DÉCOUVERTES ESPAGNOLES ET PREMIER VOYAGE AUTOUR DE LA TERRE
Diégo Colomb'prendie commandefment en chef des colonies. —-Energie nouvelle, — } Ponce déLéon cherche la Fontaine de Jeunesse. — 11 découvre la Floride, = 11 observe les courants à l'est, — Expéditions de Garay. — Cordoba visite le Yacatan.— Grijalva découvre la Nouvelle-Espagne. — Aillon arrivé jusqu'à la côte de la Ca- . ! roline, — 11 essaie de fonder un établissement. — Sés"tristes revers. — Fernando ® Magellan. — Droits respectifs de l'Espagne et du Portugal. — Magellan s'engage à conduire une flotte à l'ouest jusqu'aux Moluques. — 11 hiverne sur la côte des Pa-
ué pes a insulairés. — Conduite perfide du roi de Zébu. — Les ui éch t parviennent aux Molugues, = Sort de la Trinidad, — plète 16 tour du monde. — Perte d'un jour ans son estime.
t‘que Ces choses se passaient sur le continent du d, le génivde la découverte était à l’œuvre dans une autre rectioh. Dieÿo Colomb, fils du célèbre. amiral, était arrivé
4509 à Hispaniolaÿ investi du même pouvoir que celui ont on avait si injustément privé son père, et des prérogaves dont ce dernier avait joui. 11 était suivi dans le Nou- Pau-Monde pat-une suite considérable de riches et nobles rsonnages dont la présence donna une animation et une rce nouvelle aux colonies espagnoles. Des établissements Æamrent fondés à Cuba et dans quelques autres iles; des expé- “@tions pour examiner les mers voisines, dirigées avee habi-
prince, — 1} ékt Jeux vaisseau
leté, partirent à la fois de divers points.- En 1512, Juan Ponce de Léon, gouverneur de Porto-Ricd, équipa trois vaisseaux destinés à rechercher l'ile de Bayuca, dans laquelle, au dire des Indiens, était une fontaine dont les eaux rendaient à la santé, voire à la jeunesse, ceux qui s’y baignaient. Des contes comme celui-ci trouvaient une facile croyance chez les romanesques arenturiers de cette époque. Ceux qui avaient bravé les périls de l'Océan pour chercher fortane dans’un nouvel univers s'imaginaient qu'ils allaient fouler une terre enchantée, et ils perdaient facilement de vue les lois orditlèires de la nature dans des lieux où elle revétait un aspéct si étrange. Ponce de Léon ne réussit pas à découvrir la merveilleuse fontaine, mais, après avoir fait voile à une distance considérable vers le nord-ouest, il rencontra une terre à laquelle, pour l’avoir découverte le jour de Pâques, il donna le nom de Florida (A. Il remarqua les forts courants qui, venant de l’est, passent auprès de ce pays, et son voyage apprit aux navigateurs espagnols cômbien il était avantageux pour eux de passer per le détroit de Bahama pour révénir.en Europe. ;
l'ouest jusqu’à l2 Vera-Cruz , dans la Noûve | e-Epag
décrivant les nations indiennes qu'il avait vües'däns le cons
de son voyage, il accorda beaucoup au privilège d'éxagéra. tion que les voyageurs semblent s'être attribüié "quelques ## uns de ces Indiens étaient, selon lui, dés géants , tandis que d’autres n'avaient qu’une stature ordinaire (2). Le voyage de Pineda compléta l'étude du golfe du Mexique, M »car c'étaient des découvertes déjà faites du côté de l’ouest
(1) Le jour de Pâques cst appelé par les Espagnols Pasqua florida (2) Navarcete, p. 65,
à LIV, IV.
CHAP. IV, DÉCOUVERTES ESPAGNOLES. Ai
#12, Juan quipa trois , dans lant les ‘eaux qui s’y baiune facile tte époque.
