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sion avec le même fluide se fait lorsque les jeunes gens arrivent à la puberté. Cet usage a probablement dofiné lieu à Thîstoire rapportée par Kolbe. La seale cérémonie du mariage dont Thompson ait en* tendu parler, consiste en un régal donné parle jeune homme et par les parents de la jeune fille, à tout le kraal , si leurs moyens le leur permettent. Ils aiment beaucoup lès fêtes, quoiqu'ils aient de la répugnance à tuer leur bétail , excepté dans les grandes occasions, vivant ordinairement de miel, de racines sauvages et de gibier. Ils se plaisent à chanter et à danser au clair de la lune, et à raconter des aven«> tures fabuleuses, le soir, autour du feu. De même que les autres tiîbus de l'Afrique méridionale, les Corannas possèdent l'art de faire ime espèce d'hydromel très enivrant, en laissant fermenter le miel avec le suc d'une certaine racine, dont Thompson ne put se procurer un échantillon.
Les Corannas sont très sujets, de même que toutes les tribus hottentoles, à la phthisie pulmonaire, et plus particulièrement à une maladie nommée là fièvre sanguine , qui en emporte un grand nombre. Quelques personnes pensent qu'elle est due à leurs fréquentes et brusques immersions dans le Gariep, quand ils reviennent de là chasse trempés de sueur : d'autres l'attribuent à la qualité insalubre de l'eau dans certaines saisons : elle se manifeste en général par des bubons dans quelques parties du corps : dans ce cas, ils font une incision tout autour, et y appliquent, avec succès, le fiel et la graisse de certains animaux; mais si \e mal se porte dans l'intérieur, il n'y a pas^
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de remède, et le malade succombe. Cette fièvi*e est Kinitée aux rives duGariep ;^ses ravages oot lieu princîpaletneot dans les mois de février et de mars. Pour les coupures et les contusions, les Corannas ^n** ^ient avec avantage les feuilles du boukou^ et une <ou deux autres plantes.
Us n'ont aucune cérémonie religieuse, et seule- «leat une idée bien confuse d*un état futuûr. Quelques uns disent que , suivant ime tradition de leurs ancêtres, les esprits des hommes monteront, par une porte dans les nuages, dans un autre monde, où ik continuent à exister; mais bien peu ont confiance à cette tradition. Tous avouent qu'avant l'arrivée des missionnaires parmi eux, ils n'avaient pas une do^ tion claire d'un Dieu suprême , ni d'un état de ré*compenses ou de punitions futures.
Us sont extr^ement adonnés à une sorte de sorcellerie malfaisante, qui a quelque analogie avec celle des tribus cafres, et par le mojren de laquelle ils se tourmentent cruellement lés uns les autres; on dit même que quelquefois ils ont recours à des pratiques pires que des empoisonnements imaginaires, et qu'ils se servent réellement de poison.
Toutes les tribus des Corannas de la partie supérieure du cours du Gariep et de ses a£Quents vivent en amitié et en alliance avec les Griquas, et se liguent avec eux contre les Boscbimans. C'est par œtte connexion que quelques unes se sont procuré des armes, à feu. U y a des hordes confédérées avec celles des Matclhapis, et des mariages ont firéquerafneot lieu entre elles. Celles du cours inférieur du
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Gariep ont «tr^ement souffert des dëprëdations de troupes de bandits qui infestent les bords de ce fleuve; on a vu, dans la relation du vùyage déThonip* son , à quelle misère extrême elles ont été réduites ; elles semblent avoir moins d'activité et de persévérance que les Boscbimanspour ohercber des ressources dans la chasse du gibier, et dans les insectes et les raci* nés sauvages , quoiqu'elles soient accoutumées depuis long-temps à recourir à ces moyens précaires de sub* sister.. Toutefois il &ut convenir que, pour creusa des fosses deistioées à prendre des hippopotiunes ei d'autres grands animaux, lesCoranHas montrent un d^ré d^telligence et de patience non moins remar* quable que celle que déploient les Boschimans, et à laquelle on ne s'attendrait guère d'après leur carac-* tère indolent (i)«
Le portrait que Thompson fait des Betchouaaas ressemble beaucoup à celui qu'on a vu dans les relations des autres voyageurs. Il les dépeint également comme de très beaux hcmunes, et l'emportant à cet égard sur les Caires, qui pourtant ont l'air plus mâle et plus martial. Les Betdiouanas ont en général très peu de barbe, et plusieurs sont chauves; ce qu'ils regardent comme une défectuosité. Ils sont très cérémonieux dans l^rs allocutions entre eux; et les Cl^itaines inférieurs ne le sont pas moins lorsqu'ils causent l'un avec l'autre que lorsqu'ils s'adressent aif roi» L'interprète, lorsqu'il parlait au roi , commençait S9n4isoours«n disant : «Je parle au père^de Pikbu. »
(i) Thompson's T/welsp t. i, p. 25o-449ft. tip p. «6*39.
