‹ Histoire générale des voyages ou Nouvelle collection des relations deChapitre 49 sur 60 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Voyage de Guillaume White à la hw de La{$oa ,

en 1798(1).

L'auteur, dans une préface datée de Londres, le 17 février 1800, nous apprend quà son départ de rinde, oii il servait comme capitaine dans le 73** régiment de Montagnards, il était loin de penser qu'il pût jamais rien écrire pour Toffrir au public. Il proteste donc que ce n'est pas la vanité qui l'a engagé à publier sa relation ; il y a été porté par un désir sincère de donner à sa patrie quelques renseignements sur une partie de l'Afriqfle peu connue, quoiqu'elle ait été fréquentée par des Anglais et des Américains, qui font la pèche de la baleine. Le mauvais état de sa santé et la brièveté de son séjour dans la baie de Lagoa ne lui ont pas permis de rendre sa relation plus intéressante ; d'ailleurs il avait à peine assez de

(1) Jçwnal of a Voyagûferformed in the Lion., extra Indiaman, from Madras to Colamho and da Lagoa hay on the western coast of Afiica m 1799 vith some account ùfthe inhaSitànts ofda Logea hay, and a vocabulary of the language ; by William Wbite^ Loadoii y 1800; I Tol. in-4^. — On en trouve une traduction française à la suite de Relation de F Ambassade anglaise au royaume d^Âça, Btaiif 1800; 3 Tol. in-8*. Cette rertion n'est pas toujours exacte.

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DE G. >VHITE (1798). 44?

papier pour mettre au net les notes qu'il prenait. Forcé par le délabrement de sa santé à quitter le climat de l'Inde, White n'avait pu trouver un passage sur la flotte de la compagnie anglaise, ^ui partit de Madras en février 1798. £n conséquence il s'embarqua sur le Lion, que la compagnie avait frété: c'était un vieux navire hollandais à moitié pourri ,, et fort mauvais voilier ; d'ailleurs on le chargea trop, et notre voyageur pense qu'il y avait de l'imprudence à risquer sur un pareil bâtiipent la vie d'un si grand nombre d'hommes. Xe gouvernement de Madras donna l'ordre au Lion d'aller d'abord à Colombo dans Tîle de Ceylan, pour y attendre les vaisseaux du Bengale, qui devaient y charger de la cannelle, a Sans cette relâche , dit White, le Lion aurait probablement évité le'uiauvais temps, qu'il éprouva ensuite dans les parages du Cap, et il serait peut-être arrivé dans cette colonie vers le milieu de mai ; mais depuis quelques années les divers gouvernements de l'Inde expédient les/ navires dans toutes les saisons; ce qui en fait périr plusieurs^ et en oblige beaucoup d'autres à rentrer tout désemparés , et avec des voi es d'eau. »

Le a6 février ï 798 , le Lion fît voile pour Colombo, oïl il arriva le 11 mars. Les navires attendus du Bengale n'y abordèrent qu'au commencement d'avril ; ils étaient au nombre de deux. Ils remirent en mer avec le Lion , le 221 du même mois, sous l'escorte d'un vaisseau de ligne. Celui-ci fut perdu de vue le a5, par 3** 2 3' de latitude nord; le 29^ à 3a' au nord de la ligue , le Lion cessa de

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voir les. autres, qui, marchant mieux que lui, le lais* sèrent en arrière.

Du reste, il ne lui arriva rien d'intéressant jusqu'au 19 juin, lorsqu'il se trouvait par Sa** de latitude sud, et 35" de longitude à l'est. de Greenwich. Ce jour- là le vent soufflait avec force du. nordnord-est ; bientôt il augmenta , des éclairs sillonnèrent l'horizon; à onze heures du soir, le vent sauta au nord-nord-ouest : la violence de la tempête déchira et emporta les voiles que l'on s'enxpressait de ferler. Le vaisseau faisait tant d'eau , que l'on était obligé de tenir continuellement deux pompes en activité; il roulait et fatiguait beaucoup : le troisième et le second pont étaient pleins d'eau. A deux heures du matin, le grand mât de hune tomba., et, dans sa chute, causa des dommages considérables.

La tempête continua le 1 1 ; les pompes ne pouvant suffire à vider le vaisseau, on fut contraint de jeter à la mer, pour l'alléger, des caisses d'indigo, des. barriques de sucre, des sacs de riz. Pendant la nuit, le mât d'artimon et le mât de misaine s'abattent et se brisent. L'eau gagné les viv/es ; le 12 , l'eau entre de toutes parts dans le navire ; on jette les canons à k mer, à l'exception de deux, enfin de la poudre, du bois et des vivres. Tout ce que l'on peut faire, en tenant sans cesse les pompes en mouvement , est d'empêcher le navire de couler à fond.

Le j 4? le vent devint plus modéré, et la mer fat moins grosse. Cependant, au point du jour, on commença de. nouveau à jeter des marchandises et des effets par-dessus bord ; on plaça un mât de misaine

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provisoire, et l'on résolut de faire route au nord pour gagner la baiexle Lagoa sur la cote d'Afrique^ ou la baie Saint-Augustin dans Tile de Mad^gasear^ Le bâtiment était dans un étal si déplorable , que tout l'équipage s'attendait, à chaque rafale, à être engteuti avec lui.

Le 1 5 , le vent souffla du sud-est ; il ét^it mo^. déré^ et le temps très beau : on ne discèntiniiàit pas de jeter les marchandises à la mer, parce qu'elle ï*oulàit beaucoup par lefFet d'unie forte houle: de l'ouest. D'ailleurs l'eau entrait toujours avec violence par l'arrière, oîi la membrure laissait à.cha* que roulis un écartemebt de trois pouces entre les côtés.

