‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 82 sur 94 · WEST MAIN STREET · texte numérisé non relu

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lieu de limiter ses corrections”&‘une grtie y du globe, il les étendit au globe entier; ce qui lui dôfiffé:

à être regardé comme le créateur de

Pierre-lê-Grand, à son passage à Pari

en le visitant FPE lui donner tous

Delisle mourut en 1726 ; mais il vécut assez pour A son élève, J.-B. D'Anville, atteindre sa science favorite à un degré d'éminence qui promettait de rapides « per n

l’âge précoce de vingt-deux ans, l'honneur d'étR"6i0mmé géographe du roi. Il était remarquable par une”#ingulière netteté de jugement ét par une finesse de pénétration qui semblait presque instinctive. Habitué à beaucoup hasarder sur des conjectures, il se trompa rarement. Les'recherchés des savants, et les connaissances acquises sur la conformation du globe, dans le cours du dernier siècle, ont fourni d’éclatantes preuves de saMerveilleuse sagacité. L’Ttalie, avant lui, était exagérée sur Les cartes bien au-delà de ses dimensions réelles, et se prolôtiééait de l'ouest à l’est, suivant les idées des anciens. Mais: après avoir découvert la véritable valeur des mesures employées par eux, il réduisit cette péninsule, et les opérations géodésiques de Benoît XIV démontrèrent qu'il avait eu raison. La hardiesse du pontife acheva ce qu'avait commencé l’activité rédôlue du géographe.

Si la gloire d’avoir réformé les erréurs invétérées de la géographie appartient plus particulièrement à la nation française, les Anglais eurent au moins le mérite de fournir à cette tâche laborieuse ses ressources les plus essentielles. Les découvertes de Nev'ton ne servirent pas seulement à l’astronomie, et leur influence se fit sentir sur toutes les branthes des connaissances humaines qui se rattéchaient à celle-ci.

son disciple Halley eut une action plésdiréc goss Comme D'Anville ; cet hommié’ehil distin très-bonne heure par ses remar{@slies dans l'ét ide qu'il avait choiste; à l'age de dix publiaune méthode pour trouver l’aphélie et l’excentricité des planètes. 11 savait que l'astronomie reposait sur la connaissance la plus"@tèndue possible de la position des étoiles,

et il exprima son ardent désir de les observer dans l'hémisphère dusud. Charles Ibfavorisa son zèle, et en1676, lorsque Halley avait à peine vingt ans, il s’embarqua pour Sainte- Hélène chargé de cette importante mission. 11 y demeura un an, ®t däns cet intervalle, ayant à lutter contre les inconvénients du climat, il détermina seulement la position de trois cent cinquante "étoiles. S'il eût, choisi 1 de Bonne- Espérance , il y eût trouvé en même temps un ciel plus pur, et un observatoire plus au sud.

Pendant que Halley était à Sainte-Hélène, il observa un passage de Mercure sur le disque du soleil. Cette sorte de phénomène avait déjà attiré l'attention de Gassendi, de Horrox etf'autres grands astronomes ; mais Halley fut le pe mier à voir toutes les conséquences importantes qui enip vaient dériver. Il s'aperçut qu'on pouvait s’en seftiiip déterminer la parallaxe du soleil, et calculer ainsi d@i les dimensions du système solaire. Le padiège de VèR le disque du soleil, phénomène plus rare encore , lui sembla offrir aussi des avantages plus réels. 11 étudia attgmtivement et concilia les méthodes qui résultaient de ces obSrvations ; aussi put-il, en 4716, annoncer au monde savant que le passage de Vénus donnerait les moyens de calculer la distance entre le soleil et la terre avec plus de précisign qu’on n’en avait encore esgiré. Ce phénomène avait eu 4 pour la dernière fois, en 4639, et ne devait se reproduire qu’en 1707, époque à laquelle Halley, né en 14656, ne pouvait guère espérer de voir sa vie se prolonger ; en conséquence, il exhortait les autres astronomes à noter pour l'avenir ses utiles avis. On suivit ce conseil, et ses calculs se sont vérifiés. Outre les avantages que tirait la géographie de tout perfectionnement de la science astronomique, l'observation du passage de Vénus, si ardemment prophétisé par Halley, a ce mérite particulier qu'elle a été cause du premier voyage de Cook, lequel a jeté de si vives lumières sur l'étude du globe.

