‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 19 sur 94 · CHAP. III. PREMIÈRES DÉCOUVERTES DANS L’AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. III. PREMIÈRES DÉCOUVERTES DANS L’AMÉRIQUE

maritime , ils.se.laissèrent effrayer par une foule de terreurs superstitieuses. Cependant , Pinzon persista à se diriger toujours au sud-ouest, et le 20 janvier 1500, étant alors dans le huitième degré de latitude sud, il découvrit une terre à laquelle il donna le nom de Santa-Maria de la Consolacion. ILdébarqua immédiatement sur le rivage, et prit possession du pays avec les formalités ordinaires au nom de la couronne de Castille. On n’aperçut aucun habitant, mais les Espagnols s'imaginèrent voir des empreintes de pieds et d’autres traces d'hommes, d'une taille gigantesque.

Pinzonfut non-seulement le premier Européen qui traversa la ligne dans les mers du sud, mais il eut aussi, sans aucun doute, le mérite d’avoir découvert le Brésil. Pédro Alvarès Cabral, amiral portugais, auquel on a fait souvent à tort l'honneur de cette découverte, conduisant une flotte dans l'Inde, et s'écartant à l’ouest de la route ordinaire pour éviter les vents variables qui soufflent constamment à:une certaine distance du continent africain, fut jeté par une tempête sur la même côte qu'avait reconnue Pinzon deux degrés plus au nord, trois mois auparavant. Il prit possession du pays, pour la couronne de Portugal, et l’appela Santa-Cruz, nom qui depuis se changea en celui de ZBrasil que lui fit donner sa grande abondance de bois couleur de feu.

Le navigateur espagnol se dirigea au nord le long de la côte, à partir du cap Saint-Augustin, et il explora avec admiration les embouchures du Maranon ou rivière des Amazones, qui verse dans. la mer, par de nombreux canaux , une masse d’eau si considérable, qu’elle 14 dessale à une distance de plusieurs lieues de la terre. La grandeur de ce fleuve fit deviner à Pinzon l'immense étendue du continent qu’il arrose; les iles situées près du rivage étaient habitées par des naturels simples et bons, qui partagèrent généreusement avec ledftrangers tout ce qu'ils possédaient. Aussi, pour récompenser leur douceur et leur hospitalité , les Espagnols, s'en étant

, emparés par trahison, les emmenèrent captifs. Continuant

à s’avancer le long de la côte, Pinzon traversa le détroit appelé la Bouche du Dragon, et se dirigea sur Hispaniola, mais, en quittant cette île, il fut assailli d'une affreuse tempête qui fit périr deux de ses bâtiments, et quand il arriva à Palos vers

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la fit désseptembre , la plupartiäles hô 1 est bison équipage étaiéitimorts ; ceux qui surviväieñt encore étaient usés par la fatigue, L’honneur d’avoir exploré 400/litues de. côtes jusqu'alors ineonniues ; tel était le seul proftqu'il devait féti: rer de son voyage. Mais il s’abandonnait encore, dlnél que Colomb , aux rêves les plus magnifiques. Il aimait à pélser qu'il était allé aux Indes , et il rapportait avec lui, dans sa patrie, une collection de végétaux qui lui paraissaiént être des drogues et des épices d’un grand prix ; environ 3000 livres pesant de bois de:teinture de diverses couleurs formaient la seule partie précieuse de sa cargaison. Parmi ohne d'animaux étrangers qu'il ramétiait du Nôuveau:Monde, se trouvait un individu de l'espèce opossum ou satigüe didelphé, que la nature a pourvu d’üne sorte de poche ou dé sac suspendu sous le ventre, et dans lequel il porte ses petits avec lui, jusqu’à Cé qu'ils aient acquis assez de forcé pour se soutenir et se protéger eux-mêmes. Le jeune opossum que Pinzon-äväit à son bord mourut pendant la traversée , ais le vieux atteignit l'Espagne sain et sauf, et il fut envoyé de Séville à la cour de Grenade, où il étontia singulièrement tous ceux qui le virent; Diego de Lepé et Alonzo Velez de Mendoza ne tärdèrent pas à suivre les traces de Pinzon. Mais ils n’ajoutèrent presqué rien à ses découvertes, ét ne rapportèrent, ainsi que lui, aucun trésor dans leur patrie.

Vers là fn de la même année (1500), Rode:ig0 de Bastidas, accompagné par lé célébre pilote Juan de la Gbsa, mit à la “voile de Cadix avec deux petits vaisseaux, pouf aller à son ‘tour tenter la fortune Gans la cartière des découvertes. Passant entre le continent et l'île de la Guadeloupe, il 8e dirigea à l'ouest, en traversant le golfe de Venezuela jusqu’au cap Vela, limite des premières découvertes. 11 longea alors la côte à l'Occident, reconnut l'embouchure de la rivière Magdalena , le port de Carthagène, et entra dans le golfe d'OPaba qu’il côtoya jusqu'au cap Saint-Blas. 11 continua ensuite son examen des côtes jusqu’à Puerto del Retrete sous le dixièrné degré de latitude nord ; ce même port dans lequel Colomb, quelques mois plus tard, devait, vaincu par les éléments, mettre fin à son quatrième voyage de découvertes. De ce pays , Bastidas se rendit à la Jamaïque afin d'y réparef ses

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