‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 81 sur 94 · OO SR SE · texte numérisé non relu

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Ainsi la différence de longitulle entre deux des villes les plus connues de l’Europe varia d'environ 500 milles entre le xveet le xvrie siècle. Mais cette incertitude paraitra d'autant plus remarquable qu’on la verra exister dans les lonigitudes de villes qui sont presque sous la même latitude. Comparons par exemple Ferrare et Cacix. La différence de longitude entre ces deux villes était suivant :

Ptoiémée, dans l'édition de 4475 de.

Tables Alphonsines. . . 41492 .

Mauro leFlorentin. . . 4537 .

Apiehis .... . .. 440 .

Gemma Frisius. . . . 41578 .

Tables de Ridolphi . . 4627 . . . 47° rgoli.: . , , . . . 4658. . . . 249 55?

Riccioli . .. . . . . 4672 . . . 19° 97’ Schott... . .. . . 4677 . . , 96° 50 : De Lalande. , - . . 1789 . . . 17059

TL apparait de là que, dans les cartes du xvie siècle, Cadix et Ferrare étaient placées à 690 milles trop loin l’une de l'autre, et que cette singulière méprise n’a été rectifiée qu’à la fin du xVit siècie (4).

Des- erreurs plus bizarres encore et qui avaient plutôt leur source dans:la érédulité que dans l'inexactitude des observations , trouvérent place sur les cartes du moyen-àge , et n'en ont été bannies que bien tardivement par les progrès de l’astronomie-et de lamavigation. Nous nous permettrons d'en citer quelques-unes , d’après les meilleures cartes autrefois connues. Dans-une mappemonde publiée à Venise en 1546, par Jiaeomo , nous trouvons l'Asie et l'Amérique réunics l’une à l’autre-sous le 58° de latitude. Le Thibet se trouve placé à la jonetion-des deux continents, et le pays où sont supposées leurs frontières les plus éloignées reçoit le uom fantastique de Zangar. La Californie, ceci est remarquable,

(1) Voir une Dissertation sur la fluctuation des longitudes au moyen-âge, par Ganovai, dans les Memorie dell academia di Cortona, vol. IX,

est décrite comme une péninsule, La Chine, conformément à la mappe-monde de Ptolémée, s'étend jusqu’au # la mer du Sud, l’isla de los Tuburones, découvefté*par les Espagnols, est marquée sous le 10° de latitude sud. ,

Dans une autre mappemonde vénitienne , dressée. par Tramezini et datée de 1534, la distance de Quinsai en Chine au golfe de Californie en Amérique, est seulement-de 84°; ces deux continents étant étendus chacun de quelques mille milles à l’est et à l’ouest. Cette même carte indique l’île des Papuas, ou la Na le-Guinée, et les îles des Larrons ; mais il est

rualèque l’Asie et l'Amérique y sont séparées par un l'auteur faisant remarquer dans une note « qu'il nières autorités en séparant cette côte de la ntinent américain. » Il insinue ainsi que son tracé desrives qui entourent la mer Pacifique repose sur quelque chose de mieux qu'un pur caprice ; pourtant dansles cartes vénitiennes qui parurent immédiatement après, les deux continents sont de nouveau réunis. Nous trouvons dans toutes la Terra Australis adhuc inexplorata, et la première mappe monde imprimée où se trouvent à ce sujet des indications plus positives paraît être celle qu'exécuta Fernando Bartoli, en 14571. Et nous y voyons la Terra Incognita discuoperta di nuovo, située au sud de la Nouvelle-Guinée et des Moluques, et assez d'accord avec la situation générale de la Nouvëlle- Hollande, Dans cette mappemonde , comme dans beaucoup d’autres dressées à cette époque , la T'erf@4ustralis est un énorme continent qui remplit les régions. äntarctiques ; mais Bartoli en a nommé quelques parties comme s’il avait reçu des renseignements directement arrivés'de là. C’est ainsi qu'au sud du cap de Boune-Espérance il piace un promontoire par lui appelé Terra ile Fista.

