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inconnues , les pays les plus faciles à visiter ne tentent pas même leur curiosité, lorsque ces pays ne leur offrent aucune chance de gain. L'amour du lucre à fait un plus grand nombre de découvertes que celui de la science. Pour n’en citer ici qu'un exemple emprunté à l’histoire de la géographie , les peuples de l’Europe connaissaient assez bien les côtes nordouest du Nouveau-Monde, tandis qu'ils n'avaient encore que des notions très-obscures et très-imparfaites sur les côtes orientales de l'Asie. C'était sans aucun doute aux Russes que devait être réservé l'honneur d’un premier voyage de découvertes le long de ces côtes. Mais cette nation n'avait pas encore acquis le degré d'expérience et d'habileté maritimes nécessaire à des navigateurs qui essaient de côtoyer des rivages inconnus. Toutefois , les souverains de la Russie ne fermaient pas les yeux sur leurs véritables intérêts, et comprenaient très-bien les avantages immenses que leur vaste empire pouvait retirer d’une étude conscienciense de ses limites et de la connaissance des contrées qui le bordaient au midi, surtout dans le voisinage de la mer.
M. Joseph Billings, officier de marine qui avait fait partie de la c'ernière expédition du capitaine Cook, étant entré au service de la Russie , fut chargé par Catherine IT de descendre le Kolyma et de reconnaitre la côte septentrionale de la Sibérie depuis cette rivière jusqu'au cap Est. En conséquence, au printemps de 1787, dès que la rupture des glaces eût eu lieu, il s'embarqua dans deux petits bâtiments construits tout exprès pour ce voyage, dans l’un des ports du Kolyma. Mais le fleuve était tellement grossi par la fonte des neiges et des glaces, que ses débordements extraordinaires rendaient la navigation très-dangereuse, et que les deux bâtiments se trouvèrent plus d’une fois poussés par le courant hors de son lit, au milieu des bois voisins de ses rives qui étaient inondées. Après avoir navigué pendant trois semaines envi. ron, au nord et à l'est, et rencontré des masses considérables de glaces, le capitaine Billings pensa qu'il serait imprudent de continuer son voyage. Le point le plus éloigné qu'il atteignit se trouvait situé à cinqlieues au delà du cap2aranoi- Kamen. Le capitaine Sarytcheff, qui l'accompagnait, lui demanda la permission de s’avancer à l’est dans une petite har-
que, mais cette permission lui fut refusée. En retournant à Yakutsk ,Billings y trouva , à sa grande surprise , son ancien camarade Jean Ledyard, qui avait exercé les fonctions de caporal à bord de la Résolution, dans ie dernier voyage de Cook. Ledyard aimait passionnément les aventures, car, bien qu’il ne possédât pour toute fortune qu’une somme d'environ 50livressterling, produit d'une souscription faite parsir Joseph Baoks, il entreprit detraverser tout l’ancien monde; puis, ayant passé du Kamtschatka en Amérique , de traverser également ce continent à pied dans sa plus grande largeur. Cependant il fut arrêté à Irkootsk, comme un espion, par l’ordre de la cour de Russie ; et Billings, qui connaissait parfaitement son caractère et ses intentions, trompant tout-à-coup ses espérances , refusa d'intercéder en sa faveur , car il désirait sans doute se réserver pour lui seul la protection impériale , dont il savait fort bien n’être pas digne.
Billings reçut alors l’ordre de reconnaitre les îles de la côte nord-ouest de l'Amérique, et deux bâtiments furent construits à Okotsk pour cette expédition. Au mois de juin 4790, il visita les îles Aléoutiennes, et il eut le mérite, sinon d'étendre considérablement le cercle des connaissances géographiques, du moins de venger les droits de l'humanité, en révélant au monde civilisé la tyrannie et l'oppression avec lesquelles les commerçants russes traitaient les malheureux habitants de ces îles; malgré les efforts faits à cette époque par le gouvernement russe pour arracher ces infortunés au sort affreux qu'ils subissaient depuis tant d'années , les douleurs intolérables de l'esclavage et les souffrances des grandes chasses auxquelles leurs maîtres les occupent constamment, ont détruit presque entièrement la race aborigène de ces insulaires.
