‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 59 sur 178 · INTÉRIEUR DE LA NOUVELLE-HOLLANDE · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR DE LA NOUVELLE-HOLLANDE

Travaux du capitaine King. — Découverte du port Essintong. — Les M lais. — Les rivières des Alligators. — Iles Melville et Bathurst. — Examen du détroit d'Apsley. — La côte nord-ouest. — Le détroit d'York. — La rivière du Régent, — Le golfe Cuningham. — Le golfe Exmouth. — L'archipel, — Points inexplorés. — Premiers essais pour franchir les Montagnes bleues. — Vains efforts de Bass et de plusieurs autres. — Découverte des chemins de l'intérieur, — Expédition d'Oxley sur le Lachlan, — 11 arrive à un grand marécage. — Second voyage pour explorer le Macquarie. — Le pays inondé. — Oxley revient par un beau pays inexploré.‘— Découverte du capitaine Sturt, — Or vérifie que la rivière Murray va rejoindre la mer. — Découvertes de Hovell et de Hume. — Progrès de la colonisation. — Etablissement sur l'ile Melville. — Colonie sur la rivière des Cygnes. — Le détroit du roi Georges. — Port-Western. — Terre de Van-Diémen,

Les découvertes faites à cette époque le long des côtes de l'Australie n'avaient servi qu’à augmenter l'intérêt mystérieux répandu sur l’intérieur de ce vaste pays; en définitive, on n’avait pas encore trouvé une seule rivière de quelque importance. La continuation de la guerre ne permettait pas d'achever la tâche que Flinders n'avait pu parvenir à compléter ; mais, dès que la paix fut signée, de nombreuses expéditions partirent de la Grande-Bretagne dans le but de faire des découvertes géographiques, et l’une d'elles fut envoyée sur les côtes de l'Australie. En quatre voyages accomplis de 1817 à 1822, le capitaine Philip-Parker King a augmenté d'observations essentielles la connaissance qu’on avait des côtes intertropicales de l'Australie.

Si nous passons en revue les résultats de ces expéditions, envisagées comme continuant les découvertes de Flindersgle premier objet qui s'offre à notre attention est une rivière considérable signalée sur la côte nord , et à laquelle.on a donné le nom de Liverpool (Liverpool river). déiflécatverte de Port-Essington, dans la péninsule au nord de Van- Diémen, promet des avantages plûs grands e te hâvre, Port-Essington égale , s’il ne les surpasse pas, tous ceux que j'ai jamais vus, dit le capitaine King, et par sa proximité des Moluques et de la Nouvelle-Guinée, par sa situation sur

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la ligne directe de communication entre Port-Jackson et l'Inde ; comme aussi par cette circonstance qu'il domine,le passage du détroit de Torrès, il doit, dans un laps de‘

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une importance très-considérable, »

Sur les rivages du golfe de Van-Diémen, le capitaine King découvrit plusieurs rivières ayant en général le même aspect, et qu’il comprit sous un nom collectif emprunté aux alligators dont elles étaient infestées. L'une d'elles fut reconnue par les chalou pes jusqu’à plus de trente-six milles de son embouchure, endroit où l’eau avait encore deux brasses et demie de profondeur. Les rives étaient basses et bordées de taillis épais ; le pays environnant formait une plaine en général unie parsemée çà et là de quelques collines boisées, sur lesquelles le palmier élevait sa tige droite et légère. La configuration physique de ces rivières, dont les sources doivent être éloignées

puisqu'elles traversent une plaine selon toute apparence fort

étendue, semble prouver qu’elles sont les embouchures d'un grand fleuve qui se divise en plusieurs bras et se jette dans la mer par une espèce de Delta.

