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CHAP. Il, PREMIÈRES DÉCOUVERTES DANS L’AMÉRIQUE. 3
eaux que la longueur de leur service et les attaques dh F teredo rendaient incapables de supporter les danger d'un voyage de long cours. Des ouragans terribles l’assaillirent dans ce passage et le jetèrent heureusement sur la côte de la Jamaïque, au moment méme où il désespérait de sauver ses fréles bâtiments. Bastidas, ayant donné à ses équipagés un, repos nécessaire et s'étant ravitaillé ; partit pour Hispanio Ci dès que le temps le lui permit. Sur une petite nee à une lieue environ du rivage de ce dernier pays ; il trouva un port sûr et commode où il déchargea ses vaisseaux, les tira sur le rivage et s’occupa de lés radouber complètement.
A. peine eurent-ils terminé ces réparations et mis leurs vaisseanx en état de ténir la mer, que ces navigateurs inêtépides s’embarquèrent avec l'intention de se rendre directement à Cadix. La conduite prudente de Bastidas lui avait permis de faire un trafic assez lucratif avec lé naturels du continent et de ramässer une plus*grande quantité d'or, d'esclaves, de bois de teinture et d’autres objets de curiosité que la sa des tharins qui l’avaient précédé dans l’Occident: La possession d'un pareil trésor augmentait l’inquié- ‘quil éprouvait de ne pouvoir atteindre le terme de son
ge. Dès qu’il eut mis à la voile, de violentes tempêteæle orgérent à chercher un abri sous l’un des caps d'Hispaniola, où 1] attendit un mois entier, dans la plus cruelle incertitude, que les vents s’apaisassent et lui permissent de contifitiéf"sa route, Un jour, le temps lui parut favorable, et il remit à la voile ; mais de nouveaux ouragans le jetèrent bientôt dans le port de Järagua, et comine la tempète, loin de se calmer, devenait'atontraire de plus en plus violente, ses vaisseaux coulèrent à fond avec tous les trésors qu'ils contenaient. Cet accident arriva toutefois si près du rivage que la majeure partie des précieuses cargaisons put être sauvée. Mais lasjalousie et l’avidité du gouverneur de l'ile, Bobadilla, devinrent alors aussi redoutables que les éléments. Le bruit s'étant répandu que des caisses d’or sauvées du naufrage avaient été cachées par Bastidas dans l'intention de frauder le trésor royal, Bobadilla tourmenta de la manière la plus cruelle les malheureux naufragés. Bastidas eut toutefois assez de persévérance et d'adresse pour surmonter ces difficultés, et il
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arriva enfin à Cadix au mois de septembre de l'année 1502, après une absence de vingt-trois mois, possédant encôte malgré toutes ses pertes et toutes ses dépenses , une partie considérable des trésors qu’ikavait amassés dans ses voyages. La cour d'Espagne le récompensa, ainsi que le pilote Cosa,
«par des concessions sur les revenus futurs de la province d'U-
raba, encourageant oinsi les espérances et les efforts de quelques aventyreux particuliers, en leur cédant libéralement les trésors qu’ils devaient aller chercher jusqu'aux dernières limites du monde connu.
La facilité avec laquelle la cour d'Espagne accordait d’immenses territoires dans le Nouveau-Monde à ceux qui étaient assez hardis pour tenter de les conquérir, donna naissance à une foule d'expéditions et développa des facultés peu communes dans les sociétés civilisées. Cette générosité prodigue était réfléchie: les souverains espagnols ne pouvaient pas renoncer à l'espérance de tirer non-seulement un grand honneur, mais encore des richesses illimitées de la conquête de vastes royaumes dans les contrées nouvellement découvertes. Craignant la rivalité active des nations étrangères , et farticulièrement des Anglais et des Portugais, ils @ | qu'en faisant immédiatement des établissements surJes-ct de ces divers pays ils empécheraient leurs ennemis oû/leu rivaux de leur disputer leurs droits de possession. Aussi dofifièrent-ils avec une libéralité qui ne leur coûtait rien des provinces entières à tous ceux qui entreprirent de fonder une colonie.
Les nations dont les Espagnols devaient as " le plus
les tentatives de ce genre étaient les Anglais etes Portugais. Ces derniers avaient joui pendant long-témps d'üne grande supériorité maritime. Ils venaient de découvrir le passage du cap de Bonne-Espérance, et, comme nous l’avons dit plus haut, Cabral, conduisant une flotte aux Indes orientales, avait été jeté par une tempête sur la côte du Brésil. Ce pays, dont Cabral avait pris possession au nom de son souverain, se trouvait aussi compris dans la portion du globe assignée au Portugal par la fameuse ligne de démarcation des bulles papales , laquelle, d'après une convention faite en 1494, était tracée à trois cent soixante dix lieues à l'occident des Açores.