De la baie de Saint-Laurent , sur la côte méridionale du
détroit de Behring, Billings partit à pied, le 45 août 4790,
pour aller parcourir le pays des Tshuktski, Ses instructiuns lui conseillaient de reconnaitre la côte nord-est de la Sibérie, jusqu'à l'embouchure du Kolyma, mais il ne suivit pas, à ce qu'il parait , les rives de l'Océan, et il ne fit aucune tentative pour lever un plan exact et régulier de tous leurs contours, Son voyage dans ce pays jusqu'alors si peu connu n'eut done, on peut le dire, aucun grand résultat , et le seul service qu’il
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rendit à la science géographique fut de déterminer avec une exactitude passable la longitude du Kolyma. Dans son histoire de l'expédition, Sauer nous donne la peinture suivante du peuple indépendant et brave qui habite le nord-est de la Sibérie : « Nous traversämes trois villages et nous nous arrètâmes dans le quatrième afin d'y passer la nuit. Les huttes étaient creusées dans le sol, couvertes de terre, d’une forme carrée, avec une espèce de cheminée au milieu. Quatre grandes pierres formaient le foyer. Nous fumes obligés de faire un marché avec eux pour nous procurer l’eau et le bois nécessaires aux préparatifs de notre souper , et de payer immédiatement la somme exigée. Remarquant notre bon caractère et notre faiblesse, ils s'éprirent d’une belle passion pour les boutons de nos habits, et ils les coupèrent sans cérémonie. Les hommes étaient grands et forts, et les guerriers avaient leurs bras et leurs jambes ornés de figures; les femmes étaient bien faites, au-dessus de la taille moyenne, douces. jouissant en apparence d’une bonne santé, et n’avaient en leurs personnes rien de désagréable. Leur costume se composait de peaux de daims qui recouvraient tout leur corps. Elles portaient leurs cheveux partagés en deux tresses, dont l’une tombait sur leur épaule ganche, et l’autre sur leur épaule droite. Leurs bras et leur visage étaient très-délicatement et très-soigneusement tatoués. » Les Tshuktski ne furent nullement satisfaits de voir les Russes mesurer leur pays, aussi leur enlevèrent-ils toutes leurs mesures et ne leur permirent-ils pas de prendre la moindre note.
Depuis 1818 , les Russes ont fait diverses tentatives pour continuer leurs découvertes dans l'Océan septentrional: Le baron Wrangel, officier aussi brave qu'entreprenant,parcourut pendant cinquante-six jours les glaces de ces parages sans pouvoir découvrir aucune de ces iles, que les voyageurs précédents prétendaient avoir aperçnes 11 détermina la latitude du cap Nord, et contribua pour sa part à prouver, contrairement à l'opinion admise à cette époque, que les rives de Amérique ne s’approchaient pas surun certain point de celles de la Sibérie.
Mais ce fut surtout dans les mers du Japon et dans les parages des iles Kouriles, que les travaux hydrographiques
des Russes obtinrentles plus importants résultats. De toutes les mers du monde entier, les mers du Japon et de l'archipel septentrional, le long de la côte de ‘Fartarie, sont celles où les Européens ont toujours fait les plus lentes et les plus imparfaites découvertes, tant à cause de la nature dangereuse de ces mers que par un effet inévitable de la jalousie des Japonais qui ne permettent à aucun bâtiment étranger d'entrer et de se réfugier dans leurs ports. La côte de la Tartarie ne commença à être bien connue qu'après le voyage de La Pérouse, qui la côtoya presque entièrement depuis le détroit de Corée jusqu’au midi des iles Kouriles. Neuf années plus tard environ, le capitaine Broughton releva les mêmes côtes, en faisant toutefois des additions précieuses aux travaux du navigateur français. Le capitaine Broughton navigua dans la baie d'Aniwa, golfe ou détroit séparant Saghalien de la Tartarie,et, lorsqu'il eut atteint le 52° de latitude, il aperçut une langue de terre très-basse qui semblait terminer le détroit du côté du nord. D'après les renseignements que lui donnèrent les naturels, La Pérouse avait pensé que Saghalien était une île séparée de la terre ferme de Tartarie par un canal étroit et peu profond ; :nais M. Broughton paraît avoir reconnu d’une manière à peu près positive que Saghalien ou Tarakai n'est qu’une péninsule.
Dès que le commerce des pelleteries eut appris aux Russes à connaître les avantages qu'ils pouvaient retirer de la position de leurs ports de mer situés le long de la côte orientale de la Sibérie, ils commencèrent à tourner leur attention sur le
Japon. Cet empire si riche et si remarquable, qui était de-
meuré entièrement inconnu à l'Europe jusqu’au milieu du 16e siècle, avait une politique si méfiante et si réservée , que les Européens ne le connaissaient pas aussi bien que, sans cet obstacle presque insurmontable , son commerce , son industrie et sa civilisation eussent dù nécessairement le leur faire connaitre. Après l'expulsion des jésuites et des Portugais , les Hollandais seuls obtinrent l’autorisation d'entretenir quelques relations commerciales avec le Japon. Voulant, en conséquence , accaparer le monopole d'un pareil trafic, ils ne rougirent pas de commettre des actes de bassesse odieuse, ne reculèrent devant aucune humiliation et calomnièrent tons
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les autres peuples maritimes de l’Europe, afin d'augmenter encore , si cela était possible , l’antipathie que les Japonais manifestaient pour les nations civilisées de l'occident. N'’oublions pas de le remarquer ici, aucun peuple aussi entreprenant, aussi généralement adonné au commerce et aussi instruit, n’a fourni moins de matériaux aux géographes que les Hollandais. Tous les renseignements qu’ils se procurérent sur le Japon, ils les cachèrent avec soin au reste du monde. ct nous devons les connaissances encore vagues et imparfaites que nous possédons sur ce singulier empire , au zèle età l'intelligence d'unAllemand et d'un Suédois,K æmpfer et Thunberg , qui obtinrent à diverses reprises la permission d'accompagner l’ambassade hollandaise au Japon.
