‹ Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection des relations deChapitre 39 sur 60 · SU · texte numérisé non relu

SU

Finances de ]a colonie.

Dans l'origine, la colonie du Ciq> nédevuk servir qu'à fournir des vivres aux vaisseaux de la con^^ gnie de l'inde; elle ne s'étendait que jusqu'à la Salt«- Rivier, et l'on ne ctiltivait que qudques lerres en grains et en tabac. La compagnie fournissait les outils de labourage et les bestiaux; elle accordait ces terres avec l'exieniption des taxes pour trois ans ; mais passé ce terme, elle exigeait des fermiers uae rente consistant dansledixième du produit des terres. Ils étaient obligés éé vendre le produit entier à la compagnie ,• qui prélevait aussi le dixième du produit dont elle leur abandonnait l'usage. £lle leur iflûrcor*

ÉTAT ACTUEL DiJ CAP (l83o). 3^9

dalt le droit de pêdïe pour leur consonmatkm , et la libre di^sitioa d'une partie du produit. Mais- il leur ëtait délieildu de toair des tavernes , de confiner^ cer en bestiaux avec les indigènes. La compagnie leur fiMimissait à crédit des marchandises , en prenant hypodiè^ue sur leurs terres.

Quand la colonîe s'accrut, il fallut bien se relâcher un peu de ce régime de Uttelle^ «Les bourgeois francs de la ville du C^ (^tinrent des facilités pouf commercer avec les payàaas; eeux-ci lurent aussi BMuns restreints dans leurs rdations coramerdales; mais le sjstème des revenus fot maintenu. En relé«guant peu  peu les indiigèn«i, on^isposa de leurs terres en favf«n* de fermiers^ ai leor imposant VcàÀi^ gation de pejer à la Compagnie tme dSme en bétml. On fit des concessions de terrains arrosés de sources ^ eM les abaadoiiiMint, moyennant uny somme ^ pour [duEsieurs années^ Un collecteur £ij|Mt rentrer dani» les magasins de la compagnie , avant la moissoû , ce <pi fan était dû en remm; et pour tenir lûiit ie monde dans Tordre^ il ^ait défendu de cuire du pain $lms une licence, bous peitie d'amende ^t de travaux forcés pendant s\% mois.. La compagnie pouisuivatt les boulangers qui achetaient du grain sans lieenoe^ ou qui faisaient moudre aill^^urs que dans ses moulins. £n 1711, IVsprit de fiscalité comprit aussi hs vignes dans ks dîmes/ Outre le droit sur les bestiaux, qui équivalait à ^4 ^tL-^ dollars pour ^rois mille aarpents de pâturages ^ la compagnie, sous prétexte <le réps^er les routes et de détruire les bêtes féroces, leva enccM^ une taxe

Digiti

38o ÉTAT ACTUBL DU CAP (l83o)>

payable en bestiaux et en brebis. On voit, par un rapport d'un comité en 179^, que dépuis 1781 jusqu'en 1791 , on avait levé sur les colons, en taxes directes, la somnie de 2,65^,898 goilders (176,889 Uvres sterling). Le produit de leurs terrés était trop éventuel pour permettre une surcharge de taxés. La compagnie, au lieu de percevoir la dSme en nature, avait fini par accepter une somme d^argenti: elle re^ vint à l'ancien mode de la percçpftion des productions en nature ; et ses magasins fournirent aux boulangers le grain, nécessaire. Cependant la néc^té ne tarda pas à la faire renoncer au monopole des gfàihs. Des- greniers de prévoyance furent établts pdUr ^approvisionnement du cbei-lieu;ma£s toujaui^ sous l'obUgation de payer une dîme à la compagnie. Le gouvern^B^nt batave eut âoia aussi d'âmposar des taxes sur le vin ^ sur i'eau^de-vie introduits du dehors; il s'attt*ibua le ujpiôpole du vin en détail, et afferma à quatre personnes, le. droit du. débit dans toute la cèlosiie. iCea débitants privilégiés :6nt3 Je :nom àe pagtjsrs, ou fermiei^.> Leur inonopole n'a.été aboli eh 1823 <jue dans la j ville du Cap et daii^ le district dfAibany. . .' /

. Outre ' les. taxes, sur les ^propriétéd et les i^roduotiws^oft lèye uoeiitamp^éonnelle, ou unecapita**: tÎQQ .sUr tous les iïidividus; les honimiies commeaoï- Qent à la^payer à fâge de sei^^ans, èt.ks femm^ àlagie de vingt.

