‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 33 sur 94 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Nouveaux efforts des Espagnols. — Union de Pizarro, d'Almagro et de Luque.— Première tentative de Pizarro sur le Pérou.— 11 échouc.— 11 réussit à visiter ce pays.

. — Ses négociations en Espagne, — 11 envahit le Pérou. —. 11 s'empare de l'Inca. — Les Espagnols, s'emparent d'immenses trésors. — L'Inca mis à mort. — Almagro envahit le Chili; = Souffrances des Espagnols, — hévolte des Péruviens, — Guerre civile entre Almagro et Pizarro, — Almagro est défait et mis à mort. — Valdivia pénètre jusqu'aux frontières sud du Chili, — Voyage extraordinaire de Vadillo. — Benalcazar s'empare de Quito. — Expédition d'Alvarado, — Gonzalez Pizarro cherche le pays des Cannelliers. Difficultés de la route.— Gonzalez arrive jusqu'aux pays des Cannelliers et s'avance témérairement à l'est. — Souffrances de l'expédition, — Francisco de Orellana s'embarque sur le Maragnon, — 11 descend ce fleuve jusqu'à l'Océan. — 11 popularise les contes relatifs à l'Eldorado et à la nation des Amazones. — Sort d'Orellana. — Retour de Gonzalez Pisarro à Quito, — Rébel= Nogaparti d'Almagro. — Mort de Francisco Pizarro,

Les succès de Cortez réalisèrent presque les espérances que l'on avait conçues relativement aux richesses du Nouveau- Monde, et ranimèrent l'esprit d'aventures que l'on avait pu croire un instant prêt à s'éteindre. Par sa politique habite, ses résolutions promptes et son courage, il avait accompli,

dans cette partie du monde, fi première conquête dont les Espagnols aient pu à bon droit se glorifiër. Au lieu de confiñer son ambition à l’établissement{d’üne colonie, ou à la découverte de régions nouvelles et fertiles, il attaqua et soumit un empire puissant, célèbre chez toutes les tribus indiennes par le degré de civilisation puissante où il éta parvenu , et capable Ge donner des revenus immenses. La conquète du Mexique prouvait clairement combien il existait une disproportion marquée en fait de courage, de force et d'équipement, entrele :uerrier américain et celui d'Europe. Les armes et la distlpline des Espagnols les préservaient complètement des attaqv:: de leurs faibles ennemis$teux-ci au contraire ne savaient comment résister à une volée de mousqueterie ou à une charge de cavaliers. La crainte superstitieuse que la supériorité des Espagnols inspirait aux Indiéns augmentait encore celle-ci. C’est à une telle différence et à la conduite perfide de Cortez, qui se présenta toujours comme un ambassadeur chargé d'une mission pacifique, qu’il faut attribuër la chute de Mexico, bien plus qu’à l’indolence ou aux fautes de Montezuma. Cortez avec sa poignée de soldats défit à plusieurs reprises les braves Tlascalans, qui avaient si long-temps bravé tous les efforts des Mexicains pour les soumettre. Il battit à Otumba une immense armée de Mexicains, réunie à une époque où ce peuple avait, à beaucoup d’égards, cessé de redouter les Espagnols , et où il était animé contre eux dela haine la plus âpre. On ne peut d’ailleurs raisonnablement supposer que les calculs politiques du prince mexicain dussent aller jusqu'à prévoir une conjoncture aussi extraordinaire que l'était l'arrivée des Espagnols , ou qu'il fût possible à sa prudence de détourner les conséquences d'un événement dont les détails devaient'échapper non-seulement à son expérience, mais même à ses facultés de compréhension. La facilité avec laquelle une si grande conquête avait été effectuée excita les aventuriers espagnols à tenter de’ plus nobles exploits que ceux auxquels jusqu'alors on les avait accoutumés, Elle leur apprit à compter avec plus de confianes sur leurs propres forces et sur les faveurs de la fortune. Lorsque Balboa, après avoir traversé l’isthme de Darien, fut parvenu à Panama sur la mer du Sud , il y recut des rensei-

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CHAP, VI. GONQUÊTE DU PÉROL. 67

