LIV, IV
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CHAP. 1. COLOMR, H]
arrivés comme une classe d'êtres privilégiés, ne conserva plus pour eux ni respect ni crainte. Les excès désordonnés dont les Espagnols se rendirent coupables prouvèrent à leurs ennemis qu'il devenait aussi facile que nécessaire de les détruire. Les fautes des colons étaient donc la partie la plus instructive de cette tragique histoire. Afin d'évitér désormais la vue d'objets si propres à entretenir des impressions sinistres, Colomb résolut de fixer dans un autre lieu son nouvel établissement. IL choisit à cet effet une plaine terminée par un bon port, peu éloignée de la montagne de Cibao qui, disait-on, renfermait des mines d’or abondantes. Ce fut en cet endroit qu'il jeta les fondements d'une ville qu'il appela Isabella, du nom de sa royale maitresse. Les édifices publics, tels que l'église et les magasins, furent construits en pierre;
‘quant aux autres maisons on les bâtit en roseau , en plâtre
et en tous autres matériaux qu’il était facile de se procurer.
Après avoir ensuite exploité dans différentes directions l'intérieur du pays , pour y chercher des mines d'or et d’argent, Colomb s’efforça de se concilier l'amitié précieuse des Indiens, et d'inspirer une esprit d’ordre et d'activité à la colonie naissante; puis, il se prépara à entreprendre un nouveau voyage de découvertes dans l'Occident. En conséquence il forina une juntéïou conseil , à la/téféiduquel il plaça son frère, et qui devait pendant son 4bBente tenir les rênes du gouvernement. Ses préparatifs ainst terminés, il mit à la voile le 24 avril 1494 avec une flottille de trois petits navires. Son but était de continuer à reconnaître la côte de Cuba, à partir du point où ses recherches s'étaient terminées lors de son premier voyage, et de s'avancer le plus loin possible vers l'ouest, en longeant cette terre qui dans son opinion devait faire certainement partie de l’Asie continentale.
En cinq jours l’amiral atteignit l’extrémité orientale de Cuba , connue maintenant sous le nom du cap Maysi; ensuite il longea la côte méridionale de l'ile. Partout où les navires s’arrétaient , les Indiens arrivaient en foule, apportant dans leurs canots des fruits et des provisions de toute espèce aux étrangers qu'ils regardaient avec étonnement et admira tion. À la demande habituelle : — « Où pourrons-nous trouver de l'or? » ils ré ondirent par gestes qu'il y en avait abon-
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dämment dans un grand. pays situé au sud, Alors Colomb résolut de changer de diréetin ; le 5 mai il cingla au midi, et peu de temps après, il découvrit les montagnes bleues de la Jamaïque. En approchant du rivage de cette magnifique contrée les Espagnols furent ravis d’admiration à la vue de la fertilité du bol , de l'aspect varié des sites , et des champs de piment, Les habitants leur parurent plus guerriers et plus ingénieux que ceux de Cuba ou d’Hispaniola ; la construction de leurs canots ornés de sculptures élégantes trahissait un art plüs avancé ; quélqués-uns même de ces canots formés d'un seul tronc d'arbre ‘âVaient plus de quatre-vingt-dix pieds de long.
Cependant l'espoir des Espagnols ne fut point réalisé ; il n'y avait pas de mines d’or à la Jamaïque , et Colomb , fier d'avoir ajouté à tant de découvertes celle de cette magnifique contrée , poursüivit ses explorations le long dela côte de Cuba. En contintiant son voyage vers l’ouest, il tomba dans un groupe de petites îles, les unes arides et incultes , les au tres revêtues de la plus riche verdure, et étalant aux yeux toutes les merveilles de la végétation des tropiques. Ainsi que les arbres et les fleurs , les oiseaux et les poissons brillaient de ces couleuts éblouissantes que la nature se plait à
jociguer dans ces@"ux climats. Colomb, emporté par son iagination ardent d'abord qu'il avait enfin trouvé cet archipel de l'Inde doféMandeville et Marco Polo avaient fait
des descriptions si pompeuses. 11 apprit en outre des naturels qu'à l’ouest se trouvait un grand pays appelé Mangon, et que les habitants du pays portaient des vêtements. Il supposa que c'étaient les Hangi du voyageur vénitien, En conséquence il continua à se diriger vers l'ouest, dans l'espoir qu'il parviendrait à faire Le tour du globe, et à revenir en Europe par le passage récemment découvert autour de l'Afrique. Mais les difficultés d’une navigation périlleuse le long d'une côte sinueuse avaient abattu le courage de ses compagnons ; les navires étaient aussi en fort manvais état , et il devenait tout-à-fait impossible , du moins pour 1: moment, de continuer un pareil voyage.
Cependant Colomb ne voulut pas abandouner son projet favori, avant d’avoir fait signer par tous les} matelots de la
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