., QuoijC[.qe les taxes soient assez; oi^reuaes et coi^i- (iérabWs , il p^qak pour/tant qu elles ne > suffis^t p^us toujours pour. couvrit les dépenses jdansi les.distticta

Digiti

ÉTAT ACTUEL DU CAI* ( I 83o). 38 f

les plus populeux et les plus productifs, et encore moins dans les districts qui donnent un revenu in-signifiant, et où -pourtant le gouvernement est obligé à de grands frais pour maintenir la sûreté publique. Avant Tannée i8i3 on mettait en réquisition* pour le service public , les chevaux et les chariots des habitants, sans aucune rétribution; depuis lors, il a été. ordonné de payer les relais. Il en est résulté des dépenses considérables dans les districts de l'Est, oïl passe la route assez fréquentée de la Cafrerie, et où se prépare la guerre contre les Cafres. Il a fallu, dans ce pays, lever des taxes extraordinaires pour défrayer les voyages des^ fonctionnaires. Ce qui a encore augmenté les charges publiques dans tdus les districts, ce sont les emprunts qu'on a été obligé de faire, pour construire des édifices publics et d'autres travaux nécessaires. Le bureau du landdrost et des hcemraden du distrtct a la faculté d'ordonnancer des dépenses du montant de 5oo rixdollars, sans autorisation du gouvernement. Ces bureaux ayant fait souvent usage de cette faculté, sans mettre les stipulations en règle , il en est résulté beaucoup de confusion dans les coiDptes. Nous ne sommes pas encore au bout des taxes. En 1 8 1 2 , on en a établi une nouvelle , sous te nom de commando-tax ; en voici le motif. De tout temps les habitants mâles de la colonie oiit été obligés, depuis l'âge de seize ans, au service personnel , quand il s'est agi de défendre les frontières contre les tribus vagabondes. Cependant , comme ce service était très onéreux pour les districts de l'Ouest^ dont les habitants étaient forcés de s'absenter très loia

Digiti

38a iTAT ACTUCL PU GAP (ift3a).

et pour iQog^ienqpa de leuro demeures , ih ûfeni k proposition de se cotiser n^a de fournir de quoi défrayer tm corps soldé pour la ééfènsede&frmtières. I<e gouvernement n'eut ^rde de refuser. Une somme *de 61,000 dollars fut imposée et i*épftrtie sur^la ville du Cap et sur les cinq districts les plus éloignés des frontières. La ville seule fut imposée à la somme de 1 5,000 dollars, c'est-à-dire à un quart à pett près.

Nous avons vu que ,. dans l'origine , les celons n'étaient que les fermiers du gouvernement, qui se considérait toujours comme propri^aire du soi; et quoiqu'il ôtât rarement les terres à ceux qui les te^* liaient de lui., et à leurs familles, ils ne pouvaient pourtant pas se considérer comme propriétaires. En 1 8 1 3 9 le gouverneur , sir John Gradock s'occupa d'assurer aux colons un droit de propriété , afin de les engager par là à mieux culvver les terres^ et 4'augmenter tes revenus du gouvernement. On leur accorda la faculté de demeurer fermiers ou d'acq^ rir des titres de propriété; pour cela , il fallait &ire lever les terrains par les arpenteurs , entendre les avis des landdrosts'et leurs he^nradcya^ examiner les rééUnnations des colons, etc. Cétait bi^ucoop d'aidharras pour te gouverneneni; on ne s'entendait pas; les colons se plaignirent de payer tin^urs, et te gouvernement prétendit qu'il ne retirait pas d'avantages d'une mesure qui devait accroître s^ 6nances. Le mode de perception déplaît aussi. Quand les fermters apportent leurs denrées au mardié de la ville, leurs chariots subissent à Foctrcn <tes visitiÀ longues et minutieuses; il en résulte des calais