gnements sur une grande nation établie fort loin au midi, ssédant en abondance les métaux précieux qu'il cherchait A à fort avancée dans la civilisation. Cet aspect flatteur souslequel on dépeignait le Pérou détermina plus d’une entreprise ; mais l'immense étendue de pays qui s'étend entre les établissements de Panama et les provinces nord du Pérou, auquel les Espagnols donnaient le nom de Tierra-Firma, 2 présentait tant d'obstacles à lgpr marche, qu'elle déjoua pl” sieurs fois les tentatives faites par eux pour ysbénétrer. Des marches inutiles, sous des pluies incessantes, dans un climat mortel, etditravers de sombres foréts que la végétation amoncelée rendait presque impraticables, épuisèrent la santé et abattirent le courage de ceux qui avaient survécu à de tels efforts, au point d'étouffer en eux toute ardeur de pousser les découvertes au sud ; les espérances mêmes cessèrent de se porter dans cette direction. Néanmoins, parmi les Espagnols établis à Panama , se trouvaient trois hommes sur l’âme desquels le découragement n'avait aucune prise. C'étaient Francisco Pizarro , Diego de Almagro èt Hernando Luque. Le premier était le fils naturel d'un gentilhomme dont il avait pris le QI ne reçut aucune éducation , et fut nourri à Truxillo, W'Estramadure, dans les viles fonctions de gardeur s, Cependant, l'énergie naturelle au caractère de ce tte homme l'entraina à chercher une carrière plus active et plus variée. Les guerres d'Italie lui offrirent un théâtre où son expérience et ses talents se développèrent. Après ÿävoir servi plusieurs années , il s'embarqua pour l'Amérique, ce rendez-vous général des hommes hardis et nécessiteux, et là il prit une part distinguée dans la désastreuse expédition de Hojeda: Almagro était un brave et loyal soldat, habitué à commander et assez ambitieux , mais n'ayant ni l'audace de plans, ui l'habileté politique qui lni eussent été nécessaires pour s'engager seul en des entreprises d'agrandissemint. Luque, riche ecclésiastique , désirait ardemment de devenir le chef spirituel de quelque vaste pays conquis par l'épée d'un autre. Tels étaient les hommes qui résolurent de soumettre l'empire du Pérou. Chacun d'eux engagea toute sa fortune dans cette partie chanceuse. Pizarro, le moins riche des trois, offrit de prendre le poste le plus périlleux, et de commander

larmementque l’on équiperait pour cette expédition nt Tout ce que parent faire ses deux associés fut de met

sous ses ordres un seu! bâtiment monté par cent douze Hô mes; C'était pet, en comparaison des résultats que l’o ao. lait obtenir, Pizarro, tout-à-fait étranger à la navigation des mers qu’il avait à traverser, commença son voyage à une époqüe de l’année où les vents étaient absolument contraires “ä'sa marche vers le sud. Il toncha sur plusieurs points à la côte de Tienra-Firma ; mais partout il trouva un pays couvert de maräïs et de forêts impraticables dont l'aspect seul suffisait pour interdire l'accès. Les fatigues du,voyage , L. rareté des provisions et les maladies particulièrés au climat réduisirent considérablement Le nombre des homines qui marchaient sous ses ordres et qui, malgré l'exemple de leur chef, toujours indomptable dans sa résolution , se laissérent ailer au découragement et an désespoir. Almagro, qui suivait Pizarro avec quelques renforts, fut aussi malheureux que lui. Enfin , ayant réuni les faibles restes de leurs deux trouses, ils se retirèrent dans la petite île de Gallo, d'où Almagro revint à Panama pour rassembler des troupes fraîches et faire les provisions nécessaires à une nouvelle campagne. nonobstant toutes les précautions des deux commandät plaintes et les réclamations des soldats qui avaient tan fert dans la dernière expédition se firent jour jusqu'ä lonie. On peut aisément s’imaginer que les plus respecta es habitants de l'établissement nouveau étaient contraires à des. entreprises faites pour plaire particulièrement à des hommes qui n’y risquaient ni réputation ni fortune. La dissipation de vie et le relàchement effréné de mœurs qui accompagnaient d'ordinaire ces aventures périlleuses n'étaient pas toujours rachetés par une riche moisson de pillage. Ainsi venaient d’échouer misérablement les espérances conçues par Pizarro. Ses-plans de conquête tombèrent à Panama dans un tel discrédit et lui valurent une telle haine, qu’il cireula parmi le peuple des ballades où il était appelé le Boucher , et Almagro, dont l'office était de préparer les provisions pour son collègue, fut désigné sous le nom du Bouvier. Pedro de los Rios, le nouveau gouverneur de Panama, céda aux entrainements de l'indignation populaire, et non content d'interdire

