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torrent de larmes, en leur offrant la bienvenue. Conformément/äu désir manifesté par les missionnaires , elle fit commencer aussitôt l'érection d’une église. Une grande pa ié du peuple, suivant l'exemple de la reine et de ses principaux officiers, consentit à recevoir le baptéme. Une proclamation solennelle défendit à toute personne « d’invoquer le diable ou d'offrir des sacrifices à quelque idole que ce püt être, d’exposer les enfants dans les bois pour les faire dévorer par. les bêtes féroces, et, sous peiñe-de mort, de manger de là chair humaine. » Elle dontiä une nouvelle preuve de son obéissance aux missionnaires, en acceptant de leurs mains un époux à l’âge de soixante-quinze ans. Dans une occasion cer’ adant, le refus obstiné que firent les prêtres catholiques d'enterrer un vieux guerrier, fort aimé de la reine, dans le cimetière consacré , faillit la rendre à ses premières: erreurs. Elle se préparait à ‘ensevelir son ami suivant les ritS nationaux, qui prescrivaient d’enfermer dans la même tombe un certain nombre de créatures vivantes , lorsque les missionnaires arrivèrent fort à propos pour empêcher l’accomplisse ment de cette fatale cérémonie , et pour épargner à la reine l'humiliation d'un second repentir. Zingha professa la religion chrétienne jusqu’à sa mort, qui eut lieu vers la fin de l’année 1665.
Au début de la science politique, l'établissement des'compagnies privilégiées était regardé comme un encouragement au commerce, et tant que les capitaux considérables existèrent en petit nombre, cette notable erreur put être soutenue par quelques arguments plausibles.En 1388, la reine Élisabeth, désirant développer le commerce de l’Angleterre avec l'Afrique, remit à une compagnie de négociants d’Exeter l'exploitation exclusive des pays renfermés entre Le Sénégal et la Gambie. Les premiers voyages entrepris au nom de cette compagnie paraissent avoir eu d’heureux résultats. A leur retour, les marins anglais rapportèrent « qu'une barre de fer Plaisait plus aux naturels que quarante portugalaises. » Mais le monopole étant de sa nature impuissant et faible, ce commerce parait n'avoir jamais acquis une bien graïide importance. A mesure pourtant il établit des rapports plus fréquents entre nos marins et les indigènes, les premiers obtinrent des
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renseignements sur ce qui était, dans ces siècles d’ignorance, l'objet principal de toute recherche maritime ; nous Yüulons parlèr de l'or. On leur dit que les Maures, traversant une immense étendue de désert, arrivaient jusqu’au pays de Timbuctoo et de Gago, où ce métal abondait. Un négociant anglais à Maroc écrivait, en 1594, à un de ses amis, habitant Londres, pour l’informer qu’un Maure, agent des Portugais, était récemment revenu de Gago avéctrente mules chargées
d'or. Il ajoute que les Mauresont pris T'imbuctoo et frappé
sur les habitants un impôt annuel de soixante quintaux d’or. « Le ‘’ruit court, ajoute encore l’auteur de cette lettré , que Mahomet a rapporté avec lui des trésors tels que l’on n'a jamais entendu parier de rien approchant. Il paraît que cé pays renferme à lui seul plus-d’or que toutes les autres pañtiés du globe. le roi de Maroc, s’il s’y maintient, sera bientôt le
prince le plus opulent du monde (4}. »
Des bruits de ce genre devaient immanquableme naître d’ardentes entreprises, et au commencement! septième siècle, nous voyons déjà tenter quelques efforts pour pénétrer dans l’intériéur du continent africain. En 1618, une compagnie se forma dans le but exprès d'arriver jusqu’au pays de l'or, et jusqu'à la ville de Timbuctoo, où l’on supposait que les richesses de l’Afrique étaient concentrées. Georges Thompson , négociant dans les états barbaresques, fut envoyé avec un petit vaisseau de cent vingt tonneaux pour réaliser ce projet. Ses instructions portaient qu'il naviguerait autant que possible en remontant la Gambie, et que, laissant ensuite son bâtiment en lieu de sûreté , il continuerait sa route dans de petites barques. Thompson exécuta ses ordres de point en point ; mais en son absence les Portugais s'emparèrent de $on navire et massacrèrent l’équipage. Le bruit de ce malheur arriva jusqu’en Angleterre, et un second vaisseaü fut lancé à la recherche de Thompson; le nouvel équipage se trouva malheureusement si affaibli par les accidents du voyage et par les maladies, à son arrivée dans la Gambie, que Thompson le renvoya avec des lettres par lesquelles il demandait un nouveau renfort. En conséquence,