Digiti

iTkT ACTUEL DU CAP (l83o). 383

Routés à ceux que aiuse un voyage t(^g ^t péatUe à cause des attelages deboeufe qu'on prend ordinairement. On lève un rixdoUar pour jauger les barils de vin et d'eau-^de-vie : cet impôt est destiné, assez singulièrement, à faire un (obAs pour l'entretien d'une bibKothéque publicfye. En i8si4 9 ii a rapporté 16,181 rixdoUars; aiissf le gouvenaement a trouvé bon de joindre cet impôt aux autres, et de prendre la bibliothèque à sa charge. Au marché du Cap, il n'y a pas une seule denrée t|ui ne paie un impôt*. Dans l'origine, c'étai^uniquement pour la construction d'iin marché neuf; mais actuellement ces im^ pots servent à faire face à beaucoup de dépenses. I^es bouchers ne peuvent abattre ou vendre au Cap une pièce de bétail sans payer a TEtat deux rixdollars.* En 1825, ils ont payé de cette pianière 33,193 rixdoUars. D'un autre côté^ les boulangers paient 4ia rixdoUar d'impôt pour chaque double boisseau de farine qu'ils emploient. Cette taxe est appliquée à l'entretien des greniers publics, qui ont reçu ainsi, en 1826, la somipe de â5,554 rixdollars. Pour lever plus Êicilement ces impôts, on ne laisse travailler d'autres bouchers ni d'auttes boulangers que ceux qui ont obtenu des licences. Il parait que dans les districts les landdrosts Jmitent ce système, qui dé-* truit la concurrence et gène l'industrie. On ne peut pas dire que les vivres soient chers au Cap ; cepeùdant ils seraient à meilleur marché , si l'on ôtait les en-^ traves du débit. C'est ce qui a été proposé et peutêtre effectué dans les derniers temps; et, comme on a organisé en même temps des marchés dans lès disr

Digiti

3^4 ÉTAIT ACTUEL DU CAP (l83o)»

tricts, il est à espérer' que l'industrie agricole pretidra bientôt une autre face dans cette colonie.

On a un mode également onéreux pour lever l'impôt , ou opgaef , sur les personnes ^X les récokes. En mars et en avril , après la moisson , on appelle les habitants du district à la landdrostie , qui est, pour quelques uns, très éloignée* afin d'y faire la déclaration de leur récolte en grain et eh vin, de l'état de leur famille , et du nombre de leurs bestiaux ; après quoi , le secrétaire du district fait connaître à chacun le montant de la taxe qu'it doft payer. En 182 5, les impôts sur les terres se sont montés à 1 26,63a rixdolJars.

Le fisc étant à la recherche de nouvelles ressources , a récemment pensé d'établir un impôt sur les esclaves, ou plutôt sur les maîtres pour les esclaves qu'ils entretiennent. Un bon esclave est, dans la colonie, un moyen de gagner sa subsistance : on loue son travail ou ses journées à des particuliers. On fait' de même à l'égard des nègres et des négresses capturés sur des négriers, et que le gouvernement place pour quatorze ans chez des colons. Les anciens colons, qui sont généralement d'un caractère indolent , trouvent fort çomiliode de faire faille tous les travaux des champ5 par. des esclaves ou par des Hotteiitots qu'ils louent à bas prix. On espère que les colons anglais, récemment arrivés, répandront des habitudes plus laborieuses , et feront disparaître cette paresse, cause de la lenteur des progrès de la colonie dans Tagriculture et dans les arts mécaniques. On évalue à vingt^quatre mille quatre cent

Digiti

ÉTAT ACTDEL DIT CAP (l83o). 385

quatre-vingt-deux le nombre des esclates enregis* 1res, et âgés de seize à soixante ans; et dix mille Hottentots et autres individus se sont engagés comme ouvriers ou domestiques pour l'année.

Il se fait dans la colonie une grande consommation de poudre, tant pour la destruction du gros gibier que pour la défense des fermes isolées. I^e gouvernement s'était attribué le monopole de la poudre , surtout avec l'intention d'en surveiller la distributicm , et d'empêcher que les colons n'en vendissent avec des armes à feu aux tribus sauvages sur les frontières de lat colonie. Cette précaution a été inutile, on a vendu sans cesse de la poudre et des armes par contrebande. Comme il faut nécessairement que les paysans, surtout vers les frontières, soient armés, on a conseillé au gouvernement de renoncer au monopole , et de laisser les paysans se mimir d'armes comme ils voudraient.

