‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 120 sur 192 · FONDATION DU ROYAUME DE GERMANIE · texte numérisé non relu

FONDATION DU ROYAUME DE GERMANIE

Bavière, défendu ses territoires contre les Normands, poursuivi la destruction du paganisme. A la fin de son règne, par le traité de Mersen (870), conclu à la suite de la disparition de la famille de Lothaire, il avait même pu réunir à la « France orientale » une partie des pays situés sur la rive gauche du Rhin. Un de ses contemporains, le moine de Saint-Gall, qui vante sa Leauté, sa force, sa sagesse, sa dévotion, déclare qu'il était a roi et empereur de toute la Germanie, des Rhéties, de l'ancienne France *, de la Saxe, de la Thuringe, du Norique, des Pannonies et de toutes les nations du septentrion ». Tel était l'héritage qui, après quelques partages et diverses vicissitudes, revenait à Arnulf.

De 888 à 919, cette famille à demi carolingienne essaie de se maintenir au pouvoir : période obscure et sur laquelle il est inutile d'insister longuement. Arnulf est actif, courageux, mais il ne peut guère compter sur les Saxons, et par suite manque des forces qui lui seraient nécessaires. Vainqueur, à l'ouest, des Normands, sur la Dyle, près de Louvain (novembre 891), il échoue, à l'est, contre le puissant Etat morave que gouverne Svatopluk (893). Battu, il fait appel aux Hongrois ou Magyars et déchaîne ainsi sur l'Europe chrétienne ces terribles invasions qui étendront leurs ravages non seulement en Allemagne, mais en Italie jusqu'à Rome, en France jusqu'à l'Aquitaine ^. S'il parvient à obtenir que son fils Zwentibold soit nommé roi de Lorraine (893), son intervention est stérile en Italie, où il est appelé par le pape Formose (893). Deux compétiteurs s'y disputent la couronne : Bérenger de Frioul, qui s'appuie sur la « France orientale », Guido de Spolète sur la « France occidentale » et les Bourgognes ; Guido, vainqueur, s'est fait couronner empereur à Rome (891). En 894, Arnulf devient roi d'Italie; en février 896, dans une seconde expédition, il est couronné empereur à Rome ; il défend le pape contre Lambert de Spolète, le fils de Guido; mais, à peine repart-il pour la Germanie que ses ennemis triomphent aux dépens du pape assez imprudent pour compter sur cet allié lointain.

1. C'est-à-dire de la Franconie et des autres pays francs de la région rhénane.

Page 1