PLIS. À
RTL Le
Lace =
HET eZ DE PORTEP "a
rent aussi de la partie du sud ; le 51, vers le parallèlé de 65° et le 'néridien de 120° on apercevait dans le sud-ouest des nuages constamment bas et épais comme s’il y eût eu là une terre; mais des symptômes de tempête empéchérent de le vérifier, et il fallut s'éloigner en courant au nord-est. Le 12 février, par 66° 27° de latitude sud et 84° 10° on vit de nouveau des albatros , des pingouins , des baleines ; le 15 on revit la terre dans l’est-sud-est, iñnsis à une grande distance : et le lendemain on reconnut que c'était une fle, qui reçut le nom d’Adélaide. On s’assura bientôt qu’elle faisait partie d’une chaine d'îles courant de l'ouest sud-ouest à l’est nordest au devant d’une terre hante et continue que l’on a depuis appelée terre de Grahan , tandis que le nom de Biscoe est resté attaché à la chaîne d'iles. Le navigateur descendit sur la grande terre pour en prendre possession daus les formes, et il détermina la position d’une haute montagne, qu’il appe.a mont William, par 64° 45° de latitude sud, et 66° 41° de longitude à l’ouest de Paris. Puis il toucha au Sud-Shetland où il fut menacé d’un naufrage ; il relàächa ensuite aux fles Malou‘nes, où le Lively se perdit, et il retourna enfin dans sa patrie.
Un autre voyage est à citer, dont on a révoqué en doute l'exactitude, bien que la découverte qui en a été le résultat n’ait rien que de très-conciliable avec les déterminations obtenues par les navigateurs qui, avant ou après, ont exploré ces mers.
Le capitaine américain Benjamin Morrell, de New-York, qui déjà avait fait en 4829 et 1850 , à bord du navire l'4ntarctique, une excursion dans les mers australes, entfeprit, en 4835,une campagne dans les régions polaires du sud. Il coupa le parallèle de 60° par 115° 40° de longitude orientale , trouva la mer ouverte , et courut hardiment au sud jusqu’au-delà du cercle polaire; puis, profitant du vent d'est qui suivant tous les navigateurs domine par cette latitude, il parcourut le 416° de longitude sans rencontrer d'obstacie digne d'être mentionné, et passa à deux cents milles dans le sud de la terre d'Enderby. Il prit alors au nord-ouest pour aller faire du bois à la terre de Sandwich ; après quoi il remonta vers le pôle , et atteignit le parallèle de 70° 30° sur le méri-
dien de 42° à l’orest de Paris; ce fut son point extrême de ce côté ; la mer était libre et peu de montagnes de glace se trouvaient en vue. De là , reprenant sa route vers le nord, il découvrit une vaste terre qu'il appela sud-Groenland, dont il longea la côte orientale et doubla l'extrémité septentrionale sn shant regagner le cap Horn.
À la même époque s’exécutait encore un autre voyage, dont il n’a été publié aucune relation et dont les résultats seulement sont inscrits sur les cartes de l’amirauté anglaise. 1 s’agit d’une campagne du lieutenant James Kemp , de la marine royale britannique. Arrivé en octobre 1835 à la terre de Kerguelen, il en repartit pour s’avancer droit au sud jusqu’au parallèle de 59o; il prit alors au sud-est et ne tarda point à rencontrer, vers 70° de longitude orientale, des apparences de terre ; il poursuivit sa ronte dans l’est jusque vers le méridien de 78°, pour revenir ensuite à l’ouest; et de nouvelles apparences de terre se firent encore remarquer vers le parallèle de 64° et le méridien de 74°. Enfin, au mois de décembre , parvenu à 66° de latitude et au 57° degré de longitude orientale, il aperçut distinctement dans le sud une terre qui peut-être se rattache à celle d'Enderby, dont elle n’est séparée que par un intervalle de moins de deux cents milles. Kemp fit alors route au nord-ouest et en janvier 4854 il repassait le parallèle de 60° suus le méridien des . iles Crozat pour regagner des latitudes plus tempérées.