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deux vaisseaux lui furent envayés sous les ordres du capitaine Richard Jobson, homme intelligent ét résolu. En entrant dans la rivière, il apprit que Thompson s'était avancé jusqu’à l'enda, beaucoup plus loi'qu’ valeur Européen n’avait osé le faire jusqu'alors. Son but, en allant aussi loin, était d'avoir une’entrevue avec Buckar-Ss” , lé principal négociant indigène de la Sénégambie; là il avait été mis à mort par ses propres compagnons; et comme les circonstances qui ont accompagné cet assassinat h'ont été connues que par ceuxlà même qui y avaient concouru, il n’est pas surprenant qu’ils l'aient attribué à l’arrogance et à la mauvaise conduite de leur chef. Jobson quitta son navire à Cassan sur la Gambie. En remontant la rivière sur des canots , il découvrit que séi. marchandises avaient en effet moins de prix qu’il ne leur en avait attribué, et se repentit plus d'une fois de né pas avoir une simple cargaison de sel, Bientôt après, il rencontra Brewer, qui avait accompagné Thompson à Tenda et qui était resté à la factorerie anglaise établie sur les bords de là/ri: vière. Ses rapports firent naître en Jobson mille rêves dorés. Partout où les Anglais s'arrêtaient, les rois nègres, suivis de leurs femmes et de leurs filles, descendaïent sur le rivage pour acheter, ou plutôt pôur mendier des couvertures et no du brandy. Le jour de Noël, le Ferambra, prince e et grand ami des Anglais, leur envoya une charge de viande d'éléphant. Après utle navigation d'environ trente jours, nos Yoyageurs atteignirent les chutes de Barraconda, lüs éloigné où la marée se fait sentir.-Le courant "alors constamment contraire. et le chenal se trouvant obstrué de rochers, il leur devint impossible de voyager là nuit. Pendant le jour la brûlante ardeur du sûleit mettait obstacle à dés efforts sontenus. Au-dessus dé Barra* cond, le pays est un désert inhabitable. La rivière était peu: plée « d'un monde de chevaux marins dont les traces, lors: qu'ils venaient manger sur le rivage, laissaient des chemit battus aussi larges que la grande route auprès de Londres. Lesierocodiles ÿ étaient aussi tellement nombreux que les nègres n’osaient point s'aventurer dans l’eau; les éléphants paissaient tranquillement parmi les glayeuls déla rive ; des armées de babouins remilissaient les bois et, tout en je-
tant des bâtons aux, voyageurs , semblaient bavarder entre eux.
Le 26. janvier Jobson : arriva à Tenda, et envoya un mes-
sager à Buckar-Sano ayec une masse de provisions dont il fixa le prix à un taux raisonnable. Après un échange de présents mutuels et plusieurs autrescérémonies ridicules, Buckar- Sano fut proclamé alchade ou agent commercial des blancs. Ce compliment futrendu quelque temps après à Jobson lorsqu'il visita le roi du pays. A cette occasion une cérémonie eut lieu dont le sens était que sa majesté cédait aux Anglais tous ses états..« Cette générosité (fait observer Jobson) ne me coûta rien moins que deux ou trois bouteilles de ma meilleure
déau-de-vie, encore que les Anglais n’en dussent pas être enrichis de six pences. »
A Tenda comme ailleurs le sel était demandé plus que toute autre marchandise. Le fer y était aussi de facile défaite, bien qu'il fût fourni à meilleur marché par une nation
À du Voisinage. L’épée dé Buckar-Sano et les bracelets en bronze que portait sa femme parurent à Jobson aussi bien travaillés que les mêmes objets eûssent pu l'être en Angleterre. Notre voyageur s’abstint discrètement de toutes questions au sujet de l'or; maïs Buckar-Sano, sachant peut-être quel prix les Européens y attachaient, leur dit que: s’il continuait son commerce à Tenda il chargerait bientôt tous leurs navires de ce précieux métal. Le marchänd nègre affir-
mait qu'il avait été quatre ‘fois dans une ville où les maisons:
étaient toutes couvertes d’or, villé située à quatre \ lunes de voyage. Jobson fut encore informé qu'à six jours | e route du marché de Saint-John (ils nommaient ainsi la factorerie de Tenda) ‘se trouvait une ville appelée Mombar,.où le commerce de l'or se faisait activement : trois étapes plus loin était Jaye, d’où venait cette denrée. Une nation qu'on nom- “he des Arabeks fournissait au pays ses marchands amulants.