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aux aventuriers toute levée d'hommes dans les pays soumis à sa juridiction, il envoya un bâtiment à l'ile de Gorgona , où Pizarro était maintenant établi, pour ramener ceux de ses compagnons qui avaient résisté à l’action d’un climat'particulièrement malsain. Pizarro traça sur le sable une ligne avec son-épée, enjoignant à tous Ceux qui voudraient se séparer de lui et abandonner l'espoir des conquêtes de la franchir sans retard; tous bravèrent ce défi, excepté douze hommes. Pizarro demeura sur l’île avec ces adhérents déterminés, et y supporta pendant plusieurs mois toutes les misères du besoin et du manque d’abri. Enfin un bâtiment arriva de Panama portant des secours, et Pizarro, dont le courage était plutôt irrité qu’affaibli par les souffrances qu’il avait déjà subies, se détermina immédiatement à repartir pour le Pérou. Un voyage de vingt: jours.suffit ,pour l’amener en vue de ce pays si long-temps.cheréhé, 11 toucha sur plusieurs points de la côte, et les Espagnols ne furent pas moins étonnés que réjouis par les symptômes d'industrie et d’opulence qu'ils remarquèrent chez ce peuple ; mais ils n’ayaient pas assez de forces pour qifaire un établissement ; et, après s'être assurés de la richègse de l'empire péruvien, ils revinrent, en 415927, à Panama, Près de trois ans s'étaient écoulés depuis le :départ de la première expédition destinée à la conquête-du Pérou, et les fonds des-associés étaient complètement épuisés par les, sfrais de leurs inutiles entreprises. Ils étaient cependant bien éloignés d'abandonner des projets qu'ils semblaient ne pouvoir exécuter. Leur première apparence de succès , quoique tardive, éclairait d'un vif rayon l'avenir promis à leurs efforts, et l'espérance victorieuse avait pris, ja place de tout calcul. id . Pizarro partit pour l'Espagne afin dè solliciter è

ronne dé Castille la permission de‘conquérir l'empire du Pérou sxtoutes ses demandes lui furent accordées ; on le nommagüüverneur et capitaine-général de tout le pays dont il pourrait s'emparer dans une étendue de deux cents lieues au sud de la rivière Sant-Iago. Avant de quitter l'Espagne , il reçut quelque argent de Cortez, qui, ayant déjà amassé une grande. fortune par ses exploits dans le Nouveau-Monde, était disposé à secoutifunantien camarade au début d’une

carrière pareille à la sienne {4}. L'oncle maternel de Pizarro, Francisco de Alcantara, et ses trois frères, Ferdinand, Juan et Gonzalez, dont'le premier seul était légitime et avait reçu quelque éducation, partirent avec lui, s’attachant à sa fortune.

Lorsque Pizarro arriva à Panama, il trouva Almagro furieux de la perfidie avec laquelle on avait sacrifié ses intéréts dans la dernière négociation. En effet, tandis que Luque, conformément au parti arrêté entre les associés , obtenait la di- “gnité d’évêque, on n’accordait à Almagro que le commandement d’une forteresse, et le rang de vice-gouverneur, qu'il avait stipulé pour lui, lui était enlevé par la jalousie de’ses collègues. Pizarro, cependant, eut l’art d’apaiser la colère de ce soldat grossier, cont l'huifièur légère n'était accessible à aucun sentiment durable, soit d'égoïsme, soit de justice. La confédération fut jurée de # nouveau, et on fit de grands préparalifs pour une entr eprisé “dont on ne voulait plus regarder l'issue comme dontéuse,

Mais, quoique l'invasion du Pérou eût maintenant reçu la sanction de l’autôrité royale, et ne. fût plus seulement le projet en quelque sorte furtif de deux où trois individus obscurs, ilresta difficile de rassembler pout une . excéssivement hasardeuse un grand, ni

P vingts soldats au xémbre bee étaient trente-six cavaliers. Pizarro, ainsi accompagné, mit à la voile le 45 février 1531, laissant derrière lui Almagro, chargé de rassembler des renforts. Après ün heureux voyage de treize jours, il aboñda dans la He w Saint-Mathicu et commença immédiatement

spagnols s'surprirent une ville péruvienne dans laquelle ils trouvèrent une a8ez + quantité d'or et d'argent pour lever. désormais tous les'dbutes, etjustifier en appareñte leurs attentes les plus ambitieusos. Pizarro vit les”ävantages que l'on pouvait tirer d'un si heureux commencement. Il envoya immédiatement des valeurs considérables à Panaria et

(1}Peut-être existait-il quelque ra port de famille entre Coftez et Pizarro ; la mère du premier s'appelait Catalina Pizarro.

cHAP. CONQUÉTE DU PÉAOU. 71

à Nicaragug;tafin d'attirer auprès de ur à nouveaux soldats par l’étalage de ses rapides succès ; bientôt après il fut rejoint par plusieurs chements venänt de cette dernière ville sous les ordres de Sébastian Benaleazar et de Hernando de Sato, tous les deux officiers renommés. Ne à Imitant la politique de: Cortez il avança directement au cœur de l'empire péruvien ,;commae son prédécesseur avait marché vers Mexico , en même temps qu'il amusait l’Inca ou souverain du pays, en se présentant comme l'anbassadeur d’or puissant monarque, envoyé sans aucune intention hostile. Atahualpa, l'Inca régnant, endormi par ees fausses apparences, envoya des présents à Pizarre. pour lui témoigner son amitié, et lui permit.d’arriver sans Obatacles jusques à Caxamalea, résidence actuelle de la cour. En y arrivant, Pizarro fit ranger ses troupes sit une place où quelques bâtiments et des remf ris de terre Je mettaient à l'abri d'un coùp. den ain; puis il attendit l'arrivée d'Atahualpa, qe avait manifesté l'intention de visiter les: Espagr