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lorsqu'un capitaioe s^adressait à M. MofFat le inissjonnaire , il avait coutume de dire : <c Je parle au père de Marie.» Dans leurs harangues tts se nomment les fils de Mallahahvan ou MoUivahang*, suivant la prononciation d<3i quelques voyageurs.
' Un soir, lliompson ayant entendu des cris plaintifs et des lamentations dans une partie de la ville, apprit qu'ils étaient Occasionnés par la mort d'un persoïinage' considérable, et que ses parents et ses domestiques exprimaient leur douleur etieurs regrets auprès de son corps. Ces cris ressemblaient un peu à : Tchoitcho! tchol répété continuellement^ tantôt lentement et tristemeAt, tantôt rapidement avec diverses modifications, qui produisaient un efFet bizarre et mélancolique. Notre voyageur entendit aussi d'autres personnes chanter près d'une personùe malade, mais sur Un ton plus doux et plus monotone (i). Lorsque Thompson était en course avec Arend, il questionna plusieurs fois ce fugitif sur les moyens de passer à travers le pays occupé par les tribus betchouanas, et d'arriver à la baie de Lagoa. Arend lui répéta que, âàns l'invasion des Mantatis, il l'aurait volontiers accompagi^é jusque-là, puisqu'il connaissait la plupart des chefs qui habitent sur la route. Il, dit que. peu de temps avant il était allé à une petite distance de ce lieu. Ayant besoin de vêtements pour sa femme et son enfant, il se mit en route pour en acheter sur les bords de cette baie; mais étant parvenu aune journée de distance de l'éta-
(i) Thoinp$ou's 2>viP0i^, t. I, p. 17a.
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Uîssement portt^ais, il se prooiiva, chet les iiidi* gènes 9 les choses qui lui étaient nécessaires^ et s'en retourna. U donna à ThompscHi une pièce >de toile ^ coton fine dont il avait fait l'emplette ,^ et qui était réellement de fabrique indienne. Dans cette excur-^ sien, dont il évaluait la durée à dix journées, il voyar gea dans un beau pi^s très peuplé; à la dematfde de Thompson , il décrivit ainsi sa route. *
ce Parti de Lattakou, qui appartient à la tribu des Matolhapls, et dont Levenkels est maintenant le chef sous Matibé, je suis allé à Nôkeuning\» qui em est éloigné de dixrbuit milles : il à déjà été question deMahoumapélo, chef de ce lieu. De Nokeuning, à la capitule des Barolongs, j'ai marché pendant trois jour$;'le chef ou roi de cette, tribu, se nomme Machaon (Campbell a, par méprise , appliqué ce nom à la ville, et a donné au roi celui dé Kôussé, qui est un titre signifiant chef, ou principal personnage dans leur langue). De chez les Barolongs diez les Marotztes, je mis cinq jours. En un jour j'allai de chez ceux-ci chez Kapan , chef des Manémagons , tribu très considérable ; en un autre jour, chez Lasak, roi des Maquins. De chez lui à la baie de Lagoa y il n'y avait plus que djeux petites jpurnées. Les montagnes du pays des Maquins, d'après la description . qu'Arendenafaite, ressemblant à celles dont parie le capitaine Owen, comme visibles des environs de la baie de Lagoa.