Bien que les documents géographiques se soient sans cesse multipliés , les meilleures mapprsornues ont manqué longtemps d’exactitude, surtout dans la détermination des distances longitudinales. Fischer représente l'Amérique du sud comme s'étendant par 62e ou sur près de 4500 milles; tandis que l’Amérique du nord, dansla même carte, s’étend de l'embouchure du Saint-Laurent à l’est, jusqu’à la Nouvelle-Albion à l'ouest, sur un espace de 430° ou plus de 9000 milles. Nous y trou-

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vons aussi la Californie de nouveau figurée comme une île, erreur qui est répétée dans plusieurs cartes exécutées au commencement du xvine siècle ; et. dans quelques-unes d'elles, la côte nord-ouest de l'Amérique est donnée comme se prolongeant à l’ouest sur la parallèle du 42° jusqu'à ce qu’elle atteigne presque la terre de Yedzo; elle est ensuite marquée comme douteuse. Il est remarquable que dans quelques-unes de cesgartes on a dessiné la côte sud de la Nouvelle-Guinée, ble qu’à uue époque postérieure on ait

cru cette ile réunie à la Nouvelle-Hollande. La Terra Aus-

de ses cartes , fut rétablie par Sanson au comme] ce

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indéBls, Hondius, en 1630 , osa ôter à l'Asie Je ens étranges que“lui avait accordées Ptolémée, et réduire son étendue vers l’est au 165°; mais son exemple ne fut pas suivi, et l'on pourrait citer beaucoup d'occasions où l’on se soumit ds aveuglément à l'autorité de Ptolémée, qui connaissait à peine uhe moitié du globe, à une époque où les Europa voyageaient sur toute sa surface.

A mesure que les sciences progressaient, on congut l'espoir x que les longitudes respectives pourraient être déterminées par l’ubservation exacte des éclipses du soleil et de la lune ; mais cette méthode se trouva par l'expérience si féconde en erreurs de toute sorte que les astronomes. en désespérèrent de nouveau. Cependant un:grandipas se fit vers 16 ut auquel ils aspiraient lorsque , en 4840, Galilée découvrit les éclipses des satellites de Jupiter. En4651 ; ce grand home prôposa au roi d'Espagne de faire profiter de ses découvertes la géographie et la navigation, La nonchalance du gouvernement espagnol découragea son zèle, mais les Hollandais entrèrent dens ses vues, et envoyèrent Horte giips et Blaew étudier sous lui à Florence, L'imperfection we: Jeu À reurs de ses disciples mirent long-té PR ob: aux progrès qui sans cela eussent immédiat suivi les: vertes de: Galilée. À une époque où quelques astfénomés s'imag “aient voir jusqu’à douze satellites autoür deJupiter he vaïon de cette planète ne pouvait guère arnener à dé conclü J sions satisfaisantes. Jusqu'à ce que Cassini publiât ses tables, en

1668, on n’eut aucune idée exacte touchant les éclipses et les révolutions des satellites de Jupiter; mais, peu de terps après, en 1671 , Picard se rendit à Uraniburg , en Danemark, et sur

Vobservatoire de Tycho Brahé, pour observer d'après les indications de Cas8ini.Il put ainsi calculer, avec une exactitude jusqu'alors inconnue ,la différence entre les longitudes des observatoires d'Uraniburg ét de Paris.