suivant , dès que le soleil se leva, une agitation géné-

> se manifesta dans le camp péruvien. Ata

+04 les étrangers en déplayant une pompe et une magni-

ficence imposante. Pizarro, tre part, he perdant pas de vue le succès de Cortez et le sort de Montezuma, avait résolu de décider d'un seul coup les destinées de l'empire péruvien, en s’emparant de la personne du monarque. Atahualpa perdit une grande partie du jour en prépätatifs destinés à rehausser l'éclat de sa marche. Enfin, lorsque la patience des Espagnols était presque épuisée par tant de retard, äi@wvirent approcher le cortége. Quatre coureurs uniformément vêtus marchaient de front et frayaient la route devant Einca ; puis venait ce prince lui-même, porté sur un trône, 68 revêtu de plumes rattachées par des ornements d'or et d'argent. Quelques-uns de ses principaux courtisans le suivaient.dans un appareil semblable. Des troupes de chanteurs et de danseurs . couraient autour de la suite royale, et des soldats au nombre, * diton, de trente mille complétaient cette pomfÿé triomphale.

Les Espagnols, rangés en bataille, attendaient en silence l'approche du cortège péruvien. Lorsque l’Inca fut à portée de la voix, le père Valverde, chapelain de l'expédition , fit

DE DÉCOUVERTES. LIVAÿe

quelques pas en avant: a prononça un discoufstoù l'explication des dogmeseles plus mystérieux de la religion chrétienne se mélait aux plus”"extraordinairés -doctrines d’envéhissement politique, et par lequel il exhortait le monarque pérüvien à recevoir, en même temps que le baptême, le joug

féodal du roi d'Espagne: ce harangue inintelligible‘en par-

tie, mais dontles passages les plus clairs étaient évidemment injurieux, reçut une réponse ferme et méprisante de la bouche même de l’Inca, qui n’imaginait pas avoir rien à craihdre de la poignée d'Espagnols groupée devant lui. Le signal de l'attaque fut immédiatement donné. Pizarro, suivi’ d’une troupe d'élite, s’élança pour saisir l’Inca, et, nonobstant le zèle avec lequel. les: sPéruviens cherthèrent à défendre sapersonne royale , malheureux. 4 À ualpa fut fait prisonnier. Un immense butin füt ramass ‘ehamp du combat, et ce premier coup de fortune parut jus fier les. espérances conçues par les imaginations les plus ardentes. #4. Quelques historiens , afin d'expliquer la cite avec laquelle les Espagnols firent la conquête du Pérou, ont pris

PE

soin de raconter les dissensions qui existaient à cette époqué*

dans la famille régnante , et qui, sans aucun doute , diminuaient la force de l'empire. Lä supériorité guerrière des Es-

pagnols sur les simples naturels de l'Amérique, et leur réso-

lution d'employer sans scrupule les plus vils artifices de la trahison leur donnaient une telle force, que-les Péruviens, alors même qu'aucun trouble politique ne les eût affaiblis, ne pouvaient leur présenter! une résistance efficace. L'inutilité, nous dirionspresque l'inéofivenance des explications fondées sur les dissensions du Pérou au moment où il fut envahi, sera évidente pour quiconque voudra bien réfléchir que les Espagnols, san#être-au nombre de plus de cent soixante, et munis seulement dé trois pièces d'artillerie, purent marcher directement au cœur de l'empire, s'emparer de l’Inca par une violence mêlée de fraude, battre une armée de trente mille Pé-

#ruviens, et en tuer quatre mille sans perdre eux-mêmes un

seul homme.#Des événements pareils n'ont rien de commun avec les révolutions ordinaires, et ne doivént pas être inter prétés à l’aide des calculs subtils réservés à celles-ci.

L’Inca prisonnier entreprit de recouvrer sa liberté en s'a-

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dressant à la passion dominante des Espagnols , l'amour de l'or. L'appartement où il était renfermé avait vingt-deux pieds de long et seize de large; il s’engagea à le remplir d'or à la houteur où il pourrait atteindre avec sa main; et Pizarro accepta l'offre, mais sans vouloir exécuter cette partie de la convention qui consistait à relâcher son prisonnier dès qu'il aurait touché sa rançon. Les Espagnols attendaient avec impatience l’accumulation des trésors promis ; et enfin, ne pouvant se éüntenir devant une si énorme quantité de richesses, ils résolurent de la partager avant que la somme entière dont on était convenu m'eubiété complétée. Ce qu’on avait rassemblé avait déjà uné-valeur qui , en tenant compte des changements survenus dans : l'appréciation des métaux précieux, "tbdbrat aujourd’hui 75,000, 000 francs. La part de chaque cavalier équivalait environ à 200,000 francs ; celle des soldats à picd était.moindre d'un cinquième : Plusieurs des soldats de Pizarfo, 88 trouvant enrichis tout-à-coup au-delà de leurs plus ambitieuses espérances , résolurent de ne pas se risquer plus long-temps dans le jeu dangereux des aventures, et demandèrent à être renvoyés. Leur chef les laissa partir, persuadé qu'en publiant leur soudaine fortune ils appelleraient sous ses drapeaux une foule de combattants.