«J'essayai, ajoute ThcBnpson , d'apprendre d'Arend si les tribus chez lesquelles il avait voyagé savaient quelque chose du sort de la' troupe du doc-
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teur Ckman. On avait dit, d'après Fantoritë de» dufê Matcihapis, cpe ces infortunes, avaient été extermi-^ nés par Makkabba, rcn des Wankits. Arend, ^'accord sur le £ût prinoipai avec des Griquas que j'avais interrogés, mWura que ce réeit était entièrement &UX, et inventé par d'autres tiibus qui haïssent et redoutent Makkabba, afin de rendre ce chef odieus aux colonSu C'était dans des intentions pu^eilles qu'un fils de Makkabba, qui était récemment venu à Kourouman , représentait «on père-oomme le tneurtrier de Cpwan , afin de prévenir les missionnaires contre hn , et d'obtenir leur influence pour l'aider ^ ras^ sembler des troupes qui le missent en état d'atta-* quer son père, contre lequel il s'était révolté, et qu'il complotait de supplanter* Mais Arend donnait un démenti fcumel à ces allégations ; il ^it allé à Mé- Itta chez Makkabba, c[ui l'avait accueilli de la ma«nière la plus hospitalière et la plus généreuse, et lui avait. &it de grands présents en ivoire et ei^ bétail; Conrad Buys, fugitif de la colonie, vivait tranquillement et dans l'aisance sur le territoire de Makkabba, et, à son arrivée, avait reçu de lui un présent de cinquante têtes de bétail. Quant à la troupe de Cowan , Ârend ajouta quedies les Wankits on racqntsût que ces étrangers, en traversant ce pays, avaient été r^us avec toutes sortes d'égards , et en^ suite avaient été massacrés par un peuple éloigné dont il ne pouvait se rappeler le nom. Ces rensei^ gnemehts coïncident parfiôtement avec ceux que le capitaine Owen apprit sur ce sujet des habitants de la côte orientale.
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c Areod ajoubi que , chez ces tribus , le plus grand danger qm courent les voyageurs est d'être pris pour des espions, dont elles se défient beaucoup. En conséquence, il pensait qu'il conyiendrait de s'arrêter pendant dix jours dans la«yille principale de chaque tribu , afin d'acquérir la confiance du chef, et è^cb-tenir sans difficulté la permission de traverser ses terres »(i).
Thompson donne de nouveaux détails sur les Na^ maquas. Il dit, comme les voyagemrs précédents, que ce peuple appartient à la famille des Hottent(M, et habite le pays voisin de la cote sur les deux rives du Gariep. C'est une nation pastorale et nomade qui ressemble beaucoup aux Corannas, dont elle a te caractère doux, indolent et paisible. M. Barrow qui^ il y a une trentaine d'années, visita quelques kraals de Namaquas dans le voisinage des monts Ramies, est, suivant noire voyageur, l'écrivain qui a donné les détails les plus satisfaisants sur ce peuple.
1^ contrée qu'ils occupent est désignée ordinai** rement sur les cartes par les noms de pays dcjS grands et des petits Naroaquas. Quelle qu'ait pu être, dans l'origine, l'étendue de ce dernier, il est restreint aujourd'hui à l'angle aigu compris entre la côte ma«^ ritime et le Gariep, et borné au sud et à l'est par le cours du Koussie , et par les monts Qarlisle. Le pays des grands Namaquas est beaucoup plus vaste , se prolongeant à deux cents mille» au nord des rives du Gariep , et autant à l'est des cotes de la m^ vers
(i) Tkoinpscm*^! T^vels^ t/i, p. »oS.
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l'intériein*. Il est séparé du pays desfietchouaqjls par m» désert immense , ab$^luiiijent iohabitafale à caose du manque d'eau. Au nord^ il coufiae avec le, pays des .Damaras. Une grande partie du territoire consiste en une très gnmde plaine ou vallée qui est arrosée ou plutôt dont toutes les eaux sont reçues'par le fleyuve.nommé rivière^des Poissons par Levaillant. Ce voyageur a commis une erreur en le marqpant sur sa carte oorame ayant son embouchure, daiis la mer au nord de la baie d'Angra-Péquina. M. Burchell, d'après son autorité, a commis la même fauté. Thompson a reconnu que c'était un affluent du 6a^ rtep, et Ta nommé Borradaile-River> d'après, un de^ ses ^mis. Il se réunit au iGàriep à peu de distance de l'emboufibure de 0elui-ci ; et on dit qu'après des pluies abondantes il est très considérable; mais, de même que la plupart des rivières de ces régions qui n'ont ^';un, cours tempcuraire, son lit paraît presque tour jours vide, et ne . présente que des mares éparses d'eau stagnante. Néanmoins c'est, après le Ciâriep, ]» principale rivière du pays des Namaquas;et, dan$ la saison sèche,. ses rives sont fréquentées par des troupes noe^reus^. d'indigènes. On avait parlé à Thompson duKouisip comme d'une rivière également importante, qui se jetait dans la mer plus au nord; mais il ne put obtenir au/cune information précise sur sa natuee ni sur son. cpurs , et, en consé^quencCy ne la plaça pas si^r sa carte. En général, le pays des grands Namaquas est sec et stérile, vivifié seulement çà et là par quelques sources permanentes qui fournissent aux besoins des tribus nomades et
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