Les découvertes incontestées de Biscoc , les récits de Morrell, les indices recucillis par Kemp, firent naître des conjectures très-divergentes sur l'existence d’un grand continent antarctique ou au contraire sur la possibilité de naviguer dans ces mers au-delà d’une première barrière de glaces agglomérées le Long de quelques iles échelonnées vers le cercle polaire. La controverse fait aisément naître le désir de vérifier les faits sur lesquels elle s'appuie ; et trois gouvernements, provoqués par le zèle de leurs marins, préparèrent des expéditions ayant mission spéciale d'aller explorer les régions australes. Les États-Unis choisirent le lieutenant Wilkes, la France le capitaine d’Urville, et l'Angleterre le capitaine James Ross , pour cette tâche périlleuse. Mais pendant que ces expéditions officielles se préparaient, un baleinier anglais
960 DÉCOUVERTES MODERNES. LIV. v.
préludait, pour ainsi dire, aux découvertes réservées à ces habiles marins.
Au commencement de l’année 1859, le navire l’Elisa- Scott, commandé par le capitaine Balleny, sillonnait en effet les mers antarctiques , et ajoutait quelques points nou- Veaua à ces indications éparses qui font pressentir l'existence de grandes terres polaires australes, partagées en masses nombreuses, plus ou moins considérables.
Prenant son poiut de départ à l’ile Campbell, au sud de la Nouvelle-Zélande, Balleny s’éleva immédiatement vers le sud. Le 7 février , il avait atteint 67° 7° de latitude australe, par 164° 25” de longitude à l’ouest du méridien de Paris ; faisant route alors vers l’occident , il aperçut , le 9 au matin, beaucoup de pingouins ; à onze heures, il remarqua une bande noire à l’horizon, dans le sud-ouest; à midi, c'était déjà une apparence de terre ; à six heures du soir, on la distinguait parfaitement bien ; à huit heures, on n’en était plus qu'à cinq milles; au coucher du soleil, on reconnut que c’étaient trois îles séparées, d'une étendue assez considérable, celle de l’ouest étant la plus longue. Elles ont recu le nom d'îles Balleny. Le lendemain, de bonne heure , on essaya d'y arriver; mais on s’aperçut qu’elles étaient complétement entourées de glaces , et que la mer formait une masse solide, sans aucun passage ; la position de l'ile du milieu fut déterminée à 66° 44° sud, et 1462° 25’ de longitude orientale. Le 41 février , on voyait encore la terre, haute et couverte de neige, restant à l’ouest-sud-ouest; le 12, on l'avait au sud-sud-est, à environ dix milles. On porta dessus, et entrant dans um canot on essaya d'approcher; mais au pied de hautes falaises verticales il y avait à peine une plage de trois où quatre pieds , et l'on eut de l’eau jusqu’à la ceinture pour aller y recueillir quelques échantillons de pierres ou plutôt de lave; ear cette terre est volcanique, et les explorateurs virent mème distinetement de la fumée s'élever du sommet de ces montagnes.
Le 2 mars à midi, l'Elisa - Scott se trouvait sur le parallèle de 65° par une longitude estimée de 120° 24 ; on entrevit le soir une apparence de terre, et l'on miten panne. Le lendemain matin, on porta vers le sud, mais on ne put
CH parv glac placi se tr orier tions
Le d'en:
mers Wilk Peac serve propi
Par
avoir Wilke une €) parall il cou glaces tentati et se ] rendit fin de L’ex le pôle vier 18 au mili touchè route à austral.
alors a brouill:
avec le autres ] pagne, Le 16 oriental lt,
parvenir à pénétrer dans la direction du sud-ouest, où la glace, complètement arrêtée, paraissait appuyée sur une terre placée derrière. On donna à celle-ci le nom de Sab;ina. On se trouvait à 65° 40° de latitude et 116° 10° de longitude orientale. Le capitaine Balleny ne put pousser ses vérifications plus loin en cet endroit, et il reprit la route du nord. Le gouvernement des États-Unis d'Amérique, ayant résolu d'envoyer une grande expédition de découvertes dans les mers australes, mit sous les ordres du lieutenant Charles Wilkes une division de quatre bâtiments, le 7'incennes, le Peacoek, le Porpoise et le Flying-Fish , avec plusieurs conserves, et lui accorda tous les instruments d'observation propres à rendre le voyage fructueux pour la science. Partie au mois de septembre 1858, l’expédition, après avoir touché à Madère et à Rio-Janeiro, arriva le 49 février 1859 au Port-Orange, dans la Terre-de-Feu; le lieutenant Wilkes , y laissant sa division, alla, sur le Porpoise , tenter une exploration préparatoire des glaces, et il s’avança jusqu’au parallèle de 70°, par une longitude occidentale d'environ 402 ; il courut de très-près le danger de rester bloqué dans les glaces , et jingea prudent de remettre à l'année suivante une tentative plus hardie. Il rejoignit sa division au Port-Orange, et se porta à Valparaiso, où il arriva le 45 maï; de là, il se rendit au Callao , puis aux îles Sandwich, et se trouva, à la fin de l'année, à Sidney, prêt à cingler vers le sud. L'expédition appareilla le 24 décembre , et se dirigea vers le pôle; on navigua d’abord de conserve; mais le 3 janvier 14840 , deux des bâtiments se séparèrent et disparurent au milieu d'un épais brouillard. Le /’’acennes et le Porpoise touchèrent à l'ile Macquarie, et continuèrent ensuite leur route au sud, à travers les glaces , Fr, 64° 11° de latitude australe et 162 535’ de longitude à l’est de Paris ; on était alors au 41 janvier ; le Porpoise disparut ce jour-là par un brouillard intense, et le lieutenant Wilkes poursuivit seul, avec le fincennes , le but de son exploration , laissant les autres bâtiments libres de leurs mouvements pendant la campagne.
