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CHAP. If. PREMIÈRES DÉCOUVERTES DANS L’AMÉRIQUE. 37
gnons devinrent telles, que Hojeda se vit obligé d'aller à Hispaniola pour essayer de se procurer des provisions. À son arrivée dans-cette île, il apprit que des secours venaient d’étre envoyés à Saint-Sébastien. Cette nouvelle ranima ses espé- ! rances abattues, et, malgré ses peines et ses infortunes pas- … sées; son imagination ardente concut une fois encore des 1 rêves brillants de richesses. de puissance et de domination. Ù Malheureusement ils ne se réalisèrent pas. Plus ses éspé- 1 rances avaient été grandes, plus s0tfabattement fut profond , et il mourut bientôt de chagrin, si pauvre, que tous ses biens ne purent suflire à payer les dépenses de ses funé- } railles. Hojeda écrivit , dit-on , l’histoire de sa vie ; mais la alousie méticuleuse et avare du gouvernement espagnol laissa moisir dans les archives nationales. ces intéressants mémoires à côté de ceux d’'Yanez on et de plusieurs autres nciens voyageurs.
Le sort de Nicuessa ne fut pas moins malheureux que elui de son ancien rival; il partit d'Hispaniola avec quatre grands vaisseaux. .et une caravelle , mais à peine eut-il perdu la terre de vue ; qu’une violente tempête dispersa sa flotte ; jeté sur un rivage étranger, il parvint avec des peines in-
croyables à se rendre à Veragua, lieu fixé pour le rendez-
vous général de l'expédition. Mais la famine, les maladies et ME les Indiens y firent bientôt périr la plus grande partie de ses 7 compagnons. De quelque côté qu'ilse dirigeât, sur mer ou par 0 terre, de nouveaux malheurs vinrent l'assaillir. Dans le Dariét} 0 où il espérait trouver un asile parmi ses compatriotes, Balboa refusa d’abord de le recevoir. On lui permit toutefois de débarquer , et quelque temps après on le renvoya sur un petit bâtiment avec dix-sept de ses compagnons. Depuis lors personne n’en entendit plus jamais parler.
Le plus important résultat de cette expédition fut l’établissement dans le Darien d'une petite colonie, placée sous le ommandement de Nunez de Balboa. Cet oflicier entrepreant fit, sur les territoires des caciques voisins, de nombreues incursionspendant lésquelles les Indienslui apprirent qu’à eu de jours de marche vers le sud se trouvait une grande er. Il en conclut avec raison que cette mer était celle que À 0lomb avait si long-temps cherchée en vain. Enflammé par ll, À
l’idée de faire une découverte que ce grand homme avait été incapable d'accomplir , et désirant vivement cueillir la première moisson de la victoire dans des contrées qui, à en croire les récits des naturels , abondaient en or, il se détermina à traverser l'isthme par terre et à vérifier par ses propres yeux l'exactitude de la nouvelle importante qu'il venait d'apprendre. | ”
Mäis, pour exécuter ce projet, il fallait surmonter une foule innombrable de difiicultés que lui opposerait la nature, ou que lui susciteraient les naturels. 11 lui fallait conduire ses ” troupes, accablées par'la fatigue et par les maladies d’un climat dangereux, au travers de marais rendus presque impraticables par des pluies continuelles, sur des montagnes couvertes de forêts vierges, es dans des défilés où les Indiens, protégés par la nature elle-même contre leurs ennemis , leur lançaient à chaque pas des flèches empoisonnées. Mais, à cette époque, aucune souffrance ne pouvait rebuter le courage des Espagnols. Balboa surmonta tous les obstacles. Comme il approchait du terme de son voyage, il courut en avant de ses compagnons jusqu'au sommet d’une monlägne d'où il aperçut, avec des transports de joie, l'Océan sans limites qui en baignait la base. Se précipitant alors vers le rivage, il plongea dans les vagues, et réclama la souveraineté de la mer du Sud pour la couronne de Castille. Cet événement eut lieu au mois de septembre de l’année 4543. Les habitants de la côte sur Jâquelle Balboa venaits d'arriver lui donnèrent à entendre que, du côté du midi, la terre n'avait pas de fin; qu’elle était habitée par des nations puissantes qui possédaient une grande quantité d’or et qui employaient des bêtes de somme. Balboa supposa que ces allusions à la civilisation et aux richesses du Pérou s’appliquaient à ces Indes que l'ambition des Européens avait un si grand désir d'atteindre , et les dessins grossiers du Lama Péruvien, que les Indiens tracèrent sur le sable et qui ressemblaient au chameau, le confirmèrent dans son erreur, Transporté de joie par l'importance de sa découverte, il envoya immédiatement des messagers en Espagne, chargés d'y porter la nouvelle de ces découvertes, et de solliciter un commandement digne de ses services. Mais la cour espagnole se montrait plus libérale lorsqu'il s'agissait
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