Lorsque Atahualpa eut épuisé ses ressources et ne fut plus entre les mains des Espagnols un instrument utile pour extraire les richesses de son royaume, ils parlèrent de lui ôter la vie. Les conquérants du Mexique et du Pérou, par la portée de leurs vues et l'élévation de leurs sentiments, n'étaient guère supérieurs à une troupe de bandits, et avaient pour unique principe d’amasser le plus de butin qu’ils pouvaient. Leur ignorance et leur grossièreté ne se manifestaient jamais mieux que dans les simulacres de justice désiroire auxquels, de temps à autre , ils se livraient sérieusement. L’accusation dirigée contre Atahualpa comptait plusieurs chefs plus ridicules les uns que les autres ; il fut néanmoins déclaré coupable et condamné à être brûlé vif. Toutefois, moyennant son consentement à recevoir le baptême, on voulut bien changer son supplice et l’étrangler à la garote. Pizarro apaisa facilement les révoltes qui éclatèrent après la mort du prince péru-

il, 7

vien. 11 fonda dans une position avantageuse la ville de Los Reyes, connue depuis sous le nom de Lima, corruption de celui de Rimac, qui appartient à la vallée dans laquelle cét1:: cité s'élève. La cour d’Espagne, étonnée de l'immense qu: tité de richesses qui revenait à la couronne dans les partag: opérés par Pizarro, récompensa l’heureux conquérant en réunissant soixante-dix lieues de côtes à celles qui déjà lui avaient été octroyées , et lui donna de plus le titre de marquis. ,

Almagro, qui par des motifs intéressés avait ardemment appuyé la cruelle résolutigndont Atahualpa venait d'être victime, fit ensuite des rép pour conquérir le Chili, où des terres correspondant à-cent lieues de côtes lui avaient été concédées par la couronné d’Espagne. En s’avançant au sud, pour envahir ce pays, les Espagnols eurent à supporter les rigueurs d’un climat plus malsain que tous ceux dont-ils avaient jusqu'alors fait l'épreuve. Dans les régions âpres et élevées par lesquelles ils entrèrent au cœur du Chili, le froid était si intense, que plusieurs hommes et plusieurs chevaux moururent gelés. Cinq mois après , lorsque l’armée revint au Pérou, on trouva leurs cadavres dans la même position et le même état où on les avait laissés. Almagro rencontra dans les habitants du Chili une race robuste et courageuse qui, bien qu’elle ne püt soutenir en bataille rangée le choc des soldats espagnols, ne devait pas être facilement soumise. Vêtus de peaux de phoques et de loups de mer, ces sauvages se servaient avec une admirable adresse de l'arc et des flêches. Les Espagnols ne savaient par quelle mesure ils pourraient consolider leur conquête, lorsque des événements imprévus rappelèrent Almagro au Pérou.

La possession de Cuzco, capitale des Incas, avait été long-temps un sujet de dispute entre lui et Pizarro; mais ce dernier, avec sa dextérité habituelle , était parvenu à éluder

les prétencions de son collègue, et à lui persuader de se contenter d'abord de la conquête du Chili. Toutefois, lorsque les concessions royales arrivèrent, Almagro demeura convaincu que la ville de Cuzco était comprise dans le territoire à lui octroyé ; il apprit en même temps que les Péruviens avaient couru aux armes; qu'ils menaçaient d'écraser les Espagnols

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sous ia supériorité du nombre, et qu'ils assiégeaient maintenant Cuzco avec la meilleure partie de leur armée. Désirant préserver ses compatriotes d’une destruction imminente, et plus encore d’enlever aux mains de l'ennemi la ville qu’il préférait entre toutes , il se hâta de revenir au Pérou; cherchant à éviter le climat dangereux des montagnes, il perdit un grand nombre d'hommes dans’ les déserts brülés de la côte marine qu’il traversa pour s’en retourner, son arrivée à Cuzco, Almagro trouva les Péruviens déjà maîtres de la moitié de la ville, tandis qu’une poignée d’'Espagnols, commandés par Gonzalez et Ferdinand Pizarro, défendait obstinément l’autre moitié; il mit l'armée péruvienne en déroute, fit prisonniers les Pizarro, et prit ainsi possession de sa ville chérie. Par malheur son triomphe fut d’une courte durée. Le rusé gouverneur eut recours à: des négociations jusqu’à ce qu'il eût tiré ses deux frères des mains d’Almagro ; ensuite il se disposa ouvertement à décider leur querelle par la voie des armes. AÏmagro, appesanti par les infirmités de l’âge, ne put, dans le combat qui suivit, déployer sa valeur ordinaire : il fut complètement battu et fait prisonnier. Quoiqu'on eût peu à redouter d’un vieillard déjà usé, surtout maintenant que son parti n'existait plus, néanmoins, comme il avait récemment tenu les Pizarro en son pouvoir, l’animosité per sonnelle et l'esprit de vengeance décidèrent sa condamnation; il fut résolu qu’il mourrait. Le Courage du vétéran faillit au pied de l'ignoble échafaud , et il s’abaissa jusqu’à demander'la vie ; mais, trouvant ses ennemis inexorables, il reprit sa fermeté un moment ébranlée, et'subit son destin avec une intrépidité digne de sa haute réputation.

