‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 118 sur 192 · Voir ci-dessous, chapitre xii · texte numérisé non relu

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Le règne de Philippe I" lient donc, dans l'histoire des progrès de la royauté capétienne, une place moins insignifiante qu'on ne l'a cru généralement. Mais ce léger accroissement de territoire était encore loin de donner à l'autorité monarchique la force matérielle dont elle avait besoin pour accomplir sa tâche. Il s'en fallait que le roi fût le maître réel de toutes les parties de la région soumise à son pouvoir direct. Partout s'étaient élevées, dans les moindres recoins de l'Ile-de-France, des dominations illégitimes, des lignées de châtelains héréditaires, qu'il était impossible d'extirper, une fois qu'on les avait laissées croître. Le sol capétien s'était hérissé de donjons hostiles, entraves permanentes pour la sécurité et le commerce des grandes cités, fléaux intolérables pour les habitants des campagnes. Bref, le roi de France, malgré la dignité de son titre, en était arrivé à ne plus oser se mouvoir dans son étroit domaine. Celui à qui les plus puissants seigneurs devaient l'hommage lige ne pouvait sortir de Paris sans se heurter aux forteresses construites par de nobles brigands, terreur des clercs, des marchands et des laboureurs. Dénuée d'argent et de soldats, végétant sur son patrimoine amoindri, la royauté, qui avait conservé un certain prestige au dehors, dans les fiefs situés aux extrémités du territoire national comme dans les Etats étrangers, n'obtenait plus chez elle ni obéissance ni respect. La terre ennemie commençait à deux pas de sa capitale : la grosse tour de Montlhéry suffisait à faire vieillir de chagrin l'héritier des deux dynasties franques, le successeur de Charlemagne.

Pour faire rentrer la dynastie régnante dans ses propriétés et dans ses droits, libérer le pays capétien des tyrannies qui l'opprimaient et supprimer le brigandage, les négociations et la diplomatie ne suffisaient plus. La guerre s'imposait, et une guerre ardente, impitoyable, contre des ennemis aussi nombreux que redoutables par leur ténacité et leur perfidie; une guerre de hardis coups de main et de furieux assauts, telle qu'il la fallait, en un mot, pour réduire des adversaires solidement retranchés derrière les murailles de leurs donjons. Cette action militaire, continue et toute d'offensive, n'était plus le fait d'un roi comme Philippe I'^ envahi par l'obésité, affaibli par les excès.

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L'heureuse étoile de la dynastie fit naître, au moment voulu, Ihomme qui convenait merveilleusement à la situation. Il se trouva que le prince royal, le futur Louis le Gros était le plus énergique des soldats '.

BIBLIOGRAPHIE

Documents. — Les textes relatifs à Thistoire de la France, au x^ et au xi" siècle, ont été réunis dans la collection des Historiens de France et des Gaules, t. LX, X, XI et XII, mais beaucoup d'entre eux ont été améliorés et réimprimés à part dans des éditions critiques que nous ne pouvons énuniérer ici.

Livres. — Parmi les ouvrages d'intérêt général relatifs à cette période, on consultera avec fruit : De Kalckstein, la Lutte des Robertiens et des Carolingiens, t. I et unique d'une Histoire du royaume de France sous les premiers Capétiens (en allemand), 1877; — F.Lot, les Derniers Carolingiens, Lothaire, Louis V, Charles de Lorraine (954-991), fasc. 87 de la liibliothèque de l'École des hautes études, 1891, ouvrage d'une érudition précise et siire, mais où les théories générales et les portraits historiques sont sujets à caution; — A. Luchaire, Histoire des Institutions monarchiques de la France sous les premiers Capétiens, 2 vol., 2<^ éd.. 1891; le même, Manuel des Institutions françaises, période des Capétiens directs, 1892; — Pfister, Études sur le règne de Robert le Pieux (996-1031), 1885; le même, De Fulberti Garnotensis episcopi vita et operibus, 1886; — J. Havet, Introduction aux Lettres de Gerbert (1889); — Monod, Études sur l'histoire de Hugues Capel (Revue historique, t. XXVIII).

Pour les rapports de la France capétienne avec l'Allemagne, voir les Jahrbûcher des deutschen Reichs, sous les règnes d'Otto II (Giesebrecht), d'Otto III ("Wilmans}, d'Heinrich II fHirsch. Pabst et Breslau), de Konrad II (Breslauj, d'Heinrich 111 (SteindorfF).

Pour les rapports avec la papauté, voir, outre les ouvrages généraux sur la papauté du x" et du xi^ siècle, notamment sur Grégoire VII, dont la bibliographie sera donnée ailleurs, les monographies suivantes : Hoffmann, Das Verhdltniss Gregorius VH zu Frunkreich, 1877 ; — "Wiedemann, Gregorius VII und Erzbischof Maiiassés I von Reims, 1885; — Brôcking, Die franzusische Politik Papst Léo' s IX, 1891.

Pour les rapports avec la Normandie et l'Angleterre : Marion, De yormannorum ducum cwn Capelianis pacta ruptaque societate, 1892; — Freemann, Norman Conquest, 5 vol.

Les ouvrages relatifs aux provinces, et les biographies des personnages de la féodalité et de l'Église qui intéressent l'histoire générale, pendant cette période, sont fort nombreux. On se bornera à citer : D'Arbois de Jubainville, Histoire des ducs et comtes de Champagne, t. I; — Vaissette, Histoire de Languedoc (éd. Privai), t. III; — E. Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la troisième race (1887), t. I; — De Salies, Histoire de Foulque Nerra, 1874; — Lex, Eudes U, comte de Blois, 1892; — De Certain, Arnouly évêque d'Orléans (dans Bibliothèque de l'École des Chartes, t. XIV).

d. Voir la suite de cette hiàtoire au tome II de cet ouvrage.

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