Cependant bien qu’il fût sévèrement interdit aux Européens d’entrer dans les ports de l'empire japonais , il ne paraissait pas prouvé que cette prohibition s’étendit aux Russes, et l'an 1780 l’impératrice Catherine s’empressa de profiter d'une occasion qui se présenta, pour ouvrir des rapports amicaux avec ce pays. Un bâtiment japonais fit naufrage sur les côtes de l'une des iles Aléoutiennes, le capitaine et son équipage furent sauvés par les Russes et conduits à Irkootsk, où ils vécurent environ dix années. A l'expiration de ce terme, le général Pihl, gouverneur de la Sibérie, reçut l’ordre de renvoyer les naufragés dans leur pairie, accompagnés d'un ambassadeur de rang inférieur qui devait porter à l’empereur du Japon les compliments et les cadeaux du général Pihl, au lieu de se présenter au nom de l'impératrice de Russie. Le gouvernement prenait cessages précautions dans la crainte que l'orgueil excessif des Japonais, trop flatté d'abord, ne soulevât ensuite des difficultés insurmontables. Le lieutenant Laxman, chargé des fonctions d'ambassadeur, arriva en 1795 à Matsmai, l’une des iles les plus septentrionales du Japon. Les Japonais traitèrent les Russes avec une politesse et une attention remarquables, leur rendirent tous les honneurs usités dans leur pays, nourrirent tous les matelots et les officiers du navire pendant tout le temps de leur séjour à terre, et à leur départ les chargèrent de présents. Mais le gouvernement japonais repoussa les ouvertures qui lui furent faites au sujet de l'établissement de relations commerciales
entre les deux peuples. « Le port de Nangasaky était seul ouvert aux bâtiments étrangers, et si les Russes vustiaient entretenir quelques rapports avec les Japonais, ii: devaient se rendre dans ce port , où il leur serait permis d'envoyer un navire chaque année. » Laxman rapporta cette réponse écrite l'au 1795, et dix années s’écoulèrent avant que son gouvernement songeât à profiter de cette haute marque de faveur qui lui avait été arcordée.
Enfin, l’an 1805, la cour de Russie résolut d'envoyer une ambassade au Japon dans le but d'établir des relations plus intimes entre les deux empires. M. Resanoff fut nommé ambassadeur. Il devait d'abord, d’après ses instructions, se rendre au Japon avec les deux bâtiments équipés tout exprès pour cette expédition, puis, le premier but de sa mission atteint, entreprendre un voyage de découvertes, Les capitaines Krusenstern et Lisianskoy, deux jeunes officiers de mérite, instruits et exercés au service de l'Angleterre, furent chargés du commandement des deux bâtiments. Krusenstern, qui avait déjà visité les Indes orientales, répéta souvent à Saint- Pétersbourg que le seul moyen d'établir des relations commerciales entre la Russie et le Japon, c'était d’avoir des vaisseaux capables de doubler le cap de Bonne-Espérance et des marins accoutumés à la navigation de l’archipel oriental, et surtout connaissant parfaitement bien les mers du Japon. Ses vues parurent aussi justes à l’empereur qu'elles étaient hardies, et il se vit placé à la tête d’une expédition qui forme une époque importante dans l’histoire de la marine russe. Le ÿ octobre 1803, les vaisseaux russes quittèrent Falmouth, où ils étaient venus s’approvisionner d'instruments, de cartes, de livres, de provisions et d’une foule d'autres objets nécessaires durant le cours d’un long voyage. Le 26 novembre, ils traversèrent l'équateur, et là, après une décharge de onze fusils , ils portèrent un toast à la santé de l’empereur Alexandre, « sous le règne glorieux duquel le pavillon russe flottait, pour la première fois, dans l'hémisphère méridional. »
Les Russes étant arrivés à Nangasaky s'attendaient à se voir traités avec distinction et exemptés des formalités humi liantes imposées anx Hollandais, Ils espéraient surtout qu'en
