‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 101 sur 178 · ILE · texte numérisé non relu

ILE

mais à l'abri contre le renouvellement de semblables tentatives. Golownin fait remarquer que pendant son voyage au midi, le long de la côte de Chakodade, sur une étendue de plus de cinq cents milles, il vit des villages très-peuplés au bord de chaque golfe ou crique. Durant l'été, les indigènes habitent des huttes de feuilles, construites sur le terrain qui sépare les villages, dont toute la population est alors employée à prendre, à saler et à faire sécher du poisson; ils amassent aussi une espèce de plante marine qui croît en grande abondance sur la côte et que les Russes appellent chou de mer. On étend ces plantes sur le sable pour qu'elles sèchent, puis on îes réunit en tas comme le foin, et on couvre ces tas de nattes jusqu'à l’époque où on en charge les bâtiments qui les transportent à Niphon. Les villages kouriles se composent de petites huttes sans jardins ni plantations, et ont une apparence très-misérable ; mais les villages japonais présentent un aspect tout différent. Ils occupent un vaste espace. et ils ont des rues régulières, bordées de chaque côté de maisons proprement construites en bois. Chaque maison a un jardin ,:et plusieurs même possèdent des vergers. La propreté qui règne dans les rues et dans les maisons remplit les Russes d'étonnement. Les habitants sont extrémement vifs, et le contentement semble peint sur tous les visages.

Les Kouriles méridionaux paraissent être une race d’hommes entièrement différente de celle qui habite les iles réclamées pât la Russie. Ils sont forts, bien faits très-actifs, ct doués d’une plus grande beauté que leurs voisins du nord ; enfin ils parlent une autre langue. Mais les.voyageurs qui nous ont fourni quelques détails sur ce peuple varient et se contredisent presque tous entre eux. La stature gigantesque des Patagons n’a pas donné lieu à un plus grand nombre d'afflirmations et de négations qne le poil des insulaires Kouriles. Le capitaine Saris, se trouvant à Jeddo, apprit d'un voyageur japonais que les habitants de Yeso avaient le corps tout couvert de poils, comme des singes. Spanberg confirme ce fait en termes positifs, et Broughton remarque, en parlant de ces insulaires, « que leur corps est presque entièrement recouvert de longs poils noirs, et que le même fait s'observe mème chez les enfants! Mais, malgré ces témoignages impo-

sants et la difficulté de prouver le contraire, Krusenstern se hasarde à affirmer que les Kouriles ne sont pas plus velus que les autres peuples du globe; car partout où il les vit, il les trouva semblahles à des Européens. Cependant Golownin, qui eut de fréquentes occasions d’observer les diverses peuplades de cet archipel, parle des Kouriles velus comme d’une nation distincte et séparée.

Aux environs de Chakodade, une foule immense vint à la rencontre des prisonniers russes, qui furent conduits en prison avec une sorte de pompe processionnelle. « Les deux côtés de la route, dit Golownin, étaient garnis de spectateurs, qui gardèrent tous le plus parfait décorum. J'examinais avec une grande attention leurs physionomies , et je ne remarquai pas un seul regard vindicatif ou malveillant ; je n’aperçus aucun signe de haine, et personne ne manifesta la plus légère disposition à nous insulter par des railleries ou même par des sourires moqueurs. »

Les malheureux captifs n'avaient plus que de bien faibles espérances de recouvrer leur liberté perdue. Encouragés par la vue de la mer , qu’ils apercevaient depuis les fenêtres de leur prison de Matsmai, ils résolurent de tenter une évasion. Durant les promenades que leurs gardiens leur faisaient faire autour de la ville, ils examinèrent avec soin le pays environnant et les chemins qu’ils pourraient prendre dans leur fuite. En conséquence, la nuit du 25 avril, ils pratiquérent une ouverture au milieu du mur de leur prison, s’échappèfent par ce trou et se sauvèrent au trâvers des arbres jusqu’à la colline la plus voisine. L'ile de Matsmai est très-montagneuse et presque inhabitée dans l’intérieur. Les fugitifs, qui évitaient les grandes routes et qui erraient sans cesse dans les

lieux les plus déserts, souffrirur: bientôt cruellement de la fatigue, du fraid et de la faim. L'hiver régnait encore au milieu de ces montagnes; mais ils aimaient mieux périr dans les forèts et dans les neiges que de courir la chance de retomber entre les mains des Japonais. Leur projet était de descendre pendant la nuit sur le bord de la mer, de s'emparer d’une grande chaloupe, de s'embarquer sur ce frèle bâtiment, et de s'abandonner entièrement à la Providence. Cependant leurs ennemis exercaient le long de M côte nine surveillance active.

