‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 149 sur 206 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

En 1898 et 1899.

Absence de règlements territoriaux en Europe et en Asie. — Depuis la rectification au profit de la Turquie des frontières qui séparent cet Etat de la Grèce, il n*y a pas eu de règlements territoriaux en Europe.

On peut dire qu'il en a été de même en Asie. On ne saurait assimiler en effet à de véritables règlements territoriaux la concession à bail par le gouvernement chinois aux gouvernements d'Allemagne» d'Angleterre, de France, d'Italie et de Russie, détroites portions de territoires côtiers à Kiao-Tcheou, à Weï-Haï-Wei, à Kouang-Tcheou-Ouan, à San-Moun et à Port-Arthur. On peut encore moins considérer comme tels les avantages économiques que ces gouvernements ont obtenu pour leurs nationaux dans des régions déterminées de l'Empire du Milieu.

Mais, dans le reste du monde, l'année 1898 et une partie de celle qui a suivi ont été marquées par des règlements territoriaux importants. Ces règlements territoriaux ont été la conséquence de deux faits historiques de premier ordre, gros pour l'avenir de conséquences politiques, économiques et morales, la guerre hispano-américaine et l'expansion concurrente de la France et de l'Angleterre dans le continent africain.

La guerre hispano-américaine a fait perdre à TEspagne les dernières de ses colonies aux Antilles et dans la Malaisie ; l'expansion concurrente de la France et de l'Angleterre en Afrique a abouti à la convention franco-anglaise du 14 juin 1898 et i la déclaration additionnelle du 21 mars 1899, actes qui ont réglé la situation respective des deux puissances dans Touest et le centre du continent noir.

/. — Les conséquences de la guerre hispano-américaine.

Abandon par FEspagne de ses possessions en Amérique. — L'abandon par TEspagne de tous ses droits de souveraineté et de propriété sur Cuba a été consacré dans Tarticle I*' du traité signé à Paris par les plénipotentiaires espagnols et américains le 10 décembre 1898. Par larticle II du même traité, TEspagne a cédé aux Étals-Unis en toute souveraineté et propriété riie de Puerto-Rico, et les autres îles qui se trouvaient à ce moment sous sa souveraineté dans les Indes occidentales.

De ces deux articles il résulte donc que l'Espagne a perdu tout ce qui lui restait encore de ses possessions dans le monde nouveau découvert il y a trois siècles par ses marins. La bannière qui flottait à la poupe des caravelles de Colomb, qui fut promenée par ses successeurs dans la moitié de l'Amérique du Nord et l'ensemble de l'Amérique du Sud, ne se dresse plus sur un seul point de cette terre où pendant si longtemps elle se déploya presque uniquement.

C'est là un fait capital au point de vue de l'équilibre des forces dans le monde.

La Méditerranée américaine. — La vaste échancrure que forme en effet le continent américain entre l'extrémité sud de la Floride et le cap Paria, situé presque aux bouches de TOrénoque, échancrure que ferment vers l'est les Lucayes et les Antilles, renferme entre ses côtes des espaces maritimes répartis

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