Dureste, ce n’est pas seulement par son influence indirecte sur les cfforts géographiques que Halley s'est acquis des droits à nos respectueux souvenirs; il marqua aussi comme navigateur, comme hydrographe, et fut des premiers à jeter les bases de la géographie physique. Sa théorie des Zaria-

tions Magnétiques et son Histoire des Moussons ayant attiré l’atténtion des savants, le roi lui donna un vaisseau pour explorer l'Atlantique et pour soumettre sa théorie à l'épreuve de l'expérience. Il s'embarqua en 1698 avec une commission de capitaine ; mais comme il n'avait fiointtété élevé pour la marine, il ne trouva que jalousie et antipathie chez ses oMciehf! la rébellion de son lieutenant le contraignit à revenir sur ses pas bientôt après avoir passé la ligne. Il se remit cependant en mer dans le cours de l’année 14699, et avança au sud jusqu’à.ce qu’il rencontrât des glaces, par le 520 de latitude. En septembre 1700, il revint sans avoir perdu un seul homme durant.son voyage, circonstance si rare à cette époque qu’il faut nécessairement l’attribuer aux soins limanité du commandant. Les remarques que lui perit. ire cette double expédition se trouvèrent confivmer bon des Variations Magnétiques. Le capitaine Halley ‘d S'son retout;:employé à explorer le détroit de la Man- K et bientôt après envoyé en mission dans l’Adriatique et à Viennes, Cet homme extraordinaire mourut en 1742, à l'âge de 36 ans, et sans avoir jusqu’au dernier moment rien perdu de ses brillantes facultés. Sa longue vie fut tout entière. vouée au progrès de la science. Ses facultés de travail égalaient l’activité de sa pensée : c'était en même temps un logicien rigodteux et un homme puissant ‘imagination ; ÿ il n’avait des théories aucune crainte puérilé, mais son enthousiasme pour elles ne porta jamais atteinte à son amour pour la vérité. Il savait par expérience combien l'astronomie peut servir à la navigation, et en revanche il essaya de faire servir la navigation aux progrès de l'astronomie. Il s’efforca d'améliorer la théorie des mouvements lunaires, et, bien qu'il n'ait pas réussi de tout point, il fit à cet égard tout * ‘on peut attendre d’un seul homme. La Place a compléte ; … u’il avait commencé. Tels sont les travaux que la géographie et la navigation doivent au génie de Halley ; mais «a renommée comme astronome repose peut-être encore plus sur l'application qu'il a faite des lois de Newton au mouvement des comètes, et sur ses calculs relatifs à la précession des équinoxes.

Après avoir ainsi brièvement esquissé la marche de la géo:

graphie dans une voie de correction mathématique , et son alliance avec l'astronomie, science’ de la même famille, nous ferons peut-être encore mieux ressortir l’extinetion graduelle de l'erreur, si nous jetons en passant un regard sur les der=

. hiers partisans de la doctrine qui supposait un vaste continent

méridional, Quoiqu'il n’y ait rien d’essentiellement absurde à croire que la terre s’étend àäune grande distance autour du pôle sud, il faut cependant compter parmi les erreurs maintenant les mieux reconnues l'opinion où l’on était jadis que l'existence d’un continent antarctique est nécessaire pour établir l'équilibre de la terre. La crédulité, la mauvaise foi mémé: avaient, à plusieurs reprises, essayé d'établir cette hypothèse, en se fondant sur des fragments d'auteurs plus ou moins mal interprétés et plus ou moins authentiques, lorsqu’Alexandre Dälrymple , officier au service de la Compagnie des Indes, alla dans ce pays en 1757 ; il visita ensuite l’Archipel oriental ; et tandis qu'il étudiait Thistoire de ces: régions intéressantes, dont ses commettants convoitaient la : possession ou. du moins le commerce , il fut saisi d'une sorte de manie pour les recherches géographiques. Mais en même temps qu’il trouvait dans les anciens navigateurs espagnols d'inestimables trésors de renseignements, leur crédulité con-. tagieuse sembla le gagner , et il finit par croire fermement à l'existence d’un continent au sud, que son imagination lui montrait fertile et abondant en richesses de toutes sortes. À son retour , il reçut comme récompense de ses services en Orient l'emploi d'hydrographe attaché à la Compagnie des Indes orientalés; et fut ensuite nomié hydrographe de l’amirauté, quand cet office fut créé, en 1795.