Les ventes publiques jouent un grand rôle dans la colonie, et sont une source de revenus pour le gouvernement. Il y a au Cap une administration particulière, V€ndue»department y chargée de les diriger. Des marchands ou des propriétaires de biensfonds qui veulent disposer de» leurs propriétés par la voie des enchères, sont obligés de s'adresser à cette administration qui détermine le jour , et fait faire la vente par des commissaires. Les ventes de marchandises se font ordinairement dans les rues. Nous avons vu, par les relations de voyage, que, dans les campagnes, les ventes à l'enchère sont, pour les colons, dés occasions de réunion , de régal XXI. a5

Digiti

386 iTXT ACTXiKL DU CAP (i83o).

et de rëjonia^aoce. Le bureau d^ ventes acçw4e habitueliemeut tix)i3 moisi de crédit pour le paiement de& biansHoieuble» dans la ville du Cap et à Simons^ Town, et quatre mois pour les paiemeuta dau$ les campagnes. Ce crédit met les acheteurs à même de débiter eu détail les objets d'achat avant de les avoir pay^, et il y en a qui achètent sans argent, et comptant payer avec le produit de la vente. A la fin de chaque vente àTendière, le bureau dresse des billets (vendue rûlli) : ce sont vérifabfement des lettres de change qu'on tire sur les acffuéreurs; et comme le bureau est responsable du paiement^ et a le pouvoir de se faire payer strictement au terme alloué, ces billets entrent en circulaiion , et s'escomptent faei^ l^nentà raison die six pour cent, soit à la banque, soit chez les partiouliers. Le bureau retient, potnr les frais de vente, d'abord cinq pour cent, puia encore deux, enfin un demi* Dans diaque district il y a un maître de ventes (vendue master) et un commissaire-][H;iseur(a£^c/^i>/^^r). D'après un compte de quatre années, la recette du gouvernement sur les ventes s'est monté à 173^:289 rixdoILars.

Les douanes sont, dans la colonie, d'une institu** tion récente* Dans l'origine, la colonie n'existait que pour la commodité de la compagnie de l'Inde; ceux qui s'y établissaient en cultivateurs ét^ent exclus du privilège de commercer avec le dehors; ils devaient se trouver heureux si, par leur propre travail.ou par celui de leurs esclaves, ils produisaient assez de denrées pour pouvoir les échanger contre.quelques ar* ticles de première nécessité. Pendant tout le temps

Digiti

. ÉTAT ACTUEL DU CAP (l83d). 887

du régime hollandais, le commerce avec le dehors ne fut jamais encourage ; ce n'est que depuis que les Anglais ont pris la seconde, fois possession du Cap>, que ce pays maritime a commencé à avoir part aux affaires du monde commerdal. Une nouvelle espèce de cotons est venue $'y établir; c'étaient des consommateurs qui savaient subsister à l'aide de leur industrie 9 et qui avaient plus d'activité que les colons de l'ancienne race. En mettant en ârculatioo un papier-monnaie soutenu par son crédit, le gou-^ vernement facilita les transactions commerciales. Le commerce augmenta , on prit le goût de la vie ai-' sée des Européens. La prohibition de la traite des noirs engagea les colons du Cap à tirer parti de leurs esclaves, en les louant pour un certain temps à ceux qui avaient besoin de leurs services. Ce qui avait sui^ tout contribué à la prospérité de la colonie, c'étaient les approvisionnements de la Qotte anglaise dans le temps de guerre. Mais la paix vint en6n, la flotte fut réduite ainsi que la garnison ; le papier-monnaie perdit de sa valeur; de mauvaises récoltes et desispé-^ culations manqué^ sur les vins du Cap produisirent de la gêne dans le commerce. Le gouvernement an» glais avait d'ailleurs pris des mesures pour forcer la colonie à ne cœnmercer qu'avec la Grande-Bre^ tagne. Dix pour cent d'impôt sur l'introduction des marchandises étrangères mirent presque fin aux relations avec le dehors, surtout avec les ports de l'est^ d'où le Cap tirait des vivres dans les mauvaises années, notamment du blé et du riz. En revapche , le Cap fut inondé de marchandises anglaise^ à bon compte.;

Digiti

S88 ÉTAt ACTUEL DU CAP (l83ô).