ur chercher x'ils allaient ment de vuc où elle revéréussit pas à ès avoir fait puest, il reniverte le jour remarqua Îles uprès de. ce pagnols Cômle détroit de
cha Ponce de dé la Floride, squ'en 1519, t ‘de la Jamai-
je plus armples on’, commenlors on avai ivre la*côte à b-Espagne. En dans le cours âge d'exagérajé à quelquesfs, tandis que
fe du Mexique,
ôté de l’ouest
8 Pasqua florida
qui avaient éveillé la curiosité ct déterminé les efforts de Garay: Dans l’année 15149, Francisco Fernando de Cordoba partit de Cuba et cingla vers l’ouest; il ex: nina une notable partie de la côte nord du Yucatan, et revint à la Havane avec des renseignements recueillis chez une nation indienne riche et civilisée, habitant à l’ouest de la côte qu’il venait d’explorer. L'année suivante, Juan ide Grijalva partit du même port pour continuer les découvertes qu'avait faites Cordoba. Ayant passé les limites jusque.lä:connues des navigateurs, il arriva dans nn pays que les F appelaient Quimpech ou Campeachy. Plus loin, il a Ur une petite île voisine | du rivage et ornée de belles pläntations ; au centre se trou- + vaient plusieurs temples de pierre tômbant en ruines et aux- ” 4 quels on arrivait par de longues séries de degrés ; l’un d’eux ‘Mpassait en hauteur tous les autres et conténait une idole à laquelle defifictimes humaines étaient offertes en sacrifice. ? Plus Grijalva avançait vers l’ouest, plus le pays semblait ga- » gner en opulence et en civilisation. De blanches maisons, | bâties en pierre et agréablement semées sur le rivage, rappelant aux Espagnols leur terre natale, ils donnèrent à cette terre promise le nom flatteur de Nouvelle-Espagne. Il ne fut pas difficile d'entrer en relation de commerce avec les na- «7 turels, qui étaient obligeants.et paisibles, On se procura une | grande quantité d'or. Grijalva reçutiméme des mains d’üf cacique une armure complète faitésde”cé précieux métal. Ayant rassemblé un trésor assez considérable, et continué ses découvertes au nord jusqu'au-delà de Panuco, il se hâta de revenir à Cuba, espérant retourner bientôt dans cette terre de richesses , et lever de nouvelles contributions sur la faib blesse ou le laisser-aller de ses naïfs habitants.
Dans l’espace de vingt-six ans, à compter du jour où l’Amérique fut découverte , les Espagnols avaient ainsi travaillé avec une activité incessante à étendre la connaissance qu'ils avaient du Nouveau-Monde, — Ils y avaient établi de nom- | breuses colonies, à une grande distance les unes des autres ; 2 ct sans aucun effort vraiment national, mais poussés seule nent par l'ambition de quelques individus, ils avaient exa- 2miné la côte vaste et inégale de ce grand continent depuis la “rivière de la Piata jusqu'aux extrémités de la Floride. A
mesure qu'ils s’éclairaient, leur audace et leur curiosité semblaient augmenter. 11 survenait fréquemment des occurrences fortuites qui élargissaient les limites de leurs connaissances géographiques, Lucas Vasquez de Aïllon partit en 4520 d'Hispaniola pour faire une chasse aux esclaves dans les fles Bahama ; échouant d’ailleurs dans cet objet principal de son voyage, il dirigea sa course au nord et découvrit cette partie des côtes de l’: Amérique septentrionale qui se trouve enfermée dans les limites dx Carolines. 11 tronva les naturels nombreux et dis aix. Ces sauvages furent d'abord frappés de terrcü Paspect inusité dés Espagnols et de leurs navires ; mais..qtañtf leur étonnement craintif se fnt dissipé, ils montèrenttän foule à bord des vaisseaux, pour satisfaire la curiosité que leur inspiraient ces hôtes étrangers. Les Espagnols prirent leur temps, et, levant l’ancre toutsàcoffp, arrachèrent ces malheureux Indiens que terre natale, pour les réduire en esclavage. Fier de ce Süccès, Aiïllon s'adressa à la cour d'Espagne pour obtenir la concession du pays qu’il avait découvert. Elle lui fat aussitôt accordée, et il se fit fort d’établir à ses frais une colonie éloignée d'Hispaniola d'au moins huit cents lieues, et cela dans les trois années à partir de la concession, c ’est-à-dire avant 4598. Il s’efforça de remplir ces conditions; équipa une expédition de six Mbavires sur lesqusl Aua c personñes prirent passage ; descendit à l’embétéitre d'une rivière par les 33° 40’ de latitnde (4), et commença à construire une ville dans une position qu’il avait choisie. Mais les maladies, le besoin et les
attaques incessantes des Indiens finirent par décourager.ses
gens. Ailon lui-même fut au nombre des victimes.de l'i lubrité du climat. Sur les cinq cents hommes qui avaient accompagné ce malheureux capitaine, il n'en resta bientôt plus que cent cinquante ; ses faibles débris, épouvantés patila mortalité rapide introduite dans leurs rangs, s’éloignèrent de ce pays redoutable et regagnèrent Hispaniola.
