‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 133 sur 206 · LES FINANCES · texte numérisé non relu

LES FINANCES

taires, et Tobligalion d'alléger autant que possible le coût de la vie pour les petits. Obtiehdra-t-on ce résultat avec Tintroduction d'impôts nouveaux, tels que Timpôt général sur le revenu, et la modification des anciens impôts de manière à les faire peser davantage sur la propriété? Ces réformes ont de nombreux partisans; il semble qu'un grand nombre d'entre eux se laissent leurrer par les apparences et les mots. Dans un pays de moyennes fortunes, comme la France, l'impôt progressif ne peut atteindre qu'un nombre restreint de contribuables, et, par suite, n'est pas susceptible de fournir les ressources considérables qu'on se flatte d'en tirer. D'autre part, une taxation trop élevée de la propriété risque d'avoir pour conséquence un affaiblissement de l'initiative privée. Une réforme plus heureuse et susceptible de meilleurs résultats mériterait d'être emtreprise. Une modification dans le sens libéral de notre régime douanier permettrait de faire profiter les classes ouvrières de tous les avantages de la baisse des prix, résultat des inventions nouvelles; le c déjeuner libre d'impôts » serait pour elles le dégrèvement le plus large qu'on puisse leur accorder. La protection sous laquelle nous vivons depuis bientôt dix ans n'a pas donné les résultats qu'en attendaient ceux qui la réclamaient si vivement; notre industrie a été distancée par des rivaux partis plus tardivement que nous. Seuls le réveil de notre industrie et le développement de nos forces productives pourront rendre à la France le rang qu'elle a perdu dans ces vingt dernières années, et lui permettre d'acquérir les ressources nécessaires pour faire face aux lourdes charges que lui réserve l'avenir.

Le développement de l'instruction professionnelle est aussi, avec un usage large et raisonné de l'association, une des choses qui doivent appeler le plus l'attention. C'est grâce à cette instruction méthodiquement conduite et à un emploi étendu de l'association professionnelle sous ses diverses formes, que l'Allemagne a pu conquérir en si peu de temps la place prépondérante qu'elle occupe aujourd'hui dans le monde économique.

Statistique annuelle de la France, depuis 1871. — Annuaire statistique de la France, depuis 1880. — Statistiques décennales agricoles de 188*2 et 1892.

— Enquêtes, rapports et débats parlementaires pour le renouvellement du tarif général des douanes de 4884 et de 4892, ^ Bulletin de statistique et de légiilation comparée, publié par le ministère des Fioances, mensuel, depuis 1877.

— Bulletin de V Office du travail, mensuel, depuis 1894. — VEeonomUU français, hebdom., depuis 1873. — Le Monde économique, hebdom., depuis 1891. — Revue d'économie politique, mensuelle, depuis 1887. — Annales de Vtcole libre des Sciences politiques, depuis 1885; depuis 1899, Annales ifes Sciences politiques, bimestrielles. — Publications du Musée social. — Pablicalions de VOffiee du travail. — Rapports de VExposition internationale de 1900, en cours de publication. — G. d'Avenel, Le mécanisme de la ne moderne, 4 vol. in-18. — Cte de Rocqujgny, Les syndicats agricoles et leur œuvre, 1 vol. in-18. — E. Cheysson, L'économie sociale à rExposUion universelle de 4889, 1 vol. in-8. — Léon de Seilhac, Les congrès ouvriers en France, 4876-4897, 1 vol. ia-18. — P. Hubert-Vallerouz, Les assodatiom ouvrières et les associations patronales, i vol. in-8. — E. Levasseur,^ HUoire des classes ouvrières et de Vindustrie en Finance, 1789-1879; 2 vol. in 8, nour. éd. revue et augmentée, 1903-04. — Paul Pic, Lès lois ouvrières, i vol. in-^, 2« éd., 1903. — Cucheval-Clarigny. Les finances de la France de 4870 à 1871, 1891, in-8. — Mathieu-Bodet, Les finances françaises de 4870 à iblS, 2 vol. in-18. — Léon Say, Les finances de la France, 3 vol. in-8; Les solutions démocratiques de la question des impôts, 2 vol. in-18. — G. Blondel, La France et le marché du monde^ 1 vol in-18, 1901. — D. Zolla, La crise agricole, i vol. in-18, 1903. — J. Chailley-Bert, Dix années de politique coh. niale, 1 vol. in-18, 1902. — Y. Guyot, La question des sucres en 4901, i vol. in-18, 1901. — A. Neymarck. Finances contemporaines, l, 1872-1901; 1 vol. in-8, 1902. — A. Raffalovich, Le marché financier, depuis 1891, 1 vol. in 8. —Y. Guyot et A. Raffalovich, Le dictionnaire du commerce et de la banque, 2 vol. in-8, 1899-1901. — Voir également ci-dessus, l. XI, la bibliographie du eh. XXH, p. 876.