Jobson accommoda sagement sa manière d'être aux mœurs des peuples chez lesquels il se trouvait : il dansaït , chantait avec ‘eux et prenait part à tous leurs plaisirs. 11 fait remarquer que l'eau de la Gambie au-dessus de Barraconda est infectée de musc par les nombreux crocodiles qui y séjour-
‘certains éndroits, des saphies ou charmes sé
nent au point qu lil est impossible de s’en servir, Les tortues abondentsaussi dans cette rivière aux environs de Cassan et furent d’abord pour l'équipage anglais une occasion d’étonnement et de terreur. Les découvertes de Jobson n’allèrent pas même .aussi. loin que celles du malheureux capitaine assassiné à Tenda, car Thompson avait pénétré jnsqu’à Jaye. Mais. bien, des années s’écoulèrent avant que d’autres voyageurs franchissent les limites où Jobson était arrivé. Il fait plusieurs fois allusion à cette fable d’un trafic silen-
«cieux établi dans l'intérieur des terres entre les Maures et
une nation nègre qui cherche à se rendre complètement invisible. « La raison pour laquelle ces nègres se cachent avec tant de soin estfajoute-t-il, qu'ils ont des lèvres d’une grosseur extraordinail e; elles leur descendent à moitié poitrine, et ils sont obligés de les frotter continuellement avec du sel pour les gmpécher d'entrer en putréfaction. » C'est ainsi que le grand commerce, de sel qui se fait à l’intérieur de l'Afrique n "esbpas demeuré à l’abri des suppositions fabuleuses. Lé capitaine Stibbs € Ssa ya de nouveau en 1723 de remonter la Garabie, Partont 1és naturels se montrèrent dis-
posés ;aux échanges qu'on leur proposait, et même, dans
pendus au bord de la rivière pour attirer à tétféiles ! blancs. Stibbs ne put pénétrer au-delà de Tenda, qui demeura long-temps la limite des découvertes M raphiques dans cette partie du monde.
Les Normands prétendent faire remonter à une haute antiquité leur commerce avec l'Afrique occidentale : il a' été dit qu'ils en avaient exploré les côtes, jusqu'à la Sierra- Leone, dès l'année 14564; mais cette prétention reposait sur une réunion de, Dons détruits, ajoute-t-on, par l’incendie qui en 1694 consuma l’hôtel-de-ville de Dieppe. On ne doit Aonc pas teniricompte de ces navigations reculées, puisqu'il a cessé d’en“exister des preuves; mais il est certain que les négociants de Dieppe et de Rouen gardèrent longtemps là possession exclusive du commerce avec l'Afrique, et que, dès l’année 4626, ils avaient des établissemeñts considérables. à l'embouchure du Sénégal. De 1664 date la
première. de ces compagnies privilégiées instituées par or- 20,
donnance royale, et qui, successivement, aû nombre déféinq, ont essayé de central ser le commerce africain jusqu'à ce qu'enfin leur ruine complète eût prouvé qu'il vâläit mieux le laisser à lui-même. Mais, si les compagnies françaises ne tirèrent pas ün grand profit de leurs droits exclusifs, l'ardeur qu’elles mirent dans leurs premières s jations contribua beaucoup à grossir la masse des documentsque l'on possédait déjà ; et, jusqu’à l’époque où l'association africair e fut définitivement constituée à Londres, les Français tinrént le premier rang parmi les explorateurs de l'Afrique.En 1634 Jannequin, jeune homme riche et bien né, poussé par la curiosité et l'instinct des voyages, entreprit une expédition au Sénégal. Il n’avança point sur cêtte rivière au-delà du district appelé leTerrier-Rouge. J anneQuin en trouÿa les rives couvertes de mangliers. Ces forêts vastes et solitaires: étaient remplies de nombreux échos; «et leur bruit, quand. nous faisions sonner nos trompettes, joint à l'aspect du rivage
bordé de magnifiques palmiers: à l'ombre desquels courait:
une brise fraîche, n° 'était pass: it: Jannequin, , potre moindre plaisir dans ce pays brûlé parle soleil. » Les principaux rois de cette Contrée, toujours suivant notre voyageur, sont le Damel roi de Libye, le Brak roï des Foolies, le Kamälingo chef des Maures de Barbarie, et le grand Samba Lamma qüi règne sur les Maures et les Bérbers à la frontière de Timbuctoo. La géographie deil’intérieur des terres repose plutôt sur des théories fantastiques que sur aucun renseignement positif obtenu des naturels. « Tous les royaumes ci-dessus mentionnés, dit-il, sont arrosés par le Niger, qui, après avoir traversé le royaume de Timbuctoo, se divise en troisbran=
ches. La première passe dans la Barbarie sous le tropique 4
du Cancer (ceci par parenthèse n’est pas facile à compren-
dre) ; la segonde se jette dans la merventre.les royaumes de : Barbarie et du Sénégal ; la troisième, dont le cours est’ plus
long que celui des deux autres, a‘8on “emtbouchure après de la côte. L'opinion que le Niger et le Sénégal n'étaient qu'une : seule et même rivière orévolait du temps dé Jannequin , et demeura à la mode jusqu’au comthencement du dernier siècle:
Entre les années 1697 et 4745, beauconp de renseignements
conc( l’acti nistr que.
