Dont le nom arabe, Djerdjer, est reste au Djurdjura
LES KHALIFES : FORMATION DE L'EMPIRE ARABE 47:i
marché des Berl»ères. A la puissance de Kocéïla avait succédé celle de la Kahina ou mag-icienne Damiah, reine des Djeraoua de l'Aurès '. Elle délit Hasan et le rejeta dans le désert de Barka. Il ne put reprendre l'ofTensive que cinq ans plus lard. Cette fois, la Kahina succomba. Ses iîls, dont elle avait elle-même préparé la soumission, passèrent aux vainqueurs. Ce fut avec leur concours et celui des contingents berbères que Hasan, puis son successeur Mouça-ben-Nocéir purent achever la conquête. Les tribus des indigènes furent une à une vaincues et soumises. Les places 011 des garnisons g-recques tenaient encore se rendirent, ïang-er ouvrit ses portes. Seul le comte Julien ne put être forcé dans Ceuta. A cette exception près, en 708, toute l'Afrique du nord-ouest était aux Arabes. Des garnisons tenaient les points stratégiques, des missionnaires parcouraient les tribus pour propager l'Islamisme. C'était le moyen de rapprocher les conquérants et les masses indigènes, et de fonder quelque chose de plus durable qu'une simple occupation militaire, comme avait été celle des Vandales et des Byzantins.
État de l'Espagne. — De Tanger, les x\rabes découvraient l'Espagne, ce pays « qui valait la Syrie pour la douceur du climat et la pureté de l'air, TYémen pour la richesse du sol, rinde pour les fleurs et les parfums,... l'Adcn pour les ports et les beaux rivages ». Le royaume barbare qui s'y était fondé, à la suite des grandes invasions, était déjà en décadence. Les Wisigoths avaient fusionné avec l'ancienne aristocratie hispanoromaine, le clergé catholique -. Tous ensemble formaient une classe dominante qui détenait la propriété foncière, accaparait le pouvoir politique et pesait lourdement sur le reste de la population : habitants des villes depuis longtemps ruinés et comptés pour rien dans l'Etat, indigènes des campagnes soumis au servage et beaucoup plus maltraités depuis la chute de l'Empire romain, Juifs poussés à la révolte par d'intolérables vexations, par l'interdiction de leur culte, le rapt de leurs biens et de leur liberté. L'aristocratie comprimait à grand'peine les colères que
1. Klle était de religion juive, comme beaucoup des Berbères à cette époque.