‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 150 sur 206 · CONSÉQUENCES DE LA GUERRE HISPANO-AMÉRICAINE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE LA GUERRE HISPANO-AMÉRICAINE

en deux grandes divisions, le golfe du Mexique et la mer des Antilles, qui sont d'une énorme importance.

Au point de vue géologique et géographique, ils font partie de cette dépression maritime caractéristique, à laquelle appartient la mer fréquentée entre toutes, autour de laquelle, sur les côtes de TËurope et de lAfrique, fleurit la civilisation antique, et qu'on peut appeler c la dépression méditerranéenne, non seulement parce que la Méditerranée actuelle se trouve sur son passage, mais parce qu'elle partage en deux les masses continentales ^ 9.

Le rôle politique et économique de la Méditerranée américaine répond, comme celui de sa similaire du vieux continent, à son heureuse disposition géographique. Celui qui en est maître commande une immense étendue de côtes pourvues d'abris pour la navigation, derrière lesquelles s'étendent des territoires abondants en richesses naturelles et oji se développa avant la conquête européenne une civilisation indigène qui a laissé des traces saisissantes. Des Antilles on surveille à la fois l'embouchure du Mississipi et celle de l'Orénoque; on surveille surtout cet isthme qui unit les deux Amériques et par où passera sûrement un jour, qu'il soit percé entre Panama et Colon ou qu'on profite, pour le franchir, de la dépression naturelle qu'occupe le lac de Nicaragua, une des plus grandes routes du monde.

Cession de Puerto-Rico. — Or, à l'heure actuelle, par Puerto-Rico qui leur a été cédé avec ses lies adjacentes, les États-Unis sont à portée de toute la côte nord de l'Amérique Méridionale en môme temps qu'ils se trouvent sur le chemin le plus direct de l'Europe à l'isthme de Panama.

Cuba. — Nul ne sait encore quel régime sera appliqué à Cuba, l'Espagne s'étant bornée à renoncer purement et simplement à tous ses droits sur cette ile. Mais soit que Cuba reste pleinement indépendante, soit qu'elle jouisse d'un régime d'autonomie sous le protectorat ou le contrôle de la grande Repuplique américaine, soit qu'elle soit annexée au même titre que

1. A. de Lapparent, Leçons de géographie physique, 2* édit. (Paris, G. Masson, 1898, 1 vol, in-8), p. 24.

HiSTOIRK QiMtULLM, XII, 57

Puerlo-Rico ou qu*elle constitue un nouvel État de la Confédération, rinfluence des États-Unis n*y sera pas moins prépondérante. Par elle, ils n'auront pas seulement mis la main sur un pays qui est le plus grand producteur de sucre et de tabac du monde entier; ils pourront fermer à leur gré Tentrée du golfe du Mexique, surveiller le golfe de Camp6cbe, les côtes du Yucatan et de TAmérique Centrale.

Par Puerto-Rico et Cuba, les États-Unis tiennent donc en main les clefs de la Méditerranée américaine.

Cession des Philippines aux États-Unis. — Grâce aux articles II et III du même traité de Paris, articles qui leur ont assuré File de Guam aux Mariannes et l'archipel entier des Philippines, on peut dire qu*ils tiennent également en mains une de celles de la Méditerranée asiatique.

L'article III a fixé avec précision les limites de la cession consentie par l'Espagne aux États-Unis dans celte partie du monde. En voici le texte : c L'Espagne cède aux États-Unis l'archipel connu sous le nom d'îles Philippines, qui comprend les îles situées à l'intérieur des lignes suivantes :

« Une ligne courant de l'ouest à l'est, vers le 20* parallèle de latitude nord en passant par le milieu du détroit navigable de Bachi, depuis le 118^ jusqu'au 127* degré de longitude est de Greenwich ; de ce point, le long du 127* degré méridien de longitude est de Greenwich, au parallèle de i'^iW de latitude nord; de là, en suivant le parallèle de i^'i^' de latitude nord, jusqu'à l'intersection (de ce parallèle) avec le méridien de longitude de llO^'dS' est de Greenwich; de là, en suivant le méridien de longitude de IIO^^SS' est de Greenwich, au parallèle de latitude de 7<»40' nord; de là, en suivant le parallèle de latitude de 7*40 nord, jusqu'à son intersection avec le 116* degré méridien de longitude est de Greenwich ; de là, par une ligne droite, jusqu'à l'intersection du 10* degré parallèle de latitude nord avec le 118* degré méridien de longitude est de Greenwich, et, de là, en suivant le 118* degré méridien de longitude est de Greenwich au point où commence cette démarcation ».

C'est donc l'archipel entier des Philippines, en y comprenant certaines régions, comme une partie de Mindanao, de

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