pour des, légèr heur comr à ma rope Ce secon cages et pre que s haut.

passer étaien Toute gue d

princi

pour ld et, co ou gou aien lie niers, ( l'honné gulier f apprenc

ibles s par es de sion.

faire ironfuite. B ount par h coleuse éviis les de la mins les mber endre d'une ,etde leurs ctive.

mabdeu ou trois nuits ils visitérent la baie; mais leurs étaient tellement épuisées, qu'ils ne purent parvenir à à la mer les barques tirées sur le rivage. Le bruit qu’ils ent ruina toutes leurs espérances. Cernés dans un petit bois où ils avaient cherché un asile, ils furent obligés de se rendre aux soldats japonais. « Lorsque nous traversâmes leurs villages, dit Golownin, les habitants accoururent de tous côtés pour mous voir; mais, je dois le faire remarquer à l'honneur des Japonais, aucun d’eux ne se permit envers nous la plus légère insulte. Ils semblaient tous avoir pitié de notre malheur , et même quelques femmes versèrent des larmes de commisération, en nous présentant diverses choses à boire et à manger. Tels sont les sentiments de ce peuple que i’Europe civilisée a regardé comme un peuple barbare. » Cependant, afin d’empécher les Russes de s'évader une seconde fois, les Japonais les enfermèrent dans de petites cages placées l’une à côté de l’autre dans la même chambre, et presque privées de lumière. La cage de Golownin n'avait que six pas de long , cinq de large, et environ dix pieds de haut. De demi-heure en demi-heure les gardiens venaient passer en revue leurs prisonniers, qui, s'ils dormaient, étaient réveillés pour pouvoir répondre à l'appel de leur nom. Toutefois , ces rigueurs extraordinaires n'eurent pas une longue durée ; lesJaponais paraissent être aussi humains que leurs principes sont sévères. Enfin, les rapports bienveillants du gouverneur de Matsmai, et les négociations du capitaine k ord, qui avait capturé unriche Japonais par voie de repréés, déterminèrent l'empereur à accorder leur liberté à

‘AGolownin et à ses compagnons, après un emprisonnement de

deux années. Le jour de leur délivrance fut une sorte de fête pour les bon: Japonais, qui témoisnèrent la joie la plus vive, et, conformément au vœu générai des habitants, ie bungo ou gouverneur de l'ile ordonna que des prières publiques ‘aient dites pendant cinq jours dans tous les temples pour lier le ciel d'accorder un heureux voyage au“: prisonniers, Golownin avait eu de nombreuses occasions d'observer l'honnèteté, l'industrie et la civilisation générale de ce singulier peuple. Les Japonais aiment beaucoup la lecture, nous apprend-il , et ils portent toujours des livres avec eux. Pen-

dant long-temps les lectures perpétuelles faites à hâutevoix par leurs gardiens troublérent le sommeil des prisonniers. Un académicien indigène profita de la bonrie volonté des Russes pour acquérir une connaissance plus étendue des mathématiques et de la philosophie naturelle ; enfin d’autres Japonais s'amusèrent à composer des dictionnaires de la langue russe.

Le gouvernement de la Chine, de même que celui du Japon, a si soigneusement et si rigoureusement évité toute espèce de rapports intimes et réguliers avec les nations européennes, qu'aujourd'hui même nous ne connaissons guère mieux ce pays que nos ancêtres ne le connaissaient il y a deux siècles. Sans doute les ambassades anglaises et russes à Pékin ont rapporté des renseignements importants; sans doute l'histoire de l'ambassade de lord Macartney et celle de lord Amberst, les voyages de Barrow et d'autres, sont aussi instructifs qu'intéressants, mais ces diverses expériences, faites pour établir des relations solides et durables avec ce vaste empire si éloigné de l'Europe, n’ont enrichi la science géographique que d'un très-petit nombre de faits nouveaux. Nous ne connaîtrions que très-imparfaitement les côtes de la Chine, sans les travaux des missionnaires de l’ordre des jésuites, qui; malgré les difficultés que leur ont suscitées les préjugés du peuple, sont parvenus à lever une earte excellente de ce pays.