De 1870 à 1900.

Le mot c colonisation » a, pour les Russes, un sens plus étendu que pour les autres peuples d'Europe. Ceux-ci colonisent, au delà des mers, dans les parties du monde autres que l'Europe; les Russes colonisent non seulement en Asie, mais encore à Tintérieur des limites européennes de la Russie. Le peuplement de ses steppes du Sud n'est pas achevé; dans le bassin de la Volga, ou sur les rives de la mer Noire, des populations allogènes, musulmanes ou païennes, conservent encore leur individualité distincte. Il y a donc lieu de parler de colonisation intérieure avant de passer aux progrès réalisés par les Russes dans la Transcaucasie, l'Asie centrale, la Sibérie et l'Extrême-Orient.

/. — La colonisation intérieure.

Les steppes du bassin de la mer Noire étaient encore à peu près désertes au commencement du siècle. Jusque vers 1870, leur peuplement a été presque exclusivement agricole; depuis vingt-cinq ans, il est devenu, par surcroit, industriel. Dans le

bassin du Dniepr, et, plus encore, dans celui du Don et du Donetz, de riches gisements de houille et de minerai de fer ont été mis en exploitation. Il en est résulté un développement rapide des voies de communication, et la naissance d'une maltitude d'industries nouvelles. On peut, dès à présent, prédire à cette région la fortune du pays noir de l'Angleterre. lékaterinoslav, qui n'avait que trente mille âmes au milieu de ce siècle, en a cent vingt mille maintenant, et, dans la masse des gouvernements du Sud, du Pruth à la Volga, le recensement de 1896 accuse, pour une période de dix années, un accroissement de population qui n'est pas inférieur à 30 p. 100.

Dans leurs provinces de l'Est et du Sud, les Russes ont eu affaire à des populations en majorité de race finno-turque et de religion musulmane. Dans ces trente dernières années, elles ont subi le contre-coup de la politique de russiGcation saivie dans les provinces de l'Ouest. Les autorités religieuses ont déployé plus de zèle à la recherche des apostats, c'est-à-dire des musulmans baptisés plus ou moins malgré eux et retournés secrètement à leur ancienne foi; les autorités scolaires ont étendu leur surveillance jusque dans l'intérieur des écoles musulmanes. Il ne semble pas qu'il en soit résulté grand'cbose. Plus important est l'afflux constant des colons russes dans les provinces du Sud ou de l'Est. Les Tatars, les Tchou vaches, les Tchérémisses du bassin de la Volga ne forment plus que des Ilots à demi submergés par le flot slave. En Grimée, l'achèvemeDt des lignes de Sévastopol et de Féodosia, en faisant de la côte le vignoble et le sanatorium de la Russie, a eu pour conséquence une diminution de l'importance relative de la population ta tare.

//. — Provinces du Caucase.

La conquête de ces provinces avait été terminée, avant la période qui nous occupe, par la reddition de Scharayl et l'émigration des Abkhazes *. Depuis 1870, à part quelques troubles

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