Il n a point de mariue pour faire un comnïerce important avec les Indes occidentales ou avec TAmérique du sud ; il ne lui vient plus que peu de navires de l'Europe , si Ton excepte l'Angleterre : ceux qui arrivent apportent quelques articles de fabrique hollandaise , pour lesquels les colons de Tanctenne race marquent de la prédilection^ et quelques marchandises françaises. Le gouverhement anglais , fidèle à son systèipe colonial, persiste à maintenir l'impôt de dix pour cent sur les marchandises étrangères, et; sur. toutes les denrées quelconques des contrées orientales, tandis qu'il ne prend que trois et un quart pour cent sur toutes les productions et marchandises venant d'Angleterre dans des bâtiments nationaux. Ceux qui connaissent bien le Cap sont d'avis que la principale ressource de cette colonie consistera toujours dans l'approvisionnement des vaisseaux qui vont dans la mer des Indes ou qui en viennent. Il faut donc que le gouvernement favorise et facilite l'exportation des vivres ou l'échange des provisions contre les marchandises apportées par les navires qui ont besoin de se ravitailler. Pour que toutes les parties de la colonie puissent profiter de ce. commerce, il faudra que les ports de la côte puissent y participer. On a proposé d'établir dès à- présent une douane au port Élbabetb, afin de facihter les exportations de la province de l'est. Cette douane pourrait avoir un poste à Port-Frances. II faudrait encore que le gouvernement encourageât, les exportations de viyres pour Sainte-Hélène, et l'exportation des vins dU Cap pour l'Angleterre et pour les

Digiti

J^TAT ACTUEL DU CAP (l83o). 33j^

possessions anglaises dans l'Inde, en échange du thë et d'autres denrées précieuses de l'Asie.

La poste, au lieu de rapporter au gouvernement, n'a été jusqu'à présent qu'un sujet de dépenses. On expédie les malles aux lettres, dans la colonie, par le moyen de postillons hottentots, ou esclaves des paysans qui demeurent auprès de grandes routes, et qui sont désignés comme maîtres ou teneurs de postes. Ils reçoivent une indemnité calculée sur le j^iombre d'heures employées pour; transporter les lettres au prochain reki. Sur lés routes du nord et de l'ouest, ce sont 3 rix dollars; sur la route de l'est ^ on paie jusqu'à 9 rixdollars par heure. Le bureau général des postes au Cap expédie et reçoit une malle par semaine. Quand le service public l'exige, on fait partir aussi des postes extraordinaires sur la route de l'est, où demeurent les colons anglais, et où s'expédient beaucoup de feuilles publiques. Il faut, pour le transport 4i|ila malle , deux et quelquefois trois chevaux. 'Ce sont les landdrosts qui désignent les teneurs de postes, et quelquefois les paysans re« tienneisit le salaire et n'en donnait qu'une faible paît aux Hottentots qui se chargent du transpcHrt. La dépense annuelle du bureau des postes au Cap a été jusqu'à présent d'environ ^,6^5 liv. sterl. par an, et les postes n'ont rapporté que i^gSo liv. sterl. On a proposé de supprimer la poste de Tûlbagh à Graaff- Reynett, et de correspondre avec ce dernier district par Graham's-Town et Somerset.

, Anciennement le gouvernement pourvoyant à tout ; il avait, donc aussi une imprimerie :. maintenant il

Digiti

390 ^TAT ACTUEL DU CAP (l83o).

existe au Cap des imprimeries particulières, et l'imprimerie du gouvernement n'est plus d'une grande utilité. Depuis 179^, on a une Lombard-Bank, ou caisse hypothécaire,- où l'on prête sur les propriétés, et qui est dirigée par trois commissaires. Le trésor avança à cet établissement des fonds pour qu'on put les prêter en détail , à raison de cinq pour cent, à ceux qui possédaient des biens-fonds, ou des effets en or ou eu argent, des meubles, etc. Quand les Anglais prirent possession de la colonie, en 1806, ils découvrirent de grands abus dans cette institution. Des spéculateurs empruntaient à cette caisse des fonds à raison de cinq pour cent, et les prêtaient à bien plus haut intérêt. La caisse avait prêté sans exiger de ranbotirsements. L'usure profitait plus que l'honnête industrie de cet établissement : aussi les. Anglais crurent-ils devoir le réformer. On ne prêta plus que des sommes modérées, et pour un court terme, à raison de six pour cent d'intérêt. On créa lin fonds d'un million de rixdoUars en p|Lpier, indépendamment de celui dont la caisse était saisie : elle fut autorisée à escompter les billets de vente, ou vendue-roUs, dont il a été parle plus haut. Cet établissement a été très utile à la classe agricole et au commerce"; c'est à cette institution qu'on attribue les perfectionnements et les améliorations qu'on a remarqués dès-lors dans les constructions de la ville, dans les ateliers et dans les fennes. L'escompte qui , en 1808, n'avait donné à la caisse qu'un bénéfice de 3,478 rixdollars, lui rapporta, six ans plus tard, une somme de ^7,4^7 rixdoUars; et en i8a4, le béné-

Digiti

ÉTàT ACTUEL DU CAP (l83o). SqI

(ioe fîit de 479^5 1 ritdollars. Gomme la caisse prétait des fonds pour les travaux publics, la ville du Gap y a g«gtië de nouveaux édifices publics pour TadministratioD) la justice et la bibliothèque, ainisi que des aqueducs et réservoirs. Dans les districts, on a bâti par ce moyen des églises, des maisons pour les land* drosts, et autres édifices publics. Sous peu, laLombard-Bank sera probablement remplacée par une banque soutenue au moyen d'actionnaires ^ comme dans les grandes villes d'Europe. Cette banque pouy*a avoir une succursale dans la province orientale , pour faciliter les transactions commerciales avec les Cafres dans les marchés qui ont été ouverts dans cette province. La commission qui a été chargée d'une en-quête sur l'état de la colonie, a proposé d'autres améliorations, telles que l'établissement d'un hospice pour les infirmes indigents; d'un musée; l'application de quelques fermes du gouvernement au soutien du clergé; la construction d'écoles pour les Hottentots, les Malais^ et d'autres nations; l'avancement accordé aux fils des colons dans les grades du corps militaire colonial, etc.

§ ni.

Commerce. '

Le meilleur indicateur de l'état du oommerre, c'est le montant des importations et . exportations. Uepuis i8i5 jusqu'en 1826, la valeur des importations a été, pour chaque année, de 3 millions et demi à 5 millions de rixdollars, dont le tiers et

Digiti

3^2 ^T AT ACTUEL DU CAP (l83o).

même la moitié et au-delà , consistait en marchandises anglaises, importées par des navires de la même nation; quant au reste, une petite quantité seulement avait été introduite par navires étrangers. IjCS exportations, pour la même époque, se sont montées chaque année à i million et demi jusqu'à 3 millionis un quart , dont la plus grande partie consistait en productions de la colonie. On verra, psu* le tableau suivant, le mouvement du commerce maritime du C^p dans les années 1827 et 1828 (i).

• Faleur des impàrtaUons.

En 1837. ^ <^^^-

De la Grande-Bretagne. , . a 14, 157 I. st. 200,983 1. st.

Des colonies anglaises. ... 61,792 40,904

Des pays étrangers io,io3 199I25

Faleur des exportations.

Pour la Grande-Bretagne . 1 4^,52 1 1 34, 1 56

Pour les colonies anglaises. 4??^^^ 9O9962

Pour \e» pays étrangers ... 1 8,o58 28,784

Faleur des productions seules de la colonie, exportées en L828.

Pour la Grande-Bretagne i32,3oo

Pour les colonies anglaises. . ; 75,465 .

Pour les, pays étrangers • . ^ 26,082

(1) South African advertiser , septembre 1829.

Digiti

ÉTAT ACTUEL DU CAP (l83o). SgS

En 1829, enfin, il y a eu, comparativement à Tannée précédente, une augmentation de la valeur de 25,086 livres sterling pour les exportations, et de 96,618 pour les importations. C'est surtout en vins (pour 20,000 livjres sterlingUn plus), en froment, peaux et cornes, que les exportations ont haussé de valeur. Les importations diminueront en proportion des progrès de l'agriculture et de l'industrie. Déjà on a essayé dm propager la culture de l'indigo et des mûriers. On commence à feutrer la grosse laine pour la chapellerie , en usage chez les Hottentots; d'autrjes objets d'industrie seront introduits successivement. Voici, en peu de mots^ les rapports commerciaux du Cap avec les autres nations. La Grande- Bretagae est pour plus de la moitié dans les importations , et reçoit plus des trois quarts des objets exportés. L'île Maurice et l'Inde entrent pour environ un quart dans les in^)ortations, et reçoivent très peu du Cap; les Pays-^Bas envoient divers objets ; l'Amérique méridionale , les Indes occidentales , Sainte -Hélène, en i^eçoivent des approvisionnements; la France introduit ses produits, ainsi que l'île de Java et les États-Unis; la nouvelle* Galles méridionale en reçoit des vivres; Madère, le Danemark, le Portugal, en introduisent; quelquefois la Suède, l'Espagne et Malte en envoient aussi un peu; enfin le Càp expédie quelques productions pour l'île Bourbon , Mozambique , et pour la Méditerranée.

Depuis 1820 jusqu'en 1826, le Cap n'a exporté des grains que pour la valeur de 758,125 rixdollars, et il en a reçu pour la valeur de 2,iS3,85o; ce qui

Digiti

394 ^"TA-T ACTUEL BU CAP (l83o).

fiiit, pour les sept ans, un excédant d'importation équivalant à 1,395,725 rixdoilars. La culture du froment ne parait pas avoir augmente beaucoup depuis que tes Anglais sont maîtres de la colonie. En 1806, on en avait semé 1 4,^06 muids, et en 1 8^4 , on en a ensemencé 1 5,829. La récolte de ce grain est extrêmement variable. En 1822 , on n'en rééolta que 84,108 muids, et en 1809, les moissons avaient rapporté 200,247 muids; aussi le prix du muids, qui, en 1816, avait été de 68 rixdoUars, fut, en 1 822, de 264 rixdollars. Les vendanges, depuis 1816 jusqu^en 1824 9 ont produit 20,700,000 gallons de vin; ce qui fait, terme moyen, pour une année, 2,3oo,oOo gallons. De ces 20,700,000 gallons, on a exporté 8^5oo,ooo gallons; cela fait , en terme moyen, 950,000 gallons par an. La valeur des vins du Cap a baissé beaucoup; le baril de vin, de première qualité^ de iSi gallons, qui, en 181 3, coûtait 3oo rixdollars, n'en coûte plus que 25o ; et le prix du vin ordinaire est tombé de i45 rixdollars à 5o. On accuse les marchands du Cap de les frelater. Il est vrai que pour donner du corps à ces vins , et les mettre en état de 'supporter le voyage par mer, on y piéle de Feau-de-vie de France ; les impôtis de cette eau-devie, depuis sept ans, se sont montés* à la somme de 1 ,35o,ooo rixdollars.

Le commerce avec l'Inde et les autres contrées orientales décline depuis 1823, cequeFon attribue aux importations d'étoffes de coton anglaises et de soieries françaises dans ces pays, et aux frais considérables du transport des marchandises de Hnde. Ia compa-

Digiti

ÉTAT ACTUEL DTJ CAP (l83o). SgS

gtiie des Indes a, jusqu'à présent, fait un bénéfice considérable au Cap; grâce.)h son monopole, il pa« raît qu'elle y débitait annuellement 1 1 0,000 livres de thé, qu'elle vendait le double de oe qu'il valait. Aussi a-t-on élevé des plaintes dans la colonie contre ce monopole , qui , vraisemblablement , cessera bientôt. Cette compagnie gêne beaucoup le commerce, et la colonie ne sent que trop le joug de l'Angleterre sous ce rapport. Quoique dépourvu de ports très sûrs, le Cap pourrait servir d'entrepôt , s'il jouissait de plus de liberté pour la navigation mercantile. La commission d'enquête fait remarquer au parlement d'Angleterre que les productions de la colonie ne sont pas assez variées pour, que les navires puissent charger au Cap de grandes cargaisons d'assortiment pour les marchés d'Europe ou de l'Inde. Au lieu de forcer les marchands du pays d'attendre qu'il vienne ^quelques uns de ces grands bâtiments, qui, se rendant en Europe ou dans l'Inde, touchent par hasard au Cap, il faudrait que l'on permît aux petits navires d'y faire le commerce de transit, qui pourrait être fort avantageux , et qui , sous les restrictions actuelles, est presque nuL A cet effet, il faudrait que les marchandises, mises en entrepôt ,^ fussent exemptes de payer des droits , et que la marine étrangère pût commercer librement au Cap, sans égard au système de réciprocité établi, pour condition de ce commerce, par les lois anglaises ; d'ailleurs la Grande-Bretagne ne laisse entrer dans ses ports les grains et les vins du Cap qu'après avoir perçu des droits presque aussi forts que ceux qu'elle impose aux productions des contrées

Digiti

396 ÉTAT ACTUEL DU CAP ( I 83o).

étrangères; ce qui n'est pas propre à favoriser le commerce des colons, flfux-ci sont encore peu versés dans les spéculations maritimes. On a essayé d'attirer sur les côtes, particulièrement à Tembouchure des grandes rivières, une population de marins. Ces essais n'ont pas donné encore de résultats. La pêche n'est pas florissante; Êiute de capitaux, et par suite de la disparition des baleines , la pêche de ces animaux est tombée. En 1820, on exporta encore pour 143,376 rixdollars d'huile de baleine; et six ans après, l'exportation ne fut plus que de 1 3,386 rixdollars. Au total , il y a eu , depuis 18 16 jusqu'en 13^49 un excédant d'importations sur les productions exportées, de i5,ooo,ooo de rixdollars; à la longue, la colonie pourrait se ruiner, si elle ne fournissait pas de quoi payer les marchandises qu'elle reçoit. Cependant il faut remarquer que le commerce de terre la dédommage en partie de l'infériorité de* sou commerce maritime.

Le gouvernement hollandais , loin de favoriser les relations mercantiles entre les colons et lesCafres, les avait prohibées. Sotts ce rapport, la colonie a gagné depuis le régime anglais. Quand les Cafres em*ent été repoussés, en 1 819, un de leurs che&, témoignant le désir d'entretenir des relations amicales avec la colonie , donna lieu à l'établissement d'une foire annuelle sur la frontière ; on prit dès mesures semblables à l'égard des Griquas et d'^autres. tribus de la frontière occidentale. Les foires ont réussi , et déjà elles donnent lieu à un commerce qui n'est pas sans importance. Un seul marchand de

Digiti

ÈtKT ACTUEL BU CAP (l83o). 897

Graham's-Town a débité, depuis août jusqu'en décembre 1824, pour 32,700 rixdoUars en verroterie, fils de cuivre , et boutons, objets de prédilection chez les Cafres. Cependant, depuis ce temps, ce peuple a acquis des notions plus exactes sur la valeur des objets qu'il aime , et quMl payait très cher aux marchands de la colonie. £n 1826, les succès de l'établissement des foires sur la frontière de l'est ont ^ engagé le gouvernement à autoriser l'établissement de foires semblables sur toute la ligne des frontières; mais on y a mis des restrictions : on ne laisse partir pour ces foires limitrophes que des marchands munis de licences qui doivent être renouvelées tous les ans; ou a prohibé aussi le débit des armes, des 'munitions de guerre et des liqueurs âpiritueuses. On se promet de ces foires des suites très efficaces pour la civilisation des sauvages , et pour la paix de la colonie.

Les colons, qui ont besoin aussi d'un peu de civilisation, gagneront aux institutions dont s'enrichit successivement le chef-lieu. On s'est cotisé au Cap pour fonder un collège; il est ouvert à la jeunesse depuis le mois d'octobre 1829; une société littéraire a commencé ses séances dans la même année ; une société philanthropique^ qui existe depuis 1828, a obtenu la faculté de racheter des enfants d'esclaves , pour leur faire enseigner des métiers et les mettre à même de gagner, dans la suite ^ leur vie dans une condition libre. Puisque la traite des esclaves est prohibée, il faut espérer que l'esclavage s'éteindra peu à peu. On s*est occupé aussi de rendre aux Hottentots un peu de ce qu'on leur a pris autrefois. Nous avons vu qu'on les

Digiti

3^8 ÉTAT AGTDEL DU CAP (l83io).

rassemble ea missions. £ti 1 8^9 9 le gouvernement a fait choisir un certain nombre de Hottentots, pcmr leur assigner des terres aux environs de la rivière de Rat (i) et du Winterberg. A la fin de la même ann^e, on comptait déjà sur la rivière de K?it 881 colons de cette nation qui possédaient 36à chevaux, 793 bœufs d'attelage, i,8aa pièces de bétail, et S^%2j chèvres et brebis. %n colonisant les Hotten-* tots ainsi, on. les place entre les Cafres et les colons; les postes militaires seront portés aU'^elà des établis* sements*hottentots, et la colonie se trouvera agran** die et fortifiée. Malheiu*eu$ement, il est difficile d'inspirer le goût dé la vie sédentaire aux Hotten** tots; ils préfèrent courir à l'aventure, et il faudra peut-être beaucoup de temps avant qu'ils deviennent des colons utiles , et surtout des colons civilisés.

Nous terminerons tout ce qui concerne les voyage» dans la région du Cap par la liste chronologique des gouverneurs de la colonie du cap de Bonne^Espé-« rance, depuis sa fondation.

Page 1