‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 121 sur 192 · Sur ces invasions, voir ci-dessous, chapitre xiv · texte numérisé non relu

Sur ces invasions, voir ci-dessous, chapitre xiv

Après Arniilf, qui meurt en décembre 899, son fils, Louis l'Enfant, âgé de six ans, ne peut guère passer pour un roi que dans les chronologies. Appuyé par l'archevêque de Mayence, Halto, l'homme de confiance d'Arnulf, et par le clergé, il est reconnu même par les Lorrains, qui détestent Zwentibold à cause de ses violences. Mais bientôt l'Allemagne s'abîme dans une épouvantable anarchie : « Tout est aux prises, écrit l'évêque de Constance, Salomon. L'évèque, le comte, le vassal, les frères contre les frères, les parents contre les parents, et les citoyens dans la même ville. Les grands, qui devraient assurer la paix, donnent l'exemple de la lutte; la loi est foulée aux pieds et le bas peuple murmure et se déchaîne. Jamais il n'a été si vrai de dire : « Malheur au pays dont un enfant est roi! » Les hommes libres aliènent leurs biens, leur liberté même, pour s'assurer la protection des puissants; les petits seigneurs se groupent autour des grands et deviennent leurs vassaux; ainsi s'établit la féodalité allemande. Le pouvoir central, royal, n'existe plus que de nom. Cependant l'Allemagne, ravagée à l'ouest par les Normands, attaquée sur les frontières de la Saxe par les Danois et les Vendes, sur celles de la Thuringe par les Moraves, est ouverte aux hordes des cavaliers magyars. En 906, ils poussent jusqu'à l'Elbe; en 907, ils envahissent victorieusement la Bavière; en 908, ils battent le margrave de Thuringe, Burchard; en 909, ils entrent en Souabe; en 910, ils culbutent une armée royale à Augsbourg, sur le Lech. Ainsi chaque année ils pénètrent plus avant jusqu'au cœur du pays, terrifiant l'Allemagne par leur aspect même et promenant partout l'incendie et la mort.

Les Duchés et les Marches. — Si l'Allemagne est à ce point troublée par les divisions intestines, si elle est sans force contre les attaques extérieures, c'est que l'unité lui manque. Les vieilles peuplades germaniques, réunies en quelques grands groupes, n'ont pas abandonné leurs institutions particulières, ni leurs rivalités. Sous le gouvernement de ducs héréditaires, elles forment dans le royaume autant d'États autonomes*.

1. L'origine du pouvoir ducal en Allemagne, à la fin du ix siècle et au x", est une question controversée qui a été l'objet de nombreuses dissertations; en tout

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