‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 51 sur 178 · CHAP. VIILL LES COTES DE L’AUSTRALIE · texte numérisé non relu

CHAP. VIILL LES COTES DE L’AUSTRALIE

mois de décembre 1797, tandis que M. Flinders était employé à un voyage dans l'ile Norfolk, on mit sous les ordres de M. Bass une belle chaloupe baleinière et un équipage de six hommes, pour explorer les régions inconnues du sud. En approchant de l'âne des petites Îles situées à l'angle sud-est de la Nouvelle-Galles-du-Sud, M. Bass fut surpris d'y trouver des vestiges d'habitation ; mais son étonnement s’accrut encore, en découvrant qu’elle était habitée par sept condamnés, qui s'étaient anciennement échappés de Port-Jackson, dans une barque, et qui, jetés sur cette ile, y menaient depuis quelque temps une déplorable existence, n’ayant pour toute nourriture que des phoques, des coquillages et des pétrels. Ainsi, les Européens n'avaient pas plutôt atteint les mers du Sud et les contrées australiennes, que leur génie actif et leur audace leur fournissaient les moyens de pénétrer dans leurs parties les plus reculées. Le principal objet du voyage de M. Bass était de déterminer s’il n'existait pas un détroit ouvert entre la Nouvelle-Hollande et la terre de Van-Diémen. Cook et d’autres navigateurs avaient pensé que ces deux pays étaient réunis, et l'opinion populaire devait se rendre à ces éminentes autorités. La question cependant n'était pas tout-à-fait décidée; et M. Bass n'éprouva pas une médiocre

joie lorsqu'il vit la côte de la Nouvelle-Hollande , inclinant au nord et à l’ouest, témoigner par son aspect qu’elle était exposée aux houles du Grand-Océan. Il continua son voyage dans cette direction, jusqu'à ce qu’il eût atteint un hâvre spa-

cieux, qu’il nomma, par allusion à sa position relative, le port

Occidental (port H’estern).Ses provisions étaient alors épuisées, et, malgré son désir ardent de faire un relèvement exact et détaillé de sa nouvelle découverte, il se vit obligé de revenir sur ses pas :il n ’avait emporté des provisions que pour six semäines, et cependant, à l’aide du poisson et des oiseaux de mer qu'il rencontra en grande abondance , il réussit à faire durer son voyage cinq semaines de plus, bien qu’il ramenût à son bord deux des condamnés qu'il avait retrouvés. Ce voyage de six cents milles, dansune barque non pontée, estun des plusremar:. quables que l’on connaisse. IL ne fut point entrepris sous l'empire d'une nécessité rigoureuse, mais avec l'intention décidée d'explorer des rivages inconnus et dangereux. Il en-

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richit la géographie, en lui révélant lexistence de trois cents milles de côtes, et en reconnaissant que les rivages de la Nouvelle-Hollande , au lieu ce s’incliner vers la terre de Van- Diémen, suivaient une direction opposée, et présentaient l'aspect d’une terre exposée à une mer ouverfé.. Les colons apprécièrent tellement le mérite des découvertes ‘de M. Bass, que la barque dans laquelle il avait accompli son voyage fut long-temps conservée comme une curiosité. Des tabatières et d'autres bagatelles , faites avec le bois de sa quille, eurent dès lors une valeur toute particulière.

Afin de prouver que la terre de Van-Diémen était séparée par un détroit du continent australien, il ne restait plus qu’à faire le tour de la première , toutes les conjectures étant désormais favorables à cette hypothèse.

M. Bass était revenu de son voyage au mois de février 1798, et, dés le mois d'octobre de la même année, il partit avec M. Flinders, dans un petit schooner de vingt-cinq tonneaux, pour compléter cette découverte importante, Tandis qu’ils cinglaient le long de la côte nord de la terre deVan-Diémen, ils découvrirent un vaste bras de mer où venaient se jeter plusieurs grandes rivières; l’une de ces rivières , explorée à une distance considérable, n'était pour ainsi dire qu’une série de lacs dans lesquels descendaient plusieurs ruisseaux des montagnes éloignées : les rives &n étaient fertiles, bien boisées, et des cygnes noirs, qui paraissaient très-nombreux dans ces parages, fournirent d’abondantes provisions à nos hardis voyageurs. Cette ouverture fut appelée port Dalrymple; cinq ans plus tard , lorsque le colonel Patterson y établit une solonie , sa grande division occidentale prit le nom de Tamar; les” deux autres principaux coûrants auxiliaires furent appelés passages du Nord et du Sud (Worth and South esks).

Après avoir consacré quelques jours à cette intéressante découverte, nos voyageurs reprirent leur route vers l’est ; et, enfin , avec un mélange de crainte êt de joie, doublant le ca p nord-ouest de la terre de Van-Diémen, ils virent la côte

reprendre la direction du sud. Ils étaient fiers d'avoir ainsi résolu un problème géographique qui avait defié les tentatives des plus éminents navigateurs, mais en même temps ils res-

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