galju ville leur 1 cents de l'i barra et sit royau qu'ile ment, De to certai bouk nèren la jal obsta par B périls dans dont tion « d'efr à la fo nes; difficu trouve
sud-es
concernant le pays qui environne le Sénégal furent dus à l’activité de Brue, associé, durant ce laps de temps, à l’administration des compagnies françaises qui exploitaient l’Afrique. Dans un de ses nombreux voyages , il remonta le Sénégal jusqu’à Gallam, et établit un fort, ou factorerie, à Dramanet, ville. populeuse et commerçante. Les habitants poussaient leur.négoce jusqu'à Timbuctoo, qu'ils disaient située à cinq cents lieues dans l'intérieur des terres. Ils importaient de là de l’ivoire et de l'or, et ils tiraient leurs esclaves de Bambarra, pays fort étendu selon eux, stérile, mais très-peuplé et situé entre Timbuctoo et Cassan. Ils disaient que le royaume de Cassan était une sorte d’ile ou plutôt de presqu'’ile formée par les bras du Sénégal ; l'or y abondait tellement,que ce métal se montrait souvent à la surface du sol. De tous ces détails on peut conclure qu’ils confondaient , à certains égards, le royaume de Caësän avec celui de Bambouk qui le limite au sud. Long-temips les Français ambitionnèrent de se frayer une voie jusqu’à cette terre de l'or; mais la jalousie des marchands indigènes leur fut toujours un obstacle difficile à vaincre. A la fin cependant, encouragé par Brue, un jeune homme nommé Compagnon affronta les périls de ce voyage ; il passa la frontière si redoutée et entra dans le Bambouk, sous la protection d’un prince africain dont il avait capté la bienveillance. Néanmoins son apparition dans cespays produisit une sensation de surprise et d’effroi. IL parvint, pamune conduite ferme et prudéhite tout à la fois, à gagner la faveur et la confiance des chefs indigènes; pendant près d’un an et demi, il put parcourir sans difficulté les districts les plus importants du Bambouk. Il trouva diflicile toutefois de se procurer des échantillons du ghingan ou terre d’or, qu'il demandait simplement pour faire quelques pipes à tabac. Les détails donnés par Compagnon firent désirer aux Français d'établir leur domination dans le pays de Bambouk ; mais une telle mesure demandait plus de forces qu'ils ne pouvaient lui en consacrer; et le fort Saint-Joseph resta la limite extrême des établissements français dans le Sénégal.
Les Portugais eurent bientot fondé lenr empire sur la côte sud-est de l'Afrique ; mais, comme ils ne faisaient que peu on
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point d'efforts pour pénétrér dans l’intérieur du pays, la géographie a peu gagné au développement de leurs colonies : ils ne surent pas deviner combien là position du cap de Bonne-Espérance pouvait devenir ifiportante, et laissèrent les Hollandaissfonder , au commencement du dix-septième siècle, cet établissement qui, dans les mains de l'Angleterre, est devenu un foyer de civilisation pour less sauvages | ha! de l’Afrique méridionale. : à Dans ce chapitre, et dans les deux qui l'ont de on à vu par quelle marche les nations européennes se sont fixées d'une manière permanente sur ces portions du globe dont, quelques années avant, elles soupconnaient à peine l'existence. Les seizième et dix-septième siècles ont produit un grand nombre de voyageurs éminents dont on peut encore aufourd’hui consulter avec plaisir et profit les écrits nombreux; mais la plus simple analyse, la revue la plus succincte des relations auxquelles la plus sévère critique accorde le premier rang, nous entrainéraient au-delà des limites de cet ouvrage. Du reste, il serait égalemeñit difficile pour nous et fatiguant pour le lecteur, de tracer avec un détail minutieux les progrès de la science géographique , de rendre à chaque voyageur la part qu’il y a prise, et de concilier les différences de leurs divers récits. Il nous suffira d’arrèter seulement l'attention sur les efforts individuels et les événements historiques qui ont contribué sans relâche à à st et à affermit sur ses bases notre connaissance du glo
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