Le 16 janvier, il revit le Peacock par 158° 25’ de longitude urientale, et 65° 26’ de latitude sud ; il le son Vs encore LL, à
le 49, par 152° 7° de longitude et 66° 20° de latitude; ce jour-là même , dans la matinée, on avait aperçu la terre au sud et à l'est : les phoques, les pingouins, ainsi que la décoloration de l’eau, étaient autant d'indices de son voisinage ; mais une barrière insurmontable de glaces en defendait l’approche, et le F’incennes chercha vainement une issue en longeant la banquise vers l’est jusqu’à 145° 40° de longitude et 67° 4 de latitude ; on croyait apercevoir des indices de terre à l’est et à l’ouest, mais on se trouvait enfermé dans une baie de glaces infranchissables, qu’on appela, pour ce motif, baie du Désappointement. Les observations de l’aiguille aimantée donnaient à penser que l’on n'était pas éloigné du pôle magnétique. Le 28, après avoir été forcé dé rétrograder jusqu’à tréize fois, le Vincennes s'avança encore au sud , sous le méridien de 458° 10° est, jusqu’à 66° 55’ de latitude, et l’on aperçut de nouveau la terre devant soi. Un orage obligea encore à rétrograder, mais le 50 on put revenir vers la terre, hérissée de glaciers et de roches noires volcaniques , ayant une étendue d'environ soixante milles dans la direction du sud ; le vent était si impétueux qu’il y eut impossibilité
d'aborder , et l’on essuya encore une fois un fougueux
ouragan.
Le 12 février, on distingua de nouveau des montagnes daus le lointain ; mais on ne put en approcher davantage : on se trouvait alors à 409° 40° de longitude orientale, et 640 57’ de latitude. On continua de cingler vers l’ouest; le 15, à midi, par 405° 25’ de longitude, et 65° 41° de latitude, la mer était tranquille et la terre en vue. Le commandant Wilkes poussa à travers les glaces et le lendemain il s'était rapproché jusqu’à trois ou quatre milies du rivage ; mais la barrière de glaces ne pouvait être franchie , et il se borna a recueillir sur queïques îles de glaces de nombreux échantillons de sable, de pierre, de quartz , dont quelques-uns pesaient bien cent livres : c'est mieux que la terre elle-même n’eût pu donner sous l'épaisse couche de glace et de neige qui la couvre. On était par 65° 57’ sud, et 405° 20 de longitude orientale : la côte présentait une étendue de soixante-dix milles. Le 17 fevrier, par 95° 10° de longitude, sur le parallèle de 64, on aperçut encore la terre à une grande distance au sud-
qu'ail arrivé elles, quis!
suivit pace kneys hydro nouve banqu encon trouve rées, soude per a arrêta mit hu Après lonzèr milles
re au léco- 1age ; l'aplonde et terre e baie , baie lantée | pôle re jusous le et l’on )bligea terre, ayant ion du sibilité gueux
tagnes ntage :
ale, et best; le ititude, andant s'était vais la )0rna à tillons besaient ’eùt pu la coub orienmilles.
llèle de au sud-
ouest. Le vaisseau était comme emprisonné dans les glaces, qui tournaient au nord, puis à l’est. Il fallut louvoyer pendant quatre jours entiers pour sortir de ce golfe, et, le 21 février, le 7’incennes reprit la route du nord pour regaëher Hobart-Town, après avoir relevé, d'ouest en est, de nombreux indices de terre, qui, dans l'opinion du commandant Wilkes, sont des points divers d’un seul et même continent antarctique, ayant bien une étendue de soixante-dix degrés en longitude.
