CHAP, LI. PREMIÈRES DÉCOUVERTES DANS L’AMÉRIQUE
“1 D'un autre côté, les Anglais avaient, en 4497, envoyé dans le Nouveau-Monde une expédition commandée par Sébastien Cabot, qui reconnut, à ce qu'il parait, Terre-Neuve et la par- 1] tie du continent située près du flenve Saint-Laurent. Il$'entre- 2 prirent sans douteaussi quelquesautres expéditions dont il:ne Æ nous reste aucumrécit. Durant son premier voyage de découvertes {1499), Hojeda rencontra des navigateurs anglais dans 4 les environs du golfe de Maracaïbo (1). Une convention faite " entre lui et le gouvernement espagnol, au mois de juillet 4500, avant son deuxième voyage, lui ordonnait « de suivre et de reconnaitre la côte qu'il avait découverte et qui
1 mâts portant les armes d'Espagne et d’autres signaux connus, afin qu'il fût manifeste qu'il aVait visité la côte et qu'on pût À ainsi s'opposer sur ce point aux découvertes des Anglais (2). » : Laccrainte de ces formidables rivaux tourmenta et aiguaillonna } singulièrement la politique avide de la cour d'Espagne. 1 Vincent Yanez Pinzon. obtint la concession du p:ys qu'il LE avait découvert entre le cap Saint-Augustin et le Maranon. | Bastidas et l’infatigable Hojeda se partagèrent l'immense ligne de côtes qui s’étendait-entre le Paria et le Darien. Les meilleurs navigateurs de l'Espagne, Vincent Yanez Pinzon, Juan de la Cosa, Amérigo Vespucci et Juan Diaz de Solis, furent consultés par le conseil royal, en 4#07, sur la direc- :tion qu’il convenait de donner aux voyages futurs de découvertes, et sur la probabilité de trouver à l'Occident un passage pour aller aux Indes: orientales; ils déclarèrent tous, à ce qu’il paraît, que lecontinent méridional était: celui qui offrait le champ le plusWaste et le plus important aux recherhes futures.
| Pinzon et Solis, qui venaient de reconnaître toute la côte e l'Amérique du sud, depuis le Paria jusqu’au Darien, se irent donc ch du commandement d'une expédition lestinée à exp ‘e1 Loutes ces rives occidentales. Au mois le juin 1508, ces habiles navigateurs mirent à la voile, et uelques mois après ils arrivèrent sans accident au cap Saint-
k (1) Navarrete, t. nr, p. 41.
(2) Navarrete, t, 11, p#86,
25 parait courir à l’est et à l’ouest, cette partie du continent À À ; @} étant celle que les Anglais tentaient d'explorer ; d'élever des”
Augustin sur la côte du Brésil, point qu'avaient à peine dépassé les dernières découvertes. Longeant alors la côte au sud, ils atteignirent le 40° degré de latitude sud, élevant des croix partout où ils débarquüaient, et prenant possession du pays poür la couronne de Castille. Mais la mésintelligence qui divisait les deux commandants s'opposa à leurs progrès ultérieurs. Lorsque Pinzon et Solis retoutnèrerit en Espagne , en 1509, leurs disputes devinrerit le sujet d’une enquête judiciaire , et cé defnier ayant été reconnu coupable fnt jeté en prison. Sa condamnation suffisait pour satisfaire les formes de la justice. La cour, qui savait appréciet ses talents à léur juste valeur, ne pouvait pas le laisser languir Jlong-temps dans une inaction forcée; il ne tarda pas à être remis en.liberté, et à la mort d'Amérigo Vespucci il fut nommé à la dignité vacante de pilote-chef. Peu de temps après sà nomination , ce marin éprouvé obtint le commändément d'une expédition nouvelle. Le roi , de plus en plus jaloux des empiétements des Portugais, donna 4,000 ducats d'or pour l'équipement des vaisseaux. Le reste de la dépensè était supporté par Solis lui-méme. Les profits du voyage dévaient se partager égalément entré le roi , Solis et l'équipage. Animé par les plus brillantes espéränces, et tout fier des nombreusés marqués de la fàveur royale, lé pilote-chef s’embarqua au Mois de fovémbre 1514. Ses instructions lui enjoighaient surtout de tächéf d'attéindre là côte méridionale de l'isthme de Darien, d'où Balboa ävait tout récemment apercu le grand Océan, èt de coüstruire des cartes exactes et détaillées de tous les pays qu'ils pourraient découvrir. Commeñçant ce relèvement au cap Säint-Aügustiü, Solis se dirigea Vers le midi, et dététmina la position de tous les promontoires avec toute l'exactitude qiie compüttaient les instruments de cotte pere. Enfin, il trouva un grand golfe latéral, qui conduiéäit à l'Occident, ét.que la douceur extraordinaire de ses ealix lui fit surnommer Mar dulce. Entrant dans ce golfe, c'est-à-dire dans l'embouchure du grand fleuve de la Plata, Solis débarqua sur le rivage avec un petit nombre d'hommes, dans lé but d'observer le sol et les productions naturelles. Mais à peine avait-il fait quelques pas qu'il tomba dans une embuscade des