‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 56 sur 178 · CHAP. VIL LES COTES DE L’AUSTRALIE · texte numérisé non relu

CHAP. VIL LES COTES DE L’AUSTRALIE

La détention du capitaine Flinders à Maurice, en lui ôtant les m:Y2ns de publier le récit de son expédition, permit aux Français de le devancer dans l’exposition des découvertes australiennes. Deux navires, le Géographe et le Naturaliste, que commandaient les capitaines Baudin et Hamelin, avaient été chargés en 1801 par le premier consul de compléter la reconnaissance de la terre australe. On n’avait négligé aucune des mesures qui pouvaient assurer le succès de cette expédition et la faire briller d'un vif éclat. Des savants de tout genre y étaient adjoints; mais son succès ne fut pas en rapport avec les soins qu’on avait pris pour l’équiper , et, malgré la supériorité de leurs navires, les, officiers français restèrent bien au-dessous de Flinders. Ils Mitén

séparèrent souvent et perdirent un temps} cher les rendez-vous convenus en pareilles. * ainsi qu’à lutter contre les courants contraifes au milieu desquels ils s'engageaient imprudemment. Ces difficultés et ces désappointemenis ont été attribués à l’obstination du capitaine Baudin qui, étant mort avant la fin du voyage, n’a pas eu l’occasion de défendre sa réputation contre les attaques dont elle a été l’objet. Péron, le naturaliste, a écrit un récit de cette expédition dans lequel le nom du capitaine ne se trouve pas une seule fois prononcé. Il n’a pas dissimulé les difficultés de l’entreprise. « Jamais aucun navigateur, dit-il, Vancouver lui seul excepté, n’a dirigé une expédition plus hardie. En effêt, les voyages sur le vaste Océan, quelque longs qu’ils puissent être, entraînent rarement avec eux de semblables malheurs et d'aussi fréquents naufrages; ce sont ceux qui, limités à des rivages inconnus et à des côtes sauvages, ont toujours de nouvelles diflicultés à combattre et de nouveaux dangers à éviter.» Ces réflexions font encore plus d'honneur à Flinders qui, avec des ressources si incomplètes , acheva la tâche si difficile qu’il avait entreprise, qu'aux Français qui, sans avoir à combattre toutes les difficultés énumérées plus haut, acquirent seulement une faible connaissance de la côte. Péron parlant du capitaine Flinders qui, on Fa vu, pours suivait depuis 1795 ses découvertes dans l'Australie , insinue avec affectation « qu'il LEE 40

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