L'expédition française, sous les ordres du capitaine Dumont d'Urville, disposée sur une moindre échelle, ne comptait que deux bâtiments, l’4strolabe et la Zélée, cette dernière commandée par le capitaine Jacquinot.
Après avoir touché à Rio-Janeiro, et être allées consacrer un mois à des travaux hydrographiques dans le détroit de Magéllan, les deux corvettes prenaient, le 14 janvier 1858, leur point de départ de la terre des États, pour se diriger, au sud-est, vers la région où Weddell avait pu, en 1895, sans être arrêté par les glaces, s'élever à la plus haute latitude australe qu’ait encore atteinte aucun navigateur ; mais, le 22 janvier, arrivées à 64° de latitude et 47° 50° de longitude occidentale, elles.furent arrêtées par une barrière de glaces compactes, qui s'étendait, du sud-ouest au nord-est, à perte de vue. On suivit cette banquise, à un ou deux milles de distance, l’espace de deux cent quarante milles, jusqu’auprès des iles Or kneys, où l’on s'arrêta une semaine pour des reconnaissances. hydrographiques. Le 2 février , le capitaine d’Urville prit de nouveau la route du sud. Dès le 4, par 620, il retrouva la banquise; mais comme il crut apercevoir un espace moins encombré, il y lança les deux corvettes, et ne tarda pas à se trouver emprisonné dans des glaces de plus en plus resserrées, et que l’abaissement de la température menaçait de souder complètement. Il fallut des efforts inouïs pour échap-
per au danger, en brisant, à coups de pioche, les glaces qui arrétaient les navires, sur une largeur de deux milles, qu'on mit huit heures à franchir à force de voiles et de cabestan. Après s'être dégagées de leur prison, les deux corvettes prolorzèrent la banquise , d'ouest en est, l'espace de trois cents milles sans trouver d’issue, jusqu'à ce qu'arrivées an 55° de
longitude, le 45 février, et voyant la barrière de glace prendre la direction du nord vers les îles Sandwich, l'expédition gouverna à l’ouest, alla compléter la géographie des Orkneys, refaire celle de la partie orientale du Shetland, et tenter encore une pointe au sud, vers ces terres inconnues, vaguement indiquées par les pêcheurs de phoques, qui , après la découverte de Smith, étaient allés visiter les parages du Sud-Shetland, et avaient apercu des rivages :ieigeux, qu’üs désignaient sous les noms de terre de Palmer et terre de la Trinité ; Foster y avait abordé en 1829 en un seul point; Biscoe, en 4829, avait vu dans le sud-ouest la terre de Graham, et Morrell, en 1858, avait signalé dans le sud-est son Groënland austral. Le 27 février 4858, dans une longue bordée poussée au sud à travers de nombreuses glaces, l’expédition française attaqua ces terres mystérieuses dans la portion intermédiaire que nul navigateur n'avait vue ; et malgré les obstacles réunis de la brume, des glaces et d’un temps presque toujours mauvais, "dans l’espace de huit jours environ, on parvint à tracer leur configuration exacte sur une étendue de cent viagt milles à peu près, entre le parallèle de 65° et 64, et Les méridiens de 580 et de 62° à l’ouest de Paris. Ces terres, que couronnent d'immenses pitons, sont couvertes de glaces éternelles d'une épaisseur indéfinie ; sans les rochers nôiratres mis à nu par la fonte des neiges , qui forment leur limites à la côte, on aura. souvent peine à les distinguer d'avec les glaces nombreuses qui les accompagnent. La principale de ces terres reçut le nom de Louis-Philippe; on appela canal d'Orléans l’espace qui la sépare de la Trinityland, et l’on nomma terre de Joinville les parties les plus orientales que l'on eût reconnues. Les deux corvettes traversèrent ensuite le détroit de Barnesfield, et se rendirent au Chili, où elles arrivèrent le 7 avril.
Reparti de Valparaiso au mois de juin, le capitaine d'Urville, traversant toute l'Océanie, mouillait, le 4er janvier 1839, à Guam dan: les Mariannes ; puis il s’engagea dans le grand archipel d'Asie, arriva sn octobre à Batavia, et de là se rendit à Hobart-Town, d'où il appareilla, le 4°" janvier 1840, pour une nouvelle exploration antarctique.