Quelque temps avant ces événements, une découverte importante avait été faite dans l'hémisphère du sud, On pouvait
(4) est probablement la rivitre Georges Town des cartés modernes,
Aispannées fforca e six ssAge ; 40' de ns ne
et les
l'inan-
à vaient bientôt par: la rent de
rte impouvait
tés MO-
il partit en 4517 pour Valladolid , où Charles- Sur résidaient à cette époque. Magellan répondit à toutes “es demandes de ce prince concernant la situation des Mo-
en attendre de brillants avantages, et elle ajoutait beaucoup aux triomphes de la nation espagnole, Fernando Magalhaens, ou, comme on l'appelle plus ordinairement, Magellan, commandant portugais, remarquable par son habileté et son expérience, mécontent de l'oubli où on le laissait languir après de longs services rendus dans les Indes orientales, et ne pouvant obtenir de son souverai” . faveur à laquelle il se sentait des droits, résolut d'abandonner pour toujours un nays où les efforts les plus méritoires étaient si mal récompensés. Un homme de cette espèce était certain de trouver un gracieux accueil à la cour d’Espagne. Invité secrètement à & rendre,
nt et sa
luquesket soutint avec force l'opinion qui donnait à l'Espagne un droit politique sur ces îles opulentes.
La bulle par laquelle le pape Alexandre VI avait prétendu concilier les prétentions des Espagnols et des Portugais déterminait une ligne tirée d’un pôle à l’autrr à cent lieues à l’ouest des Açores, laquelle devait former la limite de leurs domaines respectifs ; tous les pays découverts à cent quatre-vingts degrés à l’ouest de cette ligne appartiendraient de droit aux Espagnols, et ceux à l’est, dans la même proportion, aux Portugais. Ce mode de démareation, parfaitement exact et positif dans l'Atlantique , ne pouvait s'appliquer de l’autre côté du globe. Il n'existait pas de géographe capable d'y déterminer avec précision les degrés de longitude. Ceux qui s’en rapportaient à Ptolémée, et croyaient la Chine à cent quatre-vingts degrés des îles Canaries, étaient disposés à penser que les Moluques ou iles des Épices gisaient au-delà de la portion du globe accordée aux Portugais par le souverain pontife , et par conséquent qu’elles appartenaient à l'Espagne si on y arrivait de l’ouest. Le traité de 1494 , par lequel les deux cours rivales étaient tombées d'accord de pousser la ligne de démarcation à trois cent svixante-dix lieues à l’ouest des Açores, tout en ouvrant au Portugal l'issue du Brésil, augmentait nécessaire ment les droits de l'Espagne sur l’hémisphèreoriental, et jetait une nouvelle confusion sur le titre en ver ‘duquel la: possession de chaque pays était si hardiment” réclamée par les
parties contractantes. Dans aucune autre occasion les spéculations politiques n’ont été aussi remarquablement déjouées par l'ignorance des géographes. La Magellan maintint les droits de l'Espagne sur les Moluques et se fit fort d'y conduire une flotte par la route de l’ouest ; car il était persuadé qu'il existait un passage autour du continent américains et, comme il avait eu l'art de faire passer ses convictions sérieuses dans l'esprit des hommes auxquels il s’adressait, sa proposition fut promptement acceptée. La flotte équipée pour cette grande entreprise fut composée de cinq navires, deux de cent vingt, deux de quatre-vingt-dix - etun dé Rottante tonneaux; les équipages réunis montaient deux cent trentehommes. Magellan hissa son pavillon à bai de la Trinidad, Juan de Carthagena commanda le San-Antonio, Luis de Mendoza la Fittoria, Gaspard de Quesada la Conception, à bord de laquelle se trouvait, en qualité de liéutenant , Sébastian del Cano , qui eut l'honneur de ramener la Vittoria lorsqu'elle eut accompli autour du globe sa remarquable navigation ; enfin le Santiago, petit navire, était commandé par Rodriguez Serrano. Les préparatifs étant achevés , la flotte partit.de San-Lucar le 20 septembre 1519, et arriva , sans le moindre accident , sur la côte du Brésil. Poursuivant lentement son voyage au sud, Magellan atteignit au mois d'avril, environ par les cinquantéidegrés de latitude sud, un hâvre sûr et commode auquel il donna le nom de port Saint-Julian. Il résolut d'y passer l'hiver qui, dans cette partie du monde, est excessivement rude du mois de mai au mois de septembre. Mais lastricte économie qu'il observait dans la distribution dés provisions , et les souffrances occasionnées par un climat froid et orageux, mécontentérent les officiers de l’expédition, d’ailleurs peu disposés à reconnaître l'autorité d’un étranger. Ils murmurèrent contre les privations et les dangers auxquels ils restaient exposés pendant qu'ils demeuraient inactifs sur une côte inconnue et stérile durant la plus rude saison de l’année. Ils demandaient à être reconduits en Espagne ; et, comme Magellan refusait absolument de satisfaire leurs désirs à Weet égard, ils levèrent sans hésiter l’étendard de là révolte. Li cette conjoncture difficile, Magellan se conciuleit 9 avec Une promptitude et nn courage ‘dignes de la
Ls
#4 BR ne F4 Es
spécujouées luques ouest ; lu conpasser ixquels lée. La osée de ngt-dix taient à à bért:
an-Anesada la alité de e ramezlobe sa re, était fs étant re 4519, Brésil.