Après. la mort d’Almagro , le gouvernement du Chili fut accordé à Pedro de Valdivia, qui avança dans ce pays jusqu'au quarantième. degré de latitude sud. En même temps les Espagnols de l'Amérique méridionale poussèrent leurs découvertes dans d’autres directions avec une activité et une persévé. rance étonnantes, En 1587, Vadillo, suivi d'un petit nombre de soldats , se rendit d'Uraba sur le golfe de Darien jusques aux limites méridionales du Pérou, c'est-à-dire à une distance de douze cents lieues. Ce voyage, dont une grande partie s'était accomplie à travers des montagnes et

dans des forèts désertes, fut regardé à cette époque comme le plus ext’aordinaire qu’on eût jamais accompli. En 1555, Benalcazar, officier de Pizarro, soumit la province de Quito ; mais il ne possédait pas depuis long-temps ce pays, lorsqu'il eut à redouter l'approche d’un compétiteur formidable : Alvarado, qui avait servi avec une grande distinction sous Cortez et quisavait été récompensé par le gouvernement des provinces sud de la Nouvelle-Espagne, avide encore de nouvelles acquisitions, résolut de faire valoir ses droits sur la ville de Quito, qu'il regardait comme appartenant à sa juridiction. En conséquence, il envahit ce pays avec un corps de cinq cents hommes , forces considérables parmi les aventuriers du Nouveau-Monde, et, quittant la côte pour suivre la rivière Guayaquil, il atteignit les plateaux élevés de l’intérieur. En arrivant aux montagnes qui les composent , ses troupes eurent à supporter des misères inusitées et imprévues; des froids intenses, des tourbillons de neige, on à leur défaut des torrens de pluie les incommodèrent incessamment. Parfois ils étaient comme enfouis sous une épaisse pluie de cendres lancées, ainsi qu'ils l'apprirent depuis, par des volcans éloignés de quatre-vingts lieues. Un grand nombre d’entre eux furent victimes des difficultés de la route et du manque de nourriture. Lorsqu'enfin les troupes d’'Alvarado furent arrivées auprès de cellés de Benalcazar , les deux partis sentirent combien il était insensé de combattre pour la possession Chimérique d'n pays que leurs forces réunies ne suffisaient pas à >xplorer. Un accotmodement fut proposé, et Alvarado consentit à retirer s0n armée, pourvu qu'on lui payât une somme assez considérable , non-seule= ment pour l'indemniser des frais de l'expédition , mais aussi pour compenser l'abandon qu'il faisait de ses espérances. Quelques années plus tard , partit de Quito une expédition plus importante quant à ses résultats géographiques, et aceévmpagnée de circonstances particulièrement romanesques. Au dire des Indiens , le pays montagneux situé à l’est de cette ville abondait en productions aromatiques et spécialement en cannelle, circonstance qui lui fit donner par les Espagnols le nom de Los Canelos. La tâche difficile de pénétrer dans ces régions saüvages et reculées, malgré l'hostilité des tribus

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indiennes, en traversant des forèts sans issues et des montagnes éternellement couvertes le neige , n'effraya point Gonzalez-Pizarro qui, à cette époque, venait d'obtenir le gouvernement de Quito. En conséquence , il partit dans le cours de l’année 1540 avec une armée de trois cent cinquante Espagnols, dont la moitié environ composait la cavalerie , et environ quatre mille Indiens. Sa route dans les montagnes fut retardée par des obstacles encoïeéplus redoutables qu'il ne les avait prévus. Tandis que les:

ès Espagnols traversaient le pays des Quixos, ils sentirent à plusieurs reprises les secousses d'un violent tremblement déiterre. Le sol s'ouvrit en plusieurs endroits, et dévora plus de cinq cents habitants. Cette commotion générale se communiqua à l'atmosphère. Le or. les éclairs se succédaient sans relâche ; la pluie tombait en torrents si pressés, qu'elle inonda promptement toutes les vallées, de façon à ne plus laisser de communication entre les Espagnols et le pays cultivé, les réduisant ainsi tout-à-coup à une disette absolue. Plus loin, ils furent obligés de franchir une des chaines les plus élevées des Andes , et sur ces hauteurs presque inaccessibles le froid éiait tellement rigoureux qu’il fit périr un grand nombre des auxiliaires indiens. Enfin Gonzalez arriva dan: ia province de Zumaco, où il trouva le cannellier semé avec la plus grande abondance. Les bois de tout le pays en étaient remplis ; mais, en outre, les Indiens le cultivaient avec le plus grand soin dans leurs plantations , et les arbres ainsi soignés à part produisaient une cannelle infiniment meilleure que celle des arbres sauvages. Les habitants de Zumaco faisaient de cette plante un commerce avantageux, l'échangeant contre des provisions et tous les objets dont ils pouvaient avoir besoin (1).

