‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 126 sur 206 · VI. — Le commerce · texte numérisé non relu

VI. — Le commerce

La politique monétaire. — Ce même sentiment protectionniste a failli jeter la France dans une véritable aventure

monétaire. A partir de 1872, une baisse se manifesta dans le prix du métal blanc par rapport à l'or. Dans la crainte d'être inondés par une monnaie dépréciée, les pays composant TUnion latine durent prendre des mesures pour protéger leur circulation monétaire. En 1874, ils adoptaient le système des contingents pour la frappe des écus de 5 francs; en 1876, la France suspendait entièrement la frappe de ces pièces, et la convention de novembre 1878, qui prorogeait TUnion, consacrait cette mesure. D'autre part, Tétalon d or se généralisait : rAlIemagne, les États-Unis, les États Scandinaves l'adoptèrent presque simultanément. Le métal blanc était donc réduit à servir presque uniquement de monnaie d'appoint. Une opinion se fit alors jour, qui trouva des défenseurs importants en France et en Angleterre, notamment parmi les représentants des classes agricoles. Ses partisans attribuèrent la baisse des prix à la raréfaction monétaire résultant du rejet de l'argent comme métal étalon. Les partisans du bimétallisme s'agitèrent; sous leur pression, trois conférences monétaires internationales se réunirent : à Paris en 1878 et en 1881, puis à Bruxelles en 1892, dans le but d'arriver à une entente, au moins entre les grandes nations commerciales pour remettre Taisent sur le même pied que l'or. Leurs efforts ont été perdus, et malgré l'appui prêté par le gouvernement français aux délégués des États-Unis en 1892, aucun accord de ce genre n'a pu être conclu. L'Union latine, qui se continue d'année en année par tacite reconduction, est donc depuis 1878 au régime de l'étalon boiteux. Grâce à cette politique, le stock monétaire de la France, bien que comprenant une grande quantité de monnaies d'ai^ent, n'a pas été déprécié, et nous avons pu conserver i nos écus la pleine valeur libératoire. Un recensement effectué en 1897 a permis d'estimer à 6 370 millions de francs la valeur de noire stock de monnaies, dont 4 200 millions en monnaies don 1 935 millions en écus de 5 francs, et le reste, soit 240 millions, en monnaies divisionnaires d'ai^ent.

Le commerce intériem'. — Le trafic commercial intérieur s'est développé rapidement. En 1869, le mouvement des voyageurs sur les chemins de fer était de 111 millions; en 1897, il

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