Toutefois , il faut le reconnaitre, l'hydrographie de cette partie du monde doit des progrès importants aux comman dants des navires qui transportérent en Chine l’ambassade!dé lord Amherst. A peine lord Amherst eut-il été débarquéÿiq les capitaines des vaisseaux allèrent explorer le golfe de Tong, dans lequel aucun bâtiment européen n'avait encore pénétré. En approchant de la côte de la Tartarie, sous le 39° 29 de latitude, ils aperçurent la grande mursille de la Chine. Cette celèbre fortification faisait de nombreux détours sur une longue chaîne de collines, et disparaissait à l'horizon au sommet d'une haute montagne éloignée. Les habitants dé la côte n'avaient, à ce qu'il parut, jamais vu d'Européens. Un officier, ayant débarqué sur le rivage et s'étant assis à l'ombre d'un arbre, fut aussitôt entouré d'une multitade immense qui l'examinait avee la plas minutiense attention ; son costnme

hôtt sur qu pro cha AM, les ici:

des tres lan-

du oute urouëêre deux ékin oute lord insfaites vaste gra - Nous ine, qui, s du pays.

cette man dé:

core e 39° hine.

s sur mn au

Ja s, Un mbre nense tume

surtout attirait tous les regards; et les boutons de son habit, ornés d’ancres, plaisaient tellement à ses nombreux admirateurs, qu'ils étaient acceptés avec empressement en échange de divers objets pour lesquels des dollards avaient été refusés. Les femmes, attirées par la curiosité, composaient la majeure partie des spectateurs, elles avaient toutes des petits picds. Ces Chinois étaient en apparence plus simples et en même temps plus civilisés que ceux des provinces inéridionales, auxquels ils ressemblaient d’ailleurs sous tous les autres rapports. Les ofliciers anglais remarquèrent aussi la propreté des maisons et des jardins, et l'air de confortabilité qu’avaient tous leurs villages, et que n'ont pas toujours ceux des pays les plus civilisés de l'Europe. Le capitaine Maxwell prit la liberté de donner des noms anglais aux îles, baies et caps de ce golfe, auxquels les naturels avaient sans aucun doute donné déjà des noms indigènes. Ainsi nous trouvons la Leopold’s isle, le cape Charlotte, le Leadenhall passage, et d’autres désignations semblables sur cette côte si peuplée de la Chine, Ce système ridicule de donner des noms nouveaux aux pays qui en ont déjà un jetterait, si on n’y remédiait pas, une déplorable confusion dans la géographie. Le capitaine Hall avait, à la même époque, côtoyé avec la Lyre les rives occidentales et méridionales du golfe de Pe-Che-Le ; et les deux navires s'étant retrouvés à l'entrée de la mer Jaune naviguèrent de concert le long des côtes orientales, Ils dicouvrirent plusieurs iles , qui furent appelées groupe üc sir James Hall

(sir James Hàll's group), puis, s'étant ensuite dirigés vers le

sud, ils reconnurent que la mer était couverte d'iles aussi loin que la vue pouvait s'étendre. Les capitaines reçurent alors la visite d’un vieux chef singulièrement curieux et poli, mais, lorsqu'ils se hasardèrent à débarquer sur le rivage, leur hôte s’abandonna au plus violent désespoir, et passant sa main sur sa gorge et fermant les yeux, il semblait vouloir leur dire qu'on lui couperait la tête s'ils ne renonçaient pas à leur projet. Ayant trouvé un morceau de papier dans l'une des chambres du bâtiment, il traça à la hâte quelques mots que les Anglais se firent par lasuite traduire à Canton, et dont voici le sens : « Je ne sais pas qui vous êtes! Que venez vous faire ici? »

ur US de RS

La baie de Basil, tel fut le nom que recut ce pays, est située par 30° 9° latitude, et 126° 52’ longitude, à centvingt milles au moins de la position qu'elle occupait sur les cartes existantes, car les missionnaires s'étaient, à ce qu'il paraît, contentés de simples renseignements verbaux dans cette partie importante de leurs travaux. Les capitaines des deux navires, se dirigeant vers le sud, recsnnurent quela mer était couverte d’iles innombrables , toutes élevées bien que peu étendues, et en apparence cultivées. Les habitants montaient en foule sur les plus hautes éminences pour contempler à leur passage les vaisseaux étrangers. Du sommet de l'une des montagnes les plus élevées, on distinguait cent trente-cinq îles ; la terre ferme, quisemblait aussi très-élevée, n'étaitéloignée que d’environ cinquante milles à l’est. Les bras de mer qui séparent ces îles l’une le l’autre, et dont la largeur varieen général d'un à trois et quelquefois quatre milles ,paraissaient tous être d'excellents ports, capables d'offrir un asile sûr à tous les bâtiments du monde entier ;;ils forment, en effet, une chaîne presque infinie de hâvres , communiquant ensemble par d'étroits canaux. Comme toutes ces iles sont habitées, il est probable qu'elles possèdent des sources d’eau fraiche. Ainsi cette expédition eut entre autres résultats celui de constater que la côte occidentale de la presqu’ile de Corée avait jusqu'alors été placée sur les cartes cent trente à cent. cinquante milles à l’ouc*t de sa véritable position, et de faire connaitre un archipel immense inconnu auparavant ; ces iles, qui se touchent pour ainsi dire, ayant toujours, selon toute apparence , été regardées comme une terre continue et comme le continent.

