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Dans le long et fatigant procès qui ent lieu quelques années plus tard entre le fisc royal et don Diégo Colomb, l'examen des plus éminents navigateurs vivants, qui avaient été pour la ‘plupart les compagnons de Colomb, jeta une vive lumière sur toutes les circonstances des premiers voyages dans Je Nouyeau-Monde. Dans certains documents qui existent encore aujourd'hui, Hojeda déclare qu’il mit à la voile en 4499,
emmenant avec lui Juan de la Cosa et 4merigo Fespucci,
en qualité de pilotes, et qu’il fut le premier navigateur qui fit un voyage de découvertes après l’Amiral. Il entreprit ce voyage, dit-il, parce qu’il avait vu les dessins ou les cartes de ses découvertes que Colomb avait envoyés en Espagne ; ct il ajoute un renseignement que Vespucci à eu le soin d’omettre, à savoir qu'il trouva les traces de l'amiral dans l’ile de la Trinité, près l'embouchure du Dragon (1). Durant le cours du procès auquel nous avons fait allusion, cent neuf témoins , parmi lesquels on comptait les Pinzon, Hojeda, Bastidas , Moralès , Ledesma et d'autres navigateurs distingués, prouvèrent que Christophe Colomb avait découvert le premier les Indes oceideutales, la terre ferme etle Darien; et il est digne de remarque que , tandis que cette enquête avait pour principal objet de déterminer la priorité de la découverte,
* personne.ne songea aux prétentions d’'Amérigo Vespucci ; à
l'exce de Hojeda, aucun des témoins n'y fit même allusion (2).
Bien que ses prétentions ne fussent nullement fondées , le Floreñtin parvint à donner son nom au Nouveau-Monde dès l’année 1509. Dans un traité de cosmographie imprimé
cette année même, et publié en tête de ses voyages, l’auteur,
qui était probablement un compatriote de Vespucci, remarque : « que le nouveau continent doit être appelé America, parce qu'il a été découvert par Americus, homme d’un rare talent, de même que l’Europe et l’Asie tirèrent leurs noms de deux femmes (3). » Le Nouveau-Monde avait donc pris silencieuse-
(1) Navarrete, t, nr, p. 544,
(3) Cosmographia cum quatuor itineribus Americi Vesputii, etc., imprimée d’abord en 1507, puis de nouveau en 1509, Dans ces petits
volumes, devenus fort rares, l’auteur répète à plusieurs reprises la judicieuse observation que nous venons d'extraire, Ne serait-ce pas là
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