FRERES
mais ils se rendent à cet effet sur les bords d’un petit ruisseau qui se jette plus bas dans le Nil. Notre voyageur détermina, par des observations astronomiques , la position précise de ces sources , et ses expériences barométriques le convainquirent que la plaine d’où elles sortent a une élévation d'environ deux milles au-dessus du niveau de la mer.
Une fois le but de son ambition atteint, Bruce ne songea plus qu’au retoyr, mais les divisions intestines qui désolaient ce pays l'empéchèrent pendant quelque temps de partir. Enfin cependant il parvint à se rendre en Égypte par Sennaar et par les déserts de la Nubie. Ce pénible et dangereux voyage dura onze mois, mais ses tourments et ses fatigues cessèrent à Syène en Égypte, et, le 40 janvier 1775, il arriva au grand Caire, où il trouva sans peine toutes les facilités désirables pour retourner en Angleterre.
Bruce eut le mérite d'avoir entrepris le premier un long et périlleux voyage à ses propres frais, et uniquement dans un but scientifique; il attira de nouveau l'attention du monde savant sue un problème dont on avait cherché la solution durant un si grand nombre d'années ; mais à l'époque de leur publication, la relation ‘de ses voyages ne. trouva d’abord que des incrédules, et cette première impression fàcheuse commençait à peine à s’effacer lorsque les faits principaux qu'elle contenait furent entièrement confirmés par le témoignage d’autres voyageurs plus modernes, et surtout par lord Valentia et M. Salt. Sans doute Bruce n’invente jamais des mensonges pour amuser ses lecteurs, mais, on doit le reconnaitre, il écrit avec une légèreté et un orgueil qui lui nuisent beaucoup dans l'esprit de ses lecteurs. A chaque page de son livre il se pose sn héros, et ses rodomontades n'ont d'autre effet que de le rendre ridicule et de lui faire perdre tonte confiance. Il se vante surtout d’avoir. découvert les sources du Nil, mais il a grand soin de ne pas rappeler au souvenir de ses lecteurs que le Nil, dont on avait toujours inutilement recherché l’origine, était le Babr El Abiad ou le Fleuve Blanc, descendant de l'Occident, et, comme il le reconnaît lui-même dans le cours de son récit, ce fleuve surpasse de beaucoup en grandeur le Bahr El Azergue, ou le Fleuve Bleu, qui vient de l’Abyssinie et dont il a exploré
ruislétersition ues le vation
ongea aient partir.
r Sengereux atigues arriva acilités
n long it dans monde ion dude leur d'abord âcheuse ncipaux e témoipar lord nais des e recon nuisent page de ss n'ont perdre vert les peler au oujours biad ou me il le uve sure, ou le exploré
les sources. Il s'efforce aussi de cacher au public et de se cacher à lui-même que les sources du Bahr El Azergue avaient déjà été visitées avant lui par d’autres voyageurs , et entre autres par un Portugais nommé Payz, qui décrit dans
les mêmes termes les montagnes de Geesh, le sacrifice an-
nuel d’une vache en l'honneur de la rivière, et la cataracte d'Alata. Aiusi donc, si Bruce ne trompa point la crédulité publique, lorsqu'il prétendit avoir visité les sources du Nil, il eut toujours le tort très-grave de dérober à la connaissance de ses lecteurs tous les faits qui étaient de nature à diminuer l'éclat d’une découverte que , selon ses propres expressions, n’avaieut jamais pu faire les plus grands héros de l'antiquité.