Le golfe de la grande baie de Van-Diémen fut découvert par trois vaisseaux hollandais partis de Timor en 1705. Ils y entrèrent, mais sans l’explorer , et jusqu'én 1818 ses rivages demeurèrent inconnus. Lorsque le capitaine King en sortit, il longea du côté de l’est les rivages de la terre septentrionale de Van-Diémen, que jusqu'alors on avait considérée comme une péninsule, Il en examina minutieusement les côtes nord, et en doublant le cap Van-Diémen, sa dernièré limite de ce côté, il fut surpris et charmé de découvrir un bras de mer qui s’ouvrait vers le sud , et qui paraissait être l’embouchure d'une granderivière. Nos voyageurs y entrèrent avec la marée, et après avoir fait seize ou dix-sept milles, jetèrent l'ancre à onze brasses de profondeur. Les bords , surchargés de lianes et d’arbustes, étaient presque inaccessibles; des deux côtés le pays était bas et couvert de bois épais; le palmier landan, le palmier à éventail, et le louvourou, s’y distinguaient parmi les arbres ordinaires des forêts australiennes. Le capitaine King et ses compagnons ne doutèrent pas qu'ils n’eussent découvert ce qu'on cherchait avec tant d'ardeur sur la

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terre australe, c'est-à-dire une rivière considérable, lorsqu’en avançant quelques milles plus loin, la pleine mer leur apparut tout:à-coup et détruisit toutes leurs espérances , en leur démontrant que ce qu’ils prenaient pour une rivière n'était qu'un détroit. L'examen qui fut la suite de cette découverte a prouvé que la terre de Van-Diémen des anciennes cartes est en réalité composée de deux îles séparées par l’étroit chenal qui avait si cruellement décu nos navigateurs, et auquel le capitaine King donna le nom de détroit d’Apsley. Ce détroit a quarante milles de long sur un ou trois de large; … 8a profondeur est généralement de dix à treize brasses ; mais ” à l'extrémité sud se trouvent plusieurs bas-fonds, et des chenaux y sont un accès difficile. Des deux Îles, la plus grande, située à l’est du détroit et qui a peut-être deux cents milles de circonférence, fut appelée l’île Melville ; l’autre, située à l’ouest etenviron de moitié plus petite, eut pour parrain lord Bathurst.

En s’ayançant au sud-est au sortir du détroit de Clarence (Clarence straîit), c'est ainsi qu’on a nommé le large canal qui sépare l'ile Melville du continent, la côte est généralement fort basse et n'offre pas un aspect attrayant, Sous le 15° de latitude , le capitaine King explora un bras de mer profond auquel il donna le nom de golfe Cambridge (Cambridge gulf). Quoique ce golfe eût d’abord l'apparence d’une grande rivière, on vérifia qu’il se terminait, à soixante-dix milles de son embouchure , par quelques petits courants de médiocre importance.

L'examen de la partie nord de la terre de de Witt obtint des résultats plus intéressants. Le pays prenait là un caractère plus grand et plus montagneux; le rivage s'y découpait en baies nombreuses et en bras de mer profonds ; dans quelques-uns d’entre eux, tels que le golfe de l'Amirauté, le détroit d’York et la baie de Brunswick ( 4dmiraity gulf, York sound, Brunswick bay), qui furent soigneusement examinés, on trouva des ports excellents. La baie de Brunswick est un vaste détroit s’enfonçant à vingt milles dans l’intérieur des terres, et offrant de bons ancrages sur toute son étendue. A l'extrémité de ce détroit on découvrit la rivière du Prince-Régent ( Prince-Regent river) qui, pour employer le langage du capitaine King, « est, sans