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accompagnant l'ambassadeur à la résidence impériale de Jeddo, ils parviendraient à se procurer des renseignements plus authentiques et plns certains que ceux qu'ils possédaient alors sur ce peuple si extraordinaire. Mais toutes leurs espérances furentcruellementdéçües. Les négociationsmarchèrent avec une lenteur incroyable, et l'ambassadeur, les officiers, et l'équipage durent rester pendant deux mois entiers prisonniers à bord du bâtiment qui les avait amenés. L'ambassadeur obtint, pour des raisons de santé , la permission de se promener sur le rivage, mais une fois à terre ceux qui: débarquèrent avec lui ne jouirent pas d’une plus grande liberté; la promenade qui leur fut accordée au bord de la baie avait cent pas de long et cinquante pas «le large, et du côté de la terre elle était entourée d’une haute et solide palissade de bambous , défendue à chaque extrémité par un corps de garde. Dix où quinze bâtiments japonais escortaient et surveillaient sans cesse les chaloupes qui allaient du vaisseau à terre et qui retournaient ensuite au vaisseau. On ne permit même pas aux Russes d’avoir la moindre communication avec les Hollandais. Enfin, après plusieurs mois passés dans cette cruelle incertitude , les Russes apprirent qu'il ne leur restait plus aucune chance d'obtenir une audience à Jeddo ; mais qu'un personnage de distinction attendu à Nangasaky pourrait leur éviter les ennuis d’un si long voyage. Lorsque ce plénipotentiaire arriva, quatre jours se passérent à régler les cérémonies de l'audience, et l'ambassadeur russe ne fut admis en sa présence qu’à la condition de laisser à la porte son épée et ses souliers, et de rester tout le temps que durerait l'audience accroupi sur le plancher ses pieds cachés sous lui, comme si on ne pouvait lui permettre de les exposer à la vue d’un si grand homme. La première entrevue se borna à l'échange de quelques compliments et à des questions de peu d'importance. À la seconde, qui eut lieu avec les mémes cérémonies, le plénipotentiaire japouais remit à l’ambassadeur russe un papier contenant les ordres suprèmes de sa majesté impériale ; il était défendu à tous les vaisseaux russes d'entrer désormais dans les ports. du Japon; sa majesté impériale refusait d'accepter les présents qu'on lui avait offerts et même de recevoir la lettre de l’empereur de
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Russi?. Tel fut, dit le capitaine Krusenstern, le résult:: l’une
ambassade qui avait fait naitre d'aussi grandes espérances. Non-seulement nous n’en retirèmes aucun avantage nouveau, mais nous perdimes même ceux que nous possédions auparavant, à savoir la permission écrite que Laxman avait obtenue
pour un navire de faire chaque année un voyage à Nan-
gasaky.
Après avoir quitté les îles du Japon, Krusenstern côtoya les rives orientales de Saghalien, et se dirigea vers le Kamtschatka, où l'ambassadeur, M. Resanoff, débarqua pour se rendre de là en Europe. Reprenant alors en partie la route qu'il venait de parcourir, il oubla la pointe septentrionale de Saghalien, reconnut que sa côte nord-ouest était une série non interrompue de dunes de sable, et découvrit la côte opposée de la Tartarie. Malheureusement des courants violents causés, d’après sa supposition, par le fleuve Amour ou celui de Saghalien l’empéchèrent de s’avancer au sud aussi loin qu'il l’eut désiré, et il se vit, à son grand regret, contraint de :unger sérieusement au retour. Reconnaissons-le toutefois, ce voyage eut pour résultat d'enrichir de plusieurs découvertes importantes et surtout de rendre beaucoup plus sûre et plus parfaite la géographie du golfe de Tartarie, de l'archipel des Kouriles et des côtes du Japon et de Yeso. Les travaux de Krusenstern réunis à ceux de Broughton et de La Pérouse, suffisent aujourd'hui pour nous donner une connaissance assez exacte et presque complète des côtes orientales de l'ancien monde.
Au muis d'avril de l’année 1844, le capitaine Gcnain, de la marine russe, reçut de son gouvernement l’ordre d'aller reconnaître les côtes de la Tartarie, situées au nord d'Okotskh, et les iles Kouriles, dont les Japonais possèdent la plus méridionale ; mais étant descendu à terre sur l’une de ces iles, il fut fait prisonnier avec deux de ses officiers et quatre matelots etenvoyé à Matsmai. La politique ombrageuse et jalouse du gouvernement japonais n'était pas la seule cause de leur arrestation ; mais, quelques années auparavant, un capitaine russe avait, sans aucune provocation, attaqué les villages japonais de ces iles, enlevé ou détruit par le feu tout ce qui s'y tronvait, et les habitants voulaient se mettre désor-
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