atteignit latitude de port te partie mois de s la dises par un de l’exrité d’un les daneuraient lus rude s en Essatisfaire étendard gellan se es de la
grande entreprise qu'il voulait sauver à tout prit par malheur, ce désir le conduisit à un acte de trahison et de violence qu'aucun danger ne saurait. ce excusable. ILenvoya à Luis de Mendoza , chef des méconñtents ; un messager chargé de poignarder.ce capitaine pendant la: conférence qu'il aurait avec lui. Cet-ordre cruel fut ponctuellement exécuté ;.et l'équipage du vaisseau'de Méndoza se soëmit immédiatement ; l'exécution de Quesada eutlieu le jou: suivant, -et Juan de gena fut abandonné à terre, destiné peut-être à souffrir pe misérable que celle de ses complices,
ent; 0 un 4 jou:
un homme d’une:s e
ent où on:s’ attendait lé moins, antesque: «ee IDE entièrement
tait et dansait d’une manière forcée , rxépandant temps de la poussière sur sa tête. Un: matelot/fi sinmé( ment envoyé à terre, avec ordre d’imiter exacteméfftitous les mouvements de cet homme ; cette complaisance fat si elfes que le.sauvage consentit aussitôt à se rendré à bord du vais seau de Magellan. Il montrait souvent le ciel comme pour demander si les Espagñols en étaient descendus. « Il était si grand , dit Pigafettay historien de l'expédition, que notre tête lui arrivait äpeine à la ceinture, et sa voifétait comme celle-d'üfitaureaô. » Les naturels se rassemblèrentsalors en foule sur:le. rivage, « émerveillés devoir de. si grands yaisseaux et de si petits hommes ». L'un d'eux fit de fréquentes visités à bord, où il apprit même à prononcer l'Oraison‘tominicale, et fut tu pis sous le nom de Juan Gigante.
On ne vit jamais plus de dix-huit naturels à la fois dans le voisinage des bâtiments espagnols. Ces sauvages avaient avéc eux quatre jeunes animaux qu'ils conduisaient avec des cordes, et dont ils se servaient pour chasser‘ d’autres bêtes de la même espèce. Cet animal appartenait à la famille des lama et est décrit par les Espagnols comme ayant la tête.et les oreilles d’une mule, le corps d’un chameä®, les jambes d’un jeune cerf, et la queue d’un cheval autel il ressemblait d'ailleurs par le hennissement. Les naturels l’appelaient Guanaco ,.ce qui l’a fait nommer camelus guanacus par les
h6 VOYAGES MODERNES DE DÉCOUVERTES. LIV. IV:
savants modernes. De sa peau les indigènes faisaient des souliers si grossièrement fabriqués ; que-leurs pieds ressemblaient à ceux de l'animalg.cette circonstance donna liet à Magellan de les désigneP' sous le nom de Patagones, qui signifie en espagnol : mal chaussé.
La révolte étant étouffée ; Magellan quitta le port Saint- Julian. dans le moisd’octobre 1520, et peu de jours après parvifit dans le détroit qui porte eneoré.le nom de cet illustre navigateur. .Rich ne pourrait rendre la joie des marins espagnols lorsqu'ils trouvèrent une issue ouverte: sd