Mais auparavant, et en 1772, Dalrymple écrivit à lord North, qui était alors premier ministre, pour l'informer qu’il était sur le point de s’embarquer avec une expédition organisée à ses propres frais, afin d'aller découvrir un contine méfidional. Il espérait que le gouvernement lui accorderait pour cinq ans la possession de tous les pays qu’il découvrirait dans le sud de l’Atlantique, entre les longitudes 0c et 60° à l'ouest de Greenwich , à condition que ce privilége comprendrait, seulement les iles ou terres examinées durant ces cinq ans, et dont il aurait pu fournir les plans détaillés, Lord

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North ne fit aucune espèce d'attention à cette requête avant qu'elle n'eût été reproduité. dans plusieurs lettres, et enfin il accorda à Dalrymple une audience dans laquelle, s’il faut en ‘éroire les plaintes de ce dernier, il fut beaucoup plus question de l'Orient envisagé sous ses rapports politiques que des découvertes géographiques en général : le ministre éluda la demande de Dalrymple en alléguant la nécessité de consulter ses collègues.

Il est prohable que, dans le cours de la conversation, lord North fut amené à concevoir peu d'estime pour le jugement : de Dalrymple, et ne voulut point compromettre le gouvernement en se déclarant le patron dés entreprises chimériques qu'allait tenter cet enthousiaste faiseut'de projets. Dalrymple néanmoins avait tant de confiance dans l'avenir de ses déeouvertes qu’il alla jusqu'à eomposer un code de lois pour les :célonies dont il allait être le fondatear'; leur caractère justifie

aléfroid accueil du ministre, D’après leurs dispositions, l'exer- À'éice des emplois publics ne devait pas ètre interdit aux femmes, dont il reeonnaissait les droits politiques comme égaux à ceux de l’aatre sexe. Nul dans sa république rêvée re devait exercer la profession d'avocat salarié, sous peine de voir ses biens confisqués et lui-même condamné à une prison per- Déluelle. Le compte des deniers publics eût été soumis au contrôle- général chaque dimanche dans toutes les églises. Comme préservatif contre le luxe, il n'admettait d'autre monnaie que celle de cuivre. Les célibataires mâles où femelles étaient écrasés d'impôts, et les sommes ainsi obtenues étaient consacrées à entretenir les orphelins. Finaleffent nul ne devait être admis dans la colonie sons avoir préalablement souscrit le code dont nous venons de parler, et s'il s’écartait ensuite de quelqu'une de ses lois, il devait voir tous ses biens qués. C’est ainsi qu'une république destinée à devenir modèle des états libres devait tont d’abord être privée de tout pouvoir législatif, et reposer sur ce principe éminemment barbare d'un corps de lois immuables. Tout ce.qu'on peut dire en faveur du projet de Dalrymple, c'est qu'il avait tracé le plus parfait modèle de la pire des communautés. D'après ces observations, il est évident que les talénts de Dalrymple auraient mal remplacé l'intelligence si saine ec le jugement si

eut acé rès

t si

sévère de Cook, dont il avait, pour ainsi diré, rempli les

fonctions dans l'expédition entfeprise pour observer le passage de Vénus.

Ce volume renfermeune esquisse rapide desprogrèsdelagéographie depuis lé commencement du seizième jusqu'at milieu du dix-huitième siècle. Nous avons vu par quelle marche rapide les Européens parvinrent à s'établir dans les plus-loïintaines

régions du globe. L’ambition, l'amour de lor:etdes hasards, :

tels furent les motifs qui soutinrent leurs inépuisables efforts. Cependant l'impulsion née des découvertes de Colomb ne fut pas seulement due à l'ambition, à l’avidité, aux instincts romanesques : la passion de l’étude et des spéculations curieuses y fit sentir aussi son influence. Au commencement du seizième siècle, la géographie était l'étude favorite des mt mes les plus instruits ; leur attention sembla captivée pend long-temps par les lumières récemment jetées‘sur la, forme

et la structüre du globe; plusieurs grands me ne 7 é

plusieurs grands philosophes appliquèrent leurs facultés au perfectionnement de la science géographique ; pdant la géographie ne fut cultivée d’une manière générâle ; on’ne stimula spécialement ses progrès, à part de tout intéré flitique ou commercial, qu’à peu près à l’époque où nou: voici maintenant arrivés. Nous allons voir dès à présent. la cüfiosité" humaine s’épurer dans ses motifs et s'exalter dans*#68 efforts. au point que, chez les nations civilisées, la guerre elle-mémé ne pourra plus mettre obstacle aux recherches géogräphiqües.

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