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exception, la particularité la plus remarquable de la côte nord-ouest. En général, ajoute-t-il, les bras de mer de cette côte forment à leur entrée de vastes ports; et dès qu'ils commençent à prendre tous les traits caractéristiques d’une rivière , leur cours devient irrégulier et tortueux. Mais la rivière du Prince-Régent court à l’intérieur dans la direction du sud-est pendant cinquante-quatre milles sans que rien n’en intercepte la vue sur une étendue d'environ treize milles. » À quinze milles de son embouchure une ligne de rochers traversant cette rivière y forme une chute au-dessus de laquelle la marée ne se fait plus sentir. A partir de là c’est un beau fleuve d’eau douce d’une limpidité parfaite , ayant trois cents verges de largeur. » Un mille environ au-dessous de la chute il reçoit un ruisseau inférieur qui s’y jette d’une hauteur de cent-quarante pieds ; et, bien que nos voyageurs visitassent cette côte pendant la saison des chaleurs, cette cascade présentait encore l’aspect le plus imposant, La ligne des hautes marées était marquée sur les rives du bras de mer et d'énormes troncs d'arbres se trouvaient jetés à douze pieds plus haut que les dernières traces des marées les plus élevées, Comme le pays environnant était relativement stérile et nu, ces arbres devenaient autant de preuves de la fertilité des terres intérieures. «

Une longue navigation qui doit s'achever dans un délai déterminé ne permet pas d'explorer d'une manière satisfaisante les bras de mer profonds et par conséquent de dresser un relevé assez exact de la côte pour jeter quelque lumière sur la géographie intérieure du pays; le capitaine King, nonobstant son zèle et son intrépidité, n’engagea donc pas une lutte inutile avec les difficultés semées sur sa route ; privé de toutes ses ancres, il évita la périlleuse navigation de la côte nord-ouest. Il ne s’efforça pas cependant d’atténuer l'importance des lacunes qui se faisaient rcinarquer sur sa carte, ou de prouver que les portions de la côte qu’il n'a pu étudier n'offraient aucun intérêt. Tout au contraire, en exprimant son regret de ce qu'il ne peut examiner un bras de mer important auprès de la pointe Cunningham, il fait observer, « que tout ce que l’on connait jusqu'à présent de cette baie remarquable est de nature à exciter la plus vive

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curiosité ; en effet, l'étendue de son entrée, la rapidité du courant, ses fortes marées, prouvent qu'il doit être un golfe très-étendu et différent totalement de ceux qui avaient été observés avant lui. » Environ cent mille plus loin au sud se trouve , près de la pointe Gantheaume, une autre large baie que l’on suppose communiquer avec la première de façon à former une grande ile. Quant au reste de la côte nord-ouest, on ne peut douter que le continent n'ait été rarement aperçu et que la ligne de côtes jusqu’à présent marquée sur les cartes ne soit que l’imparfait tracé de la limite extérieure d'un archipel resserré. Le golfe d’'Exmouth, autre bras de mer profond, borné à l’ouest par la grande péninsule dont le cap Nord- Ouest forme l'extrémité , ne fut aussi exploré qu'imparfaitement ; de sorte que les relèvements du capitaine King, quoiqu'ils contiennent beaucoup de renseignements pcitifs et précieux, ne sont pas assez complets pour désespérer absolument ceux qui croyaient à l'existence d’une grande rivière australienne ayant son embouchure dans l'Océan. Les portions proéminentes du continent australien, uns foule de baiesprofondes et de bras de mer qui seront peut-être reconnus plus tard comme les embouchures de grands fleuves, mais dans lesquels un vaisseau courait risque d'être englouti, restérent encore à examiner,

Pendant long-temps, les études faites sur l'intérieur de ce vaste pays furent encore plus lentes dans leurs progrès que celles dont ses côtes étaient l’objet. La ligne de montagnes qui s’étend parallèlement à la rive orientale, éloignée de la mer par une distance moyenne de quarante milles environ, et que les colons appellent en général les Montagnes Bleues, demeurèrent, durant bien des années, une barrière infranchissable pour les voyageurs. A l'ouest de Sydney, les sommets de cette chaîne n’excédent guère trois mille pieds de hauteur, mais plus au nordals atteignent en plusieurs endroits au double de cette élévation. Du reste, la chaine entière est tellement escarpée du côté de l’est et coupée si rarement par des vallées transversales, que long-temps après l’établissement de la colonie on croyait qu'il était absolument impossible de la traverser.

Au mois de décembre 1789, l’année qui suivit l’établissement de la colonie à Port-Jackson, le lieutenant Daws partit

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