La navigation fut pénible jusqu'an 47 janvier. Alors , par
PA On ns An bent fé lg eg
IV, V
e prenédition rkneys, nter enruement 1 découad-Shetignaient Trinité ; CO, en ham, et ‘oënland poussée française médiaire es réunis urs mau- | à tracer ent viugt it les mérres, que e glaces rs nÔiTàt leurnlilistinguer La prinb; On apnityland, s orienversèrent Chili, où
ne d'Urhier 4889, le grand se rendit 40, pour
lors , par
CHAP. XXV. 569 62° et 65° de latitude australe , les glaces devinrent nombreuses ; le 49, quelques pingouins se montrèrent autour des navires, et le soir, par 66° de latitude, on aperçut à l'horizon une terre, sous l'aspect d'une longue ligne brune. On ne put en approcher que le 21 à une distance de dix milles par 66° 50° sud et 158° 21° de longitude ouest : elle se présentait alors comme un immense ruban de terre s'étendant à perte de vue du sud-sud-est à l’ouest-sud-ouest, haut de deux à trois cents toises, entièrement couvert de glace et de neige. Cette terre fut appelée 4delie. Quelques personnes de l’expédition allèrent en canot en prendre possession et y recueillir des échantillons de roches. Les observations de l'aiguille aimantée indiquaient le voisinage du pôle magnétique. On continua d'avancer à l’ouest, mais le 23 des barrières de glace forcèrent les deux corvettes de s'éloigner en louvoyant vers le nord; le 29 janvier, ayant tenté de revenir vers la terre, on se vit encore arrêté par la banquise ; mais le lendemain on retrouva la terre par 64° 50” sud et 129° 54 de longitude orientale, et on lui donna le nom de côte Clarie. Après l'avoir suivie l’espace de vingt lieues, on retomba sur une banquise, et l'on prit le parti de mettre le cap au nord pour rallier Hobart-Town, où l'on arriva le 17 février.
On en repartit le 25, et l’on se porta à la Nouvelle-Zélande, pour en compléter l'hydrographie, puis à la Nouvelle-Guinée, dont on constata que la Louisiade n’était séparée par aucun détroit; on fit une soigneuse reconnaissance de celui de Torres, non sans péril pour les deux corvettes qui furent entraînées sur un récif de coraux, d'où elles ne purent se dégager qu'avec des avaries considérables. Le 20 juin elles arrivèrent à Timor, touchèrent ensuite à Bourbon, à Sainte- Hélène, et rentrèrent enfin # Toulon le 6 novembre.
Quai à l'expédition su:.rale anglaise sous les ordres du capitaine James Ciark Koss, aucune nouvelle n’est encore parvenue de ses travaux.
Et maintenant que nous avons tour à tour raconté les voyages et les découvertes successivement accomplies au voisinage du cercle poisire antarctique, par Bellingshausen, Foster, Biscoc, Morrell, Kemp, Balleny,Wilkes et d'Urviile, essayons de nous rendre compte du résultat général de leurs explora-
tions. Nous verrons, vis-à-vis de la pointe d'Amérique, se dessiner les rivages d’un petit continent commençant à l’ouest vers l'ile Pierre Ier de Bellingshausen et se terminant vers l’est au Nouveau-Groenland de Morrell, sur une longueur de neuf ceñts milles, ayant à son extrémité septentrionale la terre de Joinville, puis en se reportant de proche en proche vers le sud , la terre de Louis-Philippe, celle de la Trinité, celle de Palmer, celle de Graham et la prolongation présumée que jalonne l’île Alexandre Ier.
Au sud de l'Australie, les rivages aperçus par les explorateurs offriraient une contiguité successive de près de dixsept cents milles depuis l’île Balleny jusqu'aux derniers indices signalés par Wilkes, ayant pour jalons principaux les terres Adélie et Clarie de d'Urwville, et la terre Sabrina de Balleny. Cependant , il ne faut pas se dissimuler que, si les récits du capitaine Morrell sont reconnus dignes de confiance, ils détruisent à la fois la double hypothèse de la continuité de ces rivages et de la profondeur des terres, puisqu'il aurait traversé auprès de la terre Sabrina cette prétendue ligne de rivages, et qu’il aurait couru à une petite distance au-delà de cette même ligne.
Quant à la terre d'Enderby, elle se lie aisément à celle que Kemp a entrevue: .uais la supposer jointe aux précédentes à travers un espace de neuf cents milles entièrement inconnu, ce serait pousser trop loin une hypothèse absolument conjecturale, dont il est plus sage de s'abstenir. C’est aux résultats futurs des explorations dirigées vers ces parages que nous devons réserver le privilége de remplir ces lacunes.