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plus que la peau et les os; on craignait qu'en le lais** sant inauger à sa fantaûiie , il n^ s^ fît au ipal; enfin on se décida à ne pas le géiiei*, et il dérôra la moitié d'un mouton. Le lendemain il était complètement arrondi^ -et se partait à merveille.' Il paraît que l'habitude a fait acquérir à l'estomac de ce peuple une faculté èetilîlakleâ c^le ^^ bêtes tama^ières, pour supporte!* long-temps la faim, et pour manger gloutonnement.
Thompson, de même que les voyageurs dont on a donné des extraits dans cet ouvrage, dépeint la condition desflosoliiinans oomÀidla plus miseriafaléque l'on puisse imaginer, et en attribue également la cause aux empiétements successifs des blancs. Il entendit répéter par beaucoup de colons que ces malheureux étaient un peuple de voleurs, qui, ne voulant ni cultiver la terre, ni élever du bétail, ne peuvent occuper avec avantage le pays qu'ils habiteat; (pi'ils vivraient bien plusàleur aise en se mettant au service des chrétiens, comme bergers ou domestiques, et qu'enfin ils né peuvent être civilisés par aucun autre moyen, comme le prouve la mauvaise issue des tentatives faites par les missionnaires , notamment sur les bords du Zak-Rivier, où, après plusieurs années d'efforts infructueux pour leur inculquer l'amour du travail el des habitudes de prévoyance , M* Kicberer avait été forcé d'aibajadooner son entneprno. Mais Thompton apfHrit pUis tard qiie œt exposé m'était pas exact , et que M. Kicherer, bien loin d'avoir quitté volontaii'ement ces fioschîeaans à cause du manque de. réussite de ses travaux, ne s'était éloigné que
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parce qu« le gouvernemeot colonitl i'airait envoyé remplir ailleurs des fonctions ecclésiastiques. Pour démontrer que les Boscfaimans étaient in^^pables de profiter des bonnes inteotions des blancs qui vou^ laient améliorer leur sort, des fermiers racontèrent à Tbompsoa, qu'une fois ils avaient donné au chef d'une horde im certain nombre de moutons et de dièvres qui appartenaient «s commun aux blancs et aux Bosclûmans ; mais les colons étant allés au kraal peu de temps après, trouvèrent qu'il n'j restait pc|s nit seul animal y et que le& Boschimans étaient aussi dépourvus ^'auparavant.
Notre voys^au* d>serve que, quelle qu'ait pu être la cause qui a nui aux succès des efforts des missionnaires pour civiliser les Boschimans , la conduite des blancs envers ceux*ci a dû contribuer plutôt à les rendre plus barbares, et à les faire agir en gens désespérés (i^% les âpprîvmser et à les rendre traitaUes. Un fiçrmier dit à notre voyageur que, depuis peu de temps, plusieurs des plus sensés parmi les cul*tivateurs avaient essa]^ de traiter les Boscfaimans avec plus de douceur, et qu'une espèce de t;onvenûon existait entre lui et le chef de la principale horde du voisinage. Ce chef vient trouver le blanc à chaque troisième pleine lune, et lui raconte ce qui s'est passé dans sa troupe : si elle s'est bien comportée ; eî elle a vécu modestement de fourmis et de racines bulbeuses, et s'est abUenue de voler du bétail^ die re^t du magistrat et des fermiers de son ressc»*t un don en moutons, tabac , et différentes bagatelles.
Parmi diverses particularités dont ce fermier fit
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part à Thompson , il lai rafcoota qoef , depuis quarante ans y les Boschinîans avaient beaucoup perfectionné la préparation du poison dont ils enduisent leurs flèches. Il affirma que maintenant il ' est plus subtil et pkis dangereux qu'autrefois, et qu'il est composé d'ingrédients végétaux et minéraux très délétères , que l'on &it bouillir soigneusement ; avec le yenin des ,serpents les plus malfaisants^ Ce colon affirma aussi qu'ily a chez lés Boschimans des individus qui ont le pouvoir de charmer les serpents les plus farouches, et de guérir promptement leurs morsures* Ces gens peuvent communiquer à d'autres leur savoir et leur faculté d'être invulnérables. Les fermiers ont la confiance la plus implicite dans les médicaments que ces hommes conseillent, quelque absurdes ou chimériques que soient quelques unes de ces recettes. Une des choses dont ils* font l'usage le plus fréquent à l'extérieur pour les moi*sures de serpent est l'urine, que les Hottentots de la colonie emploient aussi dans des cas semblables , mêlée avec de la poudre à tirer; et l'on assure qu'il en résulte généralement un bon effet.
La danse des Bosdiimans consiste à frapper vio-lemment la terre du pied, et à se tordre en même temps le corps, en Élisant toutes sortes de contorsions. Leur seule nmsique est une sorte de son gémissant poussé par les hommes, et que les femmes accom^ pâgnent d'un cri plaintif; monotone et plus 'doux. Us continuent pendant plusieurs heures cet exercice , qui paraît leur faire grand plaisir, et qui leur ooca* sionne une transpiration abondante.
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Thompson ayant fait adresser des qnei^ns à des Boscfaimans intelligents, obtint lès rémi^ltats suivants sur leurs n<»ns dé nombre.
Un Ta.
Deux T'oa.
Trois; Quo.
' C'est à ce nombre que s'arrêtent les mots simples; pour les suivants, ils répètent ceux-ci, et les combinent de la manière suivante.
Quatre T'oa , t'oa.
Cinq T*oa , t'oa , t'a.
Six *. •. T*oa, t'oa , t'oa.
Sept ■ Toa , t'oa , t'oa , t'a.
Huit............... Toa, t'oa, t'oa, t'oa.
