III. I
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quintaux de morfil ou d'ivoire. Les cuirs montaient autrefois jusqu'à quatre-vingt mille; mais les oppres-
'sions du damel ont dépeuplé le pays^ et diminué le nombre des bestiaux.
La compagnie française a trois tarifs pour le département de Corée; l'un qui sert de règle pour le commerce avec le roi, l'autre avec les grands du pays, le troisième avec le peuple. Le principal, qui regarde le roi, est pour le commerce des esclaves. On apporte beaucoup de soin à les examiner. Les moindres défauts suffisent pour les faire rejeter, ou du moins pour en diminuer le prix. Deux enfants passent pour un homme, ou trois pour deux, suivant leur âge et leurs forces. C'est dans le ménagement de cet article que consiste l'habileté des facteurs.
Les principales marchandises pour l'échange sont distinguées par des noms qui viennent apparemment des nègres.
1° Le grand maçaton. C'est une boîte d'argent carrée, de trois pouces neuf lignes de hauteur ,^t de la même largeur, épaisse d'un pouce et quatre lignes,
. avec un couvercle de la même figure, et quatre anneaux aux quatre coins pour y attacher une chaîne ou un cordon de soie. T^ longueur de la chaîne est . ordinairement de quatre pieds sept pouces. Avec le macaton elle pèse quatorze onces. Les nègres portent cet ornement en forme de bandoulière, et s'en servent pour garder leurs parfums, leurs bagues, leur or, et d'autres choses précieuses. Les damels ne le portent pas eux-mêmes , car ils ne font cet honneur qu'à l'A^r coran; mais ils le font porter près d'eux par un de
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leurs principaux officiers, qui est toujours prêt à leur présenter ce qu'ils demandent. Quelquefois le màcaton ne contient que des cure-dents , ou ne sert^quê pour la montre.
a^ Le cornet d'argent. C'est effectivement une sorte de cornet, dont le diamètre est de neuf ou dix pouces dans sa plus grande largeur, et de sept dans sa plus étroite partie. Avec la chaîne, qui est ordinairement longue de quatre pieds , il pèse six onces et quatorze grains. Les nègres s'en servent comme du macaton , pour garder leurs parfums. Ils sont passionnés aussi pour les sifflets d'argent, tels qu'on les a sur les vaisseaux. Le poids de ces sifflets est ordinairement de deux onces deux grains. Avec la chaîne, qui est longue de quatre pieds et demi, ils pèsent dix onces. Les femmes aiment certaines petites chaînes plates qu elles portent au-dessous de la cheville du pied. Elles les nomment chaînes de pieds. I-eur poids est de deux onces et demie.
3** Les mortaudes. Ce sont des grains d'argent, creux, et de figure ovale , que les femmes mêlent dans leurs colliers avec les grains de corail et d'ambre. Les uns sont unis, et pèsent depuis quarante jusqu'à cinquante grains. Les autres qui sont travaillés, et qui se nomment mortaudes de Godené, pèsent depuis soixante -dix jusqu'à quatre-vingts grains. Quelquefois les femmes se servent de petits grelots d'argent, tels que ceux des hochets, et se les attachent aux pieds pour se donner plus de grâce en dansant. Ces ^elots pèsent depuis soixante jusqu'à soixante-dix grains.
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4** Les bouges ou les cauris. Ce sont de petites Coquilles (i) qui viennent des îles Maldives, et qui servent de petite monnaie au long des côtes de Guinée, et depuis la rivière du Sénégal jusqu'à celle de Sierra-Leone.
5** Des barres de fer. Celles qu'on porte au royaume de Cayor doiveùt être plates, et longues de neuf pieds sur deux pouces de largeur et quatre lignes d'épaisseur. Les nègres les divisent en douze longueurs, chacune de sept pouces et demi, qu'ils appellent pâtes; et chaque longueur est subdivisée en trois parties nommées dialots. Un dialot suffit pour faire l'épée ou le poignard ou la bêche d'un nègre.
6** Des émaux et des verres de toutes sortes d'espèces, de couleurs et de figures. Il s'en vend une incroyable quantité dans le royaume de Cayor. Les nègres, hommes, femmes et enfants, s'en font des colliers, des bracelets, et d'autres parures.
Le tarif pour les esclaves avec le damel est réglé de la manière qui suit. L'argent monnoyé sont les pataquès d'Allemagne évaluées à vingt-huit sols (a).