‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 115 sur 178 · D” + Ka \ Lai À · texte numérisé non relu

D” + Ka \ Lai À

es

Park les tomnberongs e et d'un

j u de ‘bois, yau. Dérment de roût et la

depain. :

couleur d’un excellent pain d'épice. Le rhamnus-lotus se trouve sur la côte septentrionale de la Barbarie, et on ne peut douter qu’il n'ait été la nourriture principale des Zotophagi de l'antiquité.

Arrivé à Jarra ou Yarba, M. Park envoya l’un de ses domestiques, Johnson, porter tous ses papiers à la Gambie , et il se dirigea vers la ville mauresque de Benown. Cette ville se composait d'un grand nombre de tentes, disséminées sans ordre ni régularité sur une vaste étendue de terrain, et séparées l’une de l'autre par des troupeaux de chameaux , de vaches et de chèvres. Les Maures traitèrent Mungo Parck avec la plus révoltante brutalité. Le chef, vieil Arabe marose, l’examina attentivement de la tête aux pieds ; mais il ne daigna pas lui adresser la parole. Les femmes furent plus curieuses et moins réservées : elles lui firent une foule de questions , vidèrent ses poches, déboutonnèrent son gilet pour contempler la blancheur de sa peau, et comptèrent même les doigts de ses mains et de ses pieds, comme si elles doutaient qu'il fût un être humain. On le logea dans une hutte où l’on eut soin de placer un cochon sauvage afin de le : tourmenter. Le chef maure Ali lui prit ses habits, ses instruments, et tout ce qui lui appartenait; mais ce vieillard commença à éprouver quelques craintes superstitieuses, lorsqu'il remarqua que l'aiguille magnétique se dirigeait toujours vers le grand désert. Pour lui expliquer ce phénomène, M. Park lui dit que sa mère habitait un pays très-éloigné au-delà des sables du Sahara, et que tant qu’elle serait vivante l'aiguille de fer se dirigerait toujours du côté de ce pays, et le guiderait vers elle; mais qu'après sa mort elle lui indiquerait, au contraire, le lieu de sa sépulture. Le vieux roi fut alors doublement étonné. Après avoir contemplé pendant quelque temps la boussole avec une attention marquée, il la rendit à son propriétaire , ne voulant pas conserver en sa possession un instrument aussi dangereux.

La position cruelle de notre voyageur ne commença à s'améliorer que du jour où il fut présenté par Ali à la reine. Fatima, ainsi s'appelait la reine, était une femme arabe qui avait de longs cheveux noirs et une corpulence remarquable. Quoique la vue d’un chrétien l'eût d’abord fort scandalisée , elle

: = TS bé RES :

D à me Ve RS PE Re RS 5 Ve ENS RE he me - STE use

apprécia bientôt l'intelligence du malheureux prisonnier, et contribua, par tous les moyens qui étaient en son pouvoir, à adoucir les rigueurs de sa captivité. Grâce à ses sollicitations, M. Park obtint la permission d'accompagner Ali dans un voyage qu’il fit à Jarra. Pendant leur séjour en cette ville, le roi de Kaarta s’approcha, à la tête d’une armée, pour punir ses habitants rebelles, qui prirent aussitôt la fuite dans le plus grand désordre; et Park, profitant de cette confusion générale , parvint à s'échapper. Grande fut sa joie, lorsqu'il se tronva seul au milieu des déserts, à l'abri désormais des poursuites de ses ennemis. Il n’avait aucune espèce de nourriture ; il ne savait pas méme où il trouverait de l’eau ; mais peu lui importait de souffrir la faim et la soif ! Ces privations n'étaient rien auprès de celles dont il venait de se délivrer. Il se dirigea à l’est-sud-est au travers des forêts ; mais, épuisé bientôt de fatigue et de soif, il tomba sur le sable dans un état d’insensibilité complète, Vers le soir cependant une pluie violente ranima un peu ses forces abattues ; il parvint à se relever et à se trainer jusqu’à un village habité par des noirs, et où une vieille femme charitable lui donna quelque chose à manger. Bientôt après il entra dans le royaume de Bambara. Les nègres le prirent pour un Maure, et, le voyant réduit à une si affreuse misère, et obligé de plus à chasser son cheval devant lui (car-le pauvre animal ne pouvait plus porter son maître), ils lui demandèrent avec ironie s’il revenait de la Mecque.