Neuf. T'oa , t'oa , t'oa , t'oa, t'a.
Dix » T'oa, t'oa, t'oa, t'oa, t'oa.
Le défaut d'invention et* d'esprit que l'on remarque dans le langage des Boschimans montre évid^nment l'état de dégradation de l'intelligence de ce peuple. Le soin de soutenir son existence semble avoir absoii>é toutes ses facultés. Quelques kraàls de Boschimans ont de petits troupeaux; ce qui prouve que ces hommes ne sont pas aussi dépourvus de pru* dence et de prévoyance qu'on le dit communément. . Les fourmis, dont ils font leur principale nourriture, sont de deux. espèces; l'une noire, l'autre bjiancbe; ils regardent celle-ci comme la plus délicate : son extérieur l'a fait nommer, par les colons, riz des Bosdiiman»* Cette substance a. tin goût acide qui n'est pas désagréable ; mais il en faut une quantité considérable pour rassasier un. homme aflPamé.
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Afin de remplir leur estomac ^ et peut-être pour modifier la trop grande acidité de cette nourritum^ let Bosèhimans y joignent la gomme du miaiosa.
Un des petits doigts de la main d'un vieillard avec lequel Thompson faisait la conversation, manquait d'une de ses phalanges; interrogé sur la cause de cette mutilation, cet homme répondit que sa mère, ayant p^du peu de temps après leur naissance tous les enfants dont elle était accouchée avant lui, avait coupé cette phalange pour empêcher qu'un malheur semblable ne lui arrivât (i).
Les Corannas ne diffèrent P^s beaucoup des HoU tentots-Namaquas par l'extérieur et les mœurs; (le même qu'eux, ils portent l'ancien habillement en peau de mouton , que Kolbe a décrit il y a. une centaine d'années, mais que les Hottentots de la colonie cmt depuis long-^temps oublié et abandonné. Quelques uns de leurs usages, que Thompson a db** serves 4 indiquent certainement un des degrés les plus bas de l'échelle de la civilisatî<m au moral et au physique; laéanmoins c'est en somme im peuple rempli de bonté. Il l'emporte par sa taille sur les autres tribus de Hottentots: plumeurs ont la tête bien faite, des traits saillants et un air de douceur et de bonne humeur qui prévient en leur faveur. Us mènent tme vie indolente et vagabonde, subsistent principalement en lait de leurs troupeaux , et s'écar^ tent rarement du Clariep et de ses affluents. Leur bétail ressemble beaucoup à celuitfes Betchôuanas et
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des Gafres, étant plus petit que celui de la colonie ou des Namaquas. Quelques nus de leurs kraals possèdent aussi des troupeaux de chèvres et de moutons; mais ces derniers sont peu nombreux. Quoique les atiÎTnaux soient bien portants et de grande taille , la difBculté de les préserver de l'attaque des bêtes féroces, et de les conduire d'un lieu à un autre dans leurs fréquentés émigrations, les empêche probablement d'avoir des troupeaux très considérables.
Les Corannas des bords du Hartebeest-Rivier n'ont pas du tout de bétail, *t vivent absolument epmme les Boschimans. Quand ils ne peuvent ni tuer du gibier, ni ti^ôuver des racines comestibles, ils ont recours aux fourmis, à la gomme, et aux bouts des branches de certains arbrisseaux. Ils sont généralement plus gi'ands que les Boschimans , et différent également d'eux par le langage, ainsi que par diverses particularités. Il paraît que, comme les autres tribus de leur nation , ils ont jadis possédé du bétail, et qu'ils ont été réduits à leur existence précaire par des hordes voisines qui les ont pillés. Leur état actuel indique la marche des causes qui ont réduit les Boschimans, autrefois pasteurs, à devenir chasseurs et voleurs ( i ).
Thompson, qui eut plusieurs occasions de recueillir des renseignements sur les Gorannas , dit encore qu'ils appartiennent à ta famille des Hottentotàpurs : ib sont divisés &i un grand nombre de bordes ou kraals indépendants ; on en compte plus de trente
(i) Thompson's TVaftfÂr, t. i, p. 45o.
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qui , dans leur langue, sont désignés par diverses dénominations, marquant quelques particularités relativeç à la matière de leur vêtemeût , ou à leur manière de se nourrir. Leur idiome ressemble beaucoup au dialecte des Hottentots de la colonie, et à celui des Namaquas. Us sont bienveillants envers les; étrangers, et enclins à vivre en paix avec toutes les hordes qui les entourent , excepté atec les Boschimans, contre lesquels ils nourrissent une haine invétérée, à cause des déprédations continuelles que ceux-ci commettent sur leurs troupeaux. On dit que lé ressentiment d^ns ces guerres est poussé à un tel point, que de part et d'autre on épargne rarement le sexe ou l'âge. Les armes des deux côtés sont semblables; mais les flèches des Corannas sont plus grandes et mieux façonnées, et quelquefois garnies de plumes.
Les seules choses qu'ils fabriquent indépendamment de leurs nattes, de leurs vêtements et de leurs armes, sont des pots grossjers en terre, et des ga-» melles qu'ils taillent avec beaucoup de peine et de travail dans de gros blocs de bois. Ils achètent leurs haches et leurs couteaux soit des Betchouanas, soit des colons, car ils ne travaillent pas le fer.
Les femmes Corannas ont rarement plus de quatre à cinq enfants; si elles accouchent de jumeaux, ce qui n'arrive pas souvent, l'un d'eux est sacrifié, comme chez les Boschimans. La dégoûtante cérémonie du mariage, dontKolbe a parlé comme pratiquée jadis chez les Hottentots de la colonie, n'a pas lieu chez les Corannas ; mais on dit qu'une sorte d'asper-
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