ai déjà dit quelques mots. On sait que ce caractère partage les populations humaines en mégasèmes, mésosèmes et microsèmes. Sur les fœtus de cinq à six mois, examinés à l'état frais, l'indice est de 100 et monte quelquefois plus haut chez les microcéphales. Chez l'enfant très jeune, il est encore de 94,13. U descend plus tard à 90,27. Chez la femme parisienne, il s'arrête à 88,17 et à 87,70 chez l'homme. Broca n'a pas hésité à attribuer la mégasémie si frappante des microcéphales à l'arrêt de l'évolution. S'il n'a pas appUqué cette conclusion aux races, la cause en est sans doute à ce que son attention s'était portée d'une manière spéciale sur la distinction établie par l'indice orbitaire entre les deux sexes. En effet, dans toutes les races, la femme paraît être mégasème relativement à l'homme. La seule exception réelle résultant des recherches de Broca portait sur les Esquimaux. Les crânes mesurés par lui accusaient une différence de 0,68 en faveur des hommes. Mais, les mensurations faites depuis lors par M. Hamy ont fait rentrer cette race boréale dans la règle générale, en montrant
que chez la femme l'indice orbitaire l'emporte sm* celui de Thomme de 2,47, c'est-à-dire à très peu près de la quantité moyenne trouvée par Broca dans l'ensemble des autres races.
Broca n'a pas hésité à voir dans cette différence un fait résultant d'une activité moindre dans l'évolution qui donne à l'orbite ses formes définitives et il en a exposé le mécanisme. Il résulte de ses explications que, relativement àThomme, la femme garde sous ce rapport, pendant sa vie entière, un véritable caractère infantile. Ce qu'il dit à ce sujet des deux sexes et des microcéphales s'applique évidemment aux diverses races humaines comparées les unes aux autres. Ici encore, Broca s'est rapproché de la théorie évolutive humaine j telle que je l'ai toujours professée.
D autre part, Broca a étudié l'indice orbitaire chez les Primates. Il a trouvé aussi chez eux des mégasèmes, des mésosèmes et des microsèmes et les a comparés à l'homme. Sa conclusion est que « le caractère de l'indice orbitaire n'est pas de ceux auxquels on peut attribuer une valeur sériaîre ». Ainsi, au dire de ce juge si compétent, Y hypothèse transformiste y nous donnant un singe pour ancêtre, ne saurait rendre compte des faits que présente l'étude de l'indice orbitaire, tandis que la théorie évolutive humaine les interprète d'une manière aussi simple que complète. Je ne saurais invoquer, en faveur de ma manière de voir, un témoignage plus autorisé.
Les indice facial, nasal et orbitaire sont au nombre des traits caractéristiques les plus importants de la face osseuse. Le prognathisme maxillaire supérieur a aussi une valeur très réelle pour la caractérisation des races. C'est lui qui, en s'exagérant, prête à la face humaine quelque chose de celle du singe. Les indices calculés par M. Topinard donnent, conmie présentant les extrêmes moyens, les Corses (ind. 81,8) et les Namaquois (ind. 58,2). L'écart est donc de 23,6. Les extrêmes individuels vont de 90 chez un Basque à 48,6 chez un Macassar des Célèbes. La différence s'élève ainsi à 41,4. Indépendamment des faits que j'ai rappelés plus haut comme se produisant bien souvent chez nous-mêmes, ces chiffres montrent que l'on retrouve l'entre-croisement ici comme ailleurs. On le reconnaît, même en ne tenant compte que des moyennes. Les Malais avec leur indice de 69,7 prennent place au milieu des races nègres, au-dessous des Néo-Calédoniens et des Tasmaniens qui ont pour indice 69,9. Le vieillard des Eyzies, avec un
indice de 62,8, vient même se placer entre les Australiens et les
Namaquois.
X. — Les parties molles de l'organisme ne fournissent que peu de caractères propres à distinguer les races humaines. On sait bien d'une manière générale que, chez le Nègre, le système nerveux périphérique, la portion veineuse, l'appareil circulatoire et l'ensemble des organes glandulaires sont relativement plus développés que chez le Blanc. Mais d'une part, ces caractères ne se prêtent à aucune mesure précise permettant des comparaisons rigoureuses; et d'autre part, on n'a guère comparé que les deux races extrêmes sous ces divers rapports.