Ayant achevé cet important travail de relèvement, le carifaine Maxweil et le capitaine Hall se “endirent aux iles Loo- Choo ou Lekeyo , sur lesquehes les Européens ne possédaient alors que des notions très-vagues et irès-imparfaites. Le capi taine Broughion avait, ilest vrai, après la perte de son bâtiment, la Providence, en 4797, éprouvé l'humanité de ces insulaires, qui, en même temps, lui témoignèrent un vil mécontentement de le voir ‘éjourner sur lerrs côtes, Afin de trouver un prétexte ponr visiter le port de la grande ile de 1,00-Choo, on remplit d'eau la cale de l'#ceste , et on mit les

CH pom laire envo l'éqr visité les n dans l'exe. nous lieux trouv sont règne dans lPautr pin d canne belles parfai visite Les Ines ; deux } moins les mc portio celle r'aient “long d'eux bles d frappa les cé rient.

Dur de cor six aut loupes Pagnot

pompes en jeu comme si le navire avait faitune voie. Les insulaires , touchés de compassion pour le sort de nos marins, envoyèrent à hord plusieurs charpentiers, qui vinrent aider l'équipage à boucher cette voie. Les bâtiments furent ensuite visités par les chefs ; des relations amicales s’établirent avec les naturels, et, pendant les cinq semaines qu'ils séjournèrent dans ce pays, les A'iglais apprécièrent mieux de jour en jour l'excellent naturel de ses habitants. L'ile elle-même est , si nous en croyons les capitaines Maxwell et Hall, l’un des lieux les plu$ agréables et les plus beaux que l’on puisse trouver sur toute la surface de la terre. Son sol et son climat sont tellement favorisés du ciel, que toutes les productions du règne végétal , celles même qui ne viennent er général que dans des régions très-éloignées , y croissent l’une à côté de l’autre. Là prospèrent ensemble le bananier de l’Inde et le pin de la Norwége, l'orange et le citron, le thé et la canne à sucre. Outre ces avantages , l'ile est arrosée par de belles et nombreuses rivières, et offre plusieurs ports parfaitement commodes et sûrs aux navires qui viennent la visiter.

Les naturels de Loo-Choo sont une très-petite race d’homines ; la taille moyenne des hommes n'excède pas cinq pieds deux pouces ; les animaux eux-mêmes sont moins grands et moins gros dans eette île que dans tout autre pays. Les bœufs, les moutons et les cochons y subissent une diminution proportionnelle. Les insulaires sont doués d’une beauté égale à celle des habitants du miai de l'Europe, et ils ressembleraiententiérement aux Chinois s'il; avaient les yeux aussi éloignés l’un de Pautre. Ils paraissant fort intelligents, et l’un d'eux fit en très-peu de terap', des progrès très-remarquables dans la langue anglaise. Leur politesse est aussi trèsfrappante , et dégagée de l'insupportable fardeau de toutes les eérémonies qui déshonorent la bonne société de l'Orient.

Durant son voyage à Batavia , l’Alceste toucha sur un banc de corail Ges détroits de Banda. L'ambassadeur et quarantesix autres individus se rendirent à Batavia, dans deux chaloupes, afin d'y réclamer des secours en faveur de leurs compagnons naufragés. La relation de la conduite de ces infor-

CE

, nan tunés, sans cesse menacés par les pirates malais et ne con- en 4 naissant pas l’époque de leur délivrance , offre un exemple le d remarquable desbienfaits de la discipline, et fait un véritable Ind

honneur à la marine anglaise. &

nôs

plai

ee LITE que

ces |

non

‘ À roya

: È et d

Page 1