Voir ci-dessus, t. XI, p. 692 et suiv
PRÉSIDENCES DE 6RÂNT ET DE UAYES 653
en espèces, lutte du monde commercial et financier de FEst contre les théories inflationnistes de l'Ouest, démonétisation de l'argent en 1813 et sa restauration partielle comme monnaie légale en 1878.
A rintérieur, la tranquillité fut troublée par quelques incidents sérieux dans les États du Sud, notamment en Louisiane, où le régime militaire fut maintenu jusquen 1876. Le gouvernement des c carpet-baggers » dans la région noire suscita de singuliers phénomènes sociaux, comme Torganisation de la société secrète du Kuklux-Klan pour le meurtre des noirs. A Textérieur, Tintervention des États-Unis avait contraint la France à abandonner le Mexique; les démêlés de TAngleterre et du gouvernement fédéral, à propos des c négligences » commises par la Grande-Bretagne dans Taccomplissement de ses devoirs de puissance neutre, furent aplanis par la conclusion du traité de Washington (27 février 1871) et par la décision du tribunal arbitral rendue à Genève (14 septembre 1872) ^ Les États- Unis suivirent avec une curiosité très intéressée, sans toutefois se résoudre à une intervention, les infructueux efforts des Espagnols pour réprimer l'insurrection cubaine, et le Congrès, où dominait encore Tinfluence de Gh. Sumner, un des principaux chefs du parti radical, empêcha le président Grant d'établir le protectorat des États-Unis sur Saint-Domingue. La seconde présidence de Grant, 1873-1877, donna le spectacle d'un grand débordement de scandales politiques et financiers et de faits de corruption. Les fêtes de l'Exposition universelle de Philadelphie (1876) et du centenaire de la déclaration de l'indépendance ne dissimulèrent que faiblement les défaillances de cette fin de présidence.
Le mouvement de l'opinion publique contre la continuation du gouvernement des États-Unis par le parti républicain était si violent en 1874, que le Congrès élu à la fin de celte année eut une forte majorité de démocrates. L'élan ne se soutint pas jusqu'en 1876, mais Grant ne put obtenir qu'on lui offrit la présidence pour un troisième terme.
J . Voir ci-dessus, t. XI, p. 694.
La situation financière en 1870. — Il avait été émis pendant la guerre six emprunts pour une somme de près de 12 milliards de francs et du papier-monnaie à cours forcé {greenbacks) pour 250 millions. Des impôts étaient établis sur toutes choses.
Salmon Chase, secrétaire du Trésor de 1861 à 1866, modiOa de fond en comble le système financier des États-Unis en créant Inorganisation des banques nationales^ qui, après quatre années de fonctionnement, donnait déjà tous les résultats que Ton en avait attendus, au point de vue de Tabsorplion des emprunts de guerre.
Le total de la dette publique atteignit au milieu de Tannée 1866 son chiffre le plus élevé, 2 773 millions de dollars, total qui comprenait tous les engagements du Trésor et dans lequel la dette consolidée, portant intérêt, figurait pour 2274 millious de dollars (11 400 millions de francs).
La réduction commença dès Tannée suivante, 1866-67, au cours de laquelle Texcédent budgétaire permit de réduire le capital de la dette d'environ 100 millions de dollars, tandis que le service des intérêts atteignait la même année son chiffre maximum (143 782000 dollars).
Le programme du secrétaire du trésor, Mac GuUock, qui continua en 1865 Tœuvre de Salmon Chase, comprenait : le rétablissement de la circulation sur la base métallique (c'est-à dire sur la base de Tor, seule monnaie métallique à cet époque), par un rachat méthodique du papier-monnaie; la consolidation de la dette par le remboursement des emprunts contractés pendant la guerre à un intérêt élevé, au moyen de nouveaux emprunts que Ton placerait sans peine à des taux d'intérêt moins onéreux.
Ce système, qui avait toutes les sympathies du monde des affaires, du commerce et de la finance dans les États de TEsl et dans les grandes villes, New- York, Boston et Philadelphie, reçut dans le jai^on politique de Tépoque la qualification de système contractionist ou du hard money^ parce qu'il tendait à diminuer la masse de la monnaie fiduciaire et à rétablir la circulation sur la base métallique.