Par suite de cette heureuse expérieïñce, MM. Picard ct de Lahire, tous deux académiciens, furent employés aussitôt à examiner et à corriger la carte de France, au moyen de eurs observations astronomiques, En exécutant cette tâche, 18 se visent obligés à resserrer ce pays en de beaucoup plus étroite tes qu'on ne lui en supposait d'après les cartes contemporaines. 1ls lui ôtèrent plus d’un degré de loïgitude le long de la-côte occidentale à partir de la Bretagne j jusqu à la baie de Biscaye, et retranchèrent de la même facon environ un demi-degré sur les côtes du Languedoc et de la Provence. Ces changements furent l’occasion d’une plaisanteridfi Louis XIV qui , complimentant les académiciens , à leur retour, .leur dit en propres termes : « Je vois avec peine , messieurs, qué votre voyage m'a coûté une bonne partie de mon royaume. »

Cassini cependant travaillait sans se lasser à améliorer la géographie en la faisant profiterides calculs astronomiques. En 1696, il trac» sur lesparquet de l'observatoire de Paris un planisphère où se trouvaient: indiquées les trente-neuf po- “He déterminées parles observations les plus récentes. IL

ochait ave: véhémencéidtionde savant les défauts de la cétarentile que les progrès de la science laissaient considérablement en arrière. Les faiseurs de cartes ne tenaient aucun compte des observations astronomiques , multipliées chaque jour autour d’eux, et algré leurs notables inexactitudès, ne conduisaient j à rreurs comme celles dont le respect de l tiquité’ sppétuait la tradition. Sur l'indication et d’après Iés:désirs de. : Cassini, Chazelles fut envoyé dans le Levant pour côfriger la carte de la Méditerranée. Ses obser- vations cénfirmèreht la différence de longitude entre les ri- “ages d8.la Palestine et la méridienne de Paris. La carte de la partie de la Méditerranée qui se trouve à l’ouest de cette

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méridienne ne ft prrigée “qu'en 4720. IL est remarquable que Pciresé } en; 1655; avait réduit de 450 à 50 la distance d'Alep à Mari Mais les savants n’acceptaient pas géné-

ralement les'a jofations, encore que proposées par des honimes d’un savoir éminent. Pendant que Newton enseignait les lois de la gravitation de notre planète, on prenait peu de soin de dessiner sa surface. La géographie retombait sans cesse dans les erreurs de l’antidüité , et avait besoin, Cassini le Fhautement, d'ahe réforme complète. :

ie: Delisle, ami de Cassini, fut le premier qui s’occupa sement de reconstruire l’édifice géographique. Il conçut jeune ce grand dessein, et s’y employaavec une ardeur si extraordinaire qu’il avait terminé sa tâche à l’âge de

vingt-cinq ans. Dès l’année 1700 il pub! : sa mappemonde : “ainsi queées cartes séparées d'Europe , et d'Afrique. En’ les dressant il avait hardiment aban( errements

e ses prédécesseurs , et avait usé, sans scrupule , des matériaux que les progrès de l'astronomiëtävaient mis à sa disposition. Les défauts de la géograplité, à: son époque, appartenaient plutôt aux vices originels de: ses. ‘systèmes, qu'à une lacune considérable dans ses documents: elle avait été déjà eñrichie, et de toute manière améliorée, par Tingénieux Sanson, le savant Hortelius et l'habile Mercator. Mais Sanson, bien qu’il reste le premier géographe du dix-septième siècle, fut loin d’être au niveau des découvertes astronomiques à cette époque. Il suivit aveuglément les longitudes de Ptolémée et, après sa mort, ses fils et ses petits-fils se bornèrent à rééditer ses cartes, sans avoir égard aux observations qui se multipliaient chaque jour. Les cartes de Coronelli et d'autres, nonobstant leur‘réputation , demeurèrent inférieures à celles de Sanson. Pour améliorer la géographie il fallait combiner les relations des voyageurs avec les observations astronomiques. Riccioli , Hondius et d’autfes avaient essayé cêtte füsion,"mais d'une manière partielle, et sans beat up d'eficacité. Ces Er révoltes du raisonneme ntre l’'autorité ne diminuent en rien la”gloire qui revient à Delisle pour avoir fait en géographie une révolution complète ; car il partint à faire concorder les mesures anciennes et modernes, et à combiner une masse plus considérablé de documents : au

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