Il voyagea alors avec une bande de Kaartans fugitifs, s’attendant de moment en moment à voir le Niger. Enfin, l’un des nègres cria : Geo-affilli ! (voyez l’eau!) et il aperçut avec une joie indicible ce but de son voyage , ce fleuve si longtemps cherché, etincelant aux rayons du soleil levant , aussi large que la Tamise à Westminster, et coulant lentement à l’est, « Je courus sur le rivage, dit-il dans son récit, et ayant bu de l’eau du Niger, j'adressai de ferventes prières au souverain maître de tout l'univers pour le remercier d'avoir couronné de succès mes efforts. » Sego, la capitale du Bambara, dans laquelle il venait d'arriver, etait une grande ville d’environ trente mille habitants, Ses maisons sont bâties eu terre. quelq':es-unes ont deux étages, et un badigeon blanc orne

r, et ir, à ons, 1S UN e, le unir ns le usion squ'il s des hour mais ations ivrer.

épuisé ns un > pluie nt à se noirs, hose à bara.

éduit à cheval ter son de la

s, s'atn, l'un xt avec long- , aussi ment à tayant au SOUir coumbara, e d'enterre.

c orne

presque toutes les façades. Les nombreux canots qui sillonnaient le fleuve, et l’activité bruyante de ses habitants, donnaient à cette ville un certain air de civilisation que notre voyageur ne croyait certes pas trouver dans le cœur de l’Afrique. Tandis qu’il attendait une occasion pour traverser le fleuve , il reçut un message du roi, qui le priait de renoncer à ce projet, et qui refusait de le voir avant de connaître les motifs de son voyage. Le porteur de ce message donna même à M. Park le conseil d'aller se loger dans un village voisin qu'il lui désigna. Mais aucun des habitants de ce village ne consentit à le recevoir. Tous ceux dont il implorait la pitié le regardaient avec un étonnement mélé d'effroi, et il se vit obligé de passer la journée entière assis à l’ombre d’un arbre, sans boire ni manger. Il craignait même d’être également contraint de dormir en plein air, quoique le voisinage fût infesté de hètes féroces. Heureusement. cette crainte n'était pas fondée ; mais laissans-le raconter lui-même comment une femme charitable (où ne trouve-t-on pas de tels anges de bonté !) vint le tirer enfin de cette pénible situation.

« Après le coucher du soleil, au moment où je me préparais à passer la nuit dans les branches d’un arbre, et où je venais de débrider et de desseller mon cheval, affn qu'il pût paître en liberté, une femme , qui revenait de travailler aux champs, s'arrêta pour me.regarder : remarquant mon air fatigué et abattu, elle m'adressa plusieurs questions auxquelles je répondis en peu de mots; alors elle jeta sur moi un regard de pitié, prit ma selle et ma bride, et me dit de la suivre. M'ayant conduit dans sa cabane, eilu alluma une lampe, étendit une natte à terre, et m’affrit un asile pour la nuit. S'apercevant ensuite que j'avais faim, elle sortit après m'ayoir prévenu qu'elle allait me chercher quelque chose à manger. En effet, elle revint quelque temps après avec un beau poisson, qu'elle fit rôtir sur des cendres, gt qu’elle me servit pour mon souper. Tous les devoirs de l'hospitalité étant alors accomplis, ma digne bienfaitrice me désigna du doigt la natte étendue à terre, et m'assura que je pouvais dormir sans crainte. Puis, s'adressant à d'antres femmes de sa famille qui n'avaient pas cessé un seul instant de me contempler, mueltes et immobiles d'étonnement, elle leur ordonna de se remettre à l'onvrage et

RD TE memes ER me ve .

de filer leur coton. Ces femmes travaillèrent pendant une partie de la nuit, chantant, pour abréger le temps, diverses chansons, dont l’une fut improvisée, car j'en étais le sujet. L'une des plus jeunes ouvrières la chanta seule ; les autres se bornaient à répéter en chœur une sorte de refrain. L’air était doux et plaintif. Quant aux paroles , en voici la traduction exacte :

Page 1