‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 57 sur 94 · ILES · texte numérisé non relu

ILES

qui, venu ayec trois Mg à de là rivière Plata, Prince essaya de gagner l'Océan Ptit en traÿers détroit ROMIRI Il réussit à conduire jusqu’au Pérou lé “aie qu'il montait ; , un autre de ses bâtiments se perdit mi Hi étroit , et le

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plusieurs iles, hävres et bras de mer, fut obligé de revenir au point d'où il était parti. Cet essai fut le dernier que, durant bien des années, risquèrent les Espagnols afin d'étudier et de développer la navigation entre l'Atlantique et la mer du Sud. En 1537 néanmoins, Ladrillero partit du Chili avec deux vaisseaux pour reconnaître le détroit par son extrémité orientale. Une révolte éclata parmi ses équipages, et il eut grand’peine à les ramener à l'ordre ; ensuite un de ses navires fut séparé de lui par une tempête et retourna au Chili. Lui cependant continua résolument son voyage, examina avec soin toutes les sinuosités du détroit, et revint sans autre matelots pour manœuvrer son navire qu'un Espagnol et un esclave nègre; le reste de l'équipage avait été victime du besoin, de la fätigue et des rigueurs du climat.

Les droits de l'Espagne sur les Moluques furent définitive ment cédés par l'empereur, en 1529, moyennant une somme d'argent ; mais il n’abandonna point ses prétentiôfis sur les îles nombreuses que les navigateurs espagnols avaient découvertes à l’est e la ligne de démarcation ainsi maintenue aux Portugais. Fr oiréquence, Ruy-Lopez de Villalobos fut envoyé, en 43 2, :»2c six vaisseaux pour fonder un établissement dans queiqu’une des îles découvertes par Magellan. Ce voyage fit faire de grands progrès à la connaissance géographique du grand Océan ; mais il est difficile aujourd’hui de suivre d'une manière exacte les traces du navigateur espagnol. Villalobos découvrit un groupe d'ilesqu'il nomma del Coral (iles du Corail) , et que. l'on suppose faire partie maintenant des Nouvelles-Philippines, Plus à l'ouest il trouva los Jardines (ou les iles des Jardins) ; puis les Matalotes et les Arrecifes (ou Rescifs), qui sont probablement les iles Pelew de nos cartes modernes. Arrivé à Mindanao, il en prit possession aunom de l'empereur, et l'appela Cæsarea-Caroli ; mais ensuite il donna au groupe entier dont elle dépend le nom de los Philippinas (les Philippines), en l'honneur du prince Philippe : la géographie a conservé cette dernière dénomination. C’est ainsi que le groupe d'iles au sud des Ladrones , qui furent appelées les nouvelles Philippines, en 4705, lorsque Philippe V était sur le trône d'Espagne, avaient été auparavant nommées les Carolines (en hommage au roi

Charles IL) par Lazeano , qui avait originaire! ient découvert une partie du groupe. L'expédition de Villalobos faillit à son principal objet : les naturels des iles Philippines , qui semblaient pressentir le caractère et les intentions de leurs nouveaux visiteurs, refusèrent obstinément d'établir avec eux aucun rapport d'amitié. Les Espagnols, manquant de provisions, et en butte à des souffrances continuelles, furent enfin obligés de se remettre à la merci des Portugais. Villalobos mourut à Amboine; ses compagnons, à travers mille difiicultés, parvinrent à Goa, d’où ils retournèrent en Europe. Le plus petit bâtiment de cette flotte, le Saint-Juañ, essaya par deux fois de revenir à la Nouvelle-Espagne, et fut ramené à chaque reprise par la force des vents d’est. Il toucha à plusieurs iles nouvelles, et longea, plusieurs lieues durant, la côte d’un pays bas et fertile auquel les Espagnols, ignorant qu'il avait été précédemment découvert, donnèrent le nom de Nouvelle-Guinée : ce nom lni est resté,

