‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 94 · CHAPITRE IH, COLOMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH, COLOMB

Second voyage de Colomh.— Enthousiasme général. — Son arrivée aux iles Caraïbes, — 1Laborde à Hispaniola., — 11 trouve le fort détruit, — Sort des Espagnols qu'il y avait laissés. — Fondation de la ville d'Isabella. — Colomb continue son voyagé vers l'Occident. — Découverte de la Jamaïque. — Il prend l'ilesde. Cuba port une contrée de l'Asie. — Il revient malade à Hispaniola. — Déso dr Arrivée de Bartolomeo Colomb. — Plaintes envoyées à la cour dEspe de Aguado nommé commissaire. — Colomb retourne en Espagfiè}— Accueil qu'il y reçoit, — Son troisième voyage. — 11 découvre le continent de l'Amérique. — Etat de la colonie de Saint-Domingue. — Bobadilla nommé gouverneur, — 1l renvoie en Espagne Colomb chargé de chaînes.— Sympathie universelle pour l'amiral. — Ovando succède à Bobadilla,

La découverte d'un nouveau monde causa en Europe des transports de joie universels et remplit tous les esprits de curiosité et d'espérance. @n regarda Colomb comme un être privilégié que le destin avait choisi pour opérer de grandes choses. Un voyage à travers l'Océan, sous les auspices d’un pareil guide, ne pouvait plus être envisagé avec terreur ou

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défiance. C'était, au contraire, dans l'opinion générale, une route sûre qui conduisait à des honneurs certains et à une fortune illimitée. Les distinctions prodiguées à Colomb par ses souverains reconnaissants, les échantillons d’or et des productions rares qu'il avait rapportées du Nouveau-Monde, tout contribuait à enflammer l’audace et l'ambition des uns, l’avarice et la cupidité des autres. Lors de la première expédition, quand la cour eut enfin consenti à en faire les frais, où éprouva les plus grandes difficultés à équiper trois petits navires ; ce fut à Palos, port assez considérable de l’Andalousie , qu'eut lieu l'armement de ces navires; mais, bien qu’il se fit sous les yeux et d’après les ordres des magistrats, une réprobation si générale s’attachait à cette entreprise regardée comme désespérée, que l’on ne serait jamais parvenu à compléter les équipages sans l'influence personnelle des Pinzons. Martin Alonzo Pinzon, l'aîné de la famille de ce nom, jouissait d’une certaine consideration dans cette province maritime; sa réputation de marin habile et son immense fortune lui avaient acquis l'estime et le respect de ses voisins; il s’engagea avec ardeur dans l’entreprise de Colomb; il avanca de l’argent; il acheta les approvisionnements nécessaires; il fit plus, il s’embarqua lui-même avec ses deux frères pour partager les travaux et les périls de l'expédition; malheureusement il s’oublia dans une seule circonstance au point de manquer à ses devoirs envers l'amiral. La conscience d'avoir fait une chose indigne de lui aggrava ses souffrances corporelles et abrégea ses jours, mais'ce malheureux défaut d'esprit de conduite , qui contribua à empoisonner les der niers momejts de sa vie, ne doit pas nous faire oublier la générosité habituelle de son caractère.

Lorsque Colomb entreprit les préparatifs de sa seconde expédition, il n’éprouva aucune difficulté à équiper ses navires. La faveur publique dont il était l’objet lui rendait tout facile ; il eut bientôt réuni une flotte de dix-sept bâtiments, composée de trois grands vaisseaux et de quatorze caravelles ; il emmenait avec lui gnviron quinze cents hommes la plupart volontaires , tous ins d'espérance et d’ardeur, tous avides de recueillir la première moisson d'or et de gloire qui les attendait dans le Nouveau-Monde.

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