‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 94 · L. de NaväPrete, 1. 1, p. 343, et notes · texte numérisé non relu

L. de NaväPrete, 1. 1, p. 343, et notes

(1) Journal asiatique, t. 1x, p. 324 , et dans la traduction française

2h VOYAGES MODERNES DE DÉCOUVERTES. LIV. IŸ.

s'était distingué dans les guerres contre les Maures de Grenade , où la reine avait remarqué d'une manière tonte particulière queïques-uns de ses exploits. À Hispaniola, il devint bientôt célèbre par son adresse comme par sa bravoure, et il renditun service signalé à la colonie en arrétant et en enlevant au milieu de son peuple Caonabo , le chef caraïbe de l’intérieur. Le hasard voulut qu'il se trouvât à la cour d’Espagne au moment où arrivèrent les nouvelles de Colomb concernant les découvertes qu’il avait faites dans son troisième voyage, sa navigation le long de la côte de Paria qu’il regardait avec raison comme le continent , et l'immense quantité de perles qu’il avait vues en la possession des naturels. Hojeda conçut immédiatement le projet de suivre les traces de l'amiral de manière à profiter de sa découverte, et, comme il jouissait de la faveur de Fonseca, ce projet fut aussitôt approuvé que conçu. Enconséquence il prépara sur-le-champ une expédition de quatre vaisseaux avec lesquels il atteignit le continent de l’Amérique du sud à peu de distance de l’équateur ; ne perdant plus dès lors la côte de vue, il passa devant les embouchyres des rivières Essequibo et l'Orénoque, puis, de Margaritæ"il se dirigea versl'Occident, et reconnut toute la côte de Venezuela jusqu’au cap Vela, d'où il fit voile pour Hispaniola.

Hojeda était accompagné lors de sa première expédition par un citoyen de Florence nommé 4merigo V’espucci (AméricsVespuce), qui, en donnant son nom au nouveau continent, a obtenu par surprise une réputation incontestablement due à Colomb. Quoiqu'il en soit, Vespucci possédait des talents et des connaissances extraordinaires. C'était un marin expérimenté et un excellent cosmographe. Quelques écrivains supposent qu'il suivit Colomb dans son premier voyage an Nouveau-Monde, mais la première mention authentique qui le concerne en Espagne se trouve dans les documents ofliciels de l’année 1495. A cette époque, ilétait, à ce qu'il paraît , le cominis ou l'associé de Berardi, marchand florentin établi à Séville , l'ami intime de Colomb, et que ses relations avec l'amiral ainsi que sa grande fortune faisaient ordinairement charger parle gouvernement du soin d'équiper lesnavires frétés pour Hispaniola. Depuis 1500, c'est-à-dire après son retour de

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CHAP. Il. COLOMB ET AMÉRIGO VESPÜUCCI. 25

son voyage avec Hojeda jusqu’au commencement de 1305 , Amérigo Vespucci fut engagé au service du roi de Portugal, et durant ce temps il dut visiter les Indes orientales ou la côte du Brésil. Il retourna ensuite en Espagne, où il fut très-favorablement accueilli; son mérite intrinsèque, sa grande expérience comme navigateur, ses connaissartces commerciales, sa fermeté, toutes ses qualités, en un mot , furent d'autant plus appréciées qu’on en privait une cour rivale. A la mort de Colomb, le roi d'Espagne s’otforça de réparer une si grande perte en attachant à son service le plus habile marin de l’époque , et il nomma en conséquence Vespucci son principal pilote; mais aucune entreprise ne fut pour le moment le résultat de cette nomination, car l'expédition préparée en 1507 pour la découverte d’un passage à

l'ouest des iles des Épices , confiée à Amérigo Vespucci et à …. Vincent Yanez Pinzon, dut être abandonnée par suite des remontrances du roi de Portugal. Amérigo Vespucci mourut au « service de l'Espagne l'an 1512.

Des hommes qui occupent dans la science un rang éminent ont, même parmi nogcontemporains, revendiqué pour Amérigo Vespucci l'honneur d'avoir découvert le premier le continent du Nouveau-Monde (1). Le pilote florentin sut obtenir, même avant sa mort, la faveur de l’Europe littéraire, car la relation qu'il avait écrite en italien de ses quatre premiers voyages était déjà imprimée en latin l'an 1507 ; elle avait été au-

} paravant traduite en français et en espagnol. Cette relation . contient plusieurs circonstances bien faites pour alarmer une

critique soupçonneuse , et on peut même douter qu'il accomplit réellement les quatre voyages qu'il raconte. La date qu'il assigne au commencement de son premier voyage, mai 1497, base sur laquelle reposent ses prétendus titres de gloire , est évidemment un mensonge artificieux; tous les géographes reconnaissent qu'il accompagna Hojeda , et le premier voyage de découvertes de ce hardi marin est fixé unanimement par tous les écrivains espagnols à l'année 1499 , c'est à-dire à une

année postérieure au voyage dans lequel Colomb découvrit la côte de Paria.

(1) Bandini, Vita di Amerigo Vespucci, 1745, Canovai, Viaggi di

% Amer, Vesp, 1819, Malte-Brun, Géog, univ., t, 1, p, 500,

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