‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 125 sur 178 · CHAP, XXII. EMBOUGHURE DU NIGER · texte numérisé non relu

CHAP, XXII. EMBOUGHURE DU NIGER

tou , Jabou, Asinara , Bohou, l’ancienne capitale du pays, Nama, etc.

Enfin, le 15 mai, nos voyageurs arrivèrent à Katunga, précédés d’une escorte que le roi Mansolah avait envoyée à leur rencontre, et qui se composait de quelques individus à pied et à cheval , couverts de guenilles. Suivant l’usage, ils firent halte sous un arbre, près des portes de cette capitale du Yarriba , jusqu’à ce que leur arrivée fût notifiée au roi et à ses eunuques. Mais, las d'attendre, ils se rendirent à la résidence d’Ebo, chef des enauques, et le personnage du royaume le plus influent après le roi. Mansolah, qui les admit ensuite en sa présence, les reçut si bien, qu’il autorisa, par une ordonnance, Ebo à décapiter immédiatement tout individu qui se permettrait de les importuner contre leur gré. Ils habitaient la case où Clapperton avait logé. D'abord ils craignirent que Mansolah ne les retint trop long-temps à Katunga et ne les renvoyàt sur la côte, Aussi, d’après les conseils d'Eho, ne lui parlèrent-ils pas du but de leur voyage, et lui dirent-ils seulement qu’ils allaient à Boussa chercher les papiers de Mungo Park. Heureusement leurs craintes ne se réalisèrent pas. Quoique Mansolah se conduisit moins bien envers eux que envers Clapperton, il les laissa partir huit jours après leur arrivée, et le 17 juin, nos voyageurs apercurent enfin la ville de Boussa, située en terre ferme et non sur une île du Niger, comme l'avait dit le capitaine Clapperton. A dix heures du matin, le 47 juin, ils entrèrent dans cette ville par le côté de l'ouest, et ils se rendirent immédiatement auprès du roi et de la midiki , ou reine, «qui avaient le matin même donné des larmes à la mort de Clapperton. » —« Le lendemain matin, dit Richard , nous visitâmes le fameux Niger ou Quorra , qui coule au pied de la cité, à un mille environ de notre résidence. L'aspect de ce célèbre fleuve nous a grandemerit désappointés. Des roches noires et arides s’élevaient au centre, occasionnant à la surface de forts houillonnements et des courants qui se croisaient. On nous dit qu’à quelques milles audessus de Boussa la rivière était divisée en trois branches par deux-petites îles fertiles, et qu'au-delà elle coulait unie et sans interruption jusqu'à Funda. Ici, le Niger, dans sa partie la plus vaste, n'a guère qu’un jet de pierre de largeur. Le

rocher sur lequel nous étions assis domine l'endroit où périrent Park et ses compagnons...»

Malgré son ardent désir de recueillir quelques renseigne ments sur le sort de Mungo Park ainsi que sur ses livres ou papiers qui pouvaient être restés à Boussa, Richard Lander n'osa d’abord faire aucune question à ce sujet. Il s’enhardit cependant , et pria le roi de lui remettre ou de lui montrer les livres ou papiers de son infortuné compatriote. Le roi lui répondit qu’à l’époque de la mort de M. Park, il était, lui, tout petit enfant, et qu’il ne savait ce qu’étaient devenus les effets du voyageur ; mais, vers le soir, le tambour de la cour, l’un des personnages les plus influents du pays, donna à nos voyageurs le conseil d’insister davantage, et leur raconta qu'un livre avait été sauvé du canot de M. Park. Effectivement, le roi vint bientôt les voir suivi d'un homme qui portait sous son bras un groslivre enveloppé dans un morceau d’étoffe de coton. « Nos cœurs battaient de joie et d'espérance . dit Richard Lander , tandis que l’homme développait lentement ce livre, car à son format nous avions jugé que ce devait être le journal de M. Park; mais notre désappointement a été grand lorsqu’en ouvrant le livre nous avons découvert que ce n'était autre chose qu'un vieil ouvrage nautique du dernier siècle. Le roi et le propriétaire du livre parurent aussi mortifiés que nous... Notre curiosité une fois satisfaite, le propriétaire replaça très-gravement le livre dans son enveloppe, car il le regarde comme re espèce de talisman. Ainsi plus d'espoir de retrouver dans cette ville les livres et les papiers de M. Park. »

Le 28 juin, les deux frères Lander quittèrent Boussa, et, se dirigeant vers le nord, ils remontèrent la rive droite du Niger, à cheval, jusqu’à la petite ville de Kagogie. Là, ils s’embarquérent sur un canot, envoyèrent leurs chevaux par terre à Yaourie, car les canots du pays sont trop faibles pour porter un poids aussi lourd. Une navigation de trois jours , difficile seule ment en certains endroits, les amena dans le port d'un petit village où leurs hommes et leurs chevaux les attendaient, et d'où ils se rendirent, en quelques heures, à lasvitle de Yaourie, située à huit milles environ au nord nord-est de la rive orientale du Niger,

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