De Zumaco, Gonzalez s'avança pour explorer le pays à l'est. Il suivit le cours d’un fleuve jusqu'à ce qu'il fût parvenu à un endroit où le courant tout entier se précipitait d'une hauteur de six cents pieds. Le bruit de la cataracte s'entendait dis-

(1) Zarate, ist. del Peru. L'écorce d'hiver (winters Dark) et la cannelle blanche d'Amérique diffèrent à beaucoup d’égards de la vraie cannelle de Ceylan et de Cochinchine. L'espèce de laurier qui produit cette dernière fut introduit vers la fin du dernier siècle dans l’île de caint-Domingue et dans la Guyane française, où elle est maintenant Sultivée avec très-peu d'avantage pour le commerce,

tinctement à six lieues. Les Espagnols firent cinquante lieues sut les bords de cette rivière sans trouver un endroit où il fût possible de la traverser. Enfin ils arrivèrent à un lieu où les rochers , s'élevant à une grande hauteur au-dessus du lit de la rivière , se rapprochaient tellement par leur sommet qu'ils offraient la facilité d'y construire un pont temporaire en y jetant des troncs d’arbres d’un côté à l’autre. Après avoir passé la rivière, les Espagttôls eurent à traverser nn pays plat entrecoupé d’étangs et dé‘mMarais : dans certains endroits il était semé de bocages siépais, qu’ils trouvèrent fort difficile de s’y frayer un chemifiéles fruits sauvages étaient devenus leur unique ressource. Gonzalez jugea nécessaire de construire une barque afin d'aller à la provision le long du fleuves ainsi que pour servir au transport des bagages et des malades. Chacun, sans égard pour son rang , fut contraint d'y travailler, On employa les chemises que les Espagnols avaient usées pour en calfater les joints, et les gommès fournies par certains arbres qu'on reneontrait dans les forèts servirent de poix et de goudron. Comptant sur les avantages qu'on pouvait tirer de ce navire, Gonzalez continua sa marche en dépit de toutes les difficultés qui semblaient en arrèter les progrès ; il pénétra ainsi à plus de deux cents lieues/#tivant toujours le cours de la rivière jusqu'à ce que, faute de trouver des ressources sufMisantes dans les racines et dans les baies qui jusqu'alors avaient nourri ses gens , il se vit contraint à chercher quelque expédient audacieux pour sauver son armée sur le point de périr par la faim, En conséquence, Gonzalez enjoignit ordre à Fran: cisco de Orellana , Fun de ses principaux capitaines , de descendre en hâte la rivière à la recherche des provisions, et, lorsqu'il aurait chargé la barque d’une assez grande quantité de subsistances, de revenir et de laisser tout son chargement à": endroit où, suivant les informations fournies par les In liens, deux grands fleuves devaient se rejoindre.

En conséquence, Orellana partit et trouva exacts les renseignements relatifs à la réunion des deux fleuves. Le cou dant qu'il avait descendu était un des tributaires du grand iouvé Maragnon, pest-êlre le Napo, qui, au point où Orellana était parvenu , s'unit au courant principal, lequel s'appelle ensuite rivière des Amazones. Mais durant son voyage