Le ao, le vent tourna à l'ouest par rafales; le 21 et le Tia , il souffla de l'ouest-sud-ouest : le tempis fut couvert et très inconstant, avec de violentes bourrasques, de la pluie, du tonnerre et des éclairs* Enfin, le samedi 2 3, à la grande joie de chacun, on aperçut, à dix heures du matin ^ la terre dans l'ouest ; c'était le mont Calato on Calico sur la côte orientale d'Afrique. Le lendemain, à cinq heures du matin , on jeta l'ancre près l'île - Sainte^Marie , à quatre à cinq milles du continent. Au lever du soleil, on découvrit six vaisseaux mouillés dans la baie de Lagoa. A huit heures, le Lion tira un coup de canbn , et fit des signaux de détresse ; à dix heures , i) leva l'ancre pour entrer dans la baie avec le fluxj A quatre heures après midi , le canot d'un bâtiment baleinier, armé dans la baie-, vint avec le second capitaine à bord du Lion , pour lui indiquer un récif xxT. 29

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^'il devait rfviteri Les seoohds ca|ntàiâfes des ancres navires akriv^Qt «uccesm Vendent ^oiir olfrtr leui^ services au capîtaitile in Lkatt.

Le lundi àB juin ,* les capitaîbeb de foos lès navii^s^ dont trois ëtàieiàt àiwériG^ins, s'empressèi'ent de se rendre auprès de celui du lioti. Ge tnalbeurei^ bâtiment semblait être poursuivi par une (festinëé inévitable; le couraM le pot^ta^ \e vent étant feible, sur un bane qu'il vtMilait éviter : cbmitie on ne ponvâit 1^'en dégager, oà démonta le g^Âiverkiaii que l'on fut thl^é de icôuper , psatae t)u'il frappait violemment contre la protke, Aussitét on tira im eoup de canon ^ et l'dn fit de nciuveau signtil de dé^ tresse; les capitaines des autres navires s'approchèrent à l'iiisi^nt <kitts leurs canoti^. T^ Lion donnait de ^ violents eotips âà «afen ^ isfii'ii étkit presqile imj^siHile de ^ lenilc sûr le foM* On âiit te thtH loupé à ia mer, et l'M jeta par^de^sus bôtd kfs inâts et ie& vergues de rechange poui* alléger te vàis^ea^i i on eut beau porter une anene en avant et rofdir le oâbie^ on ne put le remettre à flotç on^n'y.parvîtit qu'à \b. marée montante, tous les canots le prîreM à la remorque; tn^ il put mouiller à cot^ des bih timents baleiniers ; Vvme d>es pompes n'avait pasrisssé d'être ^n knouvenvént depuis vingt-cpiatre beitres.

Un conseil^ composé des trois capitaine^ des na<*^ virés anglais et de ïmtd charpentiers^ fut assemble le 126. Leur avis unanime condamna le Lion, comme iiicapable de réprendre h ttier^ en conséqaencié, k& <rapitaine fréta ces bÂtiments ^our transporter la plus grandie jpàrtie de 9h <*argaisOtt en Angleterre ^ <et \m

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DE G. #ft4tt (1798). 4Sf

âtitt^ë pbiir en pù^t le Wète àu caj> de Bodiie- Esjyét^née.

Le Lion fut theiié près de f etflbouehare dé ki ri^

vière Mafotnb , afin de pouvoir opérer plws facile^

fnent le débarquetnent dés lïiarèhandiçes à bord éeé

navires qui devaient les prendi*e. To^ hs marins

qui examinèrent lé Lion convinrent qu'lU n'avaient

jamais vu un vaisseau arriver en si n^uvais éta* ;

îls étaient surpris qu'il eût pu résister aux efforts

combinés du vent et de la iher. Les pompes ne ees-

saient pas dé jouei*. Le 28, il put fraifiehir la batte

duMàfiimo, et entrer dans cette rivière. Le 18 juillet

l'équipage l'abahâonna, laissant la carcasse avec les

livrés, les agrès et quelques marchandises aUx soin»

du troisiteie lieutenant. « Si le Lion n'a pas été

englouti en pleine mer, dit White, c'est uniquement

à la belle conduite du capitaine Sever, desesof&

ciei'S^ du maître d'équipage et du charpentier, que

nous sommes redevabfes de notre salut. Pendant la

kyngufe tourmente que ce bâtiment a essuyée, ces

braves gens se sont tenus t^onstamment sur le pmftrf

ou bien se sbnt portés dans tous les endroits où leur

secours était nécessaire, et ont feit des effoits in«

ck*6yables tjui cifil été couronnés d'un plein succès

pour la suivie des hommes confiés à leurs soins ^

cai*, malgré la chute des mâts, dies vergnes et des

manœuvres pendant la nuit , et au plus fott -de Ui

tempête, personne n'a été tué, quoique l'équipage

fût composé de plus de cent tndividoà;

tt Là courte relation que je vais donn^ de la baie de Lagoà aurait été d'un plus grand intérêt si^ pen-

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45a VOYAOE

dant le peu de temps que nous fumes mouillés dans le Mafumo, j'avais eu un canot a ma disposition. Dans les circonstances où nous nous trouvions, je ne pouvais descendre que rarement à terre , et que pour peu de temps chaque fois : d'ailleurs le mauvais état de ma santé ne. me permettait pas de m'écarter bien loin dans le pays. Cependant j'ose dire que ceux qui seront dans le cas de. visiter ces parages recoDtnaîtront que ma description est exacte ; j'espère qu'elle sera de quelque utilité aux vaisseaux qui pourront aborder celte partie de l'Afrique. »

La baie de Lagoa, située à peu près })ar aS^ 5^^ de latitude sud , et 33" de longitude à l'est de Greenwich , a une étendue de trente milles de Test à l'ouest, et de soixante du nord au sud. Elle est très fréquentée par les navires qui vont à la péch^ de la baleine. Ces cétacés y entrent au mois de juin pour mettre bas, et la quittent en septembre quand leurs petits sont assez forts pour les suivre en mer. Ils ont communément soixante pieds de long, et donnent ordinairement chacun huit tonneaux d'huile: il y en a de beaucoup plu^ grands. JÇn 1798, ils furent ici très nombreux.

