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CHAP, VII, LES COTES DE L’AUSTRALIE

de leurs fatigues et du grand nombre de bas-fonds; leurs tourments s’augmentaient aussi d’une terreur inexplicable ct presque bouffonne. « Au milieu de cette détresse et de ces dangers qui croissaient toujours, dit M. Baïlly, la nuit descendit sur nous et nous nous préparions à aborder pour sécher nos vêtements et restaurer par un peu de sommeil nos

forces épuisées, lorsque tout-à-coup un bruit terrible vint

nous remplir d’effroi ; il ressemblait au mugissement d'un taureau, mais il était beaucoup plus fort et semblait partir des roseaux les plus voisins de nous. Ce bruit formidable nous ôta tout désir de descendre à terre, et, tout engourdis que nous étions par un froid glacial, nous préférâmes passer la nuit sur l’eau sans nourriture , sans pouvoir fermer l'œil, constamment exposés à la pluie et à l'ouragan. » Jusqu'à présent on n’a pas encore découvert sur le continent australien l'animal redoutable et bizarre dont cette singulière histoire semble indiquer l'existence.

La baie des Requins et les îles voisines furent soigneusement examinées par les Français; ils déterminèrent aussi, dans l'archipel du nord, plusieurs positions avec une grande exactitude ; mais, en général, ils se tinrent à une trop grande distance de la terre pour donner une description complète de la côte qu’ils exploraient. Les maladies qui éelatèrent parmi les équipages obligèrent les bâtiments français de repartir avant d’avoir rien effectué d'important. Sur vingt-trois savants qui s'étaient embarqués dans cette expédition, trois seulement revinrent dans leur patrie après avoir fait tout le voyage. La réception bienveillante et hospitalière que les navigateurs français trouvèrent chez les colons anglais de Port- Jackson est mentionnée avec reconnaissance par M. Péron, qui exprima d’ailleurs avec les termes d’une admiration enthousiaste la surprise que lui causa l'aspect prospère du nouvel établissement. « La population de cette colonie, dit-il, était

d'aujet d’étonnement et de contemplation. »

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