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il ne rencontra ni village populeux ni champ cultivé : on ne voyait aux alentours que des plaines inondées ou la sombre solitude de forêts impénétrables. La curiosité et l'ambition des découvertes poussèrent Orellana à descendre le fleuve majestueux sur lequel il était embarqué, au mépris des ordres que lui avait donnés Pizarro. Peut-être, d'ailleurs , était-il poussé à cette démarche par le sentiment de la nécessité. Son équipage épuisé ne pouvait en aneune façon lutter contre le eourant peur revenir auprès du gros de l’exnéditiom ; et, dût-il y réussir , à quoi cela eut-il servi , puisqu'il me rapportait pas de provisions? En revenant auprès de Pizarro il n'ôtait rien à sa détresse, et risquait de partager la destruction dont ce dernier était menacé ; au contraire, s’il continuait à descendre la rivière, le détachement qu'il commandait échapperait peut-être à ce désastre, et l’on pouvait arriver à des découvertes par lesquelles se trouveraient compensés , à certains égards, les malheurs de l'expédition. Le dernier jour de l'année 1540, les Espagnols qu'il commandait, aÿant mangé leurs souliers et quelques selles bouillies avec des herbes sauvages , commencèrent leur voyage aventureux, et s’abandonnèrent au fleuve qui devait les porter ils ne savaient où. Les récits fort imparfaits qui nous sont restés du voyage d'Orellana sont remplis de contes déraisonnables et d’exagérations fantastiques, assez en rapport avec l'audace de cette entreprise et les croyances du siècle où elle eut lieu. Plusieurs de ses compagnons trouvèrent la mort dans les combats qu’il eut à soutenir contre les tribus guerrières qu’il rencontra sur sa route. Malgré d'incroyables souffrances supportées avec une résignation courageuse et des diifcultés qu'une persévérance égale à ses talents pouvait setile surmonter, il parvint à la mer dans le conrs du mois d'août 14541, après avoir navigué sur !e fleuve plus dé mille lieues durant, et il réussit à mener sa frèle embarcatioh jusqu à la colonie de Cubagua. IL y acheta un navire, etfrévint en Espagne, où il raconta ses aventures, relevées pat toût ce que l'espérance et l'imagination pouvaient y ajouter. Le premier, il propagea la fable d'un Eldorado, pays d'une richesse fabuleuse où le dôme des temples était revêtu d'or. Il raconta aussi l'existeuce de certaines nations composées de femmes guerrières

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habitant sur les bords du fleuve exploré par lui, et auquel, à raison de cette circonstance, il donna le nom de rivière des Amazones. Certains l'ont appelée l'Orellana par hommage à l'aventurier illustre qui la parcourut le premier dans toute son étendue; mais le nom de Maragnon ou Maranham ( probablement donné par les indigènes) est de date plus ancienne et fut sans doute révélé à l'Europe par Yanez Pinzon. Orellana obtint du gouvernement espagnol une vaste concession dans lepays fertile qu'il avait découveri, et revint en 1549 avec un nombre considérable de compagnons pour y ne

un établissement ; mais il succomba bientôt après, victime des,

maladies qu’enfante un climat à la fois humide et brûlant ; la colonie au berceau se dispersa immédiatement après la mort de son chef.

Lorsque Gonzalez Pizarro, arrivant au confluent du Na:,0 et du Maragnon, n’y trouva aucune trace d’Orellana qu’il s'attendait à y rencontrer avec des provisions abondsutes, il fut un instant comme écrasé par le désespoir. ii n'avait jamais suspecté la fidélité de cet officier; et, en se voyant abandonné par lui, ses yeux s’ouvrirent tout-à-coup aux horreurs de sa situation. Il était à quatre cents lieues de Quito, dont il était séparé par des forêts déscrtes dans lesquelles il n'avait à espérer ni abri ni subsistance. Les difficul'és que ses soldats avaient déjà surmontées s’augmentaient dans une proportion considérable aux yeux d'hommes découragés et affaiblis par une longue suite de souffrances et de privations. Néanmoins il n’y avait d'autre alternative qu'un prompt retour, Ses compagnons étaient réduits aux plus épouvantables extrémités. Après leurs chevaux et leurs chiens, ils s'étaient mis à manger les selles, leurs fourreaux d’épées, les racines les plus grossières et jusqu'aux reptiles qu'ils pouvaient atteindre. Avec d’incroyables souffrances il regagna le Pérou, d'où il avait été absent près de deux années, ramenant “Yatre-vingts Espagnols environ, seul débris des trois cents cinquante hommes qui étaient partis en même temps que lui. On dit que plus de quatre mille Indiens périrent dans cette déplorable expédition.

Durant l'absence de GonzaleZ Pizarro, une importante révolution avait eu lien “+ X ‘avait imécontentés la con-

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duite arbitraire du gouvernenr Francisco Pizarro, et au nombre desquels se trouvaient tous les partisans d’Almagro, s'étaient réunis autour du fils de cet infortuné général, devenu ainsi le centre d’une résistance commune. Le jeune Almagro joignait aux avantages d'une-éducation relevée cette disposition généreuse et cette franchise de manières qui avaient fait de son père l'idole des soldats. Sa faction augmenta rapidement sans que le gouverneur, se fiant à la ter-

reur que son nom:inspirait, voulût-prendre ses précautions,

bien qu'averti du dangér® à in, le 26 juin 1541, une bande de conspirateurs cond distingué, sortit en armes'de un chemin jusqu’au SE Pobrerneur Pizarse se défendit bravement contre ses nombreux aggresseurs, mais il fut enfin renversé, et, blessé à la gorge d’un coup d'épéé;il mourut immédiatement. Aucun enfant légitime ne lui süPyécut qui pôt hériter de son titre et de ses biens. A la mort de ses frères, qui eut lieu quelques années plus tard, sa famille s’éteignit complètement,

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