Seul l'encéphale a été examiné avec assez de soin et d'une manière assei générale pour que l'on puisse tirer quelques conclusions de cette étude ; encore doit-on faire ici bien des réserves. On a, par exemple, pesé un grand nombre de cerveaux. Mais le poids de cet organe varie d'un âge à l'autre dans chaque individu, et cet âge n'a pas toujours été noté. Les causes du décès, le temps écoulé entre le moment de la mort et celui de la pesée, les conditions diverses de conservation, etc., sont autant de circonstances qui influent sur le résultat et dont on a trop rarement tenu compte. En outre, il est universellement reconnu aujourd'hui que le poids du cerveau s'accroît presque proportionnellement à la taille. Chez 168 hommes examinés à ce point de vue par Broca, une différence de taille de 10 centimètres correspondait en moyenne à une différence en poids de 50 grammes. L'important travail de M. Manouvrier tend à établir des relations analogues entre la masse totale des organes et le cerveau qui préside à leur fonctionnement. Or, dans les recherches dont nous parlons, on n'a presque jamais indiqué ni le poids du corps ni la taille.
On voit avec quelle prudence il est nécessaire d'employer les données fournies par l'étude du poids du cerveau. Prenons néanmoins quelques-uns des nombres publiés par divers auteurs. Us vont nous conduire à des conséquences toutes semblables à celles que nous avons tirées de l'examen de tant d'autres caractères.
Le poids du cerveau varie étonnanmient d'un individu à l'autre dans la môme race humaine. Tout d'abord nous avons à constater que, pas plus que la capacité crânienne, ce poids n'est en rapport avec le développement de l'intelligence. En Europe, entre le cerveau du poète Tourguenieff (2020 grammes) et celui de Cuvier (1 829*,96) se placent un
CARACTÈRES PHYSIQUES. 22o
simple manœuvre (1 925 grammes) et un briquetier (i 900 grammes). Ce sont là les nombres les plus élevés présentant les garanties de certitude que Ton doit exiger en pareille matière. A partir de cette limite supérieure, le poids des cerveaux va en diminuant, et cette série décroissante présente partout le même mélange d'hommes éminents et d'inconnus.
La limite inférieure de poids du cerveau, compatible avec la persistance de facultés intellectuelles intactes, est difficile à préciser. «Broca, nous dit M. Topinard, Ta ûxée à 940 grammes pour TEuropéen adulte. » Au-dessous on ne rencontrerait plus que des individus dont Tin telligence est plus ou moins incomplète, et on arriverait enfin aux véritables microcéphales. Mais je rappelais tout à Theure qu'il existe un rapport presque proportionnel entre la hauteur du corps et le poids de l'encéphale. Il n'y a donc rien d'étrange à voir, dans les petites races, le cerveau peser moins que chez nous, sans que cette diminution de poids entraîne Tidiotie ; et en effet, chez une Boschimane jouissant de toutes ses facultés, Marshal a trouvé un cerveau qui pesait seulement 893 grammes.
Quant à la moyenne du poids des cerveaux européens, d'après M. Topinard qui a réuni aux résultats de ses recherches personnelles ceux des études de ses devanciers, elle serait chez les individus Agés de vingt à soixante ans de 1 361 grammes, et de 1211 seulement chez la femme. Les recherches de Broca et de M. Manouvrier rendent facilement compte de cette différence. Chez la femme, la taille, le développement des os et des muscles sont en moyenne inférieurs à ce qui existe chez l'homme. Il est donc tout naturel que son cerveau soit moins volumineux et moins pesant.
Malheureusement le nombre des cerveaux de races étrangères étudiés avec les soins nécessaires par des hommes compétents est encore très peu considérable. En outre, le nombre des pièces examinées est loin d'être toujours le même ; et les moyennes, reposant d'ailleurs sur un nombre trop faible d'observations, ne sont donc pas rigoureusement comparables.
Je groupe pourtant ici à titre de documents celles de ces observations dont les auteurs ont ajouté à ces moyennes les maxima et les minima.
BiBL. ETUN. — Races humaines; Introd» 15
226 QUESTIONS GÉNÉHALES.