Les mécomptes de Villalobos imputés à ses fautes ne détournèrent pas les Espagnols de leurs projets de colonie aux iles Philippines. Miguel Lopez de Legaspi partit, en 1564, du port de Navidad , dans la Nouvelle-Espagne , à la tête de quatre navires, afin de réaliser ce plan. Le désir exprès du roi adjoignit à cette expédition Andres de Urdaneta , qui, dans sa jeunesse, avait voyagé sous les ordres de Loyasa, mais qui depuis s'était retiré dans un monastère, ét dont la réputation, Re navigateur et cosmographe habile , était à cette époque fort étendue, Urdaneta désirait établir une colonie sur la Nouvelle-Guïnée, qu’il supposait être une partie d'un grand continent méridional étendu , sans interruption, des mers indiennes à la Terre de Feu, au sud du détroit de Magellan. Néanmoins c’étaient les Philippines qu'avait expressément désignées le gouvernement espagnol. Legaspi fit

un voyage heureux durant lequel il découvrit quelques iles

nommées par lui {os Barbudos , à cause de la longue barbe que laissaient croître les habitants. Il paraît aussi qu’il toucha à l’une des Mariannes ; mais on suit très-difficilement Ja

marche de ces premiers navigateurs , et l'expédition de Le- "gaspi en particulier nous fournit un exemple frappant de la négligence avec laquelle ils déterminaient par des observa-

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tions, d'ailleurs mal faites, leur position géographique : les quatre pilotes de sa flotte différaientl’un de l’autre dans leurs estimes d'environ quatre cents lieues. Legaspi parvint à fonder une colonie à Zébu , où il tira une vengeance inhumaine des violences que Magellan y avait subies quarante ans auparavant. Quelques années plus tard, il s'empara de Manille, qui devint ; dès ce moment, la capitale des possessions espagnoles dans les iles Philippines. Après l'établissement de la colonie, Urdaneta, conformément à ses instructions, fit voile à travers l'Océan-Pacifique , pour arriver à la Nouvelle:Espagne: c'était une tentative dans laquelle avaient échouétous ceux qui Pavaient risquée avant lui. Il eut la hardiesse et la sagacité de se diriger vers le nord, afin de profiter des vents d'ouest , et il atteignit ainsi le 45° de latitude nord. Par cette savante manœüvre il réussitxà gagner sans obstacle le but qu’il s'était proposé. L’annéesuivante, un navire se rendit de la Nouvelle-Espagne‘äux Philippines, et en 4567.deux autres reprirent la route indiquée par Urdaneta. Depuisicette époque, les traversées sur lOtéan-Pacifique se répéterent annuellement par des chemins chaque jour mieux connus.

Environ à la même époque, une découverte semblable fut faite au sud du grand Océan, Les marins, jusqu'alors, avaient trouvé presque aussi difficile de longer. du nord au sud la côte du Pérou que de naviguer entre les tropiques de l’ouest à l'est sur l'Océan Pacifique. Mais Juan Fernandez découvrit qu'en s'écartant à l’ouest à une assez grande distance de la terre, on rencontrait les vents du sud qui, se prolongeant jusques à la läfitude des vents variables ou vents d'ouest, permètlaient aux marins d'aborder la terre au sud , cé qu'ils n’eussent pas fait en demeurant plus près du rivage. Durant un de ces voyages, notre entreprenant navigateur découvrit à cent dix lieues de la côte du Chili la petite ile qui porte son nom, et qui a obtenu une célébrité littéraire à cause du naufrage et du séjour de quatre années qu'y fit Alexandre Selkirk, dont la simple relation fournit à Defoë son admirable roman de Robinson Crusoë. Juan Fernandez passe encore auprès de beaucoup de gens pour avoir découvert la Nouvelle-Zélande ; mais la grande terre ou Z'ierra firma qu'il

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