Cette baie est très cpmmode pour y former ua établissement ; elle offre un bon port , «et plusieurs grandes rivières y ont leur embouchure. Le Mafumo, qu'on nomme aussi English-River, est navigable pour les gros navires; il a quatre milles de ' large, et, dans; les grandes^ marées, quatre brasses d'eau sur la barre qui est à son emi)ouchure. ^lus haut, son canal est large d^w quart de.mijle. Sùi-

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vant le rapport des Portugais établis dans ces cantons, les navires tirant douze pieds d'eau peuvent remonter le Mafumo à plus de quarante milles de la mer, et de grandes chaloupes peuvent y naviguer jusqu'à plus de cent milles. Le mouillage que les vaisseaux prennent ordinairement est au-delà de la barre, dans un endroit où l'eau est profonde. Il est facile de s'y procurer des vivres de toute espèce, tçls que du bœuf excellent, des chèvres, des poules, du poisson, des patates, des choux et d'autres herbages, des citrons, des. bananes ; Teau delà rivière est très bonne. Il y a dans la baie de Lagoa beaucoup de hauts fonds , d'ëcueils et de bancs changeants ; mais un navire peut mouiller en sûreté dans plusieurs parties où il y a un bon fond et une profondeur suffisante. Les sondages sont très inégaux partout.

Les habitants des rivages de la baie sont Cafres. . Ils ne parurent pas nombreux à White; il n'en vit jamais plus de ceiit à cent cinquante à la fois , quoiqu'ils accourussent autour des Européens, quand ceux-ci descendaient à terre ; il ne pense pas qu'il y en eût plus de six à dix mille dans le canton voisin de la baie. Leur couleur est d'un beau noir; les hommes sont grands, bien faits, robustes. Ces gens sont presque nus ; les femmes n'ont autour des reins qu'un morceau de- pagne très étroite; deux lanières teintes ou tannées avec de la terre rouge, et ornées de verroterie, pendant par-derrière. Les hommes portent suspendu au cou un sifflet dé corne d'antilo[)e pu de cerf; ils s'en serveiit poqr s'appeler quand ik

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sont éloignés les uns des autres. Us ^n ont aqs^i de bois et d'ivoire. Us se parent également de boutons de enivre et de petits lUorceaux de porcelaine passés dans des plumes d'oie et dans diverses raeinea , aux*» quelles ils attribuent des vertus médicinales. White •n avait rapporté des échantillons, et trouva que c'était un aromate astringent. U vit ces Cafres l'em^ ployer avec succès, après l'avoir mâché, et l'appli-* quer sur une blessure pour arrêter le sang; ils s'en servent de même pour guérir les maux d'estomac; à les en croire, c'est un remède infaillible.

Us se coupent ordinairement les cheveux, excepté une grosse touffe sur le haut de la tête ; iU lient cette touffe , et la soutiennent avec de petits morceaux de bois, pour qu'elle conserve la forme d'un pain de sucre; quelquefois ils gardent de chaque coté de la tête deux grosses touffes de cheveux qu'ils passeqt dans les trous dç morceau^ de cuivre de la grosseur de nos boutons; du reste, ils arrangeur leurs che*. vew^ de manières tellemept dissemblables, que White n'i^n a jamais rencontré deux qui fu^seut coiffés exactement de même; quelques uns se donnent beaucoup de peine pour ^ela ; ils oignent: souvent leur chevelure avec dq l'huile; ils se rasent avec un morceau de fer, ordin^rement un grand clou 9 aur quel ils font prendre la fon^e d'un ciseau. Hommea et femmes se rasent les sourcils^ n'ep Içiiss^t que deux petits brins ai) milieu. Lés femmes se rasant toute la tête , à l'exception d'un petit espace do 1^ forme d'un croissant sur le sommet. Les hommes s'épilent toutes les parties du corps, sauf spu^ te^

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DE G. WHin (1798). 455

aisselles; pour fiMÙliter cette <^raliqay ih se firottent avec des cénidres.

Les personnages disiinguéii poi^^nt au çqu et au poignet des ohaines de cuivre; quelques fe^uanei^ en ont, autour di^ cou , qui aoot larges de troi^ pquei^ et qui pèsent qiiatre à eri^q livrer; qeUe^ ^ ^oim^ea sont plus petites, à plusieuv^ rang^, tr^^uigulaires au cou, et semblent les empêcher de tOMi^aei* libre* ment la tétîe; maia ils supportent cet inconv^ient, parce que ces cbaines sont des marques fie distin<>T tion, et se quittent yers l'âge de trente %ns'^ elles sont données par les |Mirents^ à leurs enfimt§. Hommes et femmes portent des amieaux aux doigts des vmM et des pieds, et que^ues une^ des chaînes de cuivre immédiatement au-dessous du genoil* I^$ femmes s^ parent de colliers de verroterie de diverses^ couleurs; elles ne manquent jam^s de se frotter le corps fivep de l'huile, où elles délaient de la terre rouge, qui est commiine dans les environs. De même que dans tous les. pays du monde, les plus pauvres n'ont p^ beaucoup d'ornements.

Tous ces Cafres so^t tatoués sur le visage depuis le milieu du front jusqu'au bout du menton ; le taitouage a la forme d'un demi-cercle, avec une ligna de points qui descend du milieu; U figure un X sur les tempes; le corps, et principalement l'estomac, sont embellis de la même façon; chaque ûunille a une manière particulière de se tatouer.

La polygamie est en usage. Les hommes dfunept aux pères vine i^imine de bcaufs, plus ou moins , pour une de leurs filles. Il &ut aussi , dans ces cas-li, £ûre

présent àt quelqaes uw de ces aiiîmMixaiJU^ che&v qui sont ainsi intéressés à maintenir cet usage. White re? présente tous les hommes conmie fidèles et les femmes comme Tertoeuses, quoique presque niies. CesCafres furent très surpris qu'il eût >fait des questions sur ce si^et. Quelques femmes viennent cependant à bord des vaisseaux mouillés dans la baie; mais leur nombre n'est pas considérable; elles ne se livrent pas même à différents hommes; et elles sont justement considérées comme le rebut de la société.

Ces Gafres ^luent en prononçant les mots Iching" iùhéngy qu'ils répètent rapidement, et appuient beaucoup sur le dernier. Quelques uns y ajoutent U mot saheh y mais cela est rare ; en même temps ils s'inclinent, et présentent une des deux mains. Us sont doux , inoffensifs, gais, riant àt bon cœur pour la moi^oidre chose, surtout quand on leur offre de l^iré denrées moins qu'ils n'en demandent. Us sont pourtant très rusés, tâchent de tromper quand ils le peuvent, et surfont leurs marchandises trois fois audelà de ce t[u'elles valent. Us sont enclins à la vengeance quand on les insulte, et saisissent alors la première occasion d'assassiner leur ennemi. Quoique bons et honnêtes, ce sont des mendiants importuns, notamment du côté du nord, White pense qu'ils tiennent cette habitude des Portugais. Us ne dérobèrent rien à bord du Lion, dont ils couvraient constamment les ponts depuis huit heures du matin jusqu'à quatre heures du soir.

Ce voyageur n'attribue leur manque, presque ^v-> tal, de vêtements qua leur ignorance danfr l'art de

febrîquer des tissus; car ils reçoivent avec plaisir toutes sortes de vieilles hardes, telles que gilets, chemises, vestes, mouchoirs, culottes, bas et souliers en échange de volaille , de poisson , d'œufe et autres denrées qu'ils apportent dans leurs pirogue^ Us recherchent beaucoup les chapeaux ainsi que les perpucpes.

De même que chez tous les peuples cafres, les femmes sont chargées de tous les travaux pénibles; on les voit fouir la terre dans les champs et couper du bois, pendant que les hommes armés les gardent. Souvent on rencontire une femme portant sur le dos un enfant enveloppé d'une peau de chèvre, et un gros £irdeau sur la tête; elles psu^courent ainsi plusieurs milles le long du rivage. Cependant quand les hommes venaient à bord du Lion, ils travaillaient toute une journée pour une poignée de sucre qu'ils appelaient miel anglais. La canne à sucre croit dans leur pays., mais ils ne savent pas en extraire le suc.

Us passent ordinairement leur temps assis autour du feu à fumer, à arranger leurs cheveux, ou à faire des cages ou quelque autre bagatelle, tandis que leurs femmes pilent du sorgho ou du riz, ou s'occupent . d'autres travaux utiles. Us ne connaissent aucune sorte de jeu ou d'amusement. Leurs cabanes sont propres, de forme circulaire, et n'ont qu'une porte; une cour, sur le devant, est entourée de palissades hautes de huit pieds; leur diamètre est ordinairement de quinze pieds; au milieu se trouve un foyer de deux à trois pieds de circonférence , et autour duquel règne un creux destiné à recevoir lem*s '

4^9 VOTAGB

laloQs quaod ik s'asseyent. Pour tenir lieu de chaises QU d^escabelles, ils se servent d'Qsscmens de baleines. Tuée principaux ont un lit placé sur quatre pieux, et haut d'environ deux pieds; d^autres en ont un faites t^re, avec une élévation, en forme de traversin, du coté de la tête.

Les plus considérables, tant hommes que fepunes^ fument du tabac di|ns des pipes de fiir^ qui stuat de la lot^me ddt nôtres. Sans doute ces pipe» leur coûtent bçfiucoup de peine à faire, car ils y attadient un grand prix, et ne s'en défont pas voloi^tiers. Po^ir fumen du bang, c'est 4*dire des feuilles de chanvre, ils piteo?nent un bambou creipi, et long d'environ quatre pieds, posent l'un des| bouts dans une grande corne de vache, presque entièrement reippUe d^eau, et mettent le bang allu^né dans une petite coupe qui est au haut du bambou; alors tenant avec leur |>ras plié le haut de la corne, ils hument la fumée par un petit chalumeau qu'ils font entrer dans la pointe de la corne. Cette opération provoque chez eux u^e toux assez fortç, qui paraît leur faire éprouver un vif plaisir.

La nourriture ordinaire de ces Gaffes consiste en poisson , sorgho et riz; ils mangent de tout sans rér pugnance , excepté du fromage ; ils dévorent sans les laver, et en leur laissant à peine le temps de puins, de^ boyaux de èhèvres et de bœufs; les baleine^ mortes et lès phoques qui viennent échouer sur la cote, sont pour eux des mets recherchés. Ils ne donnent pour tout aliment aux esclaves pris à la guerre que de Therbe et de l'eau ; aussi ces malheureux ont-

ils l^ir triste et défait; ils étaient entlèreiiiMeit nus. On demanda aux Cafrea eomment ces infortunés pouvaient subsister; de m^e que les bœufs, répondit Fun des maîtres, qui ajouta que, dans les temps de disette , eux^^mêmes étaient réduits à se nourrir d'herbe. Quelques uns de ces captifs furent offert^ aux Anglais pour une bouteille de rum ou de rak.

Si ces Cafres manquant de vivréa^ ils ne le doi-r Vent qu'à leur extrême indolence. Ils acceptent lea graines des plantes potagères qu'on leur donner maici il est presque certain qu'ils ne les sèmeront paa. Celles que l'on se procurait provenaient des jardina jadis cultivés par les Portugais ; jamais les indigènes nWaient songé à les entretenir. Souvent on leur ^ fait don de petits cochons; mais, au Hmi de les gar^ der pour les faire multiplier, ils les ont toujo'ifrs tuéft pour les manger. Us aiment beaucoup les liqueurs spintueuses ; et plus elles sont fprt^s, plii^ elles leur plaisent ; elles leur sont surtout agréables quand on y mêle du pincent.

White ne doute pas que ces Cafres n'aient l'idée . d'un Être suprtoe, n^ais il n'a jamais remarqué ni appris qu'ils eussent d'autre culte que de légèr^^ pratiques de la religion musulmane ; d'ailleurs ils n'oni ni mosquée, ni un lieu quelconque destiné à des ç4r rémooies religieuses. Ces notipus leur viennsDt d(3 leurs communications avec Surate Qt avec MozfiiT^t bique. Pendant le séjour du voyageur anglais dw$ la baie de Lagoa, il s'y trouvait un prêtre nmsultnan et deux ou trois autres personnes de la m^me croyance, attendant un navire qui devait les prendre à son

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46o VOYAÛE

bord lorsque la mousson lui permettrait d'arriver.

LesCafres de la baie de Lagoa sont tous circoncis; cette cérémonie se pratique successivement dans chaque canton sur le bord de la mer, ou sur les rives du Mafurao; immédiatement après l'opération, les jeunes gens entrent dans l'eau pçur étancher le sang; ils ne peuvent ensuite approcber de leurs cabanes avant d'être parjEaitement guéris. Us regardent ce temps comme une espèce de jubilé ou de fête, et restent ensemble sous l'inspection d'un vieillard, dont ils sont obligés de suivre les instructions et les ordres; ils ne font que danser, chanter et se promener.

La première fois que White descendit à terre, avec plusieurs capitaines de navires, le^ indigènes se rassemblèrent autour d'eux , au nombre de cent cinquante'ôu deux cents; il y avait parmi eux une quarantaine de nouveaux circoncis vêtus de leur habillement de guerre , qui consiste en un grand bonnet fait de jonc; ils l'abaissent sur le visage quand ils combattent ; il est percé de deux trous pour les yeux, et orné de grains de verroterie rouges et blancs. Ces jeunes gens avaient aussi des joncs autour du cou et . autour de la ceinture. Chacun était armé d'une petite lance semblable à celles dont se servent les Madecassés; ils la jettent, avec une adresse extrême, à une quarantaine de pas, et manquent rarement un but, quelque petit qu'il soit; ils tuent même des mouettes au vol.

Ces jeunes gens dansèrent, en diantant en chœur, avec beaucoup d'agilité , et parfaitement en mesure ; ils étaient sur deux ligues , et chantaient alternatif

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DE G. WHITB (1798). /|6l

vemeDt; ils se formèrent enstH];e en cdlonnes, puis en cercle; tcîut à coup ils s'arrêtèrent, donnèrent un coup de sifHet, et se dispersèrent en criant de toute leur force. Quelques uns furent réprimandés par leurs maîtres de ce qu'ils ne savaient pas mieux leur leçon. Ensuite ils revinrent, et, en passant, saluèrent la troupe des Européens. * White leur donna du tabac, qui leur fit très grand plaisir, parce qu'il était fort et provoquait l'éternuement.

White débarquait souvent pour visiter les villages de ces Cafres; partout il était reçu avec des marques d'attention tant de la part des hommes que de celle des femmes. On lui demandait, ainsi qu'à ses compagi^ons , s'ils n'avaient besoin de rien , et on leur présentait de l'eau et du lait. Ils paraissaient fort contents quand ces étrangers prononçaient des mots de leur langue. « Quand nous apportions avec nous du poisson , dit White , ou qu'il nous arrivait de tuer du gibier , ils nous le faisaient cuire; mais ils ne nous rendaient pas ces petits services sans intérêt; ils nous demandaient tantôt un mouchoir, tantôt une veste. Quand nous le leur permettions, ils coupaient les boutons de nos habits; mais si nous aviQus l'air tant soit peu mécontents, ils cessaient à l'instant. »

Sur la rive méridionale du Mafumo , il y a quatorze chefs principaux et d'autres moins considérables. Tous sont tributaires de Capelieh, dont les ^tats s'étendent à deux cents milles dans TiAtérieur^ et à cent milles le long de la cote. Durant le séjour 4u Lion dans la baie , l'un des navires baleiniers envoya un canot à une des îles de la radj^ pour y cher-

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46a votÀAt

cher àé ftttiibre grist Le tietft^Mt^ dtargé d« célfis tomitrisèbn , fut tr^ y m acéuètlti du ic^èt de Vih \ «t ^-il »e put se prbtsdt^ dé Tàmbre ^^, \l tàppGÈ^ beaucoup de vokillë^ et d'ttUtred provUio«fs.

Capëlfeh est ti^ J2ll(niic, si Yàù à déi rapports àVec uu autre chef. Quand il ne fèutnit pas les choies ddnl oh a besoin , oh' lui dit t{Ue tel ou tel ëbef eh à offert; cette ruse produit ordiu^lirethent l'effet dé- ' siré ; il aime mieux se gêner que de souffrir que le^ autres chefs reçoivent les toiles bleUes et lés liqueurs Spîritueuses des Européens.

On ne compte que quatre bbefe Eut la rive sfepten^ triôàale du fleuve, dont l'un d'éUt porte le nom. Du temps que les Portugais avaient Un établiëtothéht dans cette baie, Màfumo était le plUé puissant, pkttë quHls l'aidaient ordinairetheUt dans ses guerre^» ; mai^ depuis leur départ , Ouatnbo , un dé ses riVaut , hn à enlevé ses états , et le tient dans Une sorte de captivité. Mâfumô vitit deuk fi>is à bortl du lion àVfee d^ agents d'Ouambo, qui avaient envie de tràfîqueràvee le capitaine de ce navire. Divers avis que l'on reçut empêchèrent d'accèptW leurs propositions. Quoiqiie prisonnier, Maftimo n'avait pas perdu l'appétit, car il ïuâhge^ et but autant que six Européens qui au*raiènt èu gratid'fàhn. Les agents d'Ouambo auraient de longues robes rbUges, et parâtssââetît mépriser les habitants dé la riVe méridttinale. Où eift tieU dfe présumer que Capellèh A^ailgûait beaucoup Ouattibd. En effet, les Cafreîs de là rive septentrionale sont belliqueux et fétx>ces , tandis que ceux de k ri>e méridionale sont doux et tranquilles.

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DE G. WeiTÉ (1798). 4fiî

Gapell«h était âge d'Une somftiiUline ^'aaAëe^ grlmcl et tnince; il Àe veoait voir lès Européens qàe pouk* obtenir dés préisients et |)biir boire des liijueurs 6^t^ ritoeiises, qu'il aimait l^eoucoup^ Le bétiraent qu'od s^pelait son palais était situé à neuf milles des bords du fleu'rev ^^ construit d'après le plan des cabanes ordinairesi^ mais beaucoup plus grand. Capelleb^ lorsqu'il rendait visite aUK Européens^ était toujoum accompagné de deux ou trois reikies, et d'une gard€ de trente iH)mmes armés de lances et de haches d'armes^ Quelques uibs d'eux avaient des bouolierf( de peau de rhinocéros ou d'afltres cuirs. Quand on lyffrait quelque chose à Capeileh , il témoignait Isoh oo^ttentèment eh s'éoriaot ï Ah l ixh ! et très souvent^ ottu kom bmi ( fort bon); mais il n^e songeait guère à faite un prés^t en retour^ à moins qu'on n'eiprimât le désir d'fen recevoir* « Un jour, je lui donnai^ dit White^ une vestfe d'écarlate galoonéé et un hausse* col)) sui^ lequel étaient gravées les ai^mes de laGrande- Bretagtt^4 II se retira sur-le-champ dans une cahâue pour s'en décorer; car ces Cafres ont la cout^jinte de s'empresser de metti^'sur eux, les cadeaUx qu'on leur feit. Quand Oapelkh fut de retour^ je lui dis «que cet habillement appartenait au roi G«orge; il en part^ très satisfait et très fier. Il portait auparavant l'uni-fdrme de la compagnie des Indes hoUaudaises , qiu <est v^t et blanc; il avait une ëtilotte rougie^deux épaulettes d'or, un chapeau i^tspé. Mais oe qui le combla de joie , fut la vue de quelques bouteilles de rum et d'eau-de-vie que je lui présentai^ Empressé de goutef ces ligueurs , il en prit aussitôt utte bbu-

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teille, et remporta dans sa cattaaev où, êt^^fks^n désir, je. Je suivis. Aide de là reine fiavorite, il la vida en moins d'un quart d'heure; disant à ceùx^iuî Tenvironnaient , tchéng-tah^/zg ^ chaque foi^^u'il buvait.

€c II me témoigna des attentions particulières^ parce que j'ëtais en unifonne, et il m'dffrtt de sa liqueur, mais je la refusai ; il me prit alors par la maiù ^.cria : tching-tching, me fit apporter différentes sortes de noix grillées et du lait nouveau, ce qui fut pour moi un assez grand régal, car je a'en avais pas tâté' depuis plusieurs mois. Capelleh se garda bien d'offrir de l'eau-de-vie aux gens de sa suite , qui certainement ne l'auraient pas refusée. Toutes les fois qu'il en buvait, la plupart le regardaient avec des yeux d'envie. Après avoir vidé sa bouteille, il sortit, et nous fit présent de deux gros bœufs, en disant que lé lende*main il irait à bord du Lion, si le temps le permettait. Cependant il retourna ce soir-là au lieu de sa résidence ordinaire , ne se souciant pas, sans doute^ de se hasarder à venir à notre bord à cause de la grandeur du navire. D'ailleurs, ou lui disait que c'était un vaisseau de guerre , et certainement il craignait d'y être retenu prisonnier, jusqu'à ce que son peuple eût donné quelqtfê chose de prix pour sa rançon; car j'appris qu'une fois invité à b<^ d'un vaisseau , il y avait été détenu. Mais il aurait éprouvé un accueil bien différent sur k Lion, le capitaine Se ver ayant résolu de lui rendre des honneurs et de lui fait'e de beaux présents. »

Whtte raconte que des Cafres de la baie de Lagoa,

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après avoir travaillé pendant plusieurs semaines à iK>rd de navires baleiniers qui avaient besoin de monde, avaient été enlevés et vendus au cap de^ Bonne-Espérance comme esclaves. Il entendit leurs femmes et leurs parents les réclamer. Arrivé au C9pj il instruisit de ce fait lord Macartney, alors gouverneur de la colonie ; cet homme généreux , indigné d'une pareille conduite de la part des hommes blancs, fit chercher les Cafres victimes d'une si lâche perfidie; quelques uns furent retrouvés; il les racheta, et donna ordre de les renvoyer dans leur pays par la première occasion.

< On peut dire que ces peuples sont sans rancune ; car, malgré l'aventure qui vient d'être rapportée , et qui aurait pu avoir des conséquences fâcheuses pour les navires fréquentant la baie, Capelleh, et même la plupart de ses sujets, paraissaient singulier rement attachés aux Anglais. Us parlaient souvent du roi George, et demandaient pourquoi il n'envoyait pas sur leurs côtes des soldats et des ouvriers pour bâtir un fort et des maisons.

La marchandise de meilleure défaite dans ce pays est la grosse toile de coton bleue : on peut se procurer en échange de l'ambre gris , des dents d'éléphant et d'hippopotame; celles-ci sont à très bon marché , ces animaux étant fort communs dafis le fleuve; Whîte en apercevait souvent. Ils viennent le soir à terre, où les naturels les tuent; mais les Cafres font un grand cas des dents d'éléphant, et ne les cèdent qu'au prix d'une guinée (a5 fr.) la pièce. Du reste, les denrées étaient à bon marché à l'éxxi- 3o

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poque du voyt^ àxt lion ; un boeuf, pesant cpiatre cents livi^s, coûtait seulement une pièce de toile Ueue longue de phis de trente pieds, et achetée qiuitre à cinq rixdallers au Cap ; une poule se yendiit pour un cinrcle de fer; on s'en procurait cinq pour dix i^ux boutons. Cependant l'arrivée du Lion avait &it tout renchérir ; White dit que les meilleures marchandises pour traiter des vivres dans la rivière Mafumo , sont- la toile de coton bleue , de vieux habits, des anneaux de cuivre, des morceaux de fil de laiton, de la verroterie de toutes les couleurs, et surtout très grosse, despipes et du tabac, des couteaux, des chapeaux, des perruques et des souliers. L'approvisionnement d'un navire, n'im* porte sa grandeur , peut s'effectuer à très bon marché. La diair des bœufs de ce pays prend très bien le sel.

Des négociants partis ée la cote de Malabar ont envoyé , à di^rentes époques, de petits navires à la baie de Lagoa ; des Portugais dirent à White qu'il y venait tous les ans un navire dé.Mosambique. Le Portugal y avait eu un petit Ibrt; les Français l'avaient pris depuis peu de temps, l'avaient rasé, et en avaient enlevé les munitions et les canons en état de servir.

Dès qu'un navire entre dans la baie ou dans la rivière , son arrivée est annoncée à Capelleh par le roi de l'eau, qui est une espèce de premier ministre, demeurant sur la rive méridionale. Il n'est pas permis d'acheter un bœuf avant que Capelleh soit venu en personne ; après qu'il a reçu un présent de vieilles

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bardes et cfo liqueurs fortes, U donQ0 en éoh«jagQ UQ bœuf, ^ ensuite an peut s'en procurer un ou deux par jour. Le roi de l'eau est presque missi puis* saut que Capelleb, et possède beaucoup de* bétail.

I^es canots des Cafres do la baie de Ls^osl sont regardés par Wbite comme 1^ plus inall (construits qu'il eût jamais vus* Us sont cousus 9 «on^me'c^ux de la côte de Coromandel , avec du fil fait d'ëcpf et d'arbte; les coutures sont ensuite enduites de bouse de vacbe ; on les fait marcher à l'aide de pagaiies; la voile est en natte ; ils sont à fond plat , i^. put un mM) et à peu près douze pieds de long sur quatre de large; lors même que vingt personne y sont embarquées , on n'y voit ordinairement qu'uu seul rlEimeur : il n'y en a jamais plus de daui^^

Le poisson est abondant et dq bonne qualité dans la baie de Lagoa; on y prend aussi 4çs cbevrçttes, d^ langoustes, des huîtres ^ et divers autres coquil^lages, enfin des tortues.

Le terrain de la rive méridicmale du Mafîimo est noir, léger et très fertile ; il n'exige pas unfe culture pénible ; il suffit de le retourner avec un, bâton, Oa y sème, en décembre et en janvier, du riis et du mais. Dans les endroits incultes , il y a de très bons pâturages. Au temps du séjour du Lion, qui était en juin et juillet, c'est^à^ire dans la saison sèche, l'herbe était encore assez belle. Sur la rive septeft^ trionale, la terre est plus légère et plus sablonMuse.

La belle saison commence en avril , et dure ju»r qu'en octobre ; alors les pluies lui succèdent : pen^ dant qu'elles tombent, 1^ herbes potagères de toyte

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espèce abondent ; il y en aurait pendant toute l'année, si les indigènes voulaient se donner la peine de creuser des puits, parce qu'on peut trouver de Teau dans plusieurs endroits propres au jardinage^ Toutes ces plantes croissent sauvages dans les endroits où les Portugais les avaient jadis semées. Il y a aussi des bananes, des citrons., des ananas, des tomates , du manioc , des patates , peu d'ignames , quelques autres racines comestibles, des palmiers et des ricins. White vit des pintades, des perdrix et des cailles, mais en pet^e* quantité. Les indigènes lui assurèrent que, dans l'intérieur, ces oiseaux sont plus nombreux, et qu'il y a aussi des oies et des canards sauvages , ainsi que diverses espèces d'oiseaux chanteurs. On ne rencontre dans les cantons voisins de la baie ni chevaux , ni ânes , ni buffles : les naturels ne croyaient pas qu'il fût possible de faire travailler les bœufs. Il y a beaucoup de chiens et de chats; la panthère est commune dans les environs. On rencontre dans l'intérieur des éléphants et des rhinocéros, des antilopes, des lapins et des lièvres , enfin des sangliers.

White juge que le climat de la baie de Lagoa est très sain. Les matelots des navires baleiniers y restent plusieurs mois de suite dans leurs canots exposés au serein qui est très fort, et n'en éprouvent jamais aucun mauvais effet. Peut-être n'en est-tl pas de même dans les saisons chaudes et pluvieuses; néanmoins les indigènes ont l'air bien portant, et plusieurs d'entre eux parviennent à un âge avancé.

Jfotrê voyageur pense qu'une colonie fondée dans

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cette baie ne tarderait pas à $e suffire à elle-même , puisqu'elle pourrait y* cultiver toutes les plantes pou tagères de llnde et la plupart de celles de l'Europe ; d'ailleurs elle ne serait qu'à deux cents lieues de la baie Saint-Augustin, sur la côte occidentale de Madagascar, à cent cinquante de Mosambique, et quatre cent cinquante du cap de Bonne-Espé* rance, où l'on pourrait aisément se procurer tout ce qui serait nécessaire pour la formation de l'établissement. Un fort serait bien placé sur la rive mé-;ridionale, et à deux milles de Tembouchure du Mafumo ; il se trouverait au centre du pays , ne serait dominé par aucune bauteur , et pourrait empêcher tous les canots ou les navires de remonter ou de descendre la rivière. En temps de guerre, la baie serait une station fort commode pour les vaisseaux qui viendraient s'y approvisionner de vivres frais, au lieu de perdre beaucoup de temps à gagner le Cap; traversée pendant laquelle ils éprouvent souvent des orages et des tourmentes, et sont retardés par des vents contraires, notamment dans les mois de juin, de juillet et d'août. Durant cette période où les vents de nord-ouest régnent au Cap, la baie de Lagoa jouit de l'été. D'ailleurs le voyage du Cap est très dangereux pour les vaisseaux qui ont été long-temps en croisière, ou qui sont avariés; car il n'existe pas, pour ainsi dire , un bon port sur la côte méridionale d'Afrique, excepté ceux de la baie de Simon.

L'aspect du pays est très, ^i*éable ; du haiit d'un

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^*JO VOTAGfe

ïttite on peut suivre des yeui, à plusteu» tarille^ cle distakice, le cours du Mafutno , doutées deux tive^ sont côQvettes de beÀut arbres ; il ne 'manque <^ des maisons à cette perspective pour qu'elle sôit diarmante. Du côté de l'est , le terrain s'élève dan& le lointain, et offre quatre rangées de montagnes dont la dernière se perd dans les nues.

Le i8 juillet, Whtte s'embarqua sur )e navire anglais London , commandé par le capitaine Reen ; les vents contraires du sud-est l'empêchèrent de sor^ tir de la baie avant le a t . Le navire mouilla le ûa août suivant dans la baie de la Table, après avoir éprouvé plusieurs coups de veut. White ne quitta le Cap que le 4 novembre ; le 3 février 1799, il débarqua à Douvres, a[^ès avoir été seize ans absent de sa patrie.

YOGABUXAIILE DSS CAFEES DE I4A BAIE DE LA60A.

Les habitants des côtes de cette baie parlent tou& la métne langue , mais ils la prononcent ditférem^ ment. « J'ai éprouvé, dit White , beaucoup de difficultés , par cette raison , à écrire quelques uns de leurs mots; mais^yant interrogé nn grand nombre id'individus , et tous m'ayant bien compris lorsque ['eus complété mon vocabulaire, je dus penser que 'avais bien rendu les sons des mots. Je fus quelquea ours à me rendre raison de leurs nombres, parce que nul d'entre eux n'entendait ce que je voulais dire par vingt ou trente. Ils ne comptaient que par dizaines; quant lau ntSfinbre cent, ils n'en avaient pas

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la moÛMipe idée, sinon qu'il exprimait beaucoup plus qu'ils ne pouvaient s'imaginer.

Français. Cafre d» la bak da Lagoa.

Homme Manhi.

Garçon \ Tangouai.

Enfant lioufani.

Fenome È diou hall.

Jeune femme. Ouansatl.

Fille •. . . . Ouanhouyanai»

Tête V Saco.

Bouche ; Nomo.

Lèvres Aïnalhasi.

Nez Nompho.

Langue Loudjim.

Dent « . . Menho.

Œil : Ticho.

Oreille Dgiyiaï.

Cheveux Chiss.

€ou r Nammou.

Bras Boco.

Main Mandbaï.

Doigt '. Tentibo

Pouce • Tentiho colaou.

Ongle Ouallah. . . .

Dos. '. Taco.

Corps Tchephaouva.

Estomac ^. Mabellea.

Ventre Caouzaï.

Cuisse. Tombi. . .

Genou Tollo.

Pied Tchizenda.

Jointure Boutannganaou.

Dormir Nai-Tela.

S'éveiller Afaoukila.

Se tenir debout. Im^la.

S'asseoir Attaïmeïla.

Marcher Meitero.

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FVançsif. C»he de la htâê àeLàgoà*

Courir « • . Oh hombéra.

Courir vite Ouatta tourna.

Venir Taleno.

VieDS ici ^ . . Bouia taleho.

Apporter Bouia. .

Aller IMUcah.

S'en aller Macah-angeh. .

Nager Oua chamhalu

Plonger. Ouané iou bella.

Je y moi Disambah. .

Toi Ouiné. .

Lui. Naouini.

Malade Daouagva.

Douleur y peine. Caouaouicha.

Blessure Acheakila.

Fripon Quioubaou.

Voleur • Yiva.

Soleil. Diambou. "

Lune. Moumo.

Lumière Fioumallo.

Obscurité. Tombello.

Jour Siquiouzendgeva.

Aujourd'hui Nimaïoucha.

Demain Monrouco.

Vent Meyho.

Pluie Omphonla.

Tonnerre Tilaon.

Habit Canchiou.

Veste.. Canchiou tongo.^

Culotte ....... Omeleng.

Mouchoir On tousé. .

Chapeau Tchilembea.

Bouteille Fellitaïe.

Verre Inndiho.

Affamé Galla.

Manger Counia.

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Françaii. Câfre de U baie d« Lagoa.

Sel Monioa.

Sucre ^ ...... . Oulamhia*

Herbes Coffo.

Ean Mad.

Eau salée Nanùbo.

Lait Tambah.

Pain Sagogoud.

A boire Couno.

Un^coup à boire. « Saffia.

Altéré. Gazelle.

Irre Onapoco.

Bon ..... Ouahombea.

Mauvais Omphané.

Œufs Manzaou.

Tomate Tchimati. .

Banane Tesenga.

Banc Bangheaïe.

Tabac à fumer Follay.

Tabac en poudre FoUay-tenonphaou.

Pipe Repipaou.

Poule Ehouco.

Canard Handani

Poisson A Samphi.

Congre 4 Nougounamo.

Langouste Mahenti.

Chèvre Biouté.

Mouton Imfiou.

Cochon de lait Goloouaï.

Rhinocéros Mellem.

Éléphant. Lofo.

Débarquer Nemaourahanda.

Aller à bord Rïagallaouini.

A ta santé, mon ami Da ouinni inna haoossa. .

Épée Pangoua.

Poignard